12° #409012

La réalisation du principe élevé qui est en l’Homme

Auteur:

P∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A L G D G A D L’U
ORDO AB CHAO
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France


A124-A-1

Introduction

La réalisation du principe élevé qui est en l’Homme, c’est-à-dire en chacun de nous tous, c’est pour moi la réalisation de ce que nous sommes, en parfaite harmonie avec le monde sensible ou intelligible. Dans la démarche qui celle d’un G M A, cette réalisation passe, à mon sens par deux visions après le 4ème degré :

Celle des patriarches de l’ancien testament avec une volonté d’accès à une communication verticale le poussant à une perfection intérieure ; et Celle de l’Alchimie qui le mènera vers sa réalisation profonde et vraie.

Au-delà du 4ème degré, dans un premier temps, une méthode est donnée qui permet par initiations successives du 5ème au 8ème degré une élévation vers la prise de l’Esprit sur la Matière. Dans un deuxième temps, la sublimation de la lutte contre l’Ego apporté par les 9ème, 10ème et 11ème degrés, mène le frère à devenir un Homme Véritable. Afin, en accédant au 12ème degré, le F M accède à la perfection dans l’art de la construction de son Temple intérieur « Je connais parfaitement ce que renferme un étui de mathématique » et de l’utilisation de ces instruments.

La démarche du G M A ou la continuité des patriarches.

Patriarche, le mot vient du grec ancien « patriarchês », qui signifie « père, chef de famille ». On entend par patriarches des personnages de la Genèse, qui étaient des êtres humains sans rien de divin mais qui avaient un pacte, une alliance qui les liait au divin. Ces derniers devenaient ainsi le moyen solennel par lequel Dieu devait toucher l’humanité toute entière. Le premier d’entre eux fut Adam.

La démarche du G M A prend certes une partie des mythes mais également des Principes de ces Anciens : Devoir, Respect, Justice et Amour. Dans cet axe, la réalisation passe par le fait de devenir un être qui se réalise intérieurement par 3 principaux attributs avec lesquels il atteindra le Principe qui est en lui : la royauté (qui se doit de servir l’ordre, les siens dans le monde sensible), la prêtrise (qui se doit de nous guider dans une démarche intelligible) et la prophétie (qui créer des Elus pour annoncer le Temple et parler au nom du divin car ceux-ci ont les plans).

Lorsqu’Adam, fut déchu de son statut, ces 3 attributs se divisèrent parmi ses descendants. Il est du Devoir du G M A de tenter de les réunir à nouveau afin de se réaliser intérieurement. Cette réalisation demande une rigueur extrême, abordable uniquement avec méthode et introspection. Pour cela, le G M A afin d’être dans la continuité des patriarches et dans la réalisation de son Devoir a à sa disposition une méthode allant du 5ème au 12ème degré que je compare, pour ma part, aux trois œuvres alchimiques menant au Grand Œuvre.

L’œuvre au Noir : Du Maître Parfait à l’Intendant des Bâtiments ou l’élévation vers la métaphysique

La première œuvre est l’éveil de l’Esprit face à la Matière grâce à la fidélité à l’œuvre salomonienne et la volonté de construction du Temple (de Salomon, mais également de Delphes qui arborait « Connais-toi toi-même »). Cette construction du Temple évolue du 5ème au 8ème degré. Cette évolution éveille le franc-maçon en lui faisant comprendre qu’il existe un monde intelligible vers lequel il doit orienter sa recherche. Cette étape c’est la réalisation du Devoir au travers du zèle, de la volonté de Justice et l’accomplissement de son talent au profit de l’Universel. Le 5ème degré est la compréhension de la scission qui existe entre le corps et l’esprit et le départ d’une démarche purement spirituelle. Le symbole du carré, la maîtrise de la quadrature du cercle démontre que le franc-maçon scinde matière et esprit de façon à s’approcher de la perfection. Cette scission est cependant fidèle à l’œuvre initiale d’Hiram et au projet de Salomon. Dans notre quotidien, en devant « Maître Parfait » nous devons apprendre à être en harmonie avec le monde de tous les jours et ce nouveau chemin vers un monde différent. Nous ne devons sacrifier aucun des deux au profit de l’autre car chacun a sa place.

Le 6ème degré est un degré charnière où le franc-maçon apparait comme l’axe central de la légende, son zèle le mène à risquer sa vie puis à prendre une nouvelle place, une place intime au cœur des choses. Nous devons le secrétaire des rois enfouis au fond de nous-mêmes.

Notre réflexion est poussée vers notre intériorité. Nous voyageons dans notre être intérieur après avoir été l’objet d’un réflexe primaire. Nous comprenons là que nous avons franchi une étape. Désormais nous sommes proches du grand principe qui est en nous, mais nous ne le maîtrisons pas et peut-être que nous ne le comprenons pas mais désormais nous pouvons sereinement tenter d’agir en paix et avec conscience autour de nous.

Les 7ème et 8ème degrés finalisent cette œuvre pour mener le franc-maçon à la connaissance de ses talents, de son rôle dans la construction du Temple. Il devient « Prévôt et Juge » puis « Intendant des bâtiments », il se lie à l’Amour de la Justice, à la Fidélité mais aussi aux ordres d’architecture ce qui fait de lui un ouvrier accompli. Il n’est pas encore architecte, il reste en quelque sorte encore un maître d’œuvre mais un maître d’œuvre accompli. Esotériquement, nous devons un homme initié ayant connaissance d’un monde intelligible où la connaissance initiatique passe par un nouveau domaine, l’Esprit. Nous sommes proches des rois, dans la démarche des prêtres mais il nous manque encore une victoire face à nous-mêmes pour être prophète. Cet accès passe par le franchissement d’un obstacle et la purification de notre Ego.

