17°
#414012
I et C
Non communiqué
Très
Sage et vous tous mes FF
en vos grades et qualités
A la Gloire du GADL’U
A la Gloire du GADL’U
I et C ; indiscrétion et calomnie, a priori deux défauts, dur pour un franc maçon de parler de ce qu’il ne connait pas … quoique….
Non, il pourrait arriver qu’un Franc Maçon mente, déforme, dénature, dénigre, diffame, discrédite, putasse, dit du mal, fait des suppositions, des sous entendu … mais calomnier, cela serait étonnant.
I comme indiscrétion.
Du latin indiscretus = incapable de discerner.Le sens ancien était, vers 1380, d’inopportun, intempestif.
Le mot a pris sa valeur moderne à la fin du XVème siècle se disant d’une personne qui manque de réserve et, activement, qui révèle ce qui devrait rester caché (la définition en 1534).
En tant que Franc Maçon l’indiscrétion nous est connue, en effet nous avons déjà vu au dixième degré Johaben faire preuve d’indiscrétion. Il en est d’ailleurs félicité et récompensé mais, a-t-il expliqué son intention était louable.
L’intention compterait-elle dans ce que l’on peut qualifier de défaut ?
Est-ce que l’on ne peut pas toujours trouver, a postériori, une bonne excuse pour se justifier d’avoir été indiscret ? Dans certains cas est-elle justifiée ?
Prenons l’exemple du médecin. L’indiscrétion est un problème. En effet le serment d’Hippocrate précise qu’il ne doit pas être indiscret mais jusqu’ou cela doit il aller. S’il a connaissance ou s’il assiste à quelque chose qui peut l’aider dans son diagnostic, doit il ou non se montrer indiscret ? Bien sur personne n’y verra malice pour des questions du genre vous relevez vous la nuit ? fumez vous ou autre, il faut connaitre tout pour pouvoir soigner efficacement mais jusqu’ou aller ? par exemple une jeune fille de 14 s’est fait avortée récemment, elle le cache et se retrouve aux urgences avec de la fièvre et des douleurs, si le médecin n’est pas indiscret, il ne le saura pas et partira dans une direction erronée qui peut se terminer par le décès.
L’indiscrétion serait donc affaire de gens à qui on révèle ce que l’on sait ?
Doit on être indiscret et discret à la fois ?
Mais, dans l’exemple du médecin, cela prête peu, à notre époque, à discussion ; il n’en a pas toujours été de même et longtemps il y avait des choses que l’on cachait et cela était considéré comme normal, voir coupable de les révéler.
Prenons un autre exemple, les compte rendu des conseils municipaux que l’on peut lire dans le journal du coin. Ce sont des tissus de petites phrases sans aucun intérêt et où les querelles entre personnes sont montées en épingle, éclipsant les problèmes de fond ; ceci nous a conduit au culte de l’indiscrétion, du sous entendu croustillant, le tout anonymement bien sur signant la mort de la responsabilité personnelle.
Je ne parlerais même pas d’une presse dite « à scandale » où les lecteurs sont friands de la vie privée des peoples de leurs faits et gestes et des photos volées, de préférence nues, nous y reviendrons.
Mais passons à la lettre C
C comme calomnie :
Emprunté au latin calomnia – chicane fausse accusation d’abord en contexte juridique. On a rapproché le grec kelein = charmer, corrompre et le gothique holon calomnier sous l’idée commune d’enchantement par des chants et des formules.
Le mot désigne une imputation mensongère contre quelqu’un.
La chose ne doit pas datée d’hier puisque déjà dans l’exode (23 :1) on lit: « Tu ne rapporteras pas de rumeur sans fondement »
Dans le Lévitique (19:16)
« Tu ne calomnieras pas les membres de ton peuple; tu ne porteras pas atteinte à la vie de ton prochain par un faux témoignage. Je suis l’Éternel. »
Jacques( 4:11) écrit :
« Mes frères, je vous en prie: ne dites pas de mal les uns des autres.
Celui qui médit d’un frère ou qui le juge critique la Loi;
il s’érige donc en juge au-dessus d’elle.
Mais si tu juges la Loi, tu ne l’observes plus, tu t’en fais le censeur. »
Plutot que de reprendre d’une manière plus ou moins maladroite quelques idées, voici un extrait du Barbier de Séville de Beaumarchais qui fait l’éloge de la calomnie :
« La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens prêts d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse ! … D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ? »
Les maximes sont nombreuses ; Napoléon premier disait : « Qui sait flatter sait aussi calomnier », notre frère Voltaire : « Les calomniateurs sont comme le feu qui noircit le bois vert, ne pouvant le bruler » déjà Hésiode, il y a bien longtemps disait : « L’envie a le teint livide et les discours calomnieux » et, bien sur, nous n’oublierons pas le fameux : « il n’y a pas de fumée sans feu »
Platon (j’ai eu du mal à le placer) était réputé comme calomniateur, que ce soit d’Homère ou de Thrasymachus de Calcédoine.
