12° #409012

Le Temple est le symbole de

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NP
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Deus Meumque Jus
Francs-Maçons de Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil deFrance
Liberté – Egalité – Fraternité
Respectable Loge de Perfection
Trois fois puissant Grand Maître
Et vous tous,mes Frères Grands Elus en vos Degrés et Qualités




Le Temple est le symbole de l’Univers,


dont l’homme est lui-même l’image

De tous temps, les hommes ont édifié des constructions, pour s’abriter, pour trouver refuge face aux intempéries, pour embellir leurs vies ou encore défier le temps. Mais, aussi, dès qu’ils ont pris conscience d’une dimension supérieure, pour prier, pour rendre hommage…Ils ont construit des lieux sacrés, hors du temps dédiés à la gloire des divinités qu’ils adoraient.
La Tradition a voulu et fait que de nombreux édifices sacrés représentent la structure du cosmos. Ces édifices signifiaient ainsi par leur symbolisme cosmique, les divers concepts philosophiques associés par les peuples anciens aux constellations et aux planètes.
Les hommes ont vouluainsi traduireleur perception du monde et leurs savoirs, ces concepts étant universels, leur portée symbolique l’était aussi.

La Franc-Maçonnerie s’appuie sur la tradition, et le Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) auquel nous travaillons, est un pan de cette tradition. Elle utilise pour s’exprimer les légendes, les mythes basés sur un principe :

L’homme, porteur d’une parcelle d’esprit, en a été dépossédé. Il tente de la retrouver en lui redonnant la primauté sur la matière. Le parcours initiatique qui nous est proposé est ponctué d’étapes où, progressivement, l’éclairage modifie la perspective pour nous permettre de partir à la recherche de notre nature profonde.



C’est à la lumière de ces propos que nous examinerons cette phrase, prononcée par le second surveillant à l’issue de la cérémonie de réception au 12ème degré.
« … En effet, Grand Maître Architecte, puisque, pour les Anciens, le Temple était le symbole de l’Univers dont l’homme est lui-même l’image en tant que Microcosme  »



Cette réponse du 2ème surveillant clôt un dialogue entre le Grand Maître Architecte et les deux Surveillants :
Frère Premier Surveillant : Quel est le symbole commun à tous les degrés duREAA ?


– Grand Maître ArchitecteC’est le symbole de la construction d’un édifice


Quel est cet édifice ?


 – C’est le Temple du roi Salomon


– Frère. Second Surveillant, Ne pensez-vous pas que tout autre Temple pourrait répondre au même symbolisme ?



Le Grand Maître Architecte conclut la réception en ces termes :
«  Sublime Chevalier Elu, les circonstances de votre réception, ainsi que le dialogue qui vient d’avoir lieu entre nous et les deux surveillants, contiennent un enseignement que nous vous invitons à méditer »



Profitons donc de cette attitude nouvelle de Salomon à notre égard et à la liberté d’action qu’il semble nous accorder pour mettre en application sa recommandation et méditons…

Nous examinerons ces propos à l’aide de deux lanternes qui constitueront nos deux premières parties.

1) – Tout d’abord, avec l’aide de nos rituels du premier au douzième Degré, nous aborderons cette phrase, qui, vous en conviendrez, est un vaste sujet ; en considérant qu’elle illustre bien le cheminement qui nous mène de l’artisan, au Grand Maître Architecte.

2) – Puis, à la lumière du Volume de la Loi Sacrée, c’est-à-dire, la Bible, omniprésente à chacune de nos différentes tenues, nous nousappuierons sur ses versets ainsi que des apports d’autres Traditions pour conforter notre propos

3) –Enfin, nous tâcherons d’approfondir les enseignements qui découlent de cette affirmation, pour nous, Grand Maître Architecte du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

1) Lors de la Cérémonie d’Initiation, le nouvel Apprenti découvre que les Francs-Maçons proclament l’universalité de la maçonnerie en se fondant sur l’universalité de la symbolique Cosmique et du Temple.

Aussitôt après l’initiation, il aborde cette notion du Temple, un Carré Long et symbole de l’univers. La voûte étoilée, le soleil et la lune situent déjà l’espace où il évolue. Il apprend lors des Tenues qu’il s’agit d’un lieu orienté et ordonné : « sa longueur va de l’Occident à l’Orient, sa largeur du Septentrion au Midi, et sa hauteur du Zénith au Nadir »

Au second degré, à la fin de la cérémonie qui va le consacrer Compagnon Franc-maçon, il a une première vision de l’Etoile flamboyante, et il apprend que la lettre G, qui resplendit au centre de l’étoile renvoie au« Grand Architecte de l’Univers », « créateur du Monde entier, ou bien, celui qui a été élevé jusqu’au faite du Temple sacré ».

