12° #409012

Mais quel est ce lieu ou nous sommes réunis ?

Auteur:

L∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


La planche que je vous présente aujourd’hui est en lien direct avec notre rituel du 12ème et il s’inscrit dans son contenu parfois complexe, mais tellement riche au plan des symboles qu’il suggère.

L’Archi-loge : Mais quel est donc ce lieu ou nous sommes réunis ?

En préambule le Sublime Grand Maître dit :

« Respectables SS et FF je vais ouvrir les travaux de l’ARCHI-LOGE, dans ce lieu ou nous pouvons nous livrer à notre œuvre ».

Cette formulation simple a de quoi rassurer, nous rassurer, après toutes les errances qui ont précédé notre arrivée en ce lieu. Enfin on sait ou l’on est, et pour la première fois, notre maison a un nom. ARCHI-LOGE appellation dans laquelle on peut y voir un atelier d’architectes, ou d’architecture.

Mais c’était sans compter sur le génie qui parle en nous, car dès les premières lectures j’ai rencontré une autre appellation celle de « l’archi-loge de Boulomie ».

Hors autant on peut comprendre le nom archi loge comme l’école des GMA, autant le qualificatif qui est donné « Boulomie » est surprenant car il se traduit par « l’endroit où l’on veut ».

Puis j’ai découvert, à travers des travaux ou des discussions, d’autres appellations telles que le « Lieu de la constante volonté », « le lieu ou il faut », « le lieu ou je veux et je construis » et, pour aggraver la chose, vient se rajouter ma propre perception, celle du ressenti lors de la cérémonie de passage au 12ème ou, aujourd’hui, en tenue, l’archi-loge installée et rituellement décorée.

Dans l’instant, si je contemple ce qui m’entoure, et après avoir entendu le rituel d’ouverture, je dirai que ce qui m’interpelle est de toute autre nature, car pour moi c’est aussi :

Le lieu ou il n’y a pas d’âge, ou l’on n’a pas d’âge, mais ou l’on est dans la plénitude.

Le lieu de « la mathématique », « je connais parfaitement ce que renferme un étui de mathématique » dit le rituel, certes, mais, au sens des 19 sciences universelles, qui font du GMA « un philosophe de la lumière jetée par l’esprit humain », caractérisé ici par l’esprit de l’école du Maître Architecte.

Un lieu ouvert, sans peur de l’intrus, sans surveillant, ou la garantie de notre secret réside dans notre science.

Enfin, un lieu ou il n’est plus question de vengeance et ou toute notre énergie peut être consacrée au travail sur « le connais toi toi-même… ».

Devant cette multitude de définitions, de pistes, d’exigences parfois contradictoires, c’est un ensemble de questions ouvertes, qui nous est proposé, mais c’est la 1er fois que les réponses possibles ont un tel niveau d’incertitude et une telle implication du SOI – même.

Ici on ne triche pas, car on a balayé la chambre des dessins, de nos dessins, délayé l’encre de chine, notre noirceur et collé les papiers BLANCS sur la planche à dessin, notre planche à dessin.

Ainsi c’est exempt de toutes nos scories que le génie peut parler en NOUS et NOTRE travail commencé dans ce lieu dès le levé du jour.

Mais que trouve-t-on de si particulier en ce lieu ?

Nous sommes à l’école des architectes, école ou la géométrie a une place fondamentale. Aussi rien d’étonnant à découvrir, dans la configuration de l’archi-loge, la construction du triangle aux trois sommets sacrés. Triangle formé par les trois plateaux, bien mis en évidence : avec le sommet représenté par le SGM, celui du 1er excellent gardien, et celui du 2ème excellent gardien.

Chacun des trois sommets reçoit le même contenu : une lumière blanche et un « étui de mathématique ». C’est-à-dire, à la fois la lumière et la connaissance universelle.

Cela donne à l’ensemble une vision d’équivalence, où que se tourne le GMA il reçoit de chacun des sommets la même consigne : je cite :

« si le champ de la connaissance humaine est infini, la LOGIQUE doit guider l’art du raisonnement pratiqué par le GMA ».

Ceci est la condition de base pour que le travail, le produit de nos pensées, servent humblement de matière première aux autres GMA.

Mais « prudence » car une interrogation subsiste : est ce la lumière qui éclaire la mathématique, ou la mathématique qui devient lumière, ou bien est ce que l’un ne peut exister sans l’autre, c’est à dire l’esprit sans la matière et la matière sans la logique de l’esprit humain ?

