17° #414012

Le tableau du Grand Conseil des Chevaliers d’Orient et d’Occident

Auteur:

S∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Mon but sera d’en dégager le contenu initiatique en en faisant une description et en y donnant mon interprétation personnelle.

Après la destruction du 1er temple et l’exil des hébreux à Babylone Dieu ordonne à Cyrus, roi des perses, de les libérer et ces derniers retournent à Jérusalem pour restaurer le Temple. Le voyage de retour ne fut pas de tous repos mais ils purent entreprendre les travaux du nouveau Temple qui fut lui aussi détruit par les Romains. Le premier enseignement que l’on peut en tirer c’est de dire que l’homme a échoué dans son projet de rassembler les hommes.

Construire un édifice, aussi beau et solide soit-il nous convainc donc que cela est insuffisant. C’est donc sur un autre plan que l’on doit à présent travailler. Il faut agir dans le cœur des hommes et y élever un Temple à la gloire du Grand Architecte de l’Univers.

Les écrits de l’Apocalypse de Jean vont nous en donner les moyens. Lorsque le temple fut détruit pour la deuxième fois, Dieu n’eut plus de maison parmi les hommes. Saint Jean l’évangéliste, exilé dans l’iles de Pathmos, décrivit ce qu’il vécut en esprit dans le livre de l’Apocalypse. Le rituel du XVIIème degré du Chevalier d’Orient et d’Occident s’en inspire et par sa transposition invite l’initié à revivre symboliquement la rupture du livre des sept sceaux par l’agneau. De même le tableau du Grand Conseil du Chevalier d’Orient et d’Occident est un apport initiatique pour le récipiendaire qui va le conforter sur la façon d’appréhender ce qui a été, ce qui est ce qui sera ou devrait être.

Mon premier regard, à la vue du tableau du Grand Conseil, se porte sur ce personnage qui est debout au centre du tableau dans un heptagone inscrit dans un cercle. Un homme à barbe blanche, vêtu d’une tunique de la même couleur une ceinture d’or autour de la taille. Cette couleur blanche est d’un éclat le plus pur, de la plus pure lumière. Sa main gauche est appuyée sur le cœur et sa main droite étendue entourée de sept étoiles. Dans le texte de l’Apocalypse, le nombre sept est mis en exergue. C’est le nombre de la plénitude, le nombre sacré et l’emploi du septénaire est multiple dans le livre de l’apocalypse : sept sceaux, sept étoiles, sept églises, sept chandeliers d’or, sept anges et j’en oublie peut-être. De même, la représentation du tableau du Grand Conseil nous ramène constamment au cycle septénaire.

Je ne peux pas ne pas citer, comme je le ferai à plusieurs reprises un des passages de l’Apocalypse de Jean : « Je me retournais pour regarder la voix qui me parlait et m’étant retourné je vis quelqu’un qui semblait un fils d’homme, vêtu d’une longue robe, une ceinture d’or lui serrait la poitrine ». A sa vue Jean tombe à genoux et l’homme lui dit : « Je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant ». Cet homme ressemble étrangement à celui qui figure au centre du tableau. « Les temps sont proches » dit le rituel. Il est donc temps à présent de prendre un nouveau départ et de ne pas renouveler les erreurs du passé, de recommencer. Chevaliers d’Orient et d’Occident vous qui êtes nés une deuxième fois, nés d’esprit, je vous accompagne dans votre renaissance, votre régénération semble-t-il dire.

Il est donc le porteur d’un message. C’est l’envoyé du Divin, c’est la descente du verbe. C’est par lui que le Chevalier d’Orient et d’Occident doit agir. Si la parole peut-être quelques fois stérile, le verbe ne l’est jamais, il crée par l’action. Dans le langage de l’écriture Sainte, une action est appelée un verbe et on nomme verbe ce qui exprime à la fois l’être et l’action.

Il porte une épée acéré, comme il est écrit dans « La vision du fils de l’homme ».

Habituellement on utilise une telle arme pour se défendre ou se battre. Le Chevalier d’Orient et de l’épée ne travaille-t-il pas avec l’épée d’une main et la truelle de l’autre ? L’épée est symbole de justice, tranche le voile des ténèbres et des illusions et représente par le brillant de la lame l’illumination soudaine. Dans la chevalerie, l’épée était reçue à genoux en signe d’humilité et le futur chevalier en prenait possession en tenant dans l’autre main un flambeau symbole de lumière spirituelle. Elle symbolise aussi l’énergie créatrice. C’est par elle en effet que le nouvel initié est crée, reçu et constitué franc maçon au premier degré.

