12° #409012

A120-D : Le Génie parle

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ALGDGADLU


Sous la Juridiction du Suprême Conseil


des Souverains Grands Inspecteurs Généraux


du 33ème et dernier degré du REAA pour la France.


ORDO AB CHAO


DEUS MEUMQUE JUS



Arrivé à ce terme du parcours, le GMA est un être accompli, il en a terminé avec le drame hiramique, c’est-à-dire avec lui-même, il a dominé son ego ! Homme libre en réelle continuité d’apprentissage du Soi, il est cet être de transition un peu plus avancé sur le chemin du devenir et de la connaissance…désormais, l’architecte…c’est lui ! cette fois il s’agit de SA propre construction, c’est pourquoi il en est le maître d’œuvre, travaillant tantôt seul, tantôt en compagnie…mais toujours pour une sublimation de son temple intérieur.


Toutefois sa condition de GMA ne doit pas lui faire oublier qu’il n’est qu’un composant de cette société qu’il désire parfaire, et que ce n’est que par son rayonnement qu’il tendra vers un idéal de paix, d’amour et de fraternité. L’humilité et le respect de l’autre doivent gouverner sa conduite.


Le F qui arrive au seuil de l’Archi-Logea su se remettre en question par une minutieuse investigation de son être réel au-delà du paraître extérieur qui le véhicule dans ce monde ci, descendant en ce monde là pour y trouver la réponse aux questions existentielles et spirituelles qu’il s’est toujours légitimement posé. Sorti des degrés dit «  de vengeance » il arrive à ce degré en toute lucidité sur le travail architectural qui l’attend ici.
Il devient un élève scrupuleux de l’application du gnôthi séauton(γνώθισεαυτόν) deSocrate « connais toi toi-même », traduction du reste erronée s’il en estd’après notre FClaude Guérillot et qu’il faut traduire par « apprends à te connaître toi-même » (1) ce qui approche plus la démarche du GMA et est en quelque sorte la traduction intime de se génie qui parle en nous. J’y reviendrai.
Ce mot génie qui vient du grec « genaios » signifie créer.
Faut il entendre ici que l’homme est de nature divine et par la même est le fruit de la création, il ne peut, vous en conviendrez sans doute, en être autrement.

Souvenons nous de la phrase de l’évangile de Jean :
« Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous» Jn 1- 14


Dès lors c’est bien l’incarnation du Logos dans l’homme qui fait que c’est le «  génie qui parle » sous entendu le souffle divin qui guidel’homme dans la juste parole.
Mais qu’entendons nous par parler ?
Laisser parler son génie, c’est l’instinct, c’est son âme qui devient « parlante ».
C’est abandonner ses « yeux de chair » pour voir avec les « yeux de l’esprit » (2)
Laisser parler son génie, c’est pénétrer la source à l’écoute du Soi afin que son âme rencontre Dieu et qu’elle le « réalise » nous dirait Henri Le Saux. (3)

Nos ancêtres les plus éloignés, eux aussi, sans nul doute, laissaient, le Génie parler en eux,je prends seulement l’exemple des Magdaléniens de Lascaux qui projetaient l’ocre sur les murs de la célèbre grotte. Le rituel était certes différent mais la voix était la même, et ce fut identique depuis les grandes civilisations du Mythe jusqu’à nos rituels maçonniques. (4)
Laisser parler son génie, c’est transcender cette lueur que nous portons en nous afin de s’identifier à elle et ne plus faire qu’un avec elle.
Laisser parler son génie, c’est surmonter sa peur de la vérité et resplendir en un juste équilibre du Moi qu’il ne faut pas abandonner et du Soi retrouvé, et ce par notre seule volonté, en ce lieu qu’est la Boulomie où œuvre le GMA.
Laisser parler son génie, c’est maîtriser ce langage symbolique, qui est «  le langage subtil qui forme un alliage entre la Foi et la Raison » (2)
Laisser parler son génie, c’est aussi repartir vers une vie nouvelle puisant sa source aux origines, comme l’indique l’orient de la Loge dirigé vers la mérogénie, côté de la naissance …prélude à l’exaltation.


