Daath
Non communiqué
La traduction de DAATH
est « savoir ».
Composition du mot : (daleth) ; a la signification de porte.
C’est la clôture, la fermeture de la tente, la serrure que
Bagheera la noire fractura d’un coup de patte, le sac de peau, le
passage étroit et périlleux (le col de la
matrice, le cou, ou le passage périlleux de la montagne
gardé par un « Saint Bernard »),
la porte étroite, l’abîme, le sabre
effilé sur lequel il est impératif de franchir le
défilé de Sirah, bref, le passage difficile,
défendu, interdit à ma seule volonté
humaine.
Seule une « volonté
surhumaine », constituée sous
l’effet d’une tension extrême, est susceptible de la
franchir. Cette volonté résulte de l’union de
toutes mes volontés, depuis celle qui dort au fond de mes
« tripes »,
jusqu’à mon mental le plus clairvoyant
éclairé par l’étoile fulgurante de la
connaissance directe de l’essence du Tout.
Nous verrons plus loin que cette volonté est bien loin de ce
qui s’entend généralement sous ce vocable. Ce
sont en effet nos peurs, nos déformations, etc…,
qui nous paralysent sur place.
« …ce sont les violents qui s’en emparent ».
(aaien) ; signifie l’œil.
Cet oeil est tout d’abord celui qui figure au centre du triangle,
l’œil tout-voyant.
Nous verrons plus loin comment il s’atrophie ensuite, et en se
pervertissant devient le mental, c’est-à-dire le menteur,
celui qui nous trompe en nous présentant la seule partie
profane des circonstances rencontrées, nous induisant ainsi
en erreur au moment de prendre notre décision. Celle-ci
étant erronée puisque prise à
l’aveuglette, il en résulte la création d’un
déséquilibre, d’un « karma »,
dont on nous présentera inévitablement la facture.
Nul ne devrait se rêver assez grand que pour pouvoir
déséquilibrer la juste balance de l’Univers
à son seul profit, sans être un jour
appelé à devoir payer, avec les
intérêts et dépens, la valeur du
déséquilibre provoqué. Car ce
rêve diabolique consiste à croire que l’on est si
fort que l’on peut « voler »
la Vie sans jamais devoir payer; il n’est autre que
l’égoïsme « ontologique »,
le « péché contre
l’esprit ».
L’œil représente le juge que l’on se
choisit: est-il LE « bon »
? Nous avons affaire à l’Esprit ! Est-il mauvais ? Il
représentera le diable !
(tav) ; signifie la marque, le signe.
Tav est représenté par l’âne chez les
Sémites, sur lequel le seul fait de s’asseoir
équivaut à se proclamer « Roi »,
et les Romains ne s’y tromperont pas ! (Le bœuf est l’animal
qui lui est opposé, la vie dans la pureté de son
émergence.)
Dans le « panthéon »
hindou, l’animal qui symbolise cette fonction est
l’éléphant, depuis lequel le « Raja »,
le roi, ira chasser le tigre.
L’éléphant sera aussi l’animal-totem du chakra
« mouladhâra »,
le chakra de base sans lequel rien ne peut se faire. L’âne,
comme l’éléphant, représente la
résistance opiniâtre et têtue de la
« matière » qui refuse
de se plier aux ordres. Seul le
« Maître » qui a pu
mouvoir la « matière »
lui confère l’inertie du mouvement en lieu et place de celle
relative à « l’absolue »
fixité, inertie qui se transforme en « erre »
(Aer ?), et vainc tout. C’est pourquoi celui qui s’assied sur
l’âne ou l’éléphant se proclame Roi ou
Maître.
Kipling reprendra ce symbolisme à son compte :
« Quand Ati
(l’éléphant) et ses fils bougent, c’est toute la
Jungle qui bouge ! ». De même,
le tigre sera l’incarnation du mal, et on l’insultera de
« boiteux »
(comme le diable), de
« rayé »
(radié ?).
Saturne est ici sous sa forme la plus pesante, il est devenu la
consistance, l’inertie de la matière, l’enclume sur laquelle
Thor-Jupiter, le premier dieu des hommes, les forge dans le but final
de les diviniser; comme Vulcain, le FEU divin devenu souterrain (sous
tes reins), forge les métaux imparfaits afin de fabriquer
l’or, et les marque de leur titre, de leur signe, et ainsi les
individualise.
