12° #409012 Que la volonte de dieu soit faite Auteur: B∴ M∴ Obédience:Non communiqué Loge: Porta Aurea - Orient de Fort A la Gloire du Grand Architecte de L’univers Ordo ab Chao Deus Meumque Jus Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France L’apprenti maçon se familiarise avec son MOI dans la quiétude de son temple intérieur, soutenu par la croyance en Dieu, auteur de tout ce qui est. Le compagnon apprend, avec les outils qui lui sont donnés, l’existence d’un plan supérieur auquel il doit s’identifier. Le maître est préparé à la recherche de sa propre vérité en travaillant sur le mythe de la « parole perdue ». Au 4ème degré, la notion de DEVOIR incite le maître secret à adopter une démarche symbolique le conduisant avec sa « ZIZA » à chercher l’accès au Saint des Saints, à la révélation de son Dieu intime.A chaque stade de notre progression initiatique, nous sommes confrontés à cette notion symbolique de Dieu.Mais alors,Pourquoi, pourquoi est-il fait allusion à Dieu et non au Grand Architecte De l’Univers ? Est-ce le Dieu des Chrétiens ? Si oui, ne sommes-nous pas plongés en plein syncrétisme ?« Que la volonté de Dieu soit faite » : Est-ce à dire que le maçon doit s’en remettre à Dieu, en se résignant à la fatalité, dans un aveu d’impuissance ?Bien sûr que non !Justement, parce que notre dévouement et notre persévérance ont fait de nous des Maîtres Secrets, des lévites, nous nous devons de replacer les choses dans leur contexte, afin d’en comprendre la haute portée symbolique. En effet, à la clôture des travaux, le Trois Fois Puissant Maître demande à notre Frère Inspecteur : « Que vous a t-on appris ? ». Adonhiram répond : « A garder le secret, à être obéissant, et à rester fidèle. Que la volonté de Dieu soit faite ». Cette affirmation nous ramène alors aux devoirs fondamentaux du Maître Secret, et plus généralement aux devoirs de l’Initié. Encore une fois, nous nous retrouvons face à nous-mêmes, face aux engagements contractés en connaissance de cause, face au serment prêté lors de notre entrée en maçonnerie.D’abord, garder le secret :Lors de notre initiation au premier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, nous avons prêté le serment suivant :« Moi, de ma propre et libre volonté, en présence du Grand Architecte De l’Univers, et de cette Respectable assemblée de Francs Maçons, je jure et promets solennellement et sincèrement de ne jamais révéler aucun des Mystères de la Franc Maçonnerie qui vont m’être confiés, et de ne m’en entretenir qu’avec de bons et légitimes maçons, ou dans une loge régulièrement constituée ».Beaucoup d’ouvrages disponibles en librairie révèlent tout sur la Franc Maçonnerie : les rituels, les mots de passe, les attouchements…Tout ceci ne relève pas du secret.Le secret maçonnique est avant tout de nature spirituelle, et ne recouvre aucun complot ni affairisme. Il ne se trouve même pas dans le rituel en tant que tel, mais plutôt dans la façon de célébrer ce rituel en le vivant pleinement.Car l’initiation maçonnique enclenche, au plus profond de notre être, un processus de perfectionnement impossible à exprimer à celui qui ne le vit pas par lui-même.En premier lieu, il réside dans ce caractère absolument incommunicable de l’expérience initiatique. L’avoir vécu est toujours indispensable, et il ne peut être restitué par un discours rationnel, ce qui conduit à exclure toute personne qui n’est pas engagée dans ce chemin, ce secret portant à la fois sur le contenu de l’initiation et sur la qualité maçonnique d’autrui.On voit donc que le secret maçonnique n’est pas une volonté de cacher quoi que ce soit, mais un aspect fondamental de la démarche initiatique.Il est le ciment de la Loge, et son respect est indispensable à la cohérence fraternelle.Ensuite, être obéissant :Toujours au cours de la cérémonie d’initiation au premier degré, au moment de confirmer le serment qu’il vient de prêter, le néophite jure, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre obédience en ce qu’ils lui commanderont de conforme aux lois.Ce n’est quà ce moment qu’il est créé, constitué et reçu Apprenti Franc- Maçon.Nous devons être conscients que la Franc Maçonnerie est un Ordre Initiatique Esotérique Traditionnel, et qu’à ce titre, elle fonctionne selon une hiérarchie (du grec hiéros = sacré, et archie = commandement). Cet Ordre est structuré en degrés initiatiques ou degrés de Connaissance, qui sont gravis l’un après l’autre par le Cherchant, grâce à un travail personnel sur lui-même, et à l’acquisition de connaissances transmises par les maçons qui sont eux-mêmes à un grade supérieur. La Connaissance se transmet de haut en bas, par degré, alors que la progression personnelle se fait de bas en haut, degré par degré.Notre ordre repose donc sur une organisation ordonnée et structurée selon une Règle.Cette Règle définit le fondement de la Régularité Maçonnique dans tous les pays du monde.Cette obéissance et cette soumission volontaire à l’Ordre et au Grand Architecte De l’Univers (puisqu’il travaille à la gloire du Grand Architecte de l’univers) font du Maçon un homme prêt à participer à l’œuvre avec vigilance et persévérance. Chacun se retrouve alors à sa juste place dans la loge pour remplir les fonctions et les