14°
#411012
La fidélité à la générosité du cœur tend vers l’amour de l’humanité
G∴ D∴
A la Gloire du Grand
Architecte de l’Univers
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité
TFPM et vous tous mes FM S
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité
TFPM et vous tous mes FM S
Combien ce sujet m’est difficile à aborder !
J’en ai pesé les mots dont la compréhension semble aisée et je me suis trouvé partagé entre la rédaction d’une planche bien léchée, pleine de bons sentiments altruistes et ma vérité d’homme de ce temps.
Ce projet qui aurait pu offrir l’image d’un frère vertueux et bien affirmé dans ses engagements, je n’ai pu y souscrire.
Pourquoi un plumitif comme moi n’a-t-il pas plongé avec délectation dans la rédaction d’un texte qui n’aurait fait que lister des vertus que je ne possède pas ou que je ne peux aisément appliquer ?
Tout simplement par sincérité.
Il est clair, cependant, que la lecture du sujet, dans sa première partie « la fidélité à la générosité du cœur » me semble effectivement assez abordable.
Je mesure mes attitudes quotidiennes où les élans du cœur se lisent aisément.
De nombreux petits gestes de politesse, de courtoisie, de solidarité s’inscrivent dans cette veine, parfois même avec une spontanéité qui ne préjuge pas des conséquences fâcheuses.
Je me souviens d’un rude hiver où, rentrant du cinéma, je vois un clochard roulé en boule dans un coin de rue ; c’est un vendredi soir, je suis seul chez moi, alors j’emmène le bonhomme, le nourrit, le réchauffe, l’habille et l’installe sur un matelas, près de la chaudière.
Le samedi matin, je revois mon hôte, le nourrit, etc…Il dort beaucoup, sent très mauvais, semble allergique au savon et ne quitte pas son lit improvisé.
Même tableau le dimanche, sauf qu’occupant un logement de fonction et le travail reprenant le lundi à 6H30, il fallait que l’individu soit parti avant que l’on découvre mon forfait.
Vous vous doutez de la suite, lundi 6H00, le père Durand en peignoir faisant lever son invité qui s’empressait peu de partir et lavant avec frénésie la couche odorante du quidam et bien sûr surpris par la première employée qui a du halluciner en croisant un clochard, avec en fond de tableau, un furieux en peignoir blanc qui frottait le sol au balais brosse javellisé.
Cette aventure sympathique et amusante, bien que ma réputation d’homme sérieux en ai pris un coup, montre combien il est plus facile d’envoyer un chèque à une ONG, même si c’est utile, que de mettre la main directement dans des matières que je vous laisse imaginer.
Mais j’ai été là fidèle à la générosité de mon cœur et ce n’est certainement pas par hasard qu’un Frère m’a surnommé « mère Thérésa »
Nous avons tous, dans notre vie, ce genre d’anecdote à raconter.
Le vrai problème du sujet est « l’amour de l’humanité ».
Si l’on est croyant, on peut appeler à l’aide Saint Matthieu (31-46) à propos du jugement dernier qui dit : « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à mangé ; …j’étais un étranger et vous m’avez recueilli,… En prison vous êtes venus à moi ; »et qui conclut : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ».
Mais Saint Matthieu fait seulement partie de ma culture.
J’ai reçu cet été une bonne leçon sur mes jugements de valeurs.
J’ai fais une semaine de stage chez Bruno Tosi, maître verrier et frère qui nous a déjà rendu visite, chez qui j’apprends l’art du vitrail depuis 7 ans.
Bruno me dit qu’il y a 4 autres stagiaires dont l’un est un peu particulier.
Effectivement, le premier jour arrive un jeune homme de 25 ans avec le look punk ; des vêtements bizarres et superposés dans ce que je considère comme un désordre, une moitié de la tête totalement rasée, l’autre moitié pourvue d’une longue chevelure pendante, il ne manquait que les piercings !
Bref le genre de gars qui me fait changer de trottoir, c’est-à-dire générosité et amour de l’humanité tout à fait en berne.
Erreur funeste bien sûr ! Notre lascar avait son CAP de verrier, me dépassait physiquement et techniquement de plusieurs têtes et s’est avéré un charmant compagnon, aidant les débutants tout en réalisant un magnifique vitrail très artistique.
Au bout de la semaine je ne prêtais plus aucune attention à son allure et admirait son habileté.
Peut-être devrai-je me raser la moitié de la tête et m’habiller avec des sacs pour progresser dans cet art ?
Poursuivant ma réflexion, je me rends compte que le contact direct avec les individus permet souvent d’évacuer malaise et incompréhension.
Qu’en est-il pour des groupes de gens ou des populations que je ne rencontrerais certainement jamais ?
Je les ai « classés » dans ma tête dans des bulles bien étanches à la générosité de mon cœur.
Ce sont des fragments de l’humanité saucissonnée et classifiés : danger – trop éloigné pour m’interpeller – franchement détestable – ou tout autre qualificatif dévalorisant.
Mes moyens me permettent de nourrir, de vêtir, d’accueillir un étranger, comme ces autostoppeurs italiens un soir d’averse diluvienne, mais je ne peux qu’éprouver un frisson désagréable quand je passe Boulevard Robespierre devant la prison où je sais que des hommes ont besoin d’écoute et de soutien moral qui ne coûte que du temps et de l’attention.
Des Frères vertueux que nous connaissons se sont engagés dans cette entreprise, je les admire, mais ne peux les imiter.
Le port du tchador m’est aussi une limite infranchissable ; j’ai pourtant, dans mon enfance longtemps côtoyé les gens du Maghreb qui ont toujours été accueillants et généreux pour moi.
