14° #411012

Le Tétragramme

Auteur:

Y∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A140-E-1


Initiée Grand Maître Architecte, puis Chevalier du Royal-Arche et enfin Grand Elu de la Voûte Sacrée ou Parfait et Sublime Maçon, je découvre le Tétragramme, j’apprends que Dieu est le même pour tous et que, maintenant que je suis jugée digne de remplacer le Maître, je suis appelée à participer désormais au thème du « Nom Ineffable » de DIEU : IOD HE VAU HE (YHWH) !



Que signifie exactement YHWH ?



C’est le Grand Nom Sacré, Nom Secret et Mystérieux de Dieu que représentent ces quatre lettres (rien que des consonnes) de l’alphabet sacré hébraïque, formant ainsi le TETRAGRAMME, vocable qui vient du grec tétra = quatre et gramma = lettre. Il apparaît, dans la Bible, pour la première fois dans le livre de la Genèse 2 :4. Ce Nom Divin tire son étymologie du verbe hébreu « hawah » qui signifie « devenir » et qui est, ici, conjugué à l’état du verbe appelé imparfait ; il donne alors l’idée qu’une action est inachevée ; le Nom Divin signifierait alors : « Il fait devenir », « Il se révèlera être ». YHWH est donc le Dieu qui, par une action en cours, se fait devenir, Celui qui réalise des promesses, Celui qui accomplit toujours ses desseins. Aussi les Juifs avaient-ils des scrupules à prononcer ce nom sacré de Dieu, par respect et surtout par peur de violer le 3ème commandement ; ils lui ont préféré, lors des lectures publiques, l’appellation « Seigneur ». C’est ainsi que les différents traducteurs de la Bible, dans la plupart des endroits où le Tétragramme paraît, préfèrent écrire à sa place « SEIGNEUR » en lettres capitales. La forme abrégée du Nom Divin est « Yah ».



IOD HE VAU HE nous vient de la nuit des temps, fidèlement transmis par les Initiés ; ce nom, qui ne devait jamais être prononcé à voix haute, a été remplacé par Adonaï, El, Elohim, Shaddaï. La Tradition Juive voulait d’ailleurs qu’il ne soit prononcé qu’une fois l’an, à l’intérieur du Temple de Jérusalem et seulement par le Grand Prêtre qui, seul, en connaissait la prononciation ; au moment où celui-ci proférait ces quatre lettres sacrées, dehors la foule devait faire grand bruit en criant et jouant des instruments, afin que nul n’entende le nom ; car celui qui l’aurait entendu sans y être préparé, serait mort foudroyé.



Que signifient les quatre lettres du TETRAGRAMME

dans l’Alphabet Sacré et dans la Kabbale ?



Dans l’Alphabet Sacré hébreu :

  • IOD est la 10ème lettre, 10 étant le nombre de la réalisation de l’unité, de la totalité de l’univers et des attributs divins. IOD symbolise, par sa valeur, la création du monde par dix paroles et la capacité d’agir, l’expression individuelle, l’interaction dans le monde, le monde des sens, la matière principale, la création. Sa racine vient de YAD (la main) : IOD signifie jeter ou lancer, rôle que l’on confie à la main ; cette racine contient aussi l’amour que l’on porte à l’autre. IOD correspond aussi à l’idée d’Ordre.

  • HE est la 5ème lettre, celle du souffle de vie ; c’est le mode de communication entre les différents niveaux de l’âme ; HE évoque soit un homme en prière, les bras levés vers le ciel en signe d’adoration ou de joie, soit un peigne constitué d’un manche et de trois dents ; HE signifie « voici » et symbolise, par sa valeur numérique, les 5 degrés de l’âme et les 5 livres de Moïse ; elle correspond à l’idée de Religion.

  • VAU, c’est la 6ème lettre, dont l’image, à l’origine, représentait un clou ou une cheville de bois permettant de réaliser des assemblages ; signifiant littéralement « crochet » en hébreu, le VAU sert de conjonction de coordination et représente tout ce qui réunit les choses entre elles, en liant et en unifiant comme le font la lumière et l’air. VAU symbolise la création, l’union, la fécondation entraînant la naissance, la vie ; VAU est à la fois le lien et la divergence entre l’être et le néant, le sentiment, l’affection, le désir ; elle symbolise également une complète harmonie intérieure, résultat d’une transformation et d’une persévérance. Elle se rattache à l’idée de Liberté.

