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Pourquoi l’Humilité et le Doute sont’ils deux qualités nécessaires aux FM?
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INTRODUCTION
VM, Dignitaires qui décorez l’Orient et vous tous mes FFen vos grades et qualités, l’HUMILITE signifie, le sentiment de sa faiblesse, de son insuffisance qui pousse une personne à s’abaisser volontairement en réprimant tout mouvement d’orgueil. L’humilité a sa source dans la conscience d’une indignité, parfois aussi dans la conscience éblouie d’une sainteté. Le dictionnaire étymologique nous apprend que l’humilité est de la famille de « humus », terre (labourable), au même titre que l’homme. Son origine remonte au Xe s. du latin humelité : humilitas. L’origine du mot homme est indo européenne « ghyom » signifiant terre. En grec khthôn – terre et khthonios – souterrain.
Le DOUTE veut dire, l’état de l’esprit que doute, qui est incertain de la réalité d’un fait, de la vérité d’une énonciation, de la conduite à adopter dans une circonstance particulière. C’est aussi l’hésitation, l’incertitude, l’incrédulité, l’indécision, l’irrésolution, la perplexité. « Dans le doute, abstiens-toi » dit-on. Mettre en doute signifie, contester la valeur de …, refuser de croire. Pour R. ROLLAND, « Mieux vaut l’erreur que le doute… pourvu qu’elle soit de bonne foi ».
Dans une première partie, nous approfondirons l’humilité et le doute. En une seconde partie nous répondrons à la question posée : « Pourquoi l’humilité et le doute sont-ils deux qualités nécessaires aux FM? »
1 – LE DOUTE ET L’HUMILITÉ
ARISTOTE dit : « l’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit » Dès que la conscience est apparue chez l’homme, le doute est né. Doute (du latin dubium, dont la racine est duo), état de l’esprit qui ne se sent pas assez éclairé pour porter un jugement et prononcer entre deux choses. Le doute examine, critique, vérifie et nous empêche de verser dans une crédulité aveugle et fanatique, la Franc-maçonnerie n’a-t-elle pas le même rôle, nos travaux en Loge ne sont ils pas faits pour nous faire réfléchir pour nous faire douter de nos certitudes, les questions de nos frères ne sont elles pas là pour nous obliger à aller plus loin, car le doute fait avancer en nous obligeant à aller plus profond au coeur de nos connaissances ou de nos pensées.
Dès le début, dans le cabinet de réflexion on s’interroge et on doute : pourquoi suis-je là, qu’est ce que je cherche. Toujours dans le cabinet de réflexion les phrases et les symboles sont là pour te dire : « Connais toi toi-même » et là on commence à douter !
La Franc-maçonnerie nous fait réfléchir, nous amène à nous interroger sur nous et sur les autres et dès l’instant que l’on s’interroge on doute. Le doute est bénéfique car souvent il naît de l’analyse mais souvent également l’analyse naît du doute.
Par certains propos, on dit : « Quand un homme doute au sujet de ses propres entreprises, il craint toujours trois choses : les autres hommes, la nécessité extérieure, et lui-même. Mais, l’exercice est parfois bien difficile car notre égo est présent coller à nous même d’où l’importance de l’humilité pour pouvoir prendre le dessus.
Traiter de l’humilité, c’est toucher un point sensible de notre Ego, de notre personnalité. L’ego et la personnalité sont comme des tuteurs compensant notre fragilité. La personnalité, c’est une stratégie inconsciente dans laquelle nous jouons un personnage à défaut d’être soi. « Personnage » est à prendre ici dans le sens qu’il a au théâtre : masque, rôle, (personna).
L’humilité nous oblige à sonder des profondeurs qui touchent à une intimité enfouie parfois même jusque dans notre subconscient. Comme toutes les profondeurs, on hésite avant d’y descendre, particulièrement lorsqu’il s’agit de celles de notre conscience; par peur d’avoir à se confronter avec notre inconscient.
Revenons à cette première notion importante issue de l’étymologie: l’idée de rattacher l’homme et l’humilité à la terre, au monde souterrain.
Ce qui est intéressant c’est que l’idée de la terre nous montre que le chemin de l’humilité est dirigé non pas vers le ciel mais vers la terre. Citons Wirth dans Le symbolisme occulte de la franc maçonnerie : « Le penseur qui, dirigé par le fil de la perpendiculaire, s’est enfoncé dans les profondeurs, y a mesuré toute son ignorance.»
