13° #410012

A130-1

Auteur:

P∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

« Ma » Descente au Treizième

Le thème de royal arch est une recherche qui aboutit à la découverte du « NOM INNEFABLE ». Au travers d’un voyage qui se veut vertical et interrieur , une descente où le mot « vitriol » trouve ici toute sa substance, il permet d’après moi de passer d’un monde social,horizontal, de l’action, à un monde vouté de valeurs morales, vertical, un monde deméditation.


Ce degré essentiel du REAA, transmis « sous la voute » nous invite par son seul décor, à pénétrer les profondeurs; c’est un degré qui nous oblige à effectuer un passage d’un monde à un autre, mais qui comme tout passage va nousexposer à des risques, risque de se perdre dans les profondeurs du NEANT.
Lors de ce grade, le descente et la voute dominent nous situant au centre (ou au fondement) de la symbolique des constructeurs. Symbole toujours présent au grés des grades en loge bleue: l’apprenti passant par la porte étroite sous la voute de laquelle il doit se courber; la voute étoilée couvrant la loge, et aujourd’hui la ROYAL ARCHE, le collège ou loge royale se tient encore dans un lieu vouté. On y entre par le sommet, et par conséquent on y descend, on y descendpar une trappe qui en ouvre l’accés, ici passe l’axe du monde, et la salle voutée est le ventre du monde c’est à dire la MATRICE.


Aujourd’hui, je vais essayer de tous vous faire descendre avec moi dans un monde sous- terrain, celui du chevalier de ROYAL ARCH, sans escalier ni ascenseur, afin d’essayer de comprendre, pourquoi ce monde souterrain que nous retrouvons régulièrement au travers de nos initiations nous attire et nous inquiète et comment en fin de compte nous savons ce que nous allons découvrir, ou plutôt qui nous allons finir par découvrir!!!. Venez mes frères,n’ayons pas peur, allons sous la voute, revenons aux origines, là où l’être est à l’état de vrai conscience, làoù le MOI et le NON-MOI sont indifférenciés,n’ayons pas peur de ce que nous allons découvrir…
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*
Succédant au grade de grand ARCHITECTE, le gradede ROYAL ARCHest l’histoire de trois personnages venus de Babylonedont les pas sont guidés vers les ruines du TEMPLE DE SALOMON, à la reconstruction duquel ils souhaitent participer. Au fond d’un puit ils decouvrirent ,portant l’inscription du nom sacré, un bijou qu »HIRAM aurait jeté pour qu’il echappe à ses agresseurs.
Cette légende qui pourrait constituer la trame d’un scénario de film à suspense holywoodien est plus complexe qu’il n’y parait.
Regardons la de plus près :
Ici, Hiram n’est plus qu’une ombre quiplane sur les ruines du temple. Il ne se trouve plus au centre de la légende originelledont le contexte désormais rappelle étrangement celle des rois mages de la bible.
Les trois mages découvrirent en explorant les ruines du Temple de Salomon, une trappe obturant un puit extrêmement profond. Le plus avisé, le plus courageux décide d’y descendre, c’est là que le mythe commence.
Dans cette trame, extrêmement simple,foisonnent symboles, allégories, archétypes,signes qui devront nous amener ailleurs malgré nous!!! voire nous ramener vers nous-mêmes.
C’est en cela que ce degré estextrêmement puissant, complexe, et riche où chacun peut esperer découvrir ce qu’il cherche, c’est à dire bien entendu se trouver lui-même
.
L’initiation, dans son acceptation ethymologique est le commencement, et chaque initiation se veut être un nouveau départ vers une nouvelle « terra incognita », le13 ° grade est comme un nouveau pallier de decompression, afin d’ atteindre je ne sais quelle atmosphère, quelle sphère, je ne sais quel souffle, quel ether…, et comme tout maçon rongé par la curiosité la soif de connaissance, la soif de comprendre, je me dois d’aller plus loin malgrè mon inquiétude et descendre encore plus loin, toujours plus loin: tel GUIBULUM…!!!