Un monsieur Linguet à même écrit un livre intitulé : « Théorie du libelle ou l’art de calomnier avec fruits. » ce qui sous entendrais que l’intérêt de la calomnie est que quelqu’un en pâtisse mais nous avons tous connue des gens qui calomnie pour le plaisir ou du moins en croyant se grandir en calomniant les autres. C’est d’ailleurs un défaut bien humain que de croire qu’il suffit de rabaisser les autres pour se grandir mais le Franc Maçon a appris à construire son Temple intérieur et sais que rien ne remplace le vrai.Comme de plus le degré auquel nous travaillons enseigne l’Amour fraternel…
Que dire sur la calomnie ?
Il y a trois choses, le calomniateur, le calomnié et celui à qui on le dit. On ne peut pas le dire directement car ce n’est plus de la calomnie.
Différence entre la calomnie et la vérité ? si ce que je dis est vrai, ce n’est plus de la calomnie si je pense que c’est vrai alors que ce ne l’est pas, est-ce de la calomnie ? ou faut il une intention, alors nous entrons dans le procès d’intention
Pour la calomnie il faut bien choisir son interlocuteur, sinon, rapidement cela devient de la putasserie que plus personne n’écoute. Le calomnié n’a pas d’importance, il n’existe pas et subit souvent sans même en avoir conscience. Il faut donc un couple, le calomniateur et l’écoutant. Certains en effet n’écouteront pas d’une oreille attentive toutes les calomnies que l’on va donner. Dites à la bonne personne la calomnie peut être très efficace ; presqu’autant que la rumeur publique, il n’y a pas de fumée sans feu ….
Dans notre société les victimes de calomnie sont nombreuses, cela va d’un notaire à Bruay qu’un juge voulait ‘se faire’ à un maire d’une ville comme Toulouse que l’opposition ne pouvait abattre qu’en passant par la calomnie.
Indiscrétion et Calomnie dans notre société :
Qu’en est-il de l’indiscrétion et de la calomnie dans notre société ?
Ecoutons ce qu’écrivait Jean Jacques Rousseau en son temps :
« Un des grands vices de l’histoire est qu’elle peint beaucoup plus les hommes par leurs mauvais côtés que par les bons, comme elle n’est intéressante que par les révolutions, les catastrophes, tant qu’un peuple croît et prospère dans le calme d’un paisible gouvernement, elle n’en dit rien ; elle ne commence à en parler que quand, ne pouvant plus se suffire à lui-même, il prend part aux affaires de ses voisins ou les laisse prendre part aux siennes ; elle ne l’illustre que quand il est déjà sur son déclin ; toutes nos histoires commencent où elles devraient finir. Nous avons fort exactement celles des peuples qui se détruisent : ce qui nous manque est celle des peuples qui se multiplient, ils sont assez heureux et assez sages pour qu’elle n’ait rien à dire d’eux, et en effet nous voyons, même de nos jours, que les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins. Nous ne savons donc que le mal ; à peine le bien fait-il époque. Il n’y a que les méchants de célèbres, les bons sont oubliés ou tournés en ridicule ; et voilà comment l’histoire, ainsi que la philosophie, calomnie sans cesse le genre humain. »
Que dire de l’indiscrétion et de la calomnie ? et bien nous pourrions parler de notre démocratie et de ce que nous en avons fait. Indiscrétion et Calomnie n’en sont-elles pas devenues les piliers ? L’indiscrétion fait les délices de la presse et est ‘vendeur’, il suffit de voir l’émoi susciter par une soi disant histoire d’amour entre un ancien président et une princesse.La calomnie est une des caractéristiques de la vie politique française et mondiale Il suffit d’entendre ce qui se dit, par avocat interposé, entre un président et un ancien premier ministre à propos d’un banque luxembourgeoise, bien sur il faut y rajouter les « coups tordus » de toutes sortes, la prévarication, la concussion, les pots de vin, le népotisme et mille autre amabilités mais cela nous mènerait trop loin et, en tout cas, bien loin de notre idéal.
En conclusion
Jusqu’à présent nous avons construit notre Temple intérieur en nous servant de la légende de la construction du Temple de Salomon. Celui ci ayant été détruit, Le GADL’U n’eut plus de Temple parmi les hommes. Jean l’évangéliste dans sa vision ésotérique de l’Apocalypse y voit la Jérusalem nouvelle descendre à l’intérieur des Justes. Nous sommes donc, au dix septième degré, armés Chevalier de l’Esprit, et c’est donc pour nous mettre en garde contre certains défauts que l’initiale de ceux ci sont représentées sur le tableau de Loge.
Très Sage, j’ai dit.
C B
Quelques citatuions
La calomnie est un propos en l’air qui aura pris du poids en retombant dans une oreille malveillante.”
Il n’est pas de vertu que la calomnie ne sache atteindre.”
William Shakespeare
Hamlet (1601)
Serais-tu aussi chaste que la glace et pure que la neige que tu n’échapperais pas à la calomnie.”
William Shakespeare
Hamlet (1601), III, 1, Hamlet à Ophélie.