12° #409012 Ma route, mon chemin Initiatique Auteur: J∴ P∴ R∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Sublime Grand Maître, et vous tous, mes S S et mes F F grands Maîtres Architectes, un voyage, quand il est qualifié d’initiatique, a quelque chose de différent, parce qu’il amène l’individu à découvrir au-dedans de lui, un aspect inconnu de sa personne, en « marche » vers un renouveau, exprimé comme une « renaissance ». Subir des épreuves, nous le savons, revient donc à « à tuer » l’individu pour le faire ressusciter à une vie nouvelle. Pour cela, il faut entrer dans une forme de nomadisme de la pensée…car l’important, est d’abord de sortir de la sédentarisation de la pensée. Le pouvoir politique quel qu’il soit, n’a d’ailleurs, de cesse que de contrôler les instincts. L’école, dès le plus jeune âge, contrôle tous les faits et gestes, pour y imposer sa discipline. Plus tard, on classe les individus selon leur âge, leur sexe, ou leur statut social… Voilà comment, méthodiquement, on aliène des individus par un contrôle habile, précis et permanent. L’important est avant tout d’empêcher l’autonomie.Tocqueville, l’un des artisans de la mise en place du suffrage universel, en France, disait : « Je n’ai pas peur du suffrage universel, ils voteront, comme on leur dira de voter »… Mais bien sûr, pour cela, rien ne doit échapper au regard du politique. L’errance, par exemple est ce qui nuit au politique, car par essence elle est incontrôlable… Alors le nomadisme de la pensée, vous imaginez ! Voilà pourquoi, les pouvoirs profanes ont toujours, et de tous temps, eu en horreur les nomadismes, sous quelque forme qu’ils puissent se présenter.Lors de mon accession au 4ème degré, j’ai eu quelques problèmes avec l’aspect « Moi Je » de ce grade. Je ne m’y reconnaissais pas, notamment la glorification du Maître Secret, dont la gloire ne vaut pas grand-chose s’il se glorifie lui-même. Autoglorification qui me faisait penser à la pub d’une marque de lessive. Seulement, j’ai appris sur mon chemin, et cela depuis un bon moment, que l’important ne se trouve jamais dans l’apparent…mais au-delà de l’immédiatement perceptible… Dans ce qu’il reste, à chaque fois à découvrir… Alors je creuse, je cherche…et de cela je me glorifie, même si c’est une sorte de monstruosité difficile à digérer dans l’ordre du sacré et de l’initiation… Que voulez-vous, je tente de réunir ce qui est épars, car tel est mon devoir.Le plus souvent, d’un point de vue profane, le devoir ne prend son sens qu’à la lumière des conceptions du bien et du mal, mais nous le savons, celles-ci varient selon les latitudes… On peut entre autre, identifier le bien à la morale ou à la vertu… Mais il n’y a que deux conceptions de la morale et de la vertu humaine, et elles sont à des pôles opposés. L’une est religieuse et humanitaire. Elle déclare l’individu sacré et affirme que les règles de l’arithmétique ne doivent pas s’appliquer aux « unités humaines », et dans ce cas, deux fois deux, ne font pas forcément quatre. Dans cette représentation mentale, l’humain représente l’infini… L’autre représentation part du principe que la fin justifie tous les moyens, et exige que l’individu soit en toute façon subordonné, voire sacrifié à la communauté, ou à l’ordre social, ou ce que l’on considère comme tel…et dans cette représentation mentale l’humain représente zéro… Notre chemin initiatique, bien sûr, se range à la première conception.Je vais maintenant tracer le plus rapidement possible un aperçu, sinon de chaque étape, du moins de l’ensemble de mon parcours, à partir du 5ème degré, avec deux temps fort pour moi : Le 6ème degré et le 12ème.Au 5ème le grade de maître parfait a pour thème l’inhumation d’Hiram. Et la notion de perfection qui est abordée désigne l’état de ce qui est complètement achevé. La perfection a valeur d’exemple. Elle fut d’ailleurs incarnée en la personne du Maître disparu. Léger bémol tout de même, car Il convient de se souvenir que la perfection humaine en ce monde n’est que partielle, relative, inaccomplie et approximative. Mais enfin, cet appel à la perfection illustre précisément notre recherche permanente en quête de savoir, de recherche et d’amélioration, de soi et de la société, qui en a bien besoin.Le secrétaire intime 6ème degréVraiment, personne n’est parfait dans cette