« Votreâme s’exalte, votre cœur s’enflamme d’amour pour l’Eternel, et redouble de reconnaissance pour notre fondateur en apprenant le dernier mystère qu’il a permis de vous révéler. » nous dit l’ancien Rituel Egyptien de Cagliostro.



En fait c’est « ce chemin initiatique qui mène à la condition humaine initiale » (5)


Dans les Védas, nous avons une réponse à cet état d’être,moins « facile » à exprimer dans la langue de Molière. En effet, un mot existe en sanskrit qui exprime cela d’une merveilleuse façon, c’est Ãnanda, selon la Taittiriya Upanishad ãnanda est l’enveloppe la plus intérieure de l’être, le secret dernier de l’intimité de soi et de Dieu.
Ce génie qui parle c’est la force de l’OM, c’est la vibration de l’esprit qui plane au-dessus des eaux primordiales dans la Genèse ( GN 1, 2(…) l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.) dans la Yogatattva Upanishad 1, 10 et 11, on retrouve cet esprit divin qui préside à la naissance de tout ce qui existe «  Au commencement, l’âtman universel, qui transcende toutes les formes d’existence, se mouvait sur les eaux comme une brise légère. »

Le génie qui parle c’est l’arrivée à « l’éveil » dirons les Bouddhistes, l’hindouiste dira que c’est le « Tat tvam asi » (tu es cela) c’est l’état de Brahman, la fusion avec le « principe absolu ».
L’ Atman, (Soi profond mais aussi fond ultime de l’homme comme de l’Univers, union du microcosme et du macrocosme)qui est un mot clé de la théologie brahmanique,je vous avais dit que je reviendrai sur le connais toi toi-même, et bien en sanskrit il devient :
« âtmânam ( toi-même) jânîhî (connais)tvâm (toi)  » mais l’âtman ne peut guère être traduit que par souffle sous réserve de lui donner la même valeur que la « pneuma » grecque, le «  spiritus » latin ou le « ruah » hébreux, ce qui nous amène au bout du compteà comprendre que l’âtman, c’est tout simplement, si je puis dire, l’âme …c’est cet atman qui à l’aide du « génie qui parle en nous » est exalté en paramãtman le Soi Suprême qu’est l’âme universelle, éternelle et indestructible.
Et je me propose d’arrêter ici mais la comparaison peut se continuer à l’infini, tant les textes des Védas nous apportent des réponses et des compléments aux enseignements reçus.


Bien entendu dans ce monde matérialiste ou «  le fardeau du travail et l’asservissement à la nécessité » (6) font oublier au commun des mortels les interrogations qu’il pourrait avoir sur sa place dans l’univers, le GMA lui se dresse en cherchant volontariste. Devant cette société, il tente le renoncement et en dehors des structures religieuses de toutes confessions, il n’y a guère que la Maçonnerie qui puisse le lui permettre. Le chemin parcouru l’aide à se mettre en condition pour cela, il laisse son âme le guider.


« Tout comme on jette les vêtements usagés pour en revêtir des neufs, ainsi l’âme à chaque fois qu’elle s’incarne jette-elle les corps usagés pour en revêtir de nouveau »


dit laBhagavad-Gîta ( 2, 22 )


Je n’entrerai pas dans le débat de la réincarnation, mais je souligne ce passage pour que l’on comprenne bien que le GMA, comme déjà évoqué,a dominé le Moi pour devenir pleinement le Soi, se débarrassant du coup des scories de l’Ego, en le dominant et le maîtrisant, comme s’il se réincarnait en un homme nouveau.
Il a atteint l’âge de la plénitude, en être « complet » comme l’indique l’étymologie de ce mot ; comme l’indique aussi du reste le degré dans lequel il opère. Le 12 n’est-il pas dans la plupart des traditions, notamment dans les civilisations judaïques et orientales antiques,le nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait ?