Mais, c’est au troisième degré que les choses vont se préciser. Nous entrons de plain-pied dans la légende de la construction du Temple de Jérusalem par le Roi Salomon : l’Architecte Hiram est assassiné et le néophyte vient le remplacer lors de la cérémonie d’élévation au troisième degré.

C’est à ce moment, que l’on apprend que Hiram possédait un « secret » qui est un « mot », celui du Maître Maçon, que nous retrouverons avec  le temps et un peu de patience.
Le NouveauMaître est donc invité à rechercher ce mot.
Cependant, un voile épais s’interpose entre le cherchant et le lieu ou se trouve la réponse. Cette notion de voile, à l’instar du bandeau qui recouvre les yeux du postulant au premier degré, est importante. Le voile est matérialisé cette fois par le rideau qui sépare le Temple en deux parties.
Lorsque le néophyte est relevé par les 5 points parfaits de la maîtrise, il reçoit le mot substitué et le Maître des cérémonies écarte promptement le rideau qui voilait le DEBIR et illumine le temple. Cette action doit faire prendre conscience au futur maître d’une nouvelle dimension de l’Orient. Mais, cette vision est fugace car il retrouve rapidement le temple tel qu’il le connaissait.
Le voile évoque, par lui-même, l’idée de mystère du fait qu’il dérobe au regard quelque chose de trop sacré ou de trop intime. Mais il possède également un mystère en sa propre nature lorsqu’il devient le symbole de voilement universel. Il sépare alors, clairement, un espace en deux régions : une intérieure, l’autre extérieure, une d’ordre matériel, l’autre d’ordre spirituel.

Le nouveau Maître ne sait pas encore clairement ce qu’il cherche ; pour continuer à avancer, il lui faudra un guide. Ce peut être, pour les maçons croyants, une assimilation à Dieu, Maître intérieur d’essence divine, qui se révèle progressivement. Pour les autres, c’est peut être l’expérience initiatique, éclair d’illumination, qui métamorphose le tout. Le Temple en tout cas, en plus de son aspect universel cosmique, se révèle être le siège d’une présence « autre » à l’Orient.

Au grade de Maître secret, il reçoit une Clef d’Ivoire. Cette Clef ésotérique, qui lui permettra un jour d’accéder auSaint des Saints qui ne lui est plus caché mais qui demeure encore inaccessible. Le voile posé sur les yeux à son entrée dans le temple lui cache la Divinité. Il est constitué des aspects matériels et des passions de l’âme, ils tissent la toile et l’empêchent de voir au-delà. La densité et l’épaisseur du bandeau sont, à la fois, subjectives dans le monde, et objectives dans son âme. Car cet écran n’est plus matériel mais spirituel.

Le Maître Parfait va revivre les funérailles solennelles rendues au Maître Hiram. Afin de bien sentir ce qu’est la mort, on lui fait jouer le rôle du défunt maître. Le corps d’Hiram est enseveli dans un sarcophage et le cœur placé dans une urne au sommet d’une colonne de marbre blanc. Il apprend ainsi à côtoyer la mort charnelle, destinée de tout homme, mais il pressent que, derrière cette mort, l’esprit reste toujours vivant. Peu à peu, il prend conscience de la réalité de la seconde naissance qu’est pour lui l’initiation. Il retrouve le mot qui est « Jéhovah ».

L’initié, à ce grade, doit tendre à la réalisation en lui-même du « principe qui est en nous, et non hors de nous ». Il lui est nécessaire de comprendre que la clef de la Connaissance n’est pas dans la Connaissance elle-même comme moyen d’appréhension de la vérité absolue, mais dans la participation directe et immédiate au Principe ; lequel est immanent à l’initié.
L’homme, être fini, ne pourrait cacher à la nature ses secrets les plus profonds ni créer les sciences et les arts, si son intelligence n’était pas une émanation directe de la Cause Première. « Nous sommes tous égaux » car nous disposons tous de cette intelligence.

Ces deux degrés ont une dimension philosophique et initiatique importante car la vérité cherchée, révélée par le mot, est à la fois dans le temple matériel, le temple spirituel, mais elle est aussi désormais dans l’esprit de l’initié.