L’œuvre au Blanc : Les grades d’Elus ou la purification de l’Ego

La deuxième œuvre est l’éveil de l’Être profond. En accédant au 9ème degré, nous prenons conscience que nous avons à retrouver l’être vrai qui est en nous et que nos a priori, nos voiles sociaux nous empêchent de le retrouver. Nous avons besoin pour nous réaliser intégralement de nous séparer de ces Ténèbres afin de retrouver l’état premier du premier patriarche, Adam.

Quand Johaben entre dans la caverne et tue Abiram, il entre dans sa matrice et tue ses mauvais côtés. Symboliquement, il ne se suicide pas car il doit continuer à vivre pour subir la sentence de Salomon et se pardonner, s’accepter et continuer à lutter avec encore plus de violence, symbole de détermination. Il faut vaincre ses côtés inférieurs par tous les moyens et le pardon divin fera le reste. Pourquoi ce pardon ? Car c’est le Devoir et l’Amour qui ont fait agir Johaben ce qui le rend agréable et l’enlève à une sentence. Car quoique nous pensions, et c’est pour cela que le autres Maîtres demandent Grace à Salomon et que celui-ci l’accorde, Johaben est entré dans cette grotte pour franchir un nouvel obstacle afin d’accéder à la Lumière. En cela, il est comparable à Adam qui a perdu le Paradis (Johaben a perdu Maître Hiram) mais à gagner le libre Arbitre (Johaben entre dans la caverne et tue Abiram de son propre chef) mais au fond, Adam est-il devenu vraiment libre en croquant la pomme ou reste-t-il une créature obéissante au Créateur comme Johaben reste un simple exécutant des ordres de Salomon qui transgresse des instructions reçues (comme Adam) sans pour autant être chassé. Désormais, l’Elu des 9 est à la quête ou à la reconquête de l’harmonie universelle qu’il sait perdue. Mais son statut n’est pas achevé.

Cela se concrétise au 10ème degré où Salomon exécute avec Violence les deux derniers assassins. Cette violence juste est ici synonyme de Justice universelle car prononcée par Salomon. Sa douceur aurait été synonyme d’accommodation car elle n’aurait pas permis le franchissement d’un obstacle menant à la Lumière, en l’occurrence ici les mauvais compagnons. Le franchissement des obstacles exalté au 10ème degré est sublimé au 11ème.

Au 11ème degré se pose pour la première fois la question de l’Unité (réalisation/action). Nous devenons (selon le manuel d’instruction à ce degré) des Hommes vrais en toutes circonstances, reçus à ce degré en étant cause du châtiment des assassins de Maître Hiram. Est-ce un acte apparemment violent qui nous rend vrais en toutes circonstances ? Oui, car n’oublions pas que nous sommes admis « Sublime Chevalier Elu » en voyant les tables de la Loi, l’Arche d’Alliance mais également la boîte d’or où furent déposés les cœurs des victimes dont le sacrifice furent agréable à Dieu. Donc, l’œuvre d’éveil de notre être profond s’est réalisée par ces actes, nous avons ouvert la voie vers la Lumière et le Principe grâce à notre fidélité mais aussi par notre zèle. Nous sommes élus, le sort en a décidé ainsi et par là même il nous a éveillés aux hautes sphères de la spiritualité mais l’action est nécessaire à toute réalisation. Désormais, nous nous approchons de la réalisation du Principe élevé qui est en nous mais il manque encore une étape.

L’œuvre au Rouge : Le grade de G M A ou la réalisation du Temple intérieur.

La troisième œuvre est l’approche de l’Un, de l’Unité par le renoncement à l’Ego car après avoir éveillé son Être profond et purifier son Ego, il faut que le G M A arrive à y renoncer pour ne faire qu’un avec le Principe élevé qui est en lui.

La première chose qui me vient à l’esprit quand nous entrons dans cette dernière œuvre c’est la devise de l’académie de Platon à Athènes : « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ». Cette maîtrise de l’étui de mathématiques fait sortir le franc-maçon du chantier en tant qu’ouvrier et l’y ramène en tant qu’architecte. Il passe dans le monde des Idées, monde qui lui permet de bâtir une nouvelle réalité qui combine, comme le précise Platon, le monde intelligible et le monde sensible pour accéder au Vrai. Pour faire encore le rapprochement avec Platon, le G M A maîtrisant les plans, les outils et les instruments de l’étui de mathématiques, il est capable de bâtir un Temple libéré de l’éphémère et de l’instable. Il a appris au 4ème degré à se méfier et, au 12ème degré, il est désormais (en théorie) capable d’identifier les tromperies et les erreurs des apparences, voilà son dernier obstacle afin de poser la bonne pierre au bon endroit dans le respect des plans et en utilisant rigoureusement les bons instruments. Et pour cela, le seul moyen d’y accéder avec toute la méthode fournie est le renoncement à l’Ego.

Conclusion

Le but de notre démarche est pour moi la sérénité dans la Connaissance de l’art de la vie qui permet au G M A de réaliser le Principe au travers du Temple (au sens large : de Salomon, de Delphes, de l’Académie). L’Art de la vie c’est la capacité à bâtir son harmonie avec l’Un. Nous sommes un tout de l’Unité (dans le temps et dans l’espace) et nous devrions y être bien.

G M A j’ai dit !

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