Dés le début du grade, la légende rappelle le symbole du fil à plomb. La verticalité se situe dans un cercle figuré par le puit au fond duquel se trouvepeut-être la vérité que nous cherchons depuis si longtemps: c’est à dire le centre de l’idée ou bien l’idée au centre ;…du cercle.
Ce puit est caché par une pierre qui masque l’ouverture symbole du soin avec lequel les initiés doivent eux mêmes refermer dans leur conscience, ces voutes qu’ils ont aperçus et qu’ils leur ont été dévoilées. Sur cette pierre, un anneau rappelant la force nécessaire pour écarter les obstacles et surmonter les épreuves encore et toujours.


Ainsi dés le début du thème du 13° degré de nombreux symboles nous sont envoyés à la figure nous rappellant la progression initiatique du maçon. Seraient ce des mises en gardes que nous devrions garder en mémoire tout au long de cette descente? Peut-être une descente aux enfers? Le doute m’envahit et je me demande si ce puitcaché, secret,sacré même, n’est pas la voie vitale de communication entre le haut et le bas, une voie menant nécessairement à mes « secrets », c’est à dire à la profondeur de mon SILENCE, qui sont ces peurs enfouies au plus profond de moi: cette peur du noir, peur de l’inconnu, peur de découvrir,aussi peur de connaitre…
Certes, je me dis que ce puit est bien le passage du connu vers l’inconnu, permettant le voyage vers la découverte de mon interiorité, cette terre sommetoute inconnue…
Mais sous ce puit ,existe un monde souterrain, issu des entrailles de la terre, semblable à une sorte d’intestin, un reseau inextricable de boyaux, de grottes, au travers des arches faisant surgir en moi cette peur infantile à la fois d’y entrer et de ne pas trouver la sortie. Alors, mon être va devoir se projeter dans ce mage, et descendre avec lui, l’accompagner afin de passer d’un monde à l’autre.
Désormais, je comprends que mon travail consistera à opérer un retournement de mon attention, non plus regarder vers l’infini, la surface, le connu, mais regarder vers le fini, le fond, l’inconnu. Me courber,passer de l’exterieur à l’interieur et m’interioriser profondément, semblable à ce mouvement de descente par cette échellede corde, mouvement à la fois de translation et de rotation autour d’un centre, comme celui du mouvement d’une vis sans fin, vis qui tourneautour d’elle même et qui avance sans avoir l’impression de se déplacer, signe d’un travail sans fin comme celui que je dois produire désormais sans en donner l’impression; quel PARADOXE mes frères!!!
Cela me renvoie au monde qui m’entourequi semble immobile et qui tourne autour de moi sans que je m’en apperçoive, autour del’homme, autour de l’axe, » l’axis mundis »tel ce boyau qui descend dans le fond, qu’il me faut emprunter malgrè moi, cet axeexiste bien en l’homme, autour de lui s’enroule et s’ordonne l’univers,les galaxies, le monde, et surtout ces deux niveaux, le haut et le bas. Et symboliquement, c’est bien l’axe qui permet à l’homme d’appartenir à l’ordre du monde, le situant et coordonnant ses pulsions émotionnelles, physiques et mentales.Ilpermet de relier les ténèbres à la lumière afin de rejoindre l’unité existanteen lui, celle avant la création de la Dualité, quelques secondes avant ce big bang originel, ce moment où la trappe s’est refermée.


Cette descente est bien un cheminement initiatique, notre cheminement initiatique, nous conduisant de l’exterieur vers l’interieur, sorte de descente aux enfers, de mort symbolique qui nous amène à la naissance d’un nouvel ETRE, détruisant par la même un peu plus l’AVOIR.C’est Jung qui pensait que par sa mort initiatique, l’homme abordait enfin la réintegration de la nuit cosmique. De plus cette mort symbolique ne peut que se réaliser dans les entrailles de la terre, cette même terre mère nourricière dans laquelle nous finirons par être enfouie lors de notre mort terrestre.
Toutes initiations enseignent qu’il faut atteindre le fond de la terre pour pouvoir commencer l’ascension des mondes célèstes, ainsi on ne peut atteindre le ciel qu’en passant par l’enfer, en apportant bien sûrla peuve que l’on est digne d’y accéder. (tel le bijou d’Hiram, que rapporte GIBULUM…).
C’est donc bien cette opposition vie-mort, lutte de la vie sur la mort qui est au coeur du thème, démontrant tout le côté DRAMATIQUE de cette descente, cette descente en nous mêmes, où le thème de l’épreuve nous est bien renvoyéencore une fois à la figure: là , au coeur de la psyché, de la materia prima, le chevalier va découvrir des trésors mais aussi l’effroi et la peur, en poussant la 10ème porte qui ouvre sur l’insondable…