Pour imager cette pensée, l’étui me fait penser a une outre en peau de chèvre, celle que l’on trouve accrochée aux selles des chameliers, outre, dont le contenu est si précieux, que les nomades se désaltèrent par petites gorgées d’eau déposées au creux de leur main.

Ainsi on peut imaginer que notre lumière, notre esprit, s’abreuve à l’outre de la mathématique, à l’étui des sciences universelles, mais pour le nomade symboliste que nous sommes, cela doit se faire avec tempérance, prudence et modération.

Mais un autre élément fort, interpelle, bien que très présent, parfois il passe inaperçu.

Au barycentre du triangle sacré, au centre de gravité de l’archi-loge, est placée une planche à dessin recouverte d’une feuille blanche.
Ici, pas de pilier, pas de tapis de loge ou d’archi-loge, pas d’hôtel des serments, pas d’outils, pas d’instruments, non, juste une feuille blanche, seulement, SA feuille blanche, celle que l’on a nettoyé auparavant dans la Chambre des dessins pour quelle soit sans tache, sans scorie, et interdite aux copier/coller.

La feuille blanche, au niveau symbolique, a cette particularité de représenter le potentiel de tous les possibles car toute pensée peut y trouver une place.

C’est d’ailleurs le trait commun à tous les degrés maçonniques, visible ou invisible, la feuille blanche a hanté quelques « nuits blanches », en maçonnerie pour rédiger des planches à s’offrir les uns aux autres, mais aussi dans la vie profane dans des circonstances heureuses, les faire-part de naissance ou plus tristes lorsqu’il s’agit de ceux qui nous quittent.

Coïncidence, ou clin d’œil de nos anciens, mais cette feuille blanche, si elle représente le potentiel de tous les possibles, est placée ici, pour que le GMA ne se perdre pas dans des errements sans fin, car la géométrie du triangle sacré va imposer deux limites :

d’abord celle du SGM de part sa présence à l’ORIENT ou MEROGONIE ensuite par la présence des 2 excellents gardiens à l’OCCIDENT ou MERITHANIE.

D’abord le nom de MEROGENIE se traduit dans les rituels par « le coté de la naissance, le lieu de la naissance, le lieu où naît la lumière spirituelle ».

Tandis que le nom de MERITHANIE, désigne « le côté de la mort, le côté où le soleil se couche, le lieu ou la lumière s’éteint ».

Ainsi, entre la Mérogénie, lieu de la naissance de la lumière et la Mérithanie, lieu ou la lumière s’éteint, se situe la page blanche que le GMA va habiter de sa pensée et écrire son parcours spirituel, entre ombre et lumière.

Entre ombre et lumière, entre vie et mort, entre feuille blanche et feuille noircie, entre rien et tout.

Voilà le destin du GMA, voilà l’œuvre symbolique qu’il doit réaliser dans ce lieu nommé archi-loge. Mais comment une telle symbiose est-elle possible dans le lieu de la constante volonté ?

La triple rencontre de la mathématique /lumière, avec la feuille blanche de tous les possibles, et de la logique en tant que art du raisonnement, offre au GMA plusieurs spécificités, d’abord la qualité de maître de l’épure à travers la connaissance de la géométrie, ensuite celle de maître de l’esquisse par les pensées multiples et cohérentes qu’il va rendre logique, enfin la faculté d’être un maître projeteur de lui-même, à travers le trait d’esprit qu’il doit projeter sur sa propre feuille blanche, sans jamais le dessiner.

Le GMA réalise sans cesse la métaphore de la construction du temple du Roi Salomon, c’est-à-dire la projection de ce temple en lui-même, dans son intime le plus profond, dans son Saint des Saints, et cela sans matière.

Peut être en synthèse personnelle, on peut dire que le GMA est « écrivain de lui-même » et qu’il inscrit son histoire personnelle entre « naissance et mort, entre ombre et lumière » dans la paix du philosophe, car il est l’héritier de l’allégorie de la mort d’Hiram, exprimée ici en tant que symbole de l’esprit humain.

J’ai dit S G M

Annexe 1 :

La mathématique c’est :

Arithmétique
Géométrie
Trigonométrie
Optique
Catoptrique
Dioptrique
Dessin
Perspective
Mécanique
Tactique
Hydraulique
Géographie
Chronologie
Coupe des pierres
Coupe du bois
Mesures
Physique
Musique
Architecture

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