Dans le degré de Prévôt et juge, c’est la Justice symbolisée par la balance. Ici, le temple devient à la fois lieu de justice et de jugement. Le bijou du grade est une clé d’or remise au terme de l’initiation. Avec cette clé,l’initié pourra ouvrir le coffret d’ébène qui contient les archives du tribunal et enfermer en son cœur les secrets de la maçonnerie. Cette clé lui rappellera que seuls, la justice et le droit, sont capables d’ouvrir les portes des mystères contenus dans les grades ultérieurs. Les qualités requises sont : Justice, Equité et Impartialité.

Les degrés suivants,9ème : Maître Elu des Neuf, 10ème : Illustre Elu des Quinze, sont des degrés d’application de la justice.

Le neuvième surtout, indique que la Franc-maçonnerie est aussi l’apologie de l’action et du courage. En effet, la caverne dans laquelle le meurtrier a été retrouvé symbolise l’inconscient de l’élu et c’est en lui qu’il lui faut tuer l’Ignorance, les Passions et les Vices. Les coups de poignard seront ceux que l’élu se donnera à lui-même pour exterminer tout ce qui est vil et combattre pour le perfectionnement de l’humanité.

Dans le 11ème degré, « Sublime  Chevalier Elu », Salomon veut faire de l’initiéun EMEREK. Ce qui signifie « un homme vrai en toutes circonstances », c’est-à-dire un homme capable de reconnaître la nature du crime qu’il commet envers lui-même et envers les autres hommes, le crime d’éteindre la Lumière dans son cœur.

Le douzième degré enfin c’est la fin de la légende d’Hiram.
L’initié est jugé digne de remplacer le maître. Il est censé posséder toutes les ressources nécessaires à la reprise de la construction du temple.
Remarquons que, comme dans les trois premiers degrés, nous retrouvons nos deux Surveillants marquant bien ainsi le désir de nous tenir dans la symbolique du métier. Cette loge est située symboliquement entre la naissance et la mort, hors du temps. A ce degré, on affirme que Dieu est le même pour tous, mais que les hommes l’ont nommé différemment. « Dieu n’est que la pure conception de la Puissance suprême », ce que nous nommons le « Grand Architecte de l’Univers ».

Tout au long de notre chemin initiatique, nous avons été, tour à tour :
1) Constructeur opératif du premier au troisième,
2) Serviteur attaché au temple comme Lévite en tant que Maître secret,
3) Investi de fonctions administratives et laïques au service du roi Salomon du cinquième au huitième degré,
4) Instrument de la punition des meurtriers au neuvième
5) Au onzièmenous avons été admis à un autre niveau, dans le Chapitre des sublimes Chevaliers Elus pour commander les douze tribus d’Israël et inspecter les travaux du temple.
6) Au douzième enfin Grand Maître architecte pour achever la construction du Temple, ayant pris conscience d’une part : que nous sommes sur un autre plan, dans un autre espace, qui accepte d’autres temples pourvus que ceux-ci soient bâtis selon les règles et les outils de l’Architecture et principalement ceux que renferment un « étui de mathématiques » ; et d’autre part : Que le but que nous poursuivons se résume en la compréhension par le jeu de l’intelligence, du Grand Architecte de l’Univers, c’est à dire qu’en nous aussi, le temple sera construit à la mesure de sa gloire, c’est la connaissance à laquelle seul l’esprit peut nous mener.

Car, si l’on considère le temple comme siège de la Divinité, il nous faut envisager que l’homme est également un temple et que, de ce fait, est aussi demeurede la Divinité.

C’est cette idée qui nous est suggérée dans le Volume de la Loi Sacrée, pour nous, la Bible, mais aussi dans d’autres Traditions.


Dans la Genèse 2-7, il est dit : « l’éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devient un être vivant ». Jésus lui-même identifie le Temple de Jérusalem à son propre corps en annonçant que si ce dernier Temple était détruit il se relèverait trois jours plus tard, allusion à sa future « Résurrection d’entre les morts » (Jean 2.19,21).

L’analogie nous renvoie au modèle de Genèse 2-7 qui décrit l’Oint comme réceptacle de la trinité, c’est-à-dire comme « la demeure de l’être éternel, des vertus et de l’esprit », définition même du temple : « vase de terre, promis comme le Temple à la mort corporelle »

Jean 2-13-17 citant le psaume 69.10 « le zèle de ta maison me dévorera » souligne que le Temple, demeure de la Trinité, était comme toutes les créatures, voué à disparaître, car, pas plus que les édifices de pierre dont la longévité atteint parfois plusieurs millénaires, le corps de l’homme n’est promis à l’éternité, Dieu seul étant immortel et éternel.