Soumises à ce rude traitement,
désagréable s’il en est mais indispensable pour
celui qui désire progresser, nos personnalités
déformées finissent, avec des cris, des plaintes
et des étincelles, par rejeter leurs imperfections, et
revêtir leur perfection.
Situation de ces lettres dans l’ARBRE DE VIE.
Daleth relie Hhokmah à Binah, le Père
à la Mère.
Nous sommes donc en présence du premier Amour, de celui dont
les autres ne sont que pâle copie !
Dââth est dès lors la
semence-prototype, le sperme, l’œuf, le grain de
blé. Nicolas Flamel parle de l’Oeuvre comme étant
le résultat de la fusion des deux spermes, le masculin et le
féminin, le haut et le bas.
Comme pour le grain de blé de la parabole, il faut, et il
suffira de labourer un terrain « vierge »,
et d’appeler « l’œuvre »
du Seigneur. La graine tombera, et produira 100 graines en s’enterrant
et en se putréfiant dans l’environnement propice que nous
aurons su lui offrir.
La graine produira selon son espèce. Sommes-nous de la
« race divine »
(Jo 10 35) ? Elle produira un Dieu!
Aaien relie Tiphéreth à Hod; Intelligence pure,
sa vérité se voile et devient mentale. Cependant,
à qui est malin, et regarde la vérité
comme descendante (prééminence de «
l’Esprit » sur la matière), et non
montante (l’inverse), elle se livrera toute nue sous ses habits
guindés de règlements, de lois, d’administration.
Le passage de la Vie à l’existence s’opère par le
« voilement »
de la lumière trop crue (voilement : dissimulation et
gauchissement).
Le passage du contingent à la Vérité
s’opère par le « dévoilement ».
Tav est le dernier chemin, celui qui s’enfonce dans la
matière. Il est le dernier chemin, et cependant il contient
toujours la semence cachée, affirmant sans conteste
« l’Unicité de la
matière », dans la
présence réelle et invincible de la
Lumière au sein des ténèbres les plus
opaques.
La haine ? Une mélange d’amour à divers niveaux,
en fin de compte un simple désordre de l’Amour, dans lequel
il suffira de remettre de l’ordre.
« Ordo ab chao »,
dit une devise initiatique.
Quoique soigneusement caché à nos yeux, quoique
mélangé en ses divers plans, il n’existe d’autre
moteur que l’AMOUR.
Et ceci sera notre première conclusion !
Le temps de l’épreuve
Dans la pratique journalière de l’Initiation, cette porte
terrible, cette sublime porte s’est donc fractionnée en 1
Porte-Principe, et en 22 portillons.
La première serait infranchissable par moi en tant
qu’entité existante, si elle n’était
éparpillée aussi dans les 22 seuils
« préparatoires »
à franchir.
Chaque seuil possède son Gardien spécifique et
terrible, qui cependant s’incline en souriant devant celui qui
manifestera en cet instant l’exacte attitude d’Amour.
C’est ce qui s’appelle « montrer patte
blanche » ; sur laquelle se
reflètera la « nuance »,
la « couleur »
exacte de l’amour nécessaire pour franchir le seuil devant
lequel nous sommes arrêtés, comme la neige qui
reflète en ses plages d’ombre le bleu du ciel !
Ainsi, le franchissement du seuil ne dépend que de notre
aptitude à nous ouvrir totalement au moment
précis où apparaît celui qui
reflètera en ce moment la « monstruosité »
de notre personne, c’est-à-dire notre incapacité
à nous ouvrir, par la faute de nos peurs, de nos angoisses,
dont celle qui les résume toutes, et qui est celle de nous
perdre totalement et définitivement !
Ainsi nous apercevons un instant notre image vraie, et
simultanément, l’Amour voit dans cette chose informe et vide
un reflet fugace de sa splendeur, se reconnaît dans
ce chaos, et l’attire avec (ef) fusion sur son sein.
Cette épreuve a pour symbole le miroir, qui nous montre
notre image déformée, mais nous montre
également l’Univers comme une couronne, une simple guirlande
posée sur la tête du dieu inconnu !
Notre passage requiert notre ouverture totale à
nous-mêmes, et simultanément à
l’Univers, ce qui, au sein de l’AMOUR, n’est qu’une et
même chose
! Notre passage requiert une confiance absolue en ce qui peut, ou doit
se produire !
