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Le symbolisme de la construction du Temple
Non communiqué
Dès mon initiation, j’ai œuvré à construire mon Temple Intérieur et toutes ces années, j’ai travaillé à devenir Grand Maître architecte. Habité par une véritable confiance dans le chemin proposé par le Suprême Conseil de France, je m’applique à comprendre les idées proposées, car le sens contenu est le ciment de ma reconstruction. Je construis en façonnant ma pensée en harmonie pour lui donner une cohérence géométrique, un peu comme le font les abeilles avec minutie et persévérance. Les chemins sont multiples et j’ai décidé du mien, c’est le Rite Ecossais Ancien et Accepté. La Fraternité est ainsi le ferment de mon œuvre, construire mon Temple intérieur c’est prendre conscience de la perfectibilité Humaine et ouvrir des possibles à ma capacité d’être ce que je suis. Il s’agit avant tout d’un cheminement que le Suprême Conseil de France propose à chacun de nous, une expérimentation progressive pour que nous en tirions une connaissance.En faitil nous appartient tous de contribuer à notre propre construction, celle de notre temple intérieur en vue de sa pleine réalisation, celle de notre conscience et de notre esprit sur la voie de la Lumière pure. L’être qui rebâtit son espace primordial doit se concentrer sur le passage des ténèbres à la lumière, puis de l’équerre au compas et ensuite des passions à la purification, comme si les lauriers consacraient la victoire sur soi-même et l’Olivier celle de notre paix intérieure retrouvée. La progression est longue mais la victoire resplendissante sur notre vil esprit est proche.
Apprenti on m’a donné, comme première tâche de suivre le fil à plomb, par une longue descente en moi-même, j’ai su tailler cette pierre brute que j’étais. Peu à peu j’ordonne le Chaos dans ma vie afin de découvrir le Vrai, le Bien et le Beau, et de tenter d’atteindre la spiritualité. S’il me manquait quelque chose pour rendre ma pierre cubique, ce que j’ai découvert lorsque je suis devenu Compagnon, afin qu’elle s’insère dans l’édifice commun, j’avais reconnu le besoin de perfectibilité de mon âme et le germe qui devait grandir. Je devais concevoir mon existence par rapport à ma conscience qui est reliée au Divin pour mieux me connaître, m’accepter et continuer à travailler.
Quand je suis devenu Maître je me suis imaginé que c’est dans le monde que j’allais trouver ce qui a été perdu, car les mauvais Compagnons avaient tué Hiram, comme si j’en étais un moi-même. En fait je suis Hiram et j’ai la capacité de lui ressembler à condition que j’éradique mes mauvais penchants et que je renaisse à une vie plus ascétique. Mon Devoir est de me transformer en Maître de vérité, capable de mettre un frein à mon ambition démesurée, à mon ignorance et à mon fanatisme, que sont ces mauvais Compagnons que je connaissais mais que j’avais laisser faire par lâcheté ou par complicité.
Quand je suis devenu Maître Secret, une nouvelle fois je suis passé de l’équerre au compas, de la matérialité à la spiritualité, du terrestre vers le céleste, j’ai changé de plan et j’ai évolué vers la Lumière, vers une recherche de la Vérité et de la parole perdue, en comprenant le sens du Devoir. Selon la maxime du Taciturne « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer », j’ai appris à consolider mes acquis et à m’élever vers la Lumière intérieure qui se trouve au fond de mon Ame. Le noir des ténèbres, est mon intériorité, le lieu de ma quête, de ma transmutation, l’endroit où je construis et reconstruis sans cesse mon Temple intime.
Le Temple symbolise la construction de mon esprit. De Vénérable Maître je deviens Lévite, rôle prédominant qui me place dans le temple, mon intériorité, face au Saint des Saint, une balustrade me sépare encore mais une clé d’ivoire comme une espérance est pendue à mon cou. Le Devoir devient le but de ma quête, la Vérité et la Parole perdue disent l’origine de tout un univers de créé et d’incréé.
Maître parfait, j’apprends à savoir tourner la page, ne pas oublier car l’expérience générée par Maître Hiram doit garder en moi toute sa place, mais la peine doit laisser la place à la construction. Peut-être que Maître Hiram, mort des maux de l’homme profane, est une part de moi.
Et puis Secrétaire intime je découvre qu’il me faudra franchir des voiles et des portes pour que les changements de plan m’élèvent à la hauteur de ma capacité. Je comprends que je dois vivre chaque expérimentation pour en savoir la connaissance. Le travail grandi l’être.
