14° #411012

De la parole perdue au nom ineffable

Auteur:

M∴ E∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
ACACIA - Orient de Lib
ALGDGADL’U
Ordo ab chao
Deus Meumque jus
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la Côte d’Ivoire
Des Souverains Grands Inspecteur Généraux du 33ème et dernier Degré
Du Rite Ecossais Ancien et Accepté

Le balustre gravé que j’ai la faveur de vous présenter a pour titre : « De la Parole perdue au Nom ineffable ». Ce soir, ce thème ambitionne d’éclairer le fonctionnement spirituel de l’homme et les réactions de l’Etre en construction, à travers l’actrice fondamentale de l’Initiation : la Parole.

« Beaucoup plus qu’un moyen, le langage est quelque chose comme un être ».

« La Parole est un geste et sa signification un monde ».

Nous pressentons, dès notre plus jeune âge, le mystère de la parole. Dans la parole, le sensible n’est pas l’instrument du concept ni non plus la manifestation de la signification. Elle est expression de celui qui parle. Par la parole, l’être s’ouvre à la présence de l’autre c’est-à-dire à l’existence. Parler, c’est prendre le risque de l’expression dans le monde. Apprendre à parler, c’est s’insinuer dans la parole de l’autre. La parole est d’abord un signe dans une intention de signification. Ce sens, exprimé par la parole, est transcendant par rapport au désigné. La parole est porteuse d’un sens inné antérieur à la signification conceptuelle et à la conscience. Elle est la manifestation de la dimension spirituelle de l’homme. Elle précède le sens et se construit à travers la communication avec l’autre. Le geste linguistique participe, en effet, du sens en tant que sens. Avant d’être institué dans la conscience et l’entendement, le sens est ingéré dans le corps, et par lui. Le corps est la matrice, l’athanor alchimique où tout se construit sous l’égide de la Parole. La parole est ontologiquement l’énergie dynamique de toute réalisation spirituelle.

  • Regard vers l’apprentissage

Le Chevalier de la Royale Arche termine son cycle de perfectionnement par la découverte du Nom ineffable. Il se retourne sur le chemin parcouru et s’interroge. Tout d’abord, son entrée dans le Cabinet de réflexion où, invité à une véritable introspection, il ressentait la naissance à un nouvel état de conscience. Un dialogue intime très particulier s’établissait en lui-même. Il lisait, inscrit sur le mur de ce lieu sinistre, les lettres V I T R I O L, dont l’assemblage ne formait pas une locution immédiatement accessible. Les lettres, les mots, recelaient des significations mystérieuses. Il pouvait les prononcer sans en connaître le sens pour autant. Il prenait ainsi contact avec les premières manifestations de la Parole. La prononciation de ces lettres vibrait en lui-même.

La Parole aurait pu évoquer pour le néophyte, la petite flamme symbolique du Cabinet de réflexion. Cette épreuve de la terre débouchait sur un éblouissement tel qu’il ne pouvait pas appréhender, dans l’instant, la portée de l’initiation qu’il venait de recevoir. C’est le premier vécu initiatique ; c’est le moment où l’Apprenti prend la dimension de la transmission traditionnelle qu’il vient de recevoir. Il est devenu Frère dans la communauté sacrée qu’il vient d’intégrer. Ses mains unies à celles de ses Frères au sein de la Chaîne d’union lui indiquent le caractère collectif de l’initiation personnelle. Dès cet instant, le rôle d’autrui apparaît dans tout son éclat. Il n’est plus seul. Un relationnel est à construire pour s’ouvrir au monde de la Parole souveraine. Il est passé dans ce monde, où parler est la tentative de se retrouver dans l’infini. Il est dans le monde sacré.

Bien que condamné temporairement au silence, il va lui falloir communiquer avec ceux qui sont dorénavant ses Frères. Non pas à travers un verbalisme stérile, mais par l’apprentissage de la Parole qui débute par l’écoute de l’autre et l’imprégnation lente et progressive du langage symbolique. Il s’entend dire qu’il ne sait ni lire ni écrire. De quoi s’agit-il ? De quel mot inconnu, qualifié de sacré, dont la lecture et l’écriture lui sont refusées, est-il question ? Toutefois, il est autorisé à émettre des sons, à épeler les lettres de ce mot avec l’autre, cet homme qui est devenu son Frère. Doit-il déduire de ce procédé inattendu que le langage phonique est indépendant de la pensée ? Ou bien qu’il faille d’abord apprendre à parler afin de pouvoir penser ?

