14°
#411012
La Voûte Sacrée
J∴ M∴
A L G D G A D LU
DEUS MEUNQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les auspices du
SUPREME CONSEIL de France
DEUS MEUNQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les auspices du
SUPREME CONSEIL de France
La voûte sacrée a protégé le bien le plus précieuxdu peuple Hébreu, voûte sacrée, voûte fermée et protégée, inspirant l’introspection. Elle peut être mise en opposition avec la voûte étoilée, ouverte vers l’infini et le cosmos d’où la lumière des étoiles nous parvient alors que bien souvent bon nombre d’entres elles sont déjà mortes depuis longtemps leurs lumières bienveillantes surgissant du passé nous observent avec froideur, sérieux, austérité et seront toujours là, présentent pour l’éternité.
Je les ai associées depuis longtemps à l’orient éternel de nos frères disparus qui nous observent silencieusement depuis le fin fond des cieux, dans nos moments sacrés et nos moments profanes, guidant nos pas dans l’obscurité vers la lumière.
La voûte étoilée contrairement à la voûte sacrée, est synonyme d’ouverture vers le ciel, l’infini et les étoiles, le futur et le passé, son ouverture vers l’univers symbolise en loge bleue l’ouverture d’esprit vers laquelle nous devons aspirer, la recherche et la quête, de la sagesse, et de la lumière.
La notion de voûte au sens large, est au cœur même de la symbolique des constructeurs, elle se confond souvent avec le symbolisme de la caverne, du lieu de refuge privilégié, elle symbolise l’axe, voire le centre du monde, d’ailleurs en loge bleue n’a-t-on pas un fil à plomb qui symbolise ce même axe du monde.
La voûte fermée ou sacrée impose la notion d’une séparation entre le ciel et la terre. La voûte à ses dérivés : envoûtant, envoûtés, ce qui signifie qu’elle doit capter toute notre attention, on l’associe à la caverne, à la matrice, à l’origine de la vie, au retour au sein maternel et au retour aux origines ; le notre, et par extrapolation, celui de l’univers, n’a-t-on pas là le rebouclage avec la voûte étoilée ?.
La voûte sacrée opposée à la voûte étoilée conserve le sacré, préserve et fait perdurer la tradition des frères, frères ainsi nommés, car tout homme initié, ou non, peut se prévaloir de cette distinction à partir du moment ou il pratique naturellement la sagesse et honore le sacré. Pour y accéder le parfait et sublime maçon, doit avoir un cœur fermé à tout sentiment d’iniquité, de vengeanceou d’injustice; il doit être prêt à faire le bien, il a contracté une alliance avec la vertu et avec les hommes vertueux dit-on, Il est d’ailleurs également dit qu’il y a été conduit par l’amour et la vertu. Ces frères qui sont vivants et ces frères qui sont morts comme Galaad mort pour préserver ces valeurs, cette mort qui fait passer l’existence matérielle de la voûte sacrée, au monde spirituel, enrichissant ainsi notre domaine de spéculation constructive. La voûte sacrée nous est révélée au 14 ème degré, et comme le dit le rituel de ce grade « seuls les Grands Elus, parfaits et Sublimes maçons, peuvent être admis à contempler les mystères du Nom sacré » cela met bien en exergue le fait que quelque soit le niveau du maçon (sans jeu de mot) le travail de recherche est, et se doit d’être constant. Cette recherche doit être perpétuelle, car, comme nous le savons tous, la perfection n’existe pas, et j’espère n’existera jamais on s’en approche chaque jour un peu plus mais sans jamais l’atteindre. Si nous étions tous parfait, nous serions tous identiques, nous n’aurions de facto, plus de possibilité, d’évolution, nous penserions tous de la même manière, nous saurions les mêmes choses, et aurions la même sensibilité. Au sommet de cette perfection, nous n’aurions, par la force de la perfection, plus rien à nous dire. L’atteinte de la perfection, par tous, détruirait nos différences, si enrichissantes, détruirait, de fait, un relationnel devenu inutile puisque tout serait entendu par un intellect devenu commun à tous. Le monde deviendrait terriblement ennuyeux, vivre dans un monde parfait avec des êtres ayant atteint le summum de la sagesse et de la perfection, serait un monde de silence. A très longue échéance, la matière finirait par être finalement remplacée par l’esprit, une évolution ou l’être ne serait plus qu’une entité pensante continuation de l’évolution physique de l’homme depuis sa création, migration naturelle de la matière vers l’esprit, d’ailleurs, je pense que cela pourrait être la forme de vie extra terrestre à laquelle l’on pourrait être confronté un jour.