Dans la Kabbale, ces quatre lettres représentent chacune « une énergie active dans une période déterminée, tant en ce qui concerne la création des Univers qu’en ce qui concerne notre vie et nos problèmes personnels ». C’est ainsi que :


·IOD représente la semence, la graine, la potentialité que doit posséder tout ce qui est porteur de quelque chose ; il représente le Père, le germe de toute chose, l’impulsion fondamentale, la volonté (et la semence humaine aussi).


·HE représente la Terre dans laquelle IOD doit se matérialiser ; c’est la période de formation interne, de gestation ; HE représente donc la Mère, le moyen matériel où l’œuvre peut être réalisée, la fécondité.


·VAU représente le Fils, le résultat de l’action de IOD sur HE ; c’est l’élément actif, celui qui recueille la potentialité de IOD et la transforme en actes.


·Le 2ème HE est le résultat final de ce cycle d’activités ; c’est le fruit que donne le Fils, dont l’activité modifie les conditions dans lesquelles se trouvaient les choses dans le stade IOD ; ce 2ème HE devient donc automatiquement le IOD d’un nouveau cycle de créations ; lequel se développera à un niveau inférieur. De la même façon que les fruits contiennent les graines d’un arbre futur, le 2ème HE contient les « graines » de nouvelles réalisations.



IOD HE VAU HE en F.M.



En Franc-Maçonnerie :


·YOD, c’est l’existence infinie manifestée dans le temps.


·HE, c’est la vie universelle.


·VAU, c’est la fécondation d’origine et


·HE : c’est le souffle de l’existence.


que ses Initiés doivent CONNAITRE et apprendre à RASSEMBLER en eux, pour découvrir leur vraie nature et se connaître réellement. Le Tétragramme représente pour les Initiées que nous sommes la Lumière dans nos ténèbres, parce qu’il est « le souffle créateur divin qui joint l’unité à l’Amour, Dieu étant Amour et Unité ».


Si des noms de substitution lui sont donnés par la Religion, la Franc-Maçonnerie également ne dévoile le Nom Divin de Dieu qu’au 13ème Degré, lorsque les trois Maîtres Architectes, désignés par Salomon, partent fouiller les ruines de l’ancien Temple de Jérusalem construit par Enoch et détruit par le Déluge. Ils découvrent le Tétragramme dans les profondeurs du puits aux dix divisions découvert à l’angle sud-est du Temple en ruines :



·la première fois, sur le bijou de Maître Hiram que le 1er Mage, descendu en éclaireur dans le puits, ramena ; c’était un Delta en or pur d’une palme de côté, gravé du Tétragramme sur une face, que Maître Hiram portait toujours au cou suspendu à une chaîne de 77 anneaux, la face gravée en dedans, le revers uni seul exposé aux regards.



·La seconde fois, ils vont découvrir ensemble le Tétragramme lorsque, enhardis par leur 1ère découverte, ils pénétrèrent tous les trois dans le puits par une trappe qu’ils ne répugnèrent pas à soulever, malgré la boue et la poussière qui la recouvraient ; s’enfonçant de plus en plus profondément dans le souterrain, ils traversèrent successivement huit voûtes et, débouchant dans la 9ème voûte, ils y découvrirent toujours sur un Triangle d’or, cette fois serti de pierres précieuses, le Tétragramme gravé par Enoch dont Dieu lui avait montré les caractères en songe en le transportant d’abord au sommet d’une montagne, puis dans les profondeurs de la terre sous la 9ème voûte (ce qui est en haut n’est-il pas comme ce qui est en bas ?). Les trois explorateurs, qui étaient du corps des Grands Maîtres Architectes, furent élevés au grade de Chevalier de Royal Arche par le Roi Salomon, à leur retour.



·La 3ème et ultime fois où les trois chercheurs verront le Tétragramme, ce sera pour le graver définitivement dans leur mémoire, parce qu’une fois encore le Temple va être détruit. En effet, lorsque la construction du Temple de Salomon fut terminée, celui-ci, récompensa tous les ouvriers du grand chantier ; c’est ainsi qu’il éleva les trois valeureux Chevaliers de Royal Arche au grade de Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons dans la Voûte Secrète du Temple, désormais nommée Voûte Sacrée. Mais voilà qu’aveuglé par sa réussite, le sage et vertueux Roi Salomon, abandonnant son Dieu, entraîna son peuple dans la débauche. Jérusalem et le Temple furent détruits jusque dans leurs fondations par Nabuchodonosor et son armée. Les Grands Elus de la Voûte Sacrée eurent cependant le temps de récupérer le Triangle d’Or exposé dans la Voûte Sacrée ; ils effacèrent soigneusement le Tétragramme gravé dessus, rangèrent la plaque dans l’Arche qui renfermait déjà les Tables de la Loi ; puis ils enfouirent le tout dans un puits de 27 pieds de profondeur creusé pour la circonstance. Dès cet instant, ils décidèrent de ne plus confier le Grand Nom qu’à leur mémoire et de ne le transmettre à la postérité que par tradition. Puis, ils « se dispersèrent parmi les nations de la terre afin d’enseigner la vérité de l’Art Royal ».