A l’évidence nous pensons avec des mots. Notre pensée n’a pas de répit ; elle est sans cesse en action. La parole n’est pas le signe de la pensée. Elles sont imbriquées l’une dans l’autre. La Parole est un comportement, une mise en ordre du perçu vers l’intention. L’enfant peut apprendre à parler, non parce qu’il reconnaît un concept, mais parce qu’il discerne, par le geste, que la signification est à l’œuvre dans son corps. C’est par son existence charnelle qu’il apprend le langage humain. Le nouveau Maçon par son vécu initiatique, va découvrir la langue sacrée dont la quête est issue de la Parole primordiale qui ne peut être perdue, « le verbe était au commencement… ». L’homme, aveuglé par ses passions, ne peut plus l’entendre, pour lui la parole est perdue. La seule voie qui lui reste est celle d’une quête incessante de la Vérité et de la Connaissance.

L’Apprenti, tel l’enfant balbutiant, comprend qu’il se meut dorénavant dans un monde différent, avec ses codes et son langage. Le symbolisme n’est pas régi sur le même mode que le langage profane, bien qu’il soit lui, sous l’égide d’une syntaxe appropriée. L’écriture est la Parole qui émerge de la conscience du silence. Elle est l’expression du sens présent dans la parole. Le sens lui-même est pour l’homme, existence. Travailler sa Pierre brute revient ainsi à ciseler la Parole afin de lui donner sens et faire naître la signification transcendantale qui tend l’âme de l’homme vers le divin.

  • Le compagnonet la parole

Bien entendu, cette interprétation de la Parole n’est pas encore formée dans l’esprit du Compagnon. Le vécu du deuxième degré a plutôt tendance, apparemment, à éloigner d’un tel ésotérisme. Le Compagnon est confronté à la connaissance du savoir humain en relation avec les lois de l’univers. Toutefois, le Compagnon attentif aura décelé le rôle de la Parole de l’apôtre Jean dans la construction de l’espace-temps sacré, lors de l’ouverture des travaux de la Loge symbolique. Le Logos l’interroge et, dans une première approche, en référence au Volume de la Loi Sacrée. Le Logos est à la fois en nous et en dehors de nous. Il est pensée et parole en soi. Le monde est ainsi l’expression du Principe dans son activité de création. Le langage principiel est à découvrir dans le monde de la manifestation. C’est ainsi que l’Absolu parle au monde des esprits relatifs et finis.

Les Maçons opératifs du Moyen Age écrivaient la parole divine dans la construction des édifices religieux. La cathédrale était, pour nos ancêtres opératifs, une bible de pierre. Le geste de construction associe l’œuvre à l’artisan. La fonction créatrice de la Parole est en germination dans son interprétation. Non seulement intellectuellement, mais aussi par la résonance vibratoire avec sa nature propre. La Parole est immanente dans tout ce qui existe. Ce qui est vécu et ressenti relève de l’âme. Toute création appartient au « multiple » et non à l’Un qui est inaccessible à l’homme. Toutefois, l’homme qui a la volonté de construire le sens de sa vie, découvre, sous l’action des éléments traditionnels appropriés et progressifs, les manifestations successives de la Parole créatrice. Une dynamique se met en place qui pénètre et sédimente son individualité. Les étapes seront marquées par des fragments partiels de cette Parole primordiale dans le processus de création que le Rite Écossais Ancien et Accepté désigne par « paroles substituées ». Pour imager ce phénomène, considérons une fonction mathématique primitive que nous ne connaissons que par la résolution de ses dérivées successives. Telle est la dynamique générée dans notre Rite par la transmission des paroles substituées qui sous-tendent la Parole originelle qui ne nous est pas accessible. Le chemin initiatique écossais est une intégration de paroles substituées de rang de plus en plus proche de la Parole perdue.

