14° #411012

Nous travaillons pour affranchir les hommes du joug qui pèse sur eux et les contraint de plier devant l’injustice et l’oppression

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R∴ G∴

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Obédience : NC
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Non communiqué

Albert CAMUS a dit : « Si l’homme échoue â concilier la justice et liberté, alors il échoue à tout» Même s’il se plaçait sur un plan idéologique et philosophique profane bien différent de celui que nous propose notre rituel je ne suis pas sur que cette idée ne puisse être transposée, ne serait ce que par opposition de nature, pour éclairer ce que nous propose d’étudier aujourd’hui notre T.P.G.M. au travers de la réponse du second sénéchal lors de l’ouverture :

« Frère second sénéchal, quel est le but de nos travaux ?

« Nous travaillons pour affranchir les hommes du qui pèse sur eux et les contraint de plier devant l’injustice et l’oppression »

Mais quel est ce joug ? Quelle injustice ?

L’injustice et l’oppression naissent toujours d’un pouvoir totalitaire ou dévoyé. L’autorité abusive générée par ce pouvoir crée automatiquement une dualité du fait seul de son existence. L’humanité dés la création s’est trouvée dans cet état de dualité.

Il n’y aurait pas d’injustice si l’Homme portait un péché originel qui l’aurait conduit à sa chute, à son état terrestre, prisonnier de son enveloppe charnelle. L’homme appartient à la création comme l’animal ou le végétal. S’il subit une oppression c’est de sa nature matérielle : la maladie, la faim, la violence physique, mais son intelligence lui permet de percevoir qu’il est doué d’une autre nature que la matérialité qui fait de lui un être à part : une personne douée d’Esprit. Il est un univers entier. Et là commence le mystère de l’homme. La science moderne donne bien des explications sur la mécanique de l’individu mais malgré tout son savoir reste muette sur le phénomène de la vie en soi et encore plus ignorante du principe qui anime l’homme : Nous sommes corps, âme et esprit

Si l’Homme se satisfait de l’existence physique il reste à un stade végétatif. Et là serait son péché ! L’homme ne devient une personne que pour autant qu’il réussisse à s’élever au-dessus de cette nature matérielle. Que s’il devient acteur de sa propre détermination ! Que si, comme nous le dit le poursuivant blanc « le monde est vaincu », si l’esclavage imposé par le monde est dominé. La peur et la nécessité immédiate prenant le dessus, l’ego se développe en ignorant tout ce qui fait obstacle à son déploiement immédiat, écarte que ce qui le gène dans son devenir et de là naissent égoïsme, violence, cupidité, orgueil, ambition mais aussi souffrance et désespoir. Tout ce dont nous aurions du être dégagés depuis bien longtemps souvenons-nous :

du Xéme degré qui nous souligne que : « la maçonnerie t’a libéré de l’ignorance, des préjugés et des superstitions. Elle t’a tiré de la servitude et de l’erreur»

Au 9éme également le T.P.Maitre nous annonçait : « Nos têtes ploient sous le joug de l’ignorance et de la violence, les travaux des FM n’ont qu’un seul but: s ‘en libérer»

Constatons le, rares sont ceux qui ont pu atteindre ce lâcher prise, cette dé/création selon M.M. DAVY.

KRISHNAMURTI disait : qu’il fallait : « vivre dans le monde extérieur sans être dupes des apparences et des valeurs qui envoûtent la presque unanimité des humains vivants dans le monde »

Les différentes cultures ont inculqué à l’Homme des règles, disparates selon les civilisations, pour permettre à la collectivité sociale de survivre plus ou moins bien d’ailleurs. Civilisation contre qui le Grand Prieur nous met d’ailleurs en garde « au delà de la perfection morale humaine…. s’élève dans notre conscience une voix pour opposer à la règle de la justice et du droit le ressort de la bonté et de l’amour„ Notre existence s’est auto réglée sur le plus petit commun dénominateur pour minimiser les affrontements. Et là commence l’enfermement dans l’uniformisation qui conduit à la sécheresse de coeur qui souciait tant a M.L.KING quand il disait « ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants; c’est l’indifférence des bons ».