Prévôt (enquêteur que je suis) et Juge (que je suis aussi) je découvre la nécessité de chercher ce qui est désordre en moi et décider de la manière de retrouver l’ordre. Le zèle est récompensé dans ce qu’il a de noble, il était dit au Maître Secret « ne perdez pas de temps » le zèle mis dans l’accomplissement est salutaire.
Intendant des Bâtiments, les cinq ordres d’architecture sont l’assurance que le geste et l’œuvre seront l’expression du but à atteindre, je dis ici que l’immensité de notre démarche mérite le soin le plus précis.
Le Maître Elu des 9 ou Elu Pérignan, cet inconnu (1), ici le Maître se trouve face à lui-même, il n’est pas désigné mais cette élection laisse entendre que la providence l’a choisi. Difficile de ne pas imaginer que la providence est l’expression du principe. 9 pour dire le changement de plan, je commence à me séparer de ce qui m’avilit, purifier l’homme que je suis ne doit pas entraîner une défaillance coupable. Ce n’était pas à moi de séparer l’esprit de l’animalité, je n’étais pas prêt. Salomon, seul avait reçu la connaissance utile à cette décision. Le destin m’avait conduit face à moi-même, l’impatience avait tout gâché, la sagesse du plus grand des rois n’avait pas souhaité mettre un terme à mon chemin. Le buisson ardent avait marqué la présence du principe.
Illustre Elu des Quinze, la volonté du principe me garde sur le chemin. Israël est fait de 12 tributs, 12 d’entre nous deviendrons des chefs, trois autres continueront leur quête. Être chef de tribut est-ce un aboutissement ? Je n’en suis pas certain, j’ai soif de découvrir la continuité de ma quête. Le Fanatisme et l’Ambition déréglée vont cesser d’être, ce sacrifice est agréable à Dieu. C’est une purification qui va dans le sens d’un rapprochement de la Spiritualité qui demande que je sois l’obéissant de mon Devoir envers le principe, la pureté est ma seule possibilité dans la recherche de la Vérité et de la Parole perdue.
Sublime Chevalier Elu, l’accompli prend ici le sens de purification mais aussi de renouveau car ils permettent l’achèvement de mon Temple. Promettre c’est mettre avant tout autre chose, aimer Dieu devient la force de mon engagement, cet amour me porte vers mes frères. Je continue le chemin en ayant reçu le nom d’Emerek, l’homme vrai en toute circonstance. Je comprends que la Vérité n’a pas de compromission, elle est en toutes circonstances.
Emerek est juste en toutes circonstances dans l’adversité et dans le bonheur, épris de Justice dont il a le sens, il part chercher la maîtrise de soi et la connaissance. Il ne deviendra jamais parfait car il sera toujours inachevé, mais il est droit et idéaliste, il me fait penser que ma part d’ombre a été gommée afin que je devienne moi-même tout simplement. Je suis pour la première fois un Chevalier, nommé par le Divin suivant le sort et représenté par le Trois Fois Puissant Maître, non parce que je suis un Homme véritable aimant la justice, mais parce que j’ai gravi tous les échelons jusqu’à ce degré, en obéissant au Suprême Conseil de France avec zèle, en pratiquant les vertus et les Devoirs, en obtempérant aux indications de mes Frères, en restant charitable, en aimant le GADLU, fidèle à ma Patrie, respectueux des règles et des principes. Chaque Chevalier doit s’armer de patience afin de lutter contre ses déviances, ce qui traduit sa marche vers une maîtrise spirituelle et son amélioration. Je me perfectionne et j’abandonne mes certitudes, car j’ai vu les Tables de la Loi et les objets précieux qui sont contenus dans le Tabernacle. J’ai été pardonné car j’ai vaincu mes démons, au plus profond de mon être, on m’a donc armé de l’épée de la justice que je dois rendre en suivant les Lois du Rite Ecossais Ancien et Accepté.
Ainsi mon Temple intérieur devient vrai car je peux maintenant rendre la Justice grâce à L’étincelle divine que j’ai trouvé au plus profond de mon édifice. Grand Maître Architecte, l’étui de mathématique me semble symboliser ma conscience de la proportion, idée qui me ramène à la vie profane ou Salomon demande à Dieu, un cœur intelligent pour juger son peuple. Tracer les plans de ma reconstruction devient l’évidence. Je vais devoir décorer le troisième étage, qui pour moi est le sommet de mon élévation actuelle. Ce troisième étage est mon saint des saints, le symbole de ma spiritualité, mon lien avec le Grand Architecte de l’Univers.
