Le Temple est le symbole de l’Univers dont l’homme est l’image
G∴ D∴
A la Gloire
du Grand Architecte de l’Univers
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité
La lecture du sujet m’a donné l’idée d’une sorte de conte imaginaire.
A cette époque l’homme, encore nomade, était exposé aux rigueurs de la météo et aux fureurs du ciel…
Il dû, primitivement s’abriter dans des grottes, puis des huttes avant d’imaginer d’installer une tente mobile qui le suivait lors de ses pérégrinations. Désormais, plus régulièrement en sécurité, il put envisager plus attentivement son environnement.
La terre, il l’a connaissait bien, la cultivant chaque jour et y faisant paître ses troupeaux. Le ciel, par contre, était trop vaste et éloigné pour qu’il puisse en découvrir l’étendue et la fonction.
Pourquoi des pluies douces et un soleil complice lui assuraient de belles récoltes, alors que cette même pluie diluvienne et un soleil ardent le menaient à la famine ?
Qu’avait-il fait ou refusé de faire qui le conduisait à ces mesures extrêmes ?
Il savait domestiquer les ronces, chasser les serpents, trouver de l’eau, maîtriser le feu mais n’influençait pas le ciel. Cette impuissance le conduisit à aborder le problème différemment.
De son bâton de marche, il traçât virtuellement quelques limites à l’espace que son regard pouvait envisager et décidât d’observer avec insistance cet espace privilégié.
Le TEMPLUM venait de naître et l’homme s’ingéniât à en interpréter les signes : forme des nuages, passage des oiseaux, course des nuées.
Toutes choses qu’il ne comprenait pas, mais auxquelles il espérait donner un sens. Cette tente, qui n’était qu’un refuge, devint le lieu de ses réflexions, de ses observations et de ses interrogations. Sans le savoir vraiment, mais se fiant à ses intuitions, il venait de faire entrer l’Univers dans le quotidien de sa vie intime.
Nous pouvons même imaginer que l’implantation de sa tente répondit rapidement à l’orientation de ses recherches célestes.
Il semble probable que cet homme partage ses réflexions avec ses voisins et que la tente devenue trop étroite doive être remplacée par un édifice plus vaste.
C’est donc collectivement que cette modeste construction pris forme et que tous contemplèrent avec satisfaction ce que je me plais à nommer un Atelier Maçonnique. Mais je crois que j’anticipe un peu sur ce qui s’est récemment passé à Cormontreuil, la pelle mécanique creusant les fondations n’ayant pas mis à jour de vestiges d’un habitat très ancien !
Revenons à notre nomade extralucide.
Un soir de labours, notre quidam exténué s’allonge sur le sol et étire voluptueusement ses membres engourdis par l’effort.
Le terre étant plate, à cette époque, l’homme embrasse à la fois le vaste horizon du ciel tout en étant totalement en contact avec le sol.
L’ayant considéré comme un pré-maçon, sa lucidité, éveillée par de longues observations silencieuses le conduit immanquablement a établir un lien entre ses 4 membres écartés et les points de l’horizon. Dans sa langue, il prononce aussitôt un « EUREKA », saute sur ses pieds et court partager sa découverte aux autres indigènes, dans la « salle de réunion » fraîchement construite. De longs palabres se poursuivent ainsi tard dans la nuit.
On disserte sur le choix du 4, parce que d’évidence, un homme nu présente plutôt 5 appendices, et pourquoi pas 6 si on ajoute la tête ?
On se met rapidement d’accord sur le 2 en considérant que le soleil se lève et se couche aux mêmes endroits ; on en a d’ailleurs tenu compte pour édifier le premier TEMPLUM. Deux autres directions font rapidement l’unanimité, celle d’où vient la neige et celle d’où souffle un vent très chaud.
Finalement le 4 et ses points cardinaux sont désormais fixés ; pour le reste, on verra plus tard. Notre agriculteur continuant un autre jour son labeur, en plein soleil, se redresse pour reposer son dos fourbu.
Son corps ne génère plus d’ombre sur le sol ; nouvel « EUREKA » ; quand je me plante bien droit à ce moment du jour, je suis vraiment en pleine lumière directement en lien avec l’astre du jour.
Nouveau conciliabule tardif et collectif dans le TEMPLUM.
Est-ce qu’un grand produit le même phénomène qu’un petit ? Un maigre qu’un gros ? Un futé qu’un benêt ?
Le fait d’avoir le corps bien dressé en pleine lumière semble produire des effets bénéfiques ! Mais comment et pourquoi ?
Décidément,
ce TEMPLUM est devenu un endroit peu ordinaire qui semble à
la fois répondre à des questions tout en en
posant de nouvelles.
Tous sont quand même interpellés par le fait que
plus on observe et on discute, plus s’établit une
vague correspondance entre un corps de laboureur, somme toute assez
commun, même pour un pré maçon, et
l’environnement écrasant et mystérieux
qui les entoure.