histoire, nous sommes en pleine humanité et chacun des acteurs de la légende, semble faire ce que la morale réprouve : Salomon en escroquant Hiram de Tyr, en lui refilant des terres pourries, lequel avec quelques raisons, pénètre avec perte et fracas dans la chambre de Salomon, qui est en deuil d’Hiram Abif, ce qui provoque l’indiscrétion de Johaben, quand il se substitue à un service d’ordre défaillant… Dans cette histoire, la seule raison de la transgression de. Johaben à l’étiquette est d’inverser un ordre temporel transportant le témoin Johaben au cœur d’une vision, dont il devient la raison d’être.Johaben est serviteur, et il est bel et bien identifié comme tel, et il n’a donc donc pas les mêmes prérogatives que Salomon et Hiram de Tyr, clairement identifiés, eux, comme rois. Or, ne nous y trompons pas, quand l’identité est immuable c’est que nous sommes dans un ordre totalitaire. Le mal commence dès qu’on enferme un sujet dans l’étroitesse d’une définition, ou d’un rôle social (Roi, intellectuel, bourgeois, chrétien, juif, serviteur, secrétaire intime, etc…) Et il est toujours urgent de protester contre tous les quadrillages collectifs, et les définitions d’appartenance. La raison d’état ou la raison sociale ne peuvent penser l’homme que rivé à son sol ou à sa place…et dans ce cas, à quoi bon travailler, réfléchir, croire, lutter et vivre, si ce n’est pour en finir avec elles et établir comme norme : le respect des autres et de soi-même ? …Donc, par le fait de la transgression, Johaben, même inconsciemment, vit l’expérience de l’émancipation et celle du mouvement qui pousse chaque homme, et encore plus le F M à s’affranchir des liens de son état et à tenter librement un chemin vers autre chose car nous sommes tous en marche vers autre chose. Notre vie ne saurait se limiter à répéter celle de nos parents. Nous devenons, nous évoluons. Cela veut dire que nous reconsidérons encore et toujours la réalité, et notre manière de nous loger dedans. Et c’est précisément ce qu’a fait Johaben qui par ce seul fait, devient l’exemple de l’apparition d’un homme nouveau, qui cesse d’être déterminée par sa naissance, et qui veut devenir.En fait, le mythe d’Hiram raconté au 3ème degré, ne se résout qu’au 11ème. En effet, jusqu’au 11ème degré, d’autres tâches ont absorbé le maître : Organisation des obsèques, remplacement d’Hiram dans les tâches matérielles du chantier, recherche et arrestation de ses meurtriers, jugement, condamnation et exécution… A y regarder d’un peu plus près, du 4ème au 8ème degré, on se préoccupe avant tout de la construction du temple de soi-même. Et tout d’un coup, au 9ème, on à la culpabilité, à l’obéissance, au devoir, au pouvoir, à la maîtrise des passions… Ce mythe du secrétaire intime relève à l’évidence du combat morale entre l’immuable et le devenir.se souvient qu’on n’a pas été au bout de l’idée de justice, qui nous animait… On voulait venger Hiram, et puis on n’a rien fait. Toujours est-il que, dans ce grade, nous sommes dans l’après-Hiram, dans le deuil et dans l’attente. Comment remplacer ce que l’on a perdu ? A qui faire confiance ? A Johaben, bien sûr, qui n’a transgressé que pour protéger son roi, sa fidélité n’est donc plus à démontrer. Du coup, on lui confiera de nombreuses charges jusqu’à la recherche de l’un des trois assassins, mais de nouveau trop zélé, il outrepasse ses instructions… Tout, dans ce grade met en garde contre les passions, la colère, l’enthousiasme mal canalisé, la vengeance… Tout cela, au fond ne sont que des mises en perspectives de nos préoccupations de F M… La recherche du juste, le rapport à la culpabilité, à l’obéissance, au devoir, au pouvoir, à la maîtrise des passions… Ce mythe du secrétaire intime relève à l’évidence du combat morale entre l’immuable et le devenir.Le 12ème degréLe maître, à ce degré, n’est pas devenu un Maître Plus, mais un Maître autrement. A ce niveau, il quitte son état opérationnel, pour atteindre le domaine spéculatif. La continuité du travail du Maître ne change pas seulement de niveau, elle change de nature… La théorie se substitue à la pratique… Nous sommes les bâtisseurs du sens, et les apparences sont notre matériau. Le symbole contient la plénitude d’un sens, et la plénitude implique la totalité des oppositions, l’unité des contraires, et permet ainsi de relier les