Cette épée à double tranchant que l’homme porte en travers de la bouche est la manifestation de l’éternel. Sa volonté et sa puissance s’exprime dans cet objet dont le tranchant sépare et détruit les forces du mal pour introduire la lumière dans les ténèbres. Sa tête étant entourée d’une gloire, cet homme ne peut qu’apporter la paix. Il reflète et représente pour moi la sagesse, la sérénité, la bonté. Il est l’unique et aussi multiple à la fois. Multiple dans le sens qu’il est présent en chacun de nous sans que nous en ayons conscience. Il est la beauté de l’esprit si tant est qu’on puisse le représenter. Il en est la réalisation parfaite C’est l’homme qui a vaincu ses passions.. La ceinture d’or autour de sa taille en est la matérialisation. Elle symbolise la perfection, le but à atteindre. Il nous invite à entrer dans un monde nouveau à faire descendre sur terre Jérusalem nouvelle, ce cœur unifié que l’on appelle Temple spirituel. C’est qu’en être purifié que nous pouvons l’atteindre.

Sa main droite étendue est entourée de sept étoiles. Je cite à nouveau l’apocalypse de Jean : « Sa voix était comme la voix des océans dans sa main droite il tenait sept étoiles. Si dans l’Apocalypse elles sont associées aux anges des sept églises dans le tableau du Grand Conseil elles représentent les sept qualités que le Chevalier d’Orient et d’Occident doit avoir au fond du cœur pour atteindre la Jérusalem Céleste. Empruntons les voies qui nous sont tracées. Cette phrase ou cette citation, combien de fois l’ai-je entendu depuis mon initiation au premier degré. Ce fils d’homme nous donne les moyens de combattre nos défauts et de sortir du monde de l’ignorance. Ces sept étoiles qui pourraient représenter symboliquement les sept qualités que le maçon doit posséder et qui sont fraternité-union-soumission-discrétion-fidélité-prudence-tempérance sont peut-être les armes pour combattre cette fois ci les sept mauvais compagnons représentés par la haine, la discorde, l’orgueil, l’indiscrétion, la perfidie, la témérité et la calomnie ».

A chacun de ces défauts est associé un chandelier éclairé par une petite flamme. Pour moi, cela traduit que rien n’est définitif. C’est une lueur d’espoir qui est en nous comme l’exprime la lumière du cabinet de réflexion. Si l’on veut fuir le monde de l’ignorance, il faut s’en donner les moyens et être digne d’atteindre la Jérusalem céleste. Nous sommes dans une démarche initiatique une construction personnelle qui a déjà fait montre de notre insuffisance dans le sens de perfection. Les initiales des mots Beauté-Divinité-Sagesse-Puissance-Honneur-Gloire-Force placées à l’extérieur du cercle clôt pour moi ce tableau du Grand Conseil et exprime peut-être et en partie une traduction à l’échelle humaine de ce que pourrait être l’homme parfait. Il y aurait en lui d’une part la beauté, la force et la sagesse et d’autre part la puissance, l’honneur et la gloire. Ce premier ternaire nous suit depuis le 1er degré d’apprenti et sont en quelques sortes les trois piliers de notre construction. Le second ternaire, puissance, honneur et gloire sont trois attributs divins. Justement le mot Divinité est le septième mot du septénaire comme pour justifier ou démonter que le Chevalier d’Orient et d’Occident bascule dans un autre plan.

Le Grand Conseil s’ouvre quand les temps sont proches et se ferme quand il n’y a plus de temps. Le rituel du grade introduit la notion d’intemporel et d’éternité. Si l’homme peut détruire une construction matérielle il ne pourra jamais effacer une construction spirituelle et éternelle. Les différents septénaires représentés sur le tableau correspondent à des étapes qui doivent nous conduire à cette réalisation finale qui est notre temple spirituel. Le personnage central du tableau du Grand Conseil, renforce encore plus cette idée. Il est le symbole et le témoignage de la nouvelle orientation de notre recherche personnelle en passant de la chevalerie terrestre à la chevalerie spirituelle. C’est ainsi que le Chevalier d’Orient et d’Occident éclairé par l’esprit, purifié comme l’agneau victorieux, s’attache à présent à la construction de son temple spirituel.

J’ai dit.

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