Alors naît le projet fou, pharaonique avant l’heure, de bâtir un TEMPLUM en dur pour bien garder à l’abri le fruit des réunions nocturnes, de peur qu’une tempête ne disperse tout cela aux quatre vents ; vous pourrez constater, à ce point du récit que le nombre 4 a trouvé son statut incontournable.
Rassemblant leur nouveau savoir, nos nomades désormais sédentaires construisent avec force rochers, pisé et sueur un carré long devenu le modèle des constructions futures. Chaque pierre est posée selon les constats antérieurs, selon la course du soleil, la succession des saisons et quelquefois selon quelques superstitions du moment. Bien installés, dans ce que nous pouvons maintenant appeler un Temple, nos citadins éprouvent rapidement quelques démangeaisons au niveau de leur EGO.
Pourquoi un tel s’assoit là plutôt qu’ailleurs ?
– Parce que c’est moi
qui ai trouvé que le 5 était important puisque
nous avons 5 doigts !
– Oui mais moi j’ai indiqué
d’où venait la neige et la bise !
– Et moi qui ai pensé à faire un petit trou dans
le toit pour qu’on puisse voir les étoiles !
Bref, quelques problèmes dont on aurait pu supposer qu’une solution serait trouvée quelques millénaires plus tard.
Hélas, il est simple de
constater qu’il n’en n’est rien, et
parfois même dans un TEMPLUM !
Mais tout n’est pas dit ! Nous ne sommes qu’au
début de l’éternité !
Il n’est pas très étonnant que de tel débats voient le jour, si l’on sait que les gaulois édifièrent de nombreux petits temples dénommés FANA !
De plus, considérant l’agitation de la matière, la présence de trous noirs qui ne sont pas vides, les ouragans et les canicules, il n’est pas surprenant que nos amis soient parfois agités ! On se mit donc en peine d’organiser un peu ce chaos.
L’accord s’étant fait sur les 4 membres du laboureur répondant aux 4 points cardinaux, on en vint à ce qui se passait dans la tête, au contenu plus difficile à matérialiser et aux émotions ressenties au creux de la poitrine, là où un battement continu et régulier avait été constaté par tous.
Comme pour la taille des uns et des autres, les têtes étaient bien différentes ; les unes rondes et grosses, les autres longues et étroites, d’autres encore combinant ces deux formes ! Quelles qu’en soient les formes, il sortait de ces têtes des questions et des idées que chacun se revoyait en écho lors des forums nocturnes.
Rien à faire, on ne parvenait pas à un accord sur le contenu.
Il fût donc décidé que cette tête correspondrait à la partie secrète du Temple ; on aménageât donc, dans l’enceinte, une petite cache où les secrets seraient gardés. Quant au lieu des émotions, leur champ apparu très vite comme vaste et confus ; l’un ayant une peur maladive des orages, l’autre des serpents, alors que d’autres y étaient indifférents ! Il semblait bien difficile d’en fixer des limites précises, aussi décidât-on de laisser un plus vaste espace autour de la cache correspondant à la tête Cet espace fût donc dédié aux choses mystérieuses puisqu’on n’était pas parvenu à en élucider le contenu, bien séparé cependant de l’espace représentant le corps, qui mieux connu, était très large et libre d’accès.
Bien entendu, un nouveau débat, plus houleux s’instaura pour savoir qui aurait accès à un espace privilégié ou à tous les espaces !
Néanmoins, tous reconnurent que notre laboureur observateur aurait accès à tous les espaces puisqu’il avait lancé en premier l’idée du Templum collectif. Ce fût moins simple pour les autres qui ramenaient toujours leurs découvertes au premier plan, insistant sur l’importance de leurs idées lumineuses.
Récemment investi d’une autorité qui lui était attribuée, notre laboureur pris solennellement la parole :
« Nous savons déjà une quantité de choses impressionnantes, mais nous en ignorons tant d’autres. Considérons ce monde qui nous entoure et que nous ne comprenons pas encore. Essayons de vivre et d’agir conformément à tout cela ; nous sommes liés à la terre et interpellés par le ciel qui nous reste mystérieux. Quand nous auront trouvé toutes les explications à ces phénomènes, alors nous seront en paix et en harmonie avec les éléments ».
Notre nouveau grand maître, s’il avait su déclamer des « Eurêka » avant l’heure, n’avait pas encore à sa disposition les notions de macrocosme et de microcosme, mais je trouve qu’il ne se débrouillait déjà pas mal en communication !
Il avait su pressentir les liens entre l’homme et l’Univers, créer harmonieusement un lieu collectif d’échange et de réflexion qui convenait à tous, y faire correspondre une architecture orientée dont le modèle allait traverser le temps et apporter les conditions de moments de bonheur lumineux à ses contemporains.
Tout cela en partant d’une simple tente !
Je crois que la tribu est ainsi devenue civilisation.
Et quand on voit que depuis cette époque reculée, l’homme a conquis l’espace, observé les microbes et exploré les abysses, sans jamais en avoir trouvé tous les mystères ; qu’il a toujours besoin de l’enceinte du Templum pour y échanger sereinement ses cogitations, je crois que notre laboureur aurait bien sa place parmi nous ce midi !
G M A et vous tous mes F G M A…j’ai dit.