La volonté ainsi comprise est donc l’élan de
confiance absolue que la « créature »
place dans son étincelle divine au moment de
l’épreuve, en imposant le silence à ses peurs, et
en soulevant ses tares, comme pour les offrir.
« Prends ton grabat, lève-toi
et marche ! ».
Complément d’enquête :
S’il s’agit d’une porte, il nous reste à examiner ce qui
caractérise la porte, à savoir sa
fermeture/ouverture : la serrure, la clé, le cordon.
La serrure est celle que brisa Bagheera, la panthère noire,
d’un seul coup de patte, se libérant ainsi de la prison
royale du palais.
« La Vérité vous
affranchira ».
Pan-thera = ce qui guérit tout, et que serait-ce d’autre que
l’Amour ?
Noire = de la couleur attribuée au NON-MANIFESTE, ici
à ce qui en est le plus proche, soit le « transcendant ».
Seule Bagheera, le reflet de Daath en nous (ou si l’on veut : notre
capacité de « confluer »
avec Lui), est susceptible de briser le verrou. Cependant cette force,
la plus noble qui soit, n’intervient qu’au moment où elle en
a ainsi décidé, n’intervient que lorsque nous
avons pu nous rendre libres de notre peur.
Et ce moment est toujours crucial (la croix, la croisée des
chemins), puisque nul autre qu’elle ne peut plus rien à cet
instant, et que sans son intervention, c’est l’enjeu tout entier qui
serait perdu. Daath est le « Maître
des cols ».
De même, le destin d’Alexandre tiendra au fait qu’il sera, ou non, capable de défaire le noeud gordien (gardien ?). Et Alexandre, comprenant l’énigme comme le « dieu » qu’il est, tranchera la « question » plutôt que de s’y exténuer sans résultat comme un homme, serait-il aussi connu que Sisiphe ou les Danaïdes.
La clé de l’Arcane que Daath propose est, soit « l’usure », soit la fracture brutale de la porte, qui n’interviendra, sauf exception, qu’au décès.
Cependant, plusieurs Arcanes mineurs (partiels) peuvent
être franchis par « chacun »
par le truchement de morts partielles, appelées
« Initiation ».
Mais la clé joue partout le même rôle,
que ce soit en musique (clé de lecture de la partition et
clavier), en architecture (dans l’arc tendu vers le zénith),
en mécanique, et même dans le commerce sexuel
(clitoris). La clé est le nœud le plus simple qui
verrouille un nœud coulant ou glissant (qui n’aurait par
lui-même ni consistance, ni durée de vie). Et aux
environs immédiats du cou, il y a les clavicules, les
clés osseuses qui referment ou bien ouvrent le torse.
C’est elle qui ouvre ou ferme, qui dissout et coagule.
Le cordon est d’abord celui qui ouvre ou ferme la tente, la chambre
nuptiale. On pensera aussi au cordon ombilical, qui se rompt lors de
notre initiation à la matière.
Par extension, on pensera également aux cordons d’une bourse
« secrète »
qu’il faut savoir délier pour avancer sur le chemin
initiatique (savoir payer de sa personne). Ne pourrait-on
prétendre que le cor-don est le « don
du corps », voire le « don
du cœur » ?
On voit ainsi que DAATH se devait d’être transcendant,
puisque d’une part il est à la fois partout et nulle part,
puisque, du fait qu’il est seuil, et qu’Il nous mène dans
l’inconnu, il donne lieu à un changement de
régime, de niveau, enfin parce qu’étant AMOUR, il
présente la non-fixité-même au sein de
l’univers, qu’il tient presque sans atténuation du
Non-Manifesté.
Enfin, en tant qu’AMOUR, il relie le tout au TOUT, et ne peut
dès lors se voir lié à un niveau
fixé définitivement. De plus, il faut conclure
que Daath est à la base, à la racine de toutes
les causes, puisque sans le verrou qu’il impose, tout le
Manifesté s’écroulerait comme la voûte
privée de sa clé.
Le temps de l’épreuve
Sur le plan du cheminement initiatique, Daath est l’alternance de
longues périodes d’avancement indétectable,
parfois désespérément lent, suivi de
disruptions brutales.
Ainsi sera t’il associé à Uranus,
à l’uranium qui délivre une irradiation
indétectable, sournoise, ou explose en libérant
une énergie brutale et incontrôlable.
Il est aussi comparable à la maturation de
l’œuf :
-fécondation (passage soudain et
« inattendu »),
-gestation ou couvaison (lent et caché),
-mise bas ou rupture de l’œuf (soudain…),
-allaitement (lent),
-sevrage (brutal).