Pourquoi ce sentiment de rejet m’envahit-il si brutalement ?
Je pourrais dire que le tchador estun symbole d’oppression qui m’est insupportable, c’est certainement vrai, maisla violence intérieure de ma réaction n’est pas du tout philosophique.
Je comprends bien le patient qui me craint dans ma redoutable activité, même si c’est pour son bien que je lui perce une dent avec toute la délicatesse et l’amour dont je suis capable !
Je n’ai pas de générosité du cœur, mais un frisson dans l’échine, quand je croise un gendarme sur la route, alors qu’il fait son boulot, que mes papiers sont en règle et que je ne commets aucune infraction.
Je me demande quelle réaction il aurait si je m’arrêtais pour lui déclarer mon amour de l’humanité ?
Peut-être direction Robespierre ?…..
Même si je vous fais sourire, croyez bien que la mise en pratique de cet amour de l’humanité est pleine d’embûches et de questionnements.
Sournoisement dans mon esprit se fait jour une idée rassurante :
« T’en fais pas Gégé, le monde est trop vaste pour que tu puisses tout résoudre, il faudrait des fortunes que tu n’as pas, un pouvoir que tu ne possèdes pas et certainement l’éternité pour y arriver alors que tu as près de 60 ans et même 81 ans comme Maître Secret: »
Cà c’est pas bête comme raisonnement ; bien sûr que c’est surhumain comme tâche et je ne rentre plus dans le costume de superman qu’on m’avait offert pour mes 10 ans !
Je m’apaise un peu. Je relis mon ébauche de texte.
C’est là que je découvre un petit verbe qui ne m’avait pas inspiré : « tend vers l’amour de l’humanité »
Je me sens sauvé, car je commençais à patauger dans le profane !
Ce TEND me rappelle qu’une plongée dans le rituel ne serait pas inutile.
Effectivement, grand bien m’en pris.
« Ayez la ferme intention de les comprendre » quand vous écoutez les hommes.
« Malheur à ceux qui aspirent à ce qu’ils sont indignes.
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent porter »
Et pour faire bonne mesure, la maxime du Taciturne :
« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »
Eh oui, je me suis laissé entraîner par le flot de mes pensées alors que notre rituel m’aurait aidé à y voir plus clair.
Dans les cartes de félicitations que j’adresse aux nouveaux époux, j’ai l’habitude d’écrire au jeune couple qu’ils auront à conjuguer à tous les temps et tous les genres le verbe « dédramatiser » pour que leur projet s’inscrive dans la durée.
Jacques SALOME dans son livre « le courage d’être soi » parle de « l’héroïsme au quotidien » ; il ne s’agit pas bien sûr d’exploits remarquables, mais plus prosaïquement de situations d’une grande banalité, des petits riens de la vie.
Notre éducation nous amène trop souvent à la culpabilité et la dévalorisation, chemin qui ne permet aucune croissance.
Il s’agit plutôt d’une relecture de nos propres valeurs, de nos certitudes, croyances ou engagements.
L’héroïsme au quotidien c’est être capable de se redéfinir, non dans une attitude de rejet ou d’autodéfense, mais dans un comportement d’affirmation et de positionnement tranquille.
C’est alors faire face au conflit interne qui m’interroge et reconnaître ma difficulté à accepter que j’ai pu me tromper.
Me suis-je engagé trop loin, au-delà de mes possibilités, de mes ressources, de mes moyens réels.
Je peux être piégé par mon emballement, mon enthousiasme, mes désirs et me laisser emporter, affectivement au-delà de mes propres limites.
J’en reviens au signe d’ordre d’apprenti qui doit modérer une affectivité envahissante.
Il est deux attitudes très difficiles à tenir :
Savoir dire « oui », savoir dire « non »
Prendre le risque de dire « oui », de s’engager, c’est-à-dire d’aller plus loin
Prendre le risque de dire « non », pas dans une position d’opposition, mais dans une position d’affirmation de soi.
Lors d’un séminaire sur les relations humaines, il nous fût proposé un exercice que je vous invite à réaliser avec moi avec l’autorisation de notre T. :F. :P. :M. 😕
– penchez la tête en avant
– passez une main au niveau de votre nuque
– vous sentez une sorte de bosse
– c’est la bosse de l’acceptation qui s’érige au fil du temps
– elle apparaît chaque fois que nous avons dit « oui » alors que nous avions envie de dire « non ».
C’est un chemin de conscience qui s’ouvre ainsi sur des interrogations nouvelles, sur des remises en question.
C’est par leur enchaînement inlassable que s’inscrit l’histoire d’une démarche, celle que nous accomplissons au quotidien, non pour survivre, mais pour vivre au cœur du plein de la vie.
J’ajouterai désormais le verbe « tendre » à mon vocabulaire ; il vient de me rendre un grand service et de recadrer une prétention qui ne s’érigeait qu’en obstacle à mes projets.
Alors, fidèle à mon serment de Maître Secret, je repars sur le chantier et j’ouvre un agenda de septembre qui comporte en en –tête des maximes à méditer :
Extraite de la sagesse indoue :
« Face
à l’obstacle, l’homme moyen abandonne ce
qu’il a
entrepris ;
Un grand esprit ne se lasse pas et termine ce qu’il a commencé,
Même si mille fois des obstacles se dressent devant lui »
Un grand esprit ne se lasse pas et termine ce qu’il a commencé,
Même si mille fois des obstacles se dressent devant lui »
J’en prends acte
J’ai dit