La voûte sacrée lieu à couvert et secret, endroit le plus sacré de la terre représente le moi profond et le cœur de chaque être humain, elle préserve avec discrétion tel le crâne humain auquel on l’associe souvent, son précieux contenu, le nom ineffable du grand architecte de l’univers. On ne peut y accéder que le cœur rempli d’amour et de vertu. Dans notre symbolique n’est-elle pas synonyme de notre bien intérieur le plus précieux, le plus secret et le plus sacré, que nous nous devons de préserver, n’est-elle pas dans sa symbolique la représentation de la perfection vers laquelle nous devons tendre. Alliance entre le matériel et le spirituel, reflet et symbole de l’âme parfaite, du sacré préservé, elle contient la lumière divine vers laquelle nous devons nous efforcer de progresser, l’exemplarité qui doit nous servir de guide. Elle se mérite, car on n’y accède que difficilement à l’identique de la recherche spirituelle et celle de la connaissance du cœur humain. Croit-on réellement connaître son prochain son frère, ou son meilleur ami, il faut bien s’en garder, car son cœur, son moi intérieur est comme notre crypte, rare sont ceux qui peuvent y pénétrer, et y déceler ses secrets,devons nous seulement essayer ? Le vieil adage ne dit-il pas « prends moi comme je suis » et l’autre de renchérir, « ne juge pas ton prochain si tu ne veux pas être jugé».
La voûte sacrée renferme des secrets qui vont au-delà des limites de notre imaginaire, et de notre entendement, cela doit nous inspirer la prudence et la circonspection dans la manière d’aborder la vie et plus simplement son prochain sur notre difficile chemin initiatique parsemé parfois de dures leçons.
La voûte sacrée, symbole d’éternité, matériellement disparue tragiquement du monde d’aujourd’hui, pour passer dans le domaine spéculatif, est l’objet de nos spéculations intellectuelles qui ont pour finalité notre enrichissement intellectuel, elle nous interpelle sur le coté temporel et relativement éphémère des choses de la vie.
Le nom ineffable a perduré au travers de la tradition orale de la transmission, lettre par lettre du plus saint des noms, sans jamais former une syllabe.
L’arche d’alliance quant à elle disparue pour toujours sera-t-elle découverte un jour ?, peu importe puisque, réelle ou imaginaire elle guide nos pas vers la lumièreet nous aide in-finé à passer à l’orient éternel en toute sérénité, car tous francs maçons accompli, initié aux choses de la vie, plus proche du philosophe que du matériel dont il s’est détaché, voire dépouillé doit être prêt à passer de la voûte sacrée à la voûte étoilée. Cela peut paraître une récession, mais je ne le pense pas, plutôt une complémentarité,un retour aux origines, une éternelle circonvolution ; ce qui est avant est après et ce qui est après est avant ; tout ce qui existe vient de lui et retourne à lui, la vie a pour origine l’univers, notre spiritualité nous entraîne et nous initie sous la voûte sacrée, et l’orient éternel nous renvoie vers nos origine, c’est là un éternel recommencement un éternel chemin initiatique rebouclé sur lui-même, un chemin semblable au cercle qui nous fait repasser inlassablement par le même point. Mais après l’ultime initiation du passage à l’Orient éternel y a-t-il autre chose ?. La question se pose alors sur la réalité de l’âme, et dans l’affirmative sur sa spiritualité, l’âme bénéficie-t-elle de l’évolution spirituelle, l’âme est-elle ce qui reste réellement après la mort, l’âme est elle se qui reste au même titre que les lettres épelées du nom ineffable. L’âme pense-t-elle, est-elle réincarnée ? Autant de questions que peut se poser le franc maçons, et auxquelles nos réflexions, sans y donner de réponse directe peuvent apaiser les angoisses suscitées. Mais notre cheminement initiatique, tout en nous éclairant, et tout en nous procurant une plus grande ouverture d’esprit fait bien souvent surgir plus de questions qu’il n’apporte de réponses, mais l’étude des réponses au questions suscitées contribue à notre enrichissement intellectuel tout en posant à nouveau de nouvelles questions, c’est une progression intellectuelle géométrique certainement très enrichissante.