Doctrines Diverses
En ce qui concerne le tantrisme, la meilleure assimilation que l’on
puisse en faire est la « Visshuda chakra »
; située à la base du cou, et correspondant aux
glandes thyroïde et (4) para-thyroïdes. Les
caractères liés à Visshuda sont
l’ouïe, l’éther ou la quintessence, l’essence ou
vie, l’enseignement, la connaissance : il n’y a d’autre enseignement
que l’Amour, ni d’autre enseignant (en saignant ?) que l’Amour
« incarné ».
Les glandes qui commandent le système thyroïdaire
sont la pinéale, ou épiphyse,
assimilée à Hhokmah d’une part, et le corps
pituitaire, ou hypophyse, de l’autre, qui est attribuée
à Binah.
Le corps pituitaire, associé à la glande
pinéale, donne naissance au œil, parfaite
réplique de l’œil tout-voyant.
« Que ceux qui ont des oreilles
entendent, que leurs yeux voient et que leur âme comprenne ! »
Le geste de la main (4 doigts + 1 pouce = quintessence), qui
désigne ces glandes de la base du cou, peut être
considéré comme un appel solennel à
Daath, comme un premier apprentissage de Daath ! Encore est-il
préférable de savoir ce que le geste signifie !
Enfin, quoi de plus « parlant »
que la parole perdue, remplacée par une parole
« humaine »,
dûment annoncée comme fausse ?
Mais il est encore dit que « tout Homme ne
vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche
de Dieu ».
Et tout cela nous ramène à la gorge, au Verbe de
St Jean.
Sur un autre plan, le citoyen romain ne pouvait
être exécuté que par la
décapitation.
De même que le traître à sa patrie est
pendu par le col. Commodité, ou subsistance d’un
héritage perdu ? En tous cas, il y a toujours l’indication
que c’est le mobile profond que l’on cherche à punir, en
quelque sorte, on affirme haut et clair que l’individu est puni du fait
qu’il a perverti « son »
Daath.
Lors de la momification, la conservation du larynx, qui re-formule le
« Verbe »,
sera fondamentale pour l’Egyptien.
Chez les Egyptiens, Daath est Thôt, ou Téhaouty,
le patron de la connaissance divine transcrivant son Verbe par la main
du scribe, de l’architecte ou de l’artisan.
THOT est représenté par l’ibis, qui
« prête sa plume »
afin que la « Science »
soit communiquée aux hommes.
Nous retrouverons cette plume dans la scène de la
psychostasie, où elle servira de
critère pour déterminer si le
défunt appartient à la race des dieux
représentée par Thot, ou à la race
animale de Seth. Dans ce dernier cas, il sera, via le chacal
Anubis, restitué au réservoir organique du
Léthé.
Tout le monde passera par l’épreuve de la terre ; les morts
ne se relèveront pas, et seuls les vivants seront
re-suscités.
Mââth, qui préside à la
cérémonie de la pesée, est la
Mère sous ses 2 aspects (la mère de Dieu (celle
qui « tue »
pour donner la vie, la mère de la matière ; de
plus, elle est également le témoin, la mesure).
Somme toute, elle est le maître d’œuvre,
la matière et la mesure. (Tous ces mots commencent par la
lettre « M »,
qui dans toutes les langues symbolise la mère !).
Elle est donc « le
tout », et seule lui manque l’étincelle,
comme seul manquera le « sexe »
d’Osiris (le 13 ; morceau du cadavre
dépecé par Seth ; 13 étant le chiffre
de l’Amour !).
Cet épisode de la légende d’Isis et d’Osiris se
produit au moment où Isis va tenter de faire revivre son
divin époux en lui restituant
l’intégralité de ses membres.
La légende s’arrête ici, et nous devons deviner
qu’Isis devra « prêter son sexe »
à son divin époux Osiris (Isis,
c’est-à-dire chacun de nous dans les conditions
citées plus haut ; ils sont « une
seule chair »).
Celui-ci sera alors restitué à la Vie pleine,
clairement manifesté dans le visible comme dans l’invisible.
Le « sexe »
représente ici toute l’énergie de la Vie dont
Isis dispose, structuré par le Désir d’union avec
son Dieu.