L’analogie s’appuie aussi sur le fait que le Temple se mesurait en « coudées », signe du symbolisme anthropologique du Temple. PROTAGORAS (486-410 av JC) reconnaissaitque la « coudée » était une mesure humaine qui fait de l’homme, par nature, la mesure de toute chose et que, si le temple se mesurait ainsi, c’était pour souligner le fait que les diverses caractéristiques du Temple s’appliquaient à l’homme.

Paul lui-même ne cessait de répéter à ceux qui l’écoutaient qu’ils étaient des temples de la divinité : Dans sa première épître aux Corinthiens, il écrit 3-16-17 :

« Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ?Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira car le temple de Dieu est saint et c’est ce que vous êtes »



Dans sa deuxième épître il leur précise :

« Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple de Dieu vivant, comme dieu l’a dit :« J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux je serai leur Dieu et ils seront mon peuple ».



Il parachève cette idée dans Ephésiens 2.21-22 :
«  En lui tout l’édifice bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit ».



Dieu lui-même est le temple de Dieu et tous les croyants sont eux-mêmes leTemple de Dieu ; être soi même homme/temple, c’est être soi même espace de contemplation et de ce fait consacré.
Dans la construction, le temple de Salomon sert de référence symbolique et, en quelque sorte, de modèle idéal pour le travail qu’entreprend tout maçon de construire son Temple.
Cette assimilation du Temple au corps de l’homme n’est pas particulière à la religion hébraïque et au christianisme même si elle y revêt un plus grand développement : La communauté de destin Homme, Temple,nous dit Patrick NEGRIER dans le « Temple de Salomon et ses origines Egyptiennes », est vraisemblablement emprunté à la légende de Gilgamesh, légende mésopotamienne où le héros fait un parallèle entre la vie humaine et la précaritédes remparts en briques de la ville d’UTUK.

Vitruve (ingénieur et architecte romain du 1er siècle avant J-C) énonçait, lui aussi que les proportions du corps humain sont la norme idéale des proportions des temples :
« Jamais un bâtiment ne pourraêtre ordonné si toutes les parties ne sont pas les unes par rapport aux autres comme le sont celles du corps d’un homme bien formé ».



On peut même retrouver cette idée de l’homme reflet de l’univers, microcosme reflet du macrocosme,dès les origines et notamment dans le temple hindou ou le corps de l’homme, corps du PURUSHA est l’esprit universel que le rituel incorpore à l’édifice.
De même chez LAO TSEU, Sage chinois (570-490), dans le « Livre de la voie et de la vertu » : « l’homme se règle sur la terre, la terre sur le ciel, le ciel se règle sur le TAO. Le TAO n’a d’autres lois que lui-même. La médecine traditionnelle chinoise admet que l’homme est l’image de l’univers, elle parle de microcosme humain, trait d’union entre le ciel et la terre. Si l’homme reflète l’univers, il en subit également toutes les influences négatives et positives. Ces diverses influences sont régies par la loi des cinq éléments et par le mouvement du TAO, le Yin et le Yang

Tout cela nous renvoie au nombre cinq, nombre du compagnon, nombre de l’harmonie de l’univers qui se déduit de l’harmonie du corps humain. La recherche de l’harmonie de l’épanouissement et du perfectionnement personnel, la recherche de la vérité constituent donc la voie spirituelle et initiatique : construire le Temple, c’est donc Se Construire.
Le Temple représente donc l’Homme et sa croissance spirituelle. Ceci fait ressurgir à notre esprit le plan du tableau de loge au premier degré, qui va permettre à l’homme le basculement d’un plan horizontal à un plan vertical. Du plan terrestre à un plan céleste par son relèvement.