Ce gra de royal arch est avant toutsynonyme de ROYAL, ROYAUME que le chevalier initié conquière quand il parvient à l’état royal, lorsqu’il réussira à depouiller complètementles métaux de l’ego.
Alors est ce bien cela l’objectif? Que le MOIparvienne à se débarraser des aspects génants de l’OMBRE, passant d’un état à l’autre? Le chevalier devra et pourra changer, s’il réalisece voyage, cette descente en lui-même.
Par cette descente, le chevalier de ROYAL ARCH connaitra une transmutation, il a pourtant déjàcommencer à changer d’état depuis qu’il a vu avec ses deux autres compagnons le tetragramme sous la 9 ème voute: « Regardez la conception suprême, la voilà , s’écrit-il, vous êtes au centre de l’IDEE ». Ici,à l’interieur, la forme circulaire de la 9 ème voute symbolise la perfection dont le cercle en estle symbole, ce qui nous avait été annoncé en ouvrant cette trappe circulaire à l’exterieur…
Cette 9 ème voute est le lieu de la fin et du recommencement, lieu de l’union de la terre et du ciel, lieu où l’être accéde au SAINT DES SAINTS, qui s’identifie au centre de l’IDEE.
Ici, sous terre, les choses ont changé et l’initié n’est plus tout à fait le même qu’au début de la descente; il n’est plus uniquement rempli de cette lumière éclairant l’exterieur, il devient la lumière même, éclairant son interiorité qu’il peut enfin observer et par la même tenter decomprendre,semblable alors à un point simple et immobile: origine, point de commencement de l’existence, la pensée créatrice; le centre de l’IDEE.
Lumière illuminant »tout ce qui vient au monde », germe de toute chose contenue dans la lettre « IOD », première lettre du tetragramme.
Là, sous la voute, au coeur de la terre, dans ce lieu alchimique, ce lieu secret, innaccessible car sacré, comme le coeur de l’initié, lieuégalement innaccessible pour l’homme, et siège de l’amour qui saura transformer notre être et le sublimera; j’accepte de revétir le tablier de l’alchimiste, chirurgien de la transmutation originelle. Alors, sous la voute, je deviendrai le créateur et la création et essayant de tendre vers l’unité lumineuse dans cette matrice obscure de l’utérus prénatal, siège de l’inconscient de ma conscience.


Mais malgrè tout, je ne suis pas encore rassuré, car ce monde souterrain, en forme de grotte informe , de caverne toute noire suscite bien en moi l’idée de la crainte d’un changement de la peur d’un péril à traverser, peur de la mort, mais heureusement aussilieu de germination de la vie.
Par cette descente dans cette caverne comme à l’interieur de moi, à l’interieur de la terre, je me sens comme cette graine qui hésite entre la mort pourriture et la germination c’est à dire la vie.
Mais elle,a t-elle réellement le choix? Et N’est-ce-pas en fin de compte ce que je suis venu chercher dans cette grotte, ici et maintenant, prendre conscience que je peux « avoir le choix ». Avoir le choix n’est-ce-pas être libre, libre d’être enfin différent,de pouvoir changer. Car changer, n’est ce pas accepter de renoncer à son identité, à ce que l’on connait de soi. Alors, ici, l’essentiel de cette descente nous est renvoyé à la figure par le mot : RENONCEMENT. Seul le sacrifice conscient pour moi verticalise l’être humain. N’oublions pas que nous demeurons ignorant de nous mêmes, et que la descente est dérangeante, douloureuse, même sacrificielle,que le vrai sacrifice est bien entendu celui qui déplait forcément, car il oblige à de réelles modifications, que dis-je à de réelles mortifications: car c’est alors renoncer consciemment à ce que l’on sait, à ce que l’on est, en fin de compte à ce que l’on croit…. et j’en fait le choix devant vous…
Alors l’être initiatique, franchira successivement les enceintes concentriques de la connaissance esperant mériter d’atteindre le dernier degrécelui qui est au centre-centre de l’univers-, centre de lui-même, certainement centres identiques qui se superposent, aboutissement ultime de l’initiation, lieu où le macrocosme rencontre le microcosme, lieu où le bas rencontre le haut, lieu où les ténèbres rencontrent la lumière, lieu où l’on veut et où l’on peut…
C’est bien le lieu d’accession à la sagesse ouvrant sur l’unité et la connaissance universelle, c’est à dire où tout a été et où tout sera.!.
Alors, pour cela il me faudra descendre, découvrir, pourenfin connaitre, n’est-ce pas cela l’initiation en fin de compte?
Ilfaudra modifier mon niveau de conscience,renoncer à ce que je sais, m’éveiller au monde etce nouvel être en moiqui n’estque le fruit d’une recherche permanente résultante d’un travail sur soi-même, sur le chemin de la sagesse: c’est cela la co-naissance (en 2 mots)
Ce sera alors passer ainsi de l’ombre à la lumière, passer du vouloir au savoir, c’est à dire vouloir savoir qui se cache derrière soi, ce n’est pas cela en fin de compte que de « connaitre ». Et connaitre n’est ce pas devenir dieu d’une certaine façon?