Il serait dommage de réduire (par confusion du
signifié = le vrai sens à transmettre, et du
signifiant = le vocabulaire symbolique tendant vers ce but), la
présente légende à une quelconque
historiette « érotique »,
sauf quant à restituer à Eros son sens primitif
de dieu de l’Amour.
« Dieu est amour ! »
A la lumière de ce que nous savons
déjà de Daath, la légende devient si
parlante !
Chez les chrétiens, Daath est l’Esprit-Saint, qui est
consolateur (il console, il réconcilie, raccommode, restaure
les liens brisés). C’est le « conservateur »,
dont l’action vise à conserver la dignité divine
de tout ce qui est, bien en deçà des apparences
les plus viles, jusqu’au moment où celle-ci sera
restituée à la pleine Lumière.
« Il est Seigneur et Il donne la
Vie ».
Il n’y a jamais de situation irrémédiable, elle
peut toujours évoluer en bien, elle peut toujours se
« retourner ».
Pire, c’est souvent lorsqu’il n’y a plus de solution
« humaine » que l’Amour peut
intervenir, puisque tout le champ opératoire
« divin » a
été dégagé.
Les dieux sont éveillés au moment ou l’animal est
dissous par le sommeil ! (qui est Léthé, oubli,
mort, atropos = privé de forme).
« La lumière luit dans les
ténèbres les plus profondes, elle ne peut
être exposée au regard profane ! »
A l’Esprit-Saint sont associées 7 qualités :
force, conseil, sagesse, tempérance, prudence, patience,
humilité (citées de mémoire).
Ces qualités ne sont en fait que des qualités
relatives, des attitudes justes, à prendre
vis-à-vis de soi-même et d’autrui; en cela, elles
sont opposées aux
« péchés
capitaux » dont la traduction (et la trahison par le
biais du symbole pris pour le réel) sont les vices (eu
égard à la moralité de l’endroit et du
temps). La « Vertu » est la Force
vécue, et non l’impuissance !
Et le chiffre 7 traduit ici le fait que les vertus citées
vont du commencement à la fin de la voie initiatique. La
Vierge, partenaire obligée, connaîtra 7 douleurs
et 7 joies, il s’agit dès lors d’une manière
dérivée de parler de l’initiation progressivement
totale.
Un seul « carburant » nous
propulse depuis la matière jusqu’à notre nature
ultime, et ce carburant est la « semence de
dieu », et c’est pourquoi le dieu Osiris est
représenté ithyphallique, c’est pourquoi il est
le taureau, le bélier qui sont connus pour leur
fécondité, c’est encore pourquoi les Egyptiens
racontent que Dieu a créé l’Univers en se
masturbant !
Parallèlement, l’Amour qui est partout et nulle part, se
place « souvent »
en partenaire « sexuel »
en face de « l’Amante ».
L’Annonciation (le 25 mars, en pleine « ascension »
du bélier), n’en représente qu’un symbole parlant
; il y a surtout le fait que nous devenons ce que sont nos
désirs, et a fortiori ce qui est notre Désir le
plus pur, « vierge »
de toute souillure, et réponse à Daath.
C’est pourquoi Daath, qui n’est pas immanent, et ne possède
de ce fait pas de « cortège »,
il enverra l’Archange Gabriël, de la séphire
« yetsirah »,
qui représente le moteur universel appelé
Désir, le « fondement »
de tout, et en général sa première
manifestation.
Et du fait qu’il n’est pas immanent, Daath ne se laisse pas
définir, puisqu’Il est tout, et son contraire.
Il est « neutre »,
(Hermaphrodite), ni mâle ni femelle, et pourtant il prend un
malin plaisir à se profiler derrière l’image
idéale que nous nous faisons de notre partenaire, puisque
tout désir est un Désir qu’on lui
« vole ».
Louis-Claude de Saint-Martin appellera l’Homme de la
première recherche « l’HOMME DE
DESIR », que l’on devra bien
sûr comprendre comme « l’HOMME
DESIREUX DE GOUTER A L’AMOUR »
Et la conscience ?
A l’état pur, l’état de Daath est une pure
contemplation, un pur bonheur indicible d’être le Dieu qu’on
est, avec tout ce qui est, et d’être tout ce qui est !
Plus voilé, il est l’intuition immédiate,
violente et indubitable qui me fait contempler un aspect sublime, qui
me fait ressentir que tout est bien.