Le cabinet de réflexion nous dévoile la formule VITRIOL, le futur initié est seul avec lui-même et en capacité de rencontrer son soi.
Le « connais-toi toi-même » de Socrate implique que la Connaissance de nous-mêmes est la connaissance de TOUT nous-mêmes. Notre signe d’ordre et notre tablier illustrent fort bien ce propos puisqu’ils signifient la maîtrise de nos pulsions pour les sublimer. Ainsi nous toucherons le vrai sens de la vie qui se trouve dans la capacité à rencontrer les autres et à se rencontrer soi-même dans une dimension profonde et respectueuse. L’humilité nous permet donc de nous placer en condition de pureté et d’innocence : la connaissance que l’on a de soi doit mener vers l’autre.
Il faut préciser que l’humilité n’a rien à voir avec le rabaissement. Il ne faut pas confondre l’humilité et la mauvaise conscience, l’humilité et le remords, l’humilité et la honte. L’humilité n’est pas la micropsuchia d’Aristote.
La vertu de l’humilité relève de l’amour de la vérité, et s’y soumet. Etre humble, c’est aimer la vérité plus que soi.
2 – LE DOUTE ET L’HUMILITÉ, VOIE DE PERFECTIONNEMENT
L’initiation maçonnique permet aux F.M. d’entrer dans la voie de la connaissance. En effet, elle est considérée comme un chemin de connaissance, un chemin de vie que le FM a choisi de suivre. Mais, il appartient à nous seul de suivre la voie « par notre effort, notre patience, notre humilité, notre intelligence, notre doute et notre volonté pour passer de ce que l’on appelle «l’initiation virtuelle » à « l’initiation réelle, de transformer une promesse en une réalité, un doute ou une espérance en certitude, un chemin de connaissance en un chemin de vie.
Il est donc clair que le progrès du FM sur la voie de la connaissance passe par l’humilité et le doute. Même si la maçonnerie propose à l’individu la matière, les outils et les méthodes pour mieux s’insérer dans le monde, pour accéder à la connaissance, l’initié doit être humble et avoir la sagesse de se taire comme nous l’avons appris au grade d’apprenti, « il faut savoir oser se taire », c’est douter.
En outre, comme l’a dit SOCRATE « Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». Ce n’est seulement que par ce comportement humble et interrogatif que le maçon peut acquérir des connaissances, aspirer à la vérité.
Par ailleurs, si nous convenons avec J C BOU que « la maçonneriepropose un idéal de construction de l’homme qui est autre chose qu’une accumulation de savoir », il convient que l’initié, dans sa quête du savoir, humblement mette en doute les enseignements reçus pour pouvoir éprouver ses connaissances et ne pas les prendre pour argent comptant.
Comme le disait l’autre, pour lui, toute évidence devrait être niée car, la maçonnerie n’est pas une secte. C’est pourquoi on peut affirmer avec Cla BER que le grand principe expérimental est le doute, « le doute philosophique qui laisse à l’esprit sa liberté et son initiative ». Ainsi, libre et de bonnes mœurs, le FM poursuit son petit bonhomme de chemin sur la voie initiatique pour son perfectionnement et celui de l’humanité en toute humilité.
CONCLUSION
Toute progression se fait au prix d’une déstabilisation première. De quelqu’un qui ne remet rien en cause ne dit-on pas : qu’il est « ancré dans ses certitudes », qu’il « campe sur ses positions », qu’il a des »idées bien arrêtées ».
Un profane qui frappe à la porte d’un Temple doit être avant tout habité par l’humilité et le doute, ce qui le porte naturellement à partir à la recherche de lui-même, des autres et du monde qui l’entoure. La toute première contradiction à laquelle le nouvel initié se trouvera confronté, se situe dans la démarche même, puisqu’il est là pour travailler à son propre perfectionnement.
Il est donc question d’une démarche individuelle qui devient alors collective, car il est une entité de la loge. Cette démarche doit avoir pour assise ces deux qualités : le doute et l’humilité. Ces qualités créent ce paradoxe qui permet au franc maçon d’avancer comme l’enfant, un pied devant l’autre, lentement, inexorablement.
J’ai dit VM
J SdT