significations diversifiées. Le symbole se contemple, et la signification se dit. Le premier est de l’ordre du visible et le second de l’ordre de l’audible, et c’est le langage qui permet le passage de l’un à l’autre. Bref nous passons de l’opératif au spéculatif et nous passons donc au 12ème degré, du savoir faire au savoir penser. Nous passons de la construction du temple, à la construction du savoir, voilà d’ailleurs, peut-être, comment nous mutons un peu plus vers la spiritualité… Mais, notre savoir ne peut-être qu’approximatif, puisque la quête que nous avons tous ici entamée, la perfection n’étant pas de ce monde, ne sera jamais totalement aboutie… Tout peut être dit, et tout ne sera jamais totalement dit, et l’espace infini du possible ne peut se concevoir sans un espace limité qui lui procure les moyens de se déployer. Le fini autorise l’infini et même le fonde. La durée est ce qui fonde le temps, le déterminé ce qui fonde l’imprévisible. L’Homme ne grandit que s’il assume en lui, le mariage des deux opposés. L’accompli et l’inaccompli, la lumière et les ténèbres.Depuis que nous avons été élevé à la maîtrise, nous sommes censés être autonomes…mais devenir autonome, ne consiste pas seulement à « penser », mais à pratiquer la reconstruction réfléchie : j’appellerai cela la repensée, afin de ne pas se retrouver piégé dans des modèles de reconstruction automates, fut-ce maçonniques… Cela, n’est bien sûr possible, qu’à condition de se détacher, voire même de se séparer de toute signification substituée à la nôtre, par le fait même de l’éducation donc d’un « systématisme » sociale, qui je le disais plus haut, nous incite à la régression personnelle.Aujourd’hui, le désir de croire prime souvent sur le désir de savoir… Pour autant, Prométhée vole le feu aux Dieux et enseigne aux hommes l’art de le faire, et les Dieux (le pouvoir, encore) sont contrariés, Prométhée le paiera enchaîné à son rocher, comme Adam et Eve furent chassés de l’Eden, pour eux aussi avoir voulu goûter à la connaissance. L’un et l’autre voulaient s’attribuer quelque chose qu’ils avaient attribué à leur divinité. Ils voulaient vivre, quelque chose, qui échappe à la fatalité. Au fond, il s’agit là, d’un conflit entre les privilégiés et ceux qui tentent de partager les privilèges, c’est aussi l’histoire de l’Homme qui veut augmenter ses pouvoirs, c’est l’histoire de l’accomplissement des désirs…par la transgression, comme Johaben. C’est tout simplement l’histoire de la vie qui n’aspire qu’à la croissance, et à la maîtrise de la nature, pour créer à son image, selon son modèle : un dieu tout-puissant. Ainsi, inconsciemment, l’Homme veut être divin, et bien que cela lui soit difficile, cela lui semble pas impossible… L’âge de la plénitude dont nous parlons à ce degré, c’est reconnaître symboliquement, dans sa plénitude, le pouvoir de devenir Dieu, ou un Dieu. Réunir ce qui est épars, c’est devenir un Dieu, et la part divine de l’Homme s’il y en a une, est attestée par son désir de créer et par toutes les facultés mises en œuvre pour accomplir ce désir : la curiosité, la raison, l’imagination, l’intuition, et surtout, l’appétit de liberté. Chacun choisit seul, meurt seul, et même vient au monde seul… C’est après, que les autres nous permettent de survivre… Après la faillite des illusions collectives, l’inertie collective se nourrit de la peur de chacun, et de son propre pouvoir à s’illusionner. C’est si simple…presque poétique. Mais le futur gambade toujours dans l’imaginaire, qui si on le veut vraiment, efface les ratages de l’instant ou du passé. C’est ça, l’utopie… Nous ne créons jamais que la liberté qui se trouve… Voilà pourquoi nous creusons. Nous ne faisons pas table rase de notre passé, car en se transformant, il s’impose dans un autre temps, il transgresse, parce que la transgression, c’est la vie, comme Johaben, et c’est ainsi qu’il devient neuf. Tel est le sens de notre histoire, de notre chemin initiatique. Les années perdues ne sont pas table rase, car elles ne nous vident pas de l’expérience. Elles sont une porte, qui un jour s’ouvrira sur un trésor… Voilà quel est le sens de mon chemin initiatique… Affaire à suivre.J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "La réalisation du principe élevé qui est en l’Homme" Planche Suivante "Je veux et je construis"