tâches, grandes et petites, qui lui ont été confiées. Toute notre foi de maçon est fondée sur l’obéissance, et c’est par l’obéissance que nous nous montrons fidèles. Puis, rester fidèle : Rester fidèle, c’est demeurer constant dans ses engagements, c’est persévérer sur le chemin de la Vérité. Par sa volonté et son esprit, l’initié doit créer en lui un homme nouveau, un homme meilleur, un homme capable de s’élever spirituellement. Rester fidèle, c’est aussi rester fidèle à ses Frères en les aimant, en les secourant, et en leur venant en aide, comme il est dit dans le serment prêté lors de l’initiation. Cet agapé doit permettre de resserrer en permanence les liens qui unissent les Maçons. Rester fidèle, c’est aussi en tant que Lévite, dédier son travail au culte du Divin. Voilà en trois points résumés les Devoirs de l’Apprenti Maçon qui vient de prêter son serment, ou du Maître Secret dont les termes de l’obligation prêtée sont quasi-identiques à ceux du serment de l’Apprenti.Le Trois Fois Puissant Maître ne dit-il pas dans le rituel du 4ème degré que le Maître Secret est considéré comme un apprenti de la loge de Perfection ?Devoir envers lui-même d’avancer dans la voie de la vertu. Devoir envers le Grand Architecte de l’Univers, envers l’Ordre, envers la Loge. Devoir envers ses Frères. Devoir envers tous les hommes.C’est ce que le corpus du 4ème degré évoque par l’expression « Le devoir est le devoir ».La phrase dite par notre Frère Inspecteur, et qui est l’objet de mon propos de ce soir, nous montre à quel point notre Rite Ecossais Ancien et Accepté est formidablement bien organisé.Il est constitué de strates qui s’empilent les unes sur les autres.En ce sens, le 4ème degré nous permet de revenir sur les fondements de notre initiation maçonnique, et de mieux apprécier l’ésotérisme des trois premiers degrés fondamentaux de la franc-maçonnerie.Enfin, que la volonté de Dieu soit faite :Comme nous le montre l’évangile de Saint Jean, la volonté divine s’inscrit dans le Logos, qui est l’émanation de Dieu.A ce niveau de la réflexion, considérer qu’il s’agit de Dieu (au sens biblique du terme), c’est considérer ce dernier comme un objet de croyance, c’est donc sortir du champ de la Franc-Maçonnerie Initiatique pour se réduire à des considérations purement confessionnelles. Cette démarche confessionnelle ne peut suffire au Maître Secret en quête de la Connaissance « La Connaissance, c’est ce que nous appelons la Parole Perdue » nous dit le rituel.Nous ne pouvons donc considérer Dieu que comme le Grand Architecte De l’Univers, symbole fondamental de la Franc-Maçonnerie, qui est UN, qui existe par lui-même, et qui se révèle en tout et par tout. Il nous marque du sceau de la CONSCIENCE. C’est ainsi qu’au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la pratique du rituel et des symboles a pour but de réveiller cette conscience qui engendre les notions de DEVOIR et de RESPONSABILITE, expressions simples de la LIBERTE.Ce Logos, a donc fait de nous des hommes libres capables de penser et de passer de l’intention à l’action, donc de faire preuve de volonté. Ce « passage à l’acte » fait de nous des praticiens et non des théoriciens de la spiritualité, ce qui montre bien que notre démarche est opérative.Au quatrième degré, le maître secret entame une démarche écossaise empreinte de détachement et de dépouillement, résumée lors du premier voyage par la sentence suivante : « la maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des superstitions. Elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur ». Cette manifestation de notre libre arbitre se retrouve d’ailleurs dans les trois autres voyages, dont l’un magnifie les voies de l’unicité et de la multiplicité, manifestations de la puissance divine.Tout cela se traduit par la quête de la parole perdue qui nous conduit à vouloir découvrir la part de divin qui existe en nous. Et nous avons besoin que le Grand Architecte De l’Univers nous vienne en aide pour cela.Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.De ce fait, l’initié n’implore pas mais réaffirme l’existence d’un plan supérieur auquel il se sent relié. Il ne mendie pas la grâce de Dieu, mais s’élève vers lui en même temps que Dieu descend vers lui pour qu’ils se rencontrent et se reconnaissent.N’est-ce pas là l’expression de notre véritable foi maçonnique ? Non pas comme une croyance établie, mais plutôt comme une transcendance de l’Homme.Notre Devoir, dans l’acception qui lui donnée au 4ème degré, nous impose alors de nous engager sur la voie de la Sagesse, sans attendre une quelconque récompense.Car, comme le dit Goethe : « Vivre est Devoir, et ce, ne fût-ce qu’un instant ».Cette maxime prend alors tout son sens dans l’expression « Que la volonté de Dieu soit faite ».J’ai dit, Trois fois Puissant Maître. Bibliographie : Rituel du 4ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. La symbolique maçonnique du troisième millénaire – Irène MAINGUY. Le maître secret – Christian GUIGUE. La Franc-Maçonnerie – Oswald WIRTH. Le livre de l’Apprenti – Pierre DANGLE. Manuel maçonnique du REAA – Roger BONGAR. Navigation des articles Planche Précédente "Le zèle n’est permis qu’au sage" Planche Suivante "La transformation de l’être dans la continuite"