C’est ce voyage qui attend le compagnon candidat à la Maîtrise. Il débute par la transmission de la Parole substituée après avoir été redressé rayonnant de l’esprit de l’homme véritable qui l’habite désormais. La perte de la Parole est liée à la mort de l’Architecte. Cette perte correspond à un « débranchement spirituel », à une errance dans un abîme sans repère. Une chaîne s’est brisée : perte de l’état primordial auquel succèdent la perte de la Tradition et de la Connaissance. Il restera à quêter la Connaissance par le vécu d’états d’êtres successifs, pour se diriger vers le « centre du monde » et retrouver la Parole perdue. Il existait des étapes dans la perte de la Parole. L’initiation traditionnelle va leur substituer des paliers secondaires adaptés aux conditions des différents âges ou degrés du pèlerin.

Le mot substituedu maître

La notion de Parole perdue apparaît explicitement au grade de Maître. En effet l’instruction du 3ème degré pose la question : « Qu’êtes-vous venu faire ici ? ».

Réponse : « Chercher la Parole du Maître, qui était perdue ». Plus loin, à propos de la marche du Maître et de son âge, l’instruction ajoute que : « Le Maître parvenu à la Sagesse est en mesure d’approcher à la Connaissance », encore plus loin, à propos des trois colonnes, que : « La sagesse symbolise l’essence divine ». Mais il nous faut interroger la gestuelle de l’initiation au 3ème degré pour explorer les moyens de réalisation proposés par la Tradition maçonnique. Trois événements principaux composent cette initiation :

  • Le passage de l’Equerre au Compas sur la tombe du respectable Maître Hiram ;
  • L’identification à Hiram ;
  • Le relèvement du Maître au centre du cercle.

Comment interpréter le passage de l’Equerre au Compas ? L’Equerre est, de par sa forme qui peut constituer un carré ou un rectangle, le symbole du monde manifesté matériel, donc de la terre ; le Compas, qui trace le cercle, est le symbole du monde intelligible, donc du ciel. Le rituel corrobore cette interprétation en précisant que la marche du Maître, « enjambant le corps d’Hiram, décrit une courbe qu’on trace avec un Compas ; c’est donc le passage de l’Equerre au Compas, du monde tangible au monde des idées ». Ainsi le Maître peut être identifié au Compas. En tant qu’initié ayant reçu la plénitude de l’initiation maçonnique, on doit donc considérer que le Maître a retrouvé la Parole perdue, il est un connaissant, un gnostique, ce qui l’autorise désormais à « voyager de l’Orient à l’Occident sur toute la surface de la terre pour répandre la Lumière et rassembler ce qui est épars ».

Mais Le rituel du troisième degré n’offre aucun indice pour retrouver la Parole perdue. Toutefois, avant cet assassinat, la Parole n’était pas perdue. Une restauration de l’état antérieur à cette perte s’impose donc au cherchant. C’est pourquoi voit-on apparaître la notion de mot substitué. En effet, le recours au mot substitué est indispensable pour la transmission des moyens de l’initiation. Certainement pour rappeler qu’on ne peut transmettre qu’un mot substitué et que le symbole de la réapparition ne peut s’incarner que dans un mot substitué ou un nom que l’on ne peut qu’épeler, ce qui revient au même. Quand le corps d’Hiram est retrouvé, la Tradition peut reprendre vigueur, une intensité plus faible, puisque le mot sacré a été remplacé par le mot substitué M O A B O N. Mot qui exprime la filiation entre le Maître, le fils et son Principe créateur : le Père. Il va cheminer sur une voie beaucoup plus chaotique, la substitution ne peut pas remplacer exactement la parole véritable ; ce qu’avait dit Lao Tseu : « …un nom qui peut servir à nommer n’est pas un nom permanent ».