A l’analyse de la progression des explorateurs, nous découvrons que :


ØLa 1ère étape, celle de la découverte du bijou de Maître Hiram, resitue l’Initiée par rapport à son statut : elle a pris l’identité de Maître Hiram depuis qu’elle a vécu les épreuves de sa mort et de sa résurrection, qu’elle a fait son deuil et ses funérailles, vengé sa mort, repris courageusement le travail interrompu et parachevé l’édification matérielle du Temple. Parvenue à ce stade, elle sait que son travail en surface est bien fini : la pierre brute est depuis longtemps déjà équarrie et rendue parfaite pierre cubique. La Franc-Maçonne, qui a l’ambition d’accéder au 13ème Grade, découvre alors qu’elle devra une fois encore revivre, mais d’une manière beaucoup plus approfondie et plus réelle, l’épreuve de la terre. Son œuvre reste à parfaire de l’intérieur ; mais d’abord, il lui faut revisiter les soubassements de son édifice, cette fois-ci, sans artifice en n’oubliant aucun recoin, sachant que son ouvrage ne doit subir aucune erreur puisqu’elle s’attaque maintenant au cœur de son édifice : sous la Voûte Sacrée, à l’endroit le plus sacré du monde ; elle doit mettre à jour le trésor qui y est caché.



ØPlus rien ne l’arrête ! S’appuyant sur la fraternité initiatique qui l’entoure, elle part courageusement à l’assaut de son Ego ; une dernière barrière à franchir : la dalle recouverte de boue et de poussière ; cette dalle n’est rien d’autre que l’Initiée elle-même, pierre brute taillée, aplanie et sculptée en ce beau carré ; la boue et la poussière qui la recouvrent sont le résidu de ses ignorances dont elle doit se départir « avant le grand saut ».



ØHabituée au silence depuis son séjour d’Apprentie sur la colonne du Septentrion, celui de ses profondeurs constitue pour elle un atout supplémentaire pour réussir dans sa démarche ; résolument, elle s’engage dans cet abîme de 27 pieds (27 comme l’âge qu’a le Grand Elu de la Voûte Sacrée, grade auquel aspire le Chevalier de Royal Arche), car elle a la conviction qu’une révélation d’importance l’attend, tapie dans l’ombre. Elle fouille avec zèle et ardeur dans les gravats de son Ego démasqué, et découvre enfin une grande Lumière, toute neuve pour elle parce que faite de douceur bien qu’illuminant directement et brillamment la Voûte Sacrée ; c’est SA Lumière intérieure, celle qui lui révèle « l’or pur » de son triangle énergétique, l’Essence de son Etre, l’Energie créatrice en elle, la source de vie de son Esprit, bref son Maître Intérieur. Elle est alors consacrée Chevalier de Royal Arche, digne récompense à sa persévérance.



Cette rencontre avec son Etre est un instant de Vérité pour l’Initiée parvenue à ce stade : elle prend conscience que la quête qu’elle poursuit depuis son adhésion à la Franc-Maçonnerie n’est autre que l’Absolu en elle, Dieu est en elle, la Parole Perdue, non plus substituée, mais retrouvée. « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux », c’est partir à la rencontre de sa Lumière, c’est descendre en soi à la recherche de son Maître Intérieur, c’est connaître IOD HE VAU HE, c’est le rencontrer en soi et reconnaître ainsi sa propre source, son origine primordiale.



Sacrée Grand Elu de la Voûte Sacrée, elle sait que jamais elle ne pourra être Dieu, jamais elle ne peut se confondre avec IOH-HE-VAU-HE, cependant elle peut se fondre en IOD-HE-VAU-HE, s’unir et participer à Son énergie qui brûle en elle et vivre Sa grâce, Sa gloire et Sa puissance au quotidien, à travers les actes qu’elle pose, ses paroles, son comportement… Le Grand Elu Parfait et Sublime Maçon « ne voyage-t-il pas sur toute la Terre dans le but de faire connaître la Vérité et d’enseigner la pure morale de la Franc-Maçonnerie » ?

J’ai dit !

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