Cela peut être un « détail »
de la recherche spirituelle qui prend soudain sa place après
une longue recherche infructueuse, cela peut être un nouvel
aspect qui apparaît soudain, et me donne l’impression
d’ouvrir une porte sublime sur une nouvelle compréhension,
cela peut être un nouvel amour qui m’exalte
au-delà de tout ce qui était; et cela peut, bien
entendu être, et mieux encore, tout cela ensemble.
Plus loin, il peut être la cause obscure qui s’obstine en
moi, et peut-être malgré moi, à
chercher la lumière, par-delà les multiples
obstacles qui lui font barrage.
Plus loin encore, il peut être à la base de toute
recherche, par exemple de la recherche scientifique.
Enfin, il est la base de l’instinct d’évolution, et dans un
sens de celui de conservation.
Tout ceci étant analysé, on pourra constater que
l’évolution de la conscience est toute entière
inscrite en Daath !
L’émergence de la conscience suivra donc le chemin inverse :
« Voici que je me lève et que
je viens à ta rencontre ».
Sur le plan du caractère ou du tempérament,
l’influence de Daath est polarisée autour de la
responsabilité, et en contrepartie de la liberté
(vis-à-vis de nous et des autres), la justice, (ou mieux la
justesse), et la bienveillance.
En particulier, elle ressort dans les rapports interpersonnels sous la
forme d’une grande capacité de donner de l’affection ou du
dévouement, et de se placer au point de vue d’autrui.
(res-sponsa-habilité = capacité d’être
l’épouse des faits ?)
Encore une fois, il s’agit d’adopter une attitude « juste »,
et non d’appliquer une quelconque recette. Et par dessus tout, une
attitude d’affection n’a rien à voir avec le laxisme, qui
est une lâcheté car une fuite de
responsabilité.
Daath est la franchise-même, et le laxisme est un mensonge
hypocrite, l’exacte antithèse de Daath ! Bagheera dira
souvent à Mowgli : « chagrin
n’est pas punition ! »
Nous ne sommes pas « punis »
sans raison par notre sort, mais bien du fait que nous avons
adopté des attitudes incorrectes, et, au lieu de nous
plaindre, nous devons nous « re-poser sur
l’esprit ».
Et l’attitude « désormais
correcte » suffit souvent à
rendre « inutile »
la persistance du châtiment, en tous cas aussi longtemps que
le psychisme n’a pas mutilé le corps.
Dès lors, si l’on veut placer Daath sur l’Arbre
Séphirotique, la place que l’on lui choisira sera CENTRALE,
et se confondra plutôt avec « le
pilier de la conscience », qui constitue
le tronc, l’axe ou l’Arbre du monde, sans cependant cesser
d’être l’Arbre tout entier, l’Univers tout entier.
LA CONSCIENCE EST AMOUR, ET L’AMOUR EST
CONSCIENCE
Et la mort elle-même n’est que le passage qui me
délivre des apparences qui n’étaient plus que des
boulets à mes pieds ; elle constitue donc une
délivrance objective pour celui qui veut se placer dans
« l’esprit ».
Elle est d’ailleurs la seule Initiation, et toute Initiation n’est
autre chose qu’une « part de
renaissance », vécue
après une « part de mort »,
qui nous libère quelque peu de nos obstacles internes, et
nous introduit dès lors, si nous jouons le jeu de la
vérité, un peu plus dans la vraie Vie.
Chaque mort déchire nos peurs, qui sont
d’ailleurs nos vices-types, les mensonges que nous opposons
à la Vie afin de nous en défendre. Chaque
inspiration peut devenir une naissance, et chaque expiration une mort.
Daath est le partenaire constant de la Vierge, par exemple celui de la
terre vierge d’où renaîtra le blé de la
récolte précédente. Et ceci est une
raison supplémentaire pour que les
« dieux » de la
récolte soient tous des déesses:
Rénénoutet, Cérès, Demeter,
etc… Il y a toujours un jeu alterné entre la graine et la
terre qui engendre le fruit-graine qui sera ressemé…entre
la verge et la femme, entre le spermatozoïde et l’ovule, entre
la poule et l’œuf!
La « vierge »
est l’état de l’élément naissant, ce
peut être un sentiment, un bon mouvement, une
étoile, bref, sa spécificité est la
pureté de l’émergence, la
spontanéité du don total.
L’AMOUR est comme la face cachée des choses ; d’ailleurs, il
importerait de réfléchir longuement (et
vainement) si l’on désire obtenir une réponse
à notre question de savoir si ce sont l’homme et la femme
qui sont importants, ou si c’est la possibilité qu’ils
offrent, d’améliorer la « race »
humaine qui l’est.