Un penseur a dit que le péché originel c’était l’abus de connaissance (avec un petit ç. L’homme au cours de son histoire croit connaître alors qu’il sait seulement. La société, au travers de l’éducation, nous construit au Savoir. Soumis au désir, nous sommes et voulons êtres des possédants et nous nous enfermons dans le domaine de l’Avoir, in capables de nous projeter au delà du monde objectif Epictète disait :

« Ce n’est pas par la satisfaction du désir que s’obtient la liberté, mais par la destruction du désir» L’individu le plus civilisé est esclave, sans forcement s’en rendre compte. Notre illusion est de croire que notre histoire matérielle est notre vraie nature, que les évènements ou les actes que nous commettons durant l’existence sont constitutifs de notre devenir alors que seul notre esprit peut prétendre à une réalisation par son éternité tandis que le corps, lui, va périr.


Mais comme nous l’avons vu la nature de l’homme rend les choses bien difficiles I Nicolas BERDIAEV nous dit « La réalisation de la personne ne s’effectue pas sans résistance, elle exige : une lutte contre le pouvoir asservissant du monde, le refus de transiger avec le monde. Le renoncement à la personne, l’acceptation de se soumettre â l’action dissolvante du monde sont bien de nature à atténuer la douleur, la nonacceptation l’aggrave» Il nous faut donc choisir le combat car la liberté de l’homme se manifeste dans son degré d’indépendance par rapport au monde objectif.

L’initié a monté l’échelle mystique, s’il a réellement réalisé cette ascension, il est passé au delà de royaume des formes mais qu’en a t il rapporté ?

Il sait alors la splendeur de la VERITE et comme le disent les sages d’orient il est désormais prêt à « retourner chez lui » mais en attendant ce chemin ultime il reste dans le monde manifesté et il se doit de l’assumer au profit de ses semblables. Il sait que « le monde est vaincu » pour lui mais il se doit de « donnera manger et a boire a celui qui a soif »

Révélation qui lui impose l’abandon de ses crispations, de ne pas s’épuiser à essayer de changer ce qui est hors de portée. De se placer dans l’écoute, l’attention aux autres, dans une attitude d’ouverture. Étant dans l’ouverture l’esprit libéré du stress est plus efficace et des solutions se présentent plus clairement. Les évènements prennent un autre cours. C’est un lâcher prise : Non agir. Un non agir apparemment opposé à l’injonction faite aux Chevaliers « travailler pour affranchir les hommes du joug qui pèse sur eux » opposée également à l’avertissement du T.G.P.M. qui souligne que nous ne nous appartenons plus et qu’il nous « faudra veiller quand vous voudrez dormir, supporter la fatigue quand vous voudrez vous reposer, souffrir la soif et faim quand vous vous voudrez boire et manger» etc. … Un non agir spiritualisé qui au contraire nous permet de construire par l’oubli de soi.

Nous devons être conscients de notre nécessaire ajustement à l’ordre du plus profond de nous-même. A son enseignement pui nous conduit « à mépriser les chôses qui changent et disparaissent pour aspirer à l’immuable et à l’éternel. » Nous devons avoir réalisé cette libération totale.

Et alors « vouloir et oser» !

Souvenons nous du proverbe arabe qui dit « Qui s’instruit sans agir laboure sans semer »

Vouloir parce que telle est notre mission de chevalier c’est faire entrevoir le mystère de l’Un à nos frères les hommes parce que nous sommes enfants du message universel lequel nous enjoint d’aimer notre prochain comme nous même. Le nouveau testament comme d’autres livres sacrés nous précise d’ailleurs que ce prochain est non seulement le F. mais aussi l’étranger, l’esclave. Souffrant et ayant besoin d’être secouru ; cet amour pour l’homme et la création n’est que la manifestation d’un amour plus grand, celui du Créateur lui-même.

Et oser parce que notre propre élévation doit nous permettre après avoir franchi les limites, « /a porte de toutes les merveilles » du Tao, d’en ramener l’absolu adhésion à la Connaissance nécessaire à chacun pour continuer sur la voie et de transmettre a « celui qui a faim et soif» pour qu’a son tour il puisse aussi aller au delà du royaume des formes. Nous serons alors, sans doute, dans la réalisation totale qui répondra à la question éternelle du « pourquoi » de l’homme.

J’ai dit.

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