Est ce en cela que se résume le degré de ROYAL ARCH, que le maître maçon finisse par se découvrir enfin dans ce lieu cryptique, ce lieu souterrain où tout se réalise. Ce titre de ROYAL ARCH me semble alors être l’ESSENCE de ce que nous sommes, c’est à dire le lien, l’arche, le coffre où l’innommable, l’incommunicable est à jamais enfermé.
Mais une dernière question se pose; pour finirdois je ouvrir ce coffre et tout découvrir maintenant ?…
Ouvrir le coffre, n’est ce pas realiser la transgression ultime, comme cela se fait à la onzième porte?Et n’est-ce-pas ce que je suis venu chercher par cette descente sous terre? Ce sera sacrifier tout ce que l’on a connu et reconnu, sans retour possible à la case départ, et comme je l’ai dit précedemment sans sacrifice, pas de passage vers la transcendance, pas de réelles initiation ni d’affrontement (rappelons nous du sacrifice d’Hiram) sans cette mort douloureuse, pas d’accés à la phase suivante…
« Einsoph » ouvre la porte, la transgression estlà,les lumières s’éteignent , alors l’obscurité réapparait;tout changement ne peut en effet s’accomplir que dans l’obscurité, serait-ce un retour au chaos?
Je souhaitais un chaos interieur, mais par ce chaos exterieur,je comprends là que ce n’est pas encore l’heure , toute transgression doit être détachée de toute velleité d’AVOIR , qu’il y a encore certainementd’autres portes à franchir, d’autres lieux à explorer , d’autres parcelles de soià découvrir. Il me faut donc repartir sur le chemin initiatique, et m’enrichir encore et encore de nouvelles connaissances. Je dois encore attendre,il est sans doute trop tôt…..
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Pour conclure cette planche sur la descente mes frères, qui n’a fait que survoler ce grade d’une richesse extrême , je vous dirais que d’après moi, chacun de nous estl’arche cachée dans la crypte du temple universel, ce lieu le plus secretde l’univers. C’est en nous que réside le SECRET; seul celui qui osera descendrepourra comprendre, seul celui qui saura aller jusqu’au fond du desespoir,pourra découvrir le mot et par la même la nature des choses,la nature de l’univers et peut-être même la nature de dieu, car je pense que ce que l’on nommedieu n’est en fait que la conscience de soi, celle la même qui confère laSAGESSE .
Ce récit du voyage souterrain est bien le signe que l’homme poursuit sa quête de lui-même, c’est l’homme debout qui marche, voyageant vers le pays promis, vers la terre edenîque, vers les sources de lui-même, car il s’agit bien d’un retour aux sources, aux eaux mères de la génèse, car elles seules permettront au pélerin fatigué de marcher sur la terre des hommes, de se désalterer, et au sens figuré de se ressourcer…
Dieu a dit à ABRAM: « LEKH LEKHA », ce qui signifie « va vers toi », tel doit être le message de cette descente au 13 ème.


J’ai dit

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