L’exception est le fait de celui qui arrive à
créer « sa »
propre « race »,
vrai dieu et vrai homme, et qui échappe ainsi partiellement
aux impératifs de la race simplement humaine.
Mieux, la Tradition parle de la nécessité de
« retourner le gant »,
de considérer l’extérieur comme étant
le vrai intérieur, et réciproquement.
Seul l’Amour apparaît alors, puisque L’Amour est la face
cachée de toute chose !
LOCALISATION DANS L’ARBRE
Daath n’est pas fixe sur l’Arbre Séphirotique, Il est en
effet par-tout, et avec tout. S’Il n’est pas Dieu, Il n’est rien ! S’Il
n’est pas « sacrifié »
et accessible jusqu’au sein du minéral (et cest l’objet de
l’Alchimie que de l’y trouver), Il n’est rien puisque quoique ce soit
à réussi à lui échapper!
Plaçons-le, pour de simples raisons de « dignité »,
entre le Père et la Mère, entre Osiris et Isis
dans leur plus haute acception.
Certains parlent d’une Séphire, d’autres d’une
non-Séphire ; la première appellation est
« hérétique »,
la seconde ne nous apprend rien, elle est pire encore, elle est inutile.
Disons que de ce point de vue, Daath est « hors
de l’Arbre », est transcendant alors que
les Séphiroth sont immanentes. Mais Daath est aussi bien la
sève, qui n’est « rien »,
et qui est « tout »,
hormis le code génétique sur lequel elle vient
« s’enrouler ».
Daath cultive (et c’est parfaitement normal pour « du
transcendant »), tous les paradoxes. Rien
de plus difficile que de le « mettre en
boîte », ce que l’immanent
acceptait relativement bien ! Il importe dès lors de
comprendre par de-là des mots, des symboles, de ressentir et
surtout de
« désirer », bref, de
s’engager, si du moins on le veut vraiment, du fond du cœur,
à connaître la Vérité en
surmontant les paradoxes, voire les contradictions apparentes.
L’Arbre Séphirotique « est »
Lui, et cependant il en est en quelque sorte absente.
Au commencement, il y eut une
« distance », et c’est ainsi que
la première lettre qui
apparaît « le sentier »
est une lettre « aérienne »,
qui doit d’abord être interprétée comme
un « élément »
de distanciation. Le deuxième sens,
complémentaire du premier, sera la notion de
« Souffle »,
ou « Esprit ».
Et ceci est la lettre « Aleph ».
« Aleph »,
le bœuf (la force motrice dans la pureté de son
émergence) ou la charrue, est un tourbillon
d’énergie qui « laboure »,
qui « retourne »
tout sur son passage, mais cependant dans les profondeurs
cachées où nous n’accédons pas. C’est
une sorte d’hélice qui explose en 4 fragments : ces
fragments sont 4 pales, une pour chaque élément,
et dont chacune dessine un « Iod ».
Et ce « Iod »,
qui se tord, se recombine à lui-même, finira par
former toutes les lettres.
Il n’y a que « Iod »
qui existe, tout est Lui ! La Kabbale, pour qui sait la lire reste la
première mine à exploiter !
Et cet Iod est semence, spermatozoïde, il est Daath,
connaissance vivante, « brique »
de la Vie ! Et « Iod »,
la plus simple des lettres, est 4 (puisqu’elle est tout à la
fois le germe et l’animateur de chaque élément),
et 1 tout ensemble.
Iod est encore 4 car le « nombre secret »
de 4 est 10, soit la valeur attribuée à Iod
(1+2+3+4=10).
La synthèse des 4 éléments
recrée donc le 10, le Iod, qui est la Vie.
Et le 4 n’est autre que la racine de 13, qui est le chiffre de l’Amour
(1+3=4) ; autrement dit, la séparation des 4
éléments, loin d’être un malheur pour
nous, est un pur acte d’Amour, un acte sans lequel la
« Réconciliation »,
la Reconquête, ne serait qu’une chimère.
Passages « secrets »
entre la Vie et l’Amour, que les chiffres sacrés mettent au
jour.
Iod est la graine, il est semé à profusion et sa
fécondité ne dépend que de la bonne
volonté du « terrain ».
C’est pourquoi on insiste tant pour que « pas
un « Iod »
des Ecritures ne soit modifié ».