Le nouveau Maître, rayonnant de l’esprit de l’Architecte assassiné, a accès, par la Connaissance des mots de passe et des mots sacrés substitués, à la Planche à tracer. Il exprime par l’harmonie de ses constructions le sens caché de la Parole dans son acte de création. Le dévoilement graduel du Principe dans les différents noms de sa manifestation l’habite progressivement au cours de la succession des degrés de perfectionnement. La prononciation des noms « substitués » du Principe agit sur l’être suivant leur fréquence spécifique de vibration. L’être s’approche ainsi de la Parole primordiale sans jamais l’atteindre pour autant. La Connaissance, c’est-à-dire la Parole, ne peut se communiquer ; seule la réalisation complète de l’initiation permet de la retrouver, par cette opération de conversion de l’être particulier qui, se tournant vers son origine, à l’intérieur de lui-même, renoue consciemment le lien avec le Principe infini.

Le maître secret et la quête de la parole perdue

La parole substituée du Maître Maçon rayonne désormais et imprègne totalement le Maître Secret. Sa puissance est telle qu’elle ne peut vibrer que dans le silence. Il ne s’agit plus pour le Maître Secret du silence de l’apprentissage qui lui était imposé dans le respect de l’écoute des autres. Le silence, il se l’impose désormais de lui-même. Il est en possession d’un savoir qui le transforme et le pénètre. Il porte en lui, au secret le plus intime de son être, la Parole du Maître. Il ressent le changement de niveau de conscience que lui inspire sa pénétration dans la dimension cosmique. Il revit la phase primordiale de son initiation sur laquelle il porte maintenant un regard différent. Il ne se situe plus à la même hauteur. Il s’est élevé au-dessus de la surface de la terre. Son regard, conditionné par son redressement vertical, n’est plus le même. La Parole substituée qui lui a été traditionnellement transmise lui a fait prendre conscience de la position de la Créature dans la Création. Sa place se précise dans la manifestation. Les interrogations sur les valeurs humaines acquises se multiplient. Tout ce qu’il avait acquis jusqu’à ce stade n’était que peu de chose par rapport à ce qui lui reste à acquérir. L’Absolu apparaît dans toute son immensité.

Le Maître Secret ne peut que se taire. Il ne peut pas révéler ce qui est incommunicable, ineffable et inaccessible à l’esprit humain. A ce degré plus de mot sacré, quel mot pourrait en effet exprimer l’inexprimable ? Les mots, par définition, ne peuvent révéler l’infini, ils participent du réel et, à ce titre, sont réducteurs du sens. Devant cette impossibilité, le rituel propose trois noms sacrés qui sont des représentations du Principe. Le nom attribut de l’identité n’est pas l’identité. Et si le rituel au 4ème degré affirme que « la Parole n’a pas été retrouvée », il s’agit sans doute d’un constat faisant appel aux notions d’initiation virtuelle et d’initiation réelle, pour inciter le Maçon à poursuivre son travail sur la voie initiatique à la recherche de la Connaissance. D’où l’intérêt des répétitions cycliques, dans des perspectives chaque fois différentes, que proposent nos Hauts Grade.

Ainsi le Grand Maître Architecte a été reconnu et accepté pour remplacer Hiram. Le génie parle en lui. Un repos semble s’installer à ce stade de la progression. Assimilable Il s’agit d’une étape préparatoire, présage d’une nouvelle rupture. Inspirée par la Parole. La volonté va conduire le voyageur à la découverte du Nom imprononçable et indicible.