La voûte sacrée, lieu fermé, plongé dans la pénombre baignée dans le silence et le mystère incite et invite à la méditation et à l’introspection, propice à notre élévation et à notre approche de la lumière, mais qu’es ce que la lumière me suis-je souvent demandé, peut-on l’apparenter à la connaissance exhaustive des choses de la vie et de la mort au travers une approche philosophique et une transformation intellectuelle empreinte de sagesse de l’être qui a entrepris le voyage initiatique, cette définition me semblerait la définition la plus plausible. Cette lumière est elle une finalité en soi ? On la recherche, on s’en approche, une vie serait-elle suffisante pour en acquérir la plénitude, elle s’apparente à l’arche d’alliance ce bien ultime et précieux, objet de toutes les curiosités et convoitises, a-t-elle existé ou non ? peu importe, elle est à l’origine du saint des saints, la finalité de la construction du temple de Salomon, et de notre temple intérieur, de tous temps elle a été le support et la finalité asymptotique des quêtes initiatiques, n’est ce pas la meilleure représentation de notre lumière. Elle est immatérielle, et loin des métaux inconsistants voire avilissant de la vie quotidienne, d’ailleurs notre rituel ne nous y sensibilise-t-il pas à travers les paroles, je cite « Les Grands Elus, parfaits et Sublimes maçons, défendirent la ville avec courage, mais ils ne purent résister à la force des conquérants. Ils ne se préoccupaient guère des richesses du temple pourvu que la Voûte sacrée ne fût point pillée ».
Avant de chercher le sens derrière les mots, il est bon de comprendre la formulation de l’idée et trois autres passages de notre rituel attirèrent mon attention. Deux ont trait directement à la voûte sacrée, ils sont riches d’enseignements, mais malheureusement il me sera difficile de les développer tel que je l’aurais souhaité dans le temps imparti, le troisième a trait à la personnalité de Salomon qu’il m’apparaît intéressant d’aborder brièvement au niveau de ce quatorzième degré qui marque la fin de la période salomonienne.
1/ Il est dit dans le rituel du 14ème degré « Les Grands Elus, parfaits et Sublimes maçons, se mirent immédiatement au travail, ils martelèrent le Nom Sacré, le rendant illisible pour ne pas courir le risque de le voir découvert par les impies. Ils placèrent la plaque d’or dans l’Arche d’Alliance, qui contenait aussi les tables de la Loi, et brisèrent la pierre d’agate qu’ils ne pouvaient emporter. Ils creusèrent un puits de vingt sept pieds de profondeur et y enfouirent l’Arche et tout ce qu’elle contenait »
Le point qui m’interpelle n’est pas le fait que le nom ineffable soit martelé et rendu illisible, mais que son support soit en or de forme triangulaire et que son « reste » martelé soit conservé dans l’arche d’alliance, peut-on y voir le souci de dissocier le sacré, c’est-à-dire le nom ineffable du « sacrilège », l’or, symbole de richesse et le plus impur des métaux, en tant que symbole d’orgueil et de richesse, dans notre philosophie (quoique dans le registres alchimique, il serait considéré comme symbole de pureté, symbole solaire, chaleur, lumière, et sagesse ………., mais ceci relève d’un autre type de réflexion et de philosophie). On dissocierai donc le pur de l’impur, mais pourquoi conserver la plaque d’or ainsi martelée dans l’arche d’alliance ?, peut-on y voir une notion de fidélité à ce qui a été ? Quand à la pierre d’Agathe brisée et laissée sur place elle doit nous inciter à ne pas nous disperser sur ce qui est secondaire, à ne pas hésiter à nous dépouiller de l’inutile, pour nous concentrer sur l’essentiel.
2/ Salomon et Hiram mirent le précieux trésor en sûreté sous le sanctuaire du temple, dans la crypte creusée par Enoch avant le Déluge, au niveau de la neuvième arche souterraine. Ils appelèrent cette crypte la voûte sacrée parce qu’elle abritait le Nom Ineffable du Grand Architecte de l’Univers. C’est ce nom que dieux avait révélé à Moïse lorsqu’il s’était manifesté dans le buisson Ardent ; à proximité duquel la Loges des Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons, doit se tenir, Il est également dit, en ouverture des travaux « Trois fois Puissant Grand Maître, nous sommes à couvert sous cette voûte sacrée » (à noter que l’époque Moïse est antérieure de 500 ans (environ -1350) à l’époque Salomonienne (environ -950). Dans notre rituel il est également dit que le buisson ardentétait situé à proximité d’une caverne située à Joppé, donc bien loin du temple de Salomon..