Changez l’Esprit, et plus rien n’est correct !
Iod, une « voyelle »
indicible, ineffable, devient 4 « voyelles »,
qui forment à leur tour un mot devenant « imprononçable ».
« The sound of silence ».
Cependant, Iod n’étant pas matériel, il n’est pas
limité dans son action, qui est tout à la fois
quantitative (disruptive) et qualitative (obscure). Le feu de l’Esprit
assèche notre humidité excessive, et
tantôt éclate en flammes joyeuses.
Dans un admirable tableau peint par Matisse, on peut voir une joyeuse
ronde de « Iod »
qui tourbillonne autour d’un centre lumineux, et s’éloigne
en prenant progressivement les couleurs des
éléments.
Dans le Prologue (avant que la Loi ne soit ?), St Jean
parle du Verbe, ou Parole.
Il permet de distinguer ainsi la Bouche, c’est-à-dire le
Père, l’Oreille, ou Fils, et la Parole elle-même.
Cette Parole n’est autre que la transmission (la « Tradition »
ou bien le mot « Kabbale »
ne signifient en fait rien d’autre), liaison amoureuse entre le
Père et le Fils, n’est autre que
l’Esprit. « …dis seulement une parole
et je serai sauvé » ou
« Le louveteau écoute le vieux
loup et ne s’écoute pas lui-même »
ou « Ecoute, Israël, … »
ou encore « Il a parlé par les
prophètes ».
« Le » fils,
ce « Iod »
incarné, ne pouvait pas exprimer les choses plus clairement
qu’en étant déposé dans une mangeoire
pour animaux et d’être « réchauffé »
par le bœuf et l’âne, l’Aleph (alpha) et la Tav
(l’oméga).
« Mon Père et moi sommes Un »
; alors, si Daath est par-tout, moi aussi, à condition que
je devienne le Fils de la Parole !
« » Et puisque nous sommes le Fils Unique,
cette Parole s’adresse à nous sans
intermédiaire(s), et nul ne possède le droit de
s’interposer entre Elle et moi, sous peine de devenir l’Obstacle sur
mon chemin, cad le Diable.
Car le remplaçant du Fils est toujours le diable, celui qui
« aveugle »
de par ses mensonges, et conduit la foule aveugle afin que celle-ci
tombe dans le « précipice ».
Et pour ce faire, il nous vend des os, traces fossiles de la vie, pour
la vie elle-même, ce que tous les aveugles volontaires
semblent accepter sans contrôle.
Le symbole de la parole concrète est le pain,
qui donne la vie et même donne « corps ».
Et ce pain nous ramène toujours au grain, dont il est issu
par trituration, mélange avec l’eau de « notre
existence », fermentation
(élément aérien) qui est relatif
à la comparaison avec l’ancien pain « pneumatisé »,
et enfin cuisson par notre feu intérieur.
Ceci montre le traitement que notre « vierge »,
notre « dame »
doit infliger au grain afin que celui-ci devienne fécond,
afin d’être elle-même
fécondée. Et le Fils qui s’assimile
Lui-même au pain donné pour vivifier les autres,
ne se fait-il pas le grain, préparé par elle, et
rendu immédiatement utilisable ?
Rappelons-nous encore qu’entre le Père
(Hhokmah), d’une part, et le Fils (Tiphéreth), de l’autre,
est posé un Hé, quintessence partielle ou totale
dont la lettre écrite en minuscule figure une oreille
humaine ou une oreille de pot, le « symbole »
de la surdité ?
La lettre « Hé »
est la cinquième de l’aleph-beth
hébraïque ; elle se réfère
à la quintessence. Sa signification est « la
fenêtre », et elle est
associée au souffle vital.
Et cette fenêtre, dans le contexte du Moyen-Orient,
n’est-elle pas plutôt destinée à
écouter le « son »
de la ville, plutôt qu’à laisser
pénétrer un surcroît de chaleur au sein
du foyer ?
Hé est la voie, l’ouverture du corps, l’oreille,
c’est-à-dire la « bouche du
cœur », par laquelle s’infiltre
la semence secrète d’Elohim, la plus petite et la plus
secrète des semences qui donnera naissance au plus grand des
arbres.
Le rituel dit : « Il est une force qui ne
cesse de pénétrer tout ce qui vit et par laquelle
toute lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »
Tout est concentré ici à qui a les yeux ouverts !
EQUES A LUCE IN TENEBRIS LUCENTE