Le point le plus important de ce degré est bien la volonté du GMA dans l’œuvre : Il veut, il construit…dans un lieu « ouvert » et qui l’est pour la première fois depuis son initiation. Pourquoi ? Parce quele secret du GMA réside dans sa science même nous dit le rituel, et que ce n’est qu’avec l’intelligence naturelle nécessaire que l’on peut comprendre nos travaux. Cette intelligence n’est-elle pas « alimentée » par ce Génie qui parle en nous ? ce message subliminale de la pure conception de la Puissance suprême qui fait que le maçon arrivé à ce stade, les yeux fixés vers le ciel, c’est-à-dire vers l’infini de l’esprit est en pleine possession de ses moyens pour parachever la construction de son temple intérieur, SA propre construction.
Il est passé dans un monde intermédiaire, dans un monde d’espérance, car comme l’écrivait en 1964 le Souverain Grand Commandeur du SCPLF Charles RIANDEY :
« Le monde entier est plongé dans l’angoisse et il cherche avec affolement à travers les désordres enfantés par notre temps de transition, une lueur annonciatrice d’une nouvelle aurore.


Elle viendra. Malgré les apparences il ne nous semble pas possible que l’humanité s’enfonce dans le matérialisme. Les hommes ne peuvent pas vivre et l’humanité ne peut progresser sans Foi, sans Espérance, sans Amour »


40 ans après quel constat pouvons nous faire ? Je vous laisse juges mes FF


Une seule issue pour nous mes TTCCFF GMA : Continuons le chemin pour devenir un Jñãni, cet être de Sagesse qui a pénétré la source, a rencontré et a fusionné avec le «  principe » passant ainsi sur l’autre rive.
Donnons un sens à notre vie et transformons nous, comme le dit si bien René Champs, en « Pèlerin de la Lumière » (6).



Je laisserai à Marc AURELE le soin de conclure :
« Le Dieu intérieur, le génie est présent en chacun de nous et est conçu comme guide de l’homme qui le rend libre. C’est l’esprit raisonnable »



J’ai dit SGM



B G



BIBLIOGRAPHIE


Rituel du 12ème Degré du REAA édité par le Suprême Conseil pour la France.
(1)Guérillot Claude Trois pas vers l’infini Editions DERVY 2004
(2)René CHAMPS, Miroir & Lumière, itinéraire d’un imagier, Editions Traditionnelles, 2004
(3)HenriLE SAUX, Introduction à la spiritualité des Upanishads, éditions Présence, 1979
(4)Pour une étude approfondie, je vous invite à lire l’ouvrage de notre F TRESCASESJacques Promenade initiatique, Guy Trédaniel, 1999.
(5)BONNEL Robert, DANTE le grand initié, un message pour les temps futurs Dervy 2002.
(6)ARENDT Hannah, Condition de l’homme moderne, Calmann-Levy, 1961

LA BIBLE DE JERUSALEM
MAINGUY Irène, Symbolique des grades de perfection, Dervy, 2003
SKALI Faouzi La voie soufie, Albin Michel ( collection Spiritualités Vivantes ) 1993
BERTHELON Jean-Pierre ( JIBRAIL) Miscellanées Traditionnelles & Maçonniques, éditions Techni-Plus 1979
MARSAUDON Yves, L’œcuménisme vu par un fm de tradition, éditions Vitiano, 1964, préface de Charles RIANDEY,Souverain Grand Commandeur du SCPLF
LHOMME Jean, MAISONDIEU Edouard, TOMASO Jacob, Esoterisme & Spiritualité Maçonniques, Dervy, 2002
VARENNE Jean, Dictionnaire de l’hindouisme, Editions du Rocher, 2002.encollaboration avec HERBERT Jean, Vocabulaire de l’hindouisme, Dervy, 1985
HERBERT Jean, L’interprétation psychologique du véda selon shri Aurobindo, Dervy 1979.
HenriLE SAUX, Introduction à la spiritualité des Upanishads, éditions Présence, 1979

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