Où est donc cette voûte sacrée sous le Temple au fin fond de neuf arches souterraines ou proche du buisson Ardent bien loin du temple, le bons sens l’aurait placée sous le saint des saints, mais dans ce cas, ce qui interpelle c’est que son entrée, condamnée à été découverte au milieu de gravas, toujours selon notre rituel. D’autre part, il est bien précisé dans le rituel du 14ème degré que cette voûte était sous le sanctuaire du temple, soit sous notre fameux saint des saints et sont entrée se trouverait donc dans le saint des saints ? lequel lieu aurait été rempli de gravas tout en abritant le bien le plus précieux du peuple hébreu ; l’arche d’alliance !, cela peut paraître bien curieux au quêteur perspicace?, Où est donc cette voûte sacrée ?, comment peut-elle se trouver sous le sanctuaire du Temple, un sanctuaire lieu sacré, rempli de gravas !! et proche du buisson ardent bien loin du temple de Salomon à cette époque? cet aspect heurte la logique cartésienne.
Il faut certainement en chercher le sens derrière les mots. Le matériel ne fait pas le spirituel. La sacralité d’un lieu n’est pas d’ordre physique mais spirituelle, ce n’est pas le lieu qui est sacré, mais les Sublimes et Parfaits maçons réunis qui la compose. Quant au buisson Ardent, Il faut remarquer qu’il apparaît toujours à bon escient à de grands initiés ayant parcouru un long chemin initiatique et donc peut être proche de la finalité de leur parcours ; la rencontre avec la lumière, la rencontre avec dieux, la rencontre avec le Grand Architecte de l’Univers. Notre buisson ardent serait le symbole du grand architecte de l’univers, il ne se positionne ni dans le temps ni dans l’espace, il brûle sans se consumer, il est donc éternel il symbolise l’aspect positif de la flamme purificatrice il guide les hommes dans la recherche de la vérité et de la lumière en faisant des révélations à Moïse, révélations qui ont modifiées le cours de l’histoire à tout jamais, et en signalant la cache du traître Abiram meurtrier d’Hiram. Cette flamme immatérielle représente la flamme intérieure de l’être, et la lumière vers laquelle nous devons tendre, c’est la flamme de notre conscience qui peut consumer l’indécis, qui nous dicte le droit chemin et guide nos sentiments, nous aide à faire la part entre le bien et le mal, elle nous guide sur le chemin, préparé et jalonné par notre instruction maçonnique. Chemin que nous essayons de suivre dans la pénombre, car nous savons par l’exemplarité de nos grands maçons passés à l’orient éternel qu’il nous guidera avec certitude sur le sentier de la vérité, de la sagesse et de la lumière, ce buisson ardent, lumière éclatante, peu l’on vu, et ceux qui l’ont vu étaient de grand initiés.
Pourtant, proche de la grande initiation finale, proche du passage à l’orient éternel, proche du point de non retour ; ceux qui en sont miraculeusement revenus, ont fait part d’un long tunnel au bout duquel les attendait une lumière éclatante ?.
3/ Le dernier point concerne la personnalité complexe de Salomon, qui a été le personnage central de notre rituel depuis notre initiation, et dont c’est aujourd’hui le dernier épisode, la fin de l’épopée Salomonienne. Salomon avait des favoris, des excès colère, fait supplicier, puis finalement exécuter de manière horrible les assassins d’Hiram. On perçoit au cours des degrés, l’évolution négative du comportement de Salomon, qui mérite une réflexion. Salomon aurait dû être un maçon parfait il se devait de traiter tous ses semblables en égaux ne dit-on pas que le Sublime et Parfait maçon doit avoir «un cœur fermé à tout sentiment d’iniquité» Salomon apparaît dans les premiers degré, comme un des symbole de la perfection au-delà du quatrième, il décline beaucoup, il apparaîtrait même comme un personnage déplaisant.
Je pense que son comportement rentre dans la définition d’iniquité citée dans le rituel. On peut trouver un foultitude de raisons à ce comportement, la plus simple résiderait dans le fait que ce type de comportement crescendo dans la vilénie serait le prémisse et le ferment de son laissé aller à la licence, et à la décadence. Son enseignement, doit nous inciter et nous sensibiliser au fait que l’objectif atteint n’est jamais une finalité en soit, et qu’il ne faut jamais se laisser griser par les épreuves surmontées, jamais relâcher notre vigilance et notre persévérance à tous les instants jusqu’à notre dernier souffle et accorder à tous nos prochains, la même considération et la même attention jusqu’au moindre détail.
La voûte sacrée a mis en exergue la filiation entre le spirituel et le matériel, alors poursuivons puisque nous sommes maintenant, médiateurs entre la matériel et le spirituel, entre le corporel et l’esprit, trait d’union entre la voûte étoilée et la voûte sacrée, entre le ciel et la terre et que notre comportement soit empreint de sagesse, de recul, de philosophie et soit guidé par la délicatesse et l’intelligence du cœur.
J’ai dit Trois fois puissant Grand Maître et vous tous mes frères Grands Elus, Parfait et Sublime Maçon.