La construction est, certes, la vocation caractéristique de l’œuvre maçonnique mais vouloir construire et se construire est insuffisant si l’on ne s’en donne pas les moyens on reste : impuissant de passer du désir à la réalité. En effet, le Temple que constitue une loge en état de travail et, plus profondément encore, le temple intérieur de chacun de nous est le seul qui permette concrètement de bâtir à la fois le temple de la loge et le temple de la fraternité universelle, de la fraternité Divine.
Cela doit nous ramener à une certaine humilité car, si nous pouvons au moins dans une certaine mesure nous transformer nous-mêmes, quelle prise avons-nous sur les hommes dans leur ensemble ? Tous les hommes sont différents, c’est bien évident.
Mais,en y regardant de plus près, nous indique notre manuel d’instruction au douzièmedegré :
«  On découvre les similitudes de leur natures, ce qui fait qu’ils sont tous frères, et on se rend compte qu’ils ont en commun l’essentiel : ils sont tous « des mortels », et qu’ils en ont conscience. La conscience, c’est cette aptitude de l’esprit à penser le monde et à se penser soi même ; lieu de toutes nos perceptions et de toutes nos cogitations, elle est pour nous l’univers puisque toute réalité n’a d’existence que par la représentation dont nous avons pris conscience ».
Si, par notre présence, même silencieuse, par notre comportement, par les paroles qu’il nous sera permis de prononcer, nous pourrons peut-être en loge influencer nos Frères, c’est uniquement par cet effort sur nous-mêmes, sous le jugement de notre conscience, que nous acquerrons peu à peu, une «  Connaissance »telle qu’elle entraîne autrui vers l’Esprit.
Cette « Connaissance » acquise degré par degré, prendra corps dans notre esprit de cherchant, vision que synthétise bien notre devise « Ordo ab Chao »
Il est donc nécessaire de se construire soi-même ; et comme tout est lié dans l’Univers, par cette construction intérieure nous pourrons espérer participer activement à la construction du Temple : Temple de l’intelligence et de l’esprit, Temple Idéal de l’humanité.

L’univers est une construction rigoureuse, matérielle, mais aussi, spirituelle qui ne peut être comprise qu’avec les vertus et les qualités perçues au cours de notre cheminement maçonnique : Justice, Equité, Quête de la Vérité, Maîtrise de soi, Solidarité, Amour, Rigueur de l’esprit, Courage, Persévérance etc.…


Ces vertus et ces qualités nous permettront alors de construire le Temple intérieur à l’image du temple universel qu’elles ont permis d’apercevoir, et dont le Grand Architecte de l’Univers sera le Principe créateur.
Si nous nous écartons de cette voie, ou si nous nous contentons de ce que nous savons, nous resterons dans le chaos. Nous devrons aspirer à l’enivrante vérité spirituelle sur l’architecture de l’Univers. Nous devrons faire vibrer en nous l’être intérieur qui nous permettra de générer et de projeter tout notre Amour vers l’autre. C’est bien en nous retournant à l’intérieur de nous-mêmes que nous accéderonsau pouvoir d’écoute de l’autre, non pas pour être un simple observateur mais pour devenir l’acteur du perfectionnement de l’humanité. Nous percevons quelque part l’impérieux besoin de pénétrer, au plus profond de notre être, pour nous trouver face à face avec la Lumière, source de l’Univers et de l’Amour absolu.

Il nous faut vouloir cette Lumière pour l’humanité ; et nos Rituels sont le reflet d’une merveilleuse tradition qui nous met sur le chemin pour l’action à l’instar de ce philosophe qui disait :
«  Que l’on ne se maîtrise que par la méditation, que l’on ne se comprend que par la réflexion et que l’on ne se connaît que par l’action ».
Après quoi on peut aller dans la cité faire œuvre d’homme.

Nous sommes sensés, en tant que Grand Maître Architecte , avoir « acquis cette force de la pensée qui nous permettra denous construire harmonieusement autour de ce qu’il y a de plus sacré en nous ». A quoi servirait alors la construction du Temple visible si les constructeurs, dans leur vie quotidienne, ont une conduite qui rompt les harmonies. On ne peut réaliser que ce qu’on est. La métaphore du temple qui se construit pierre par pierre et dépasse souvent la vie d’un homme nous montre le travail continu à accomplir.
Quand le plan est prêt tout reste à réaliser.
« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas  » disait Hermès Trismégiste.
Le Temple est en l’homme, et c’est précisément ce Temple intérieur que nous sommes en train de construire à l’image du Temple Universel.
Nous ne cherchons ni gloire, ni richesse matérielle, nous « cherchons » car nous avons simplement soif de vérité et nous marchons sur le chemin pour participer au plan et édifier le Temple Universel dont le Grand Architecte de l’Univers est le Principe créateur.

A l’heure ultime, si nos plans ont été justes, les pierres bien taillées et les outils bien utilisés, puisse le Grand Architecte de l’Univers, une fois la construction achevée, bien vouloir l’utiliser.

J’ai dit Trois Fois Puissant Grand Maître
Et Vous tous mes Frères Grands Elus en vos Degrés et Qualités

F M

Ouvrages consultés
à La Bible de Jérusalem
à Les Rituels du 1°au 12ème degré
à Les instructions du 4° au 12ème degré
à Alain Pozarnik : De la Perfection à La voûte sacrée (Dervy)
à André et Renée NEHER / Histoire biblique du peuple d’Israël (Maisonneuve)

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