L’homme n’a pas la faculté de tout prononcer, sa parole est limitée. Nous concevons qu’il y a ce que l’on peut exprimer et ce qu’il convient de taire. Nous respectons la subjectivité d’autrui et pour ne pas l’atteindre nous nous imposons une part de secret, de silence dans nos interventions communes. Il existe ainsi le « non-dit » qui est motivé par des raisons émotionnelles, intellectuelles, morales ou éthiques. Un échange équitable entre individus implique une connaissance réciproque et l’égalité des capacités réceptives. Il faut savoir taire ce qu’autrui n’est pas en mesure de recevoir. Le dialogue avec le Principe n’est évidemment pas envisageable. Cette problématique de l’indicible se pose avec davantage d’acuité dans le domaine de l’expérience spirituelle. Le voyageur sur le chemin initiatique qui vit l’expérience verticale du rapport à l’Absolu, à la transcendance, rencontre l’Indicible. Comment exprimer ce qui relève de l’Absolu par des mots qui proviennent du relatif ? L’Indicible est la marque de l’Absolu. Il n’est plus un relatif au sens de l’impuissance de dire. A l’approche de l’Absolu, le silence s’installe, l’expérience intérieure pénètre difficilement l’ordre du communicable. Nous sommes en présence du « supra-rationnel ». Les expressions métaphoriques et symboliques, par leur capacité suggestive, permettront l’approche qu’interdisait le relatif. Il ne faudrait pas, pour autant, considérer une frontière infranchissable établie entre le rationnel du monde relatif et le supra-rationnel du monde de l’Absolu. Il en est tout autrement dans la complexité de l’entendement humain. Les deux mondes sont immanents dans l’homme. Lorsque nous parlons, nous ne distinguons pas le signe du sens et pas davantage le signifié du signifiant. Nous ne pouvons pas distinguer le geste phonique de la signification qu’il véhicule. La parole possède une puissance de signification qui lui est propre.

Les ruines du temple, la decouverte du nom ineffable

Le voyage dans les ruines du temple d’Hénoch sera sanctifié par la découverte du Nom Véritable de Dieu, celui qui était invoqué par le Grand Prêtre dans le Saint des Saints le jour des Propitiations. Le Chevalier de la Royale Arche ne retrouve pas la Parole perdue mais le nom de Dieu.

Le nom identifie l’homme dans la généalogie de ses ancêtres. L’enfant, l’homme ne sont que des appellations génériques tant qu’ils ne sont pas identifiés par leurs noms de famille. Prononcer le nom revient donc à identifier, à personnaliser l’individu, à l’extraire de l’anonymat de la multitude. Cette force de singularisation, si elle est accessible à l’homme au sein de l’humanité, elle ne peut évidemment pas servir à la désignation du Principe par l’homme, qui forgerait de fait une idole. Le Chevalier de la Royale Arche a donc atteint les limites de ses possibilités en découvrant le Triangle d’or gravé par Hénoch. De ce nom, la prononciation des lettres lui est permise. Sa découverte est ainsi limitée. Son domaine de compétence lui sera violemment signifié lorsqu’il tentera imprudemment de braver l’interdit sur le chemin de la Connaissance.

La connaissance partielle du Nom divin a ainsi permis de relier le départ de la quête initiatique à l’époque où sa prononciation a été perdue par l’interruption du sacerdoce. Depuis cette époque, il y eut un nom substitué, Adonaï, qui ne lui est évidemment pas équivalent. Bien qu’une étape importante soit franchie, des questions restent posées. Le travail de recherche n’est donc pas terminé. Armé de nouvelles substitutions il faut reprendre le chemin de la quête d’une nouvelle parcelle. Descendu au plus profond de lui-même, le cherchant a trouvé un trésor qu’il n’a pas capacité à exploiter.

Le Grand Élu de la Voûte Sacrée, initié sous la voûte sacrée après son périlleux voyage dans les ruines du temple d’Hénoch, a pris conscience de l’ineffabilité du Principe, de l’impossibilité de prononcer le nom divin et qu’il a à se perfectionner. Le travail sur soi est incessant, la recherche de la Parole perdue se poursuit constamment. Le nom divin échappera toujours. S’il pouvait en être autrement, le monde se résorberait dans le « tohu-bohu » primitif et Dieu serait enveloppé dans une inconscience universelle. A l’instar de l’Un des néo-platoniciens qui est toujours pressenti et jamais saisi. Une conscience de l’Un serait inadéquate, c’est-à-dire qu’elle serait Parole perdue ou Parole de substitution.

Le Rite Écossais va de paroles substituées en paroles substituées, témoignant ainsi simultanément que la Parole est perdue à jamais, ou si l’on veut, qu’elle est inaccessible aux hommes et que, cependant, elle est sans cesse pressentie, de sorte que les hommes de bonne volonté sont toujours appelés à se former une idée inadéquate de l’Absolu, à avoir foi dans l’Absolu et, en même temps, à ne jamais pouvoir expliciter l’Absolu infiniment pressenti.

T F P G M et vous mes F G E V S,

J’ai dit.

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