Ce que m’a apporté ce parcours c’est une nouvelle dimension de ma personnalité, qui s’est épurée et qui s’est débarrassée du superflu. J’ai achevé la construction du Temple car je sais que j’ai atteint un autre espace, selon les règles et les outils de l’Architecture, dont l’étui de mathématique et les Ordres Architecturaux. J’ai construit le Temple parfait car j’ai vaincu mon pire ennemi, moi, comme celui que j’ai vu dans le miroir, et je l’ai fait à la gloire et à la connaissance du Grand Architecte de l’Univers, capable de concevoir l’édifice et d’en tracer les plans, comme d’en diriger l’exécution avec l’aide de la planche à dessin, du papier et de l’étui. En pratiquant le recollement, et en dressant les relevés, je veux et je construis le centre du cercle, qui représente l’esprit Humain, et la circonférence, le champ des connaissances humaines. Les compas de proportion deviennent les outils de ma métamorphose, et je transmute ainsi le Temple de Salomon en Temple Maçonnique puis en Temple de l’Humanité ou de l’Harmonie, qui est le fruit de ma réflexion et de mon élévation, un peu comme si je m’étais amélioré.
Le Grand Maître Architecte affine sa pensée qui devient précise. Le Temple devient un idéal à atteindre, comme un Esprit bien formé, et c’est en terminant sa construction, comme la construction commune de l’Œuvre que nous tentons d’édifier, que je deviens un être éclairé et véritablement initié en passant du désir à la réalité, à la réalisation. L’homme de la perfection devient l’alchimiste de sa propre transformation car il est le contenant et le contenu de son Temple, humain tout d’abord, puis en devenir dans un deuxième temps. La réception du bâtiment est la parfaite identification entre le Temple imposé par le Divin à David et l’harmonie intérieure de l’Homme. La transmission s’effectue à partir des relevés mais aussi de mon inconscient afin de spiritualiser la matière, ma matière. Socrate disait que la Maïeutique était l’art d’accoucher les esprits, alors n’en doutons pas je parle maintenant de ma Maïeutique.
En Conclusion, il m’a fallut bien des années de travail, pour retrouver le chemin de ma vérité. Une vérité qui dit ce que je suis au plus profond de moi-même, une vérité où je retrouverai ce que je serai quand je serai totalement moi. Cette idée de la recherche de mon origine est née dans ce magnifique rituel, une idée qui parle d’un temps où l’homme savait ce qui le fait.
Ce travail et mon parcours Maçonnique au sein du Suprême Conseil de France et du Rite Ecossais Ancien et Accepté m’ont apporté une ascension graduelle et spirituelle, avec la satisfaction d’avoir accompli une partie du chemin en construisant un Temple intérieur, en quelque sorte en bâtissant un Temple à la vertu, celle que je dois utiliser, et qui abrite un trésor qui s’éloigne constamment quand je m’en approche. N’en doutons pas, ce n’est pas la parole perdue que je vais trouver, ni la vérité, mais au moins je me serai débarrassé de mes démons, en cheminant vers la force du vouloir, c’est-à-dire de la force constructrice de la réalisation, de l’édification et de l’authenticité. Pour cela je dois rester humble devant toutes ces questions qui pourraient me perturber si je ne suis pas assez sage !
Mon travail est profond et il est le reflet de moi-même, il laisse à penser que mes difficultés à être aimé et aimer, sont certainement le bon moyen pour trouver mon vrai chemin. Je suis plus attentif à autrui, je connais mieux mes limites et j’appréhende l’inexplicable, comme la finitude, avec sérénité. Le perfectionnement du 12ème degré, comme les autres, m’aident à reconstruire ma voie et à retrouver ma nudité intérieure, crue et sans fard, voire sans vice, avec la ferme intuition que la vérité ou la parole perdue, seront un jour abordées ou retrouvées, même si je ne fais que m’en rapprocher. C’est de mon intériorité dont il s’agit et non de mes apparences, qu’il faut retailler avec rigueur. Si je comprends bien ces symboles et cette méthode, je vais essayer de m’améliorer car je porte en moi les symptômes de ma délivrance ou de ma rédemption. Sans effort rien n’est possible, il faut que je continue ce chemin, car en cherchant je deviendrai peut-être meilleur, et je me libèrerai de mes chaînes matérielles et terrestres, enfin j’espère !!! Je finirais par cette citation de Saint Augustin : « Ne t’en vas pas au dehors, rentre en toi-même; au coeur de la créature habite la vérité.«
Très Cher Frère Président j’ai dit.
C D
(1) – Elu Pérignan, l’inconnu