18° #415012

I.N.R.I. est-ce vraiment la parole ?

Auteur:

S∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Il y a un an presque jour pour jour, je planchais devant vous sur une phrase extraite du rituel de Chevalier Rose-Croix que nous trouvons, en préambule à la communication de la légende du 18e degré, aux récipiendaires encore Chevaliers d’Orient et d’Occident :
« La recherche de la Parole se confond avec celle de la Vérité. Elle demeure la tâche fondamentale jamais achevée du Chevalier Rose-Croix. »



Je me rappelle avoir conclu mon travail sur les mots de Goethe extraits de Faust :
« Remplis ton cœur si grand soit-il, de l’invisible.


Et quand il débordera de félicité,
Exprime alors les mots que tu voudras :


Bonheur, Cœur, Amour, Dieu.


Je n’ai pas de Nom à te proposer.


Le sentiment est tout.


Le Nom n’est que bruit et fumée. »


Aujourd’hui, la tâche est plus ardue. La demande se fait plus précise.
Aujourd’hui je dois répondre du plus profond de moi-même à la question : « I.N.R.I. est-ce vraiment la Parole ? »
Je sais qu’à cet instant de ma vie, je suis à l’heure du choix, à l’heure de l’affirmation, à l’heure de la transformation.

Vingt et une années tout juste de ma vie ont déjà été consacrées à la F.M. J’ai, depuis trois ans le bonheur d’appartenir au Chapitre l’Union écossaise, puis d’avoir assisté à la naissance de l’Espérance écossaise, au grade de Chevalier Rose-Croix.
Jusque là, la F.M. m’a fait confiance, comme elle donne sa confiance à tous les Frères. Elle a tenu compte de mon éventuelle capacité à progresser.
Sans me juger, elle m’a accueilli pour me permettre de m’épanouir dans le monde et de tenter d’atteindre une sérénité indépendante des vicissitudes de la vie.

J’ai, tant bien que mal, essayé de créer des conditions d’existence plus heureuses, plus appropriées à l’éclosion d’une autre sagesse et j’ai à présent l’intuition que le difficile chemin qu’emprunte le Chevalier Rose-Croix est celui de la quête de la Loi d’Amour, à la seule condition de ne faire qu’un avec notre rituel pour communier dans l’obéissance et la confiance pour accomplir l’amour inconditionnel tout en vivant dans le monde.
Et puis… est-ce le rituel qui, presque à mon insu, a agi sur moi ? Mais c’est un fait Je cesse peu à peu d’être seulement l’homme psychique pour tendre vers l’état d’homme spirituel.
Ainsi vint le jour de la conversion, l’acceptation de ces petites révélations que l’Esprit offre sans cesse aux hommes.
Je suis entré, tardivement, mais pleinement entré dans la famille chrétienne de l’Église apostolique arménienne par le sacrement du baptême,il n’y a que 2 ans

Aujourd’hui, je me reconnais chrétien, sans avoir pour autant renoncé à ce que j’ai pu vivre et apprendre au cours de ma longue vie, de mes voyages, de mes nombreuses soirées passées en Loge, tout ce qui fait de chacun de nous un homme et un maçon.

Aussi, quand le Très Sage brise le cachet qui scelle le coffret et lit les : I.N.R.I. puis s’exclame : « C’est la Parole », j’interprète alors très personnellement ce monogramme par : Jésus Nazarenus Rex Judaeorum ou Jésus le Nazaréen, Roi des Juifs.
Indéniablement, je reconnais que le sens alchimique, Igne Natura Renovatur Intégra (la Nature toute entière régénérée par le Feu) corollaire de notre VITRIOL, est un apport indiscutable au rituel du 18e degré où le Chevalier Rose-Croix se régénère et se purifie par la puissance du feu qu’il porte en lui.
Nous voyons bien que si les quatre lettres d’I.N.R.I composent la Parole reconnue pour vraie, ses interprétations n’en sont pas moins multiples, tout comme les voies de la recherche de la Vérité. Tout comme la quête sans fin du Chevalier Rose-Croix.
Cet I.N.R.I., mon I.N.R.I., toujours actuel, a d’évidence un caractère christique, dirais-je même johannique.
Rappellons-nous de l’Évangile de Jean (19.19 – 19.20):
Pilate rédigea aussi un écriteau et le fit mettre sur la croix. Il portait ces mots : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs ».


Cet écriteau, beaucoup de Juifs le lurent, car le lieu où Jésus fut mis en croix est proche de la ville et l’écriteau était rédigé en hébreu, en latin et en grec.


Depuis le début du périple en Franc-maçonnerie on nous donne des initiales, des lettres, en insistant bien sur le fait que le nom ou le mot ne se donnent pas : on épelle. En agissant ainsi, on veut souligner l’importance de l’inspir et de l’expir dans la prononciation de la lettre, dans sa vocalisation.

Au 4ème degré, Moïse a disparu, éliminé des rituels actuels. C’est dommage car sans Moïse les noms de Dieu sont inenvisageables. Par conséquent, les Iaoh et autres IVAh et toutes les variations que nous apportent divers rituels ne servent à mon sens à pas grand-chose
Le tétragramme lui-même ne correspond pas au grand Nom de dieu. C’est une fausse piste, pas complètement fausse pour ceux qui savent, mais qui est destinée à égarer la masse. D’ailleurs, pourquoi Dieu aurait-il un nom ? Dieu n’est pas un homme. Il n’est pas même concevable par des hommes qui ne peuvent comprendre ou envisager que ce qui leur ressemble. Maître Eckhart, le mystique rhénan, dénonçait déjà cette humanisation de la divinité qui n’a aucun sens et qui ne peut avoir été faite que par des mécréants, c’est-à-dire par des mauvais croyants.
 Y aurait-il une parole ? S’il devait en exister une, il faudrait qu’elle soit formulée en une langue qui soit utilisée et acceptable par tous ou du moins par des initiés de toutes les nations car qui dit parole, dit mot et donc langue. Il faut donc savoir et pouvoir prononcer comme il convient sans commettre la moindre erreur.Souvenez-vous de Schibboleth ! Ceux qui ne savaient pas le prononcer mourraient tous. Les initiés seuls conservaient la Vie.

Au 18eme, Emmanuel, n’est pas une parole acceptable par tous. Le fait qu’on puisse la traduire : Dieu avec nous ou Dieu en nous laisse mal augurer qu’il s’agisse telle quelle d’une Parole. Une parole divine ne pourrait en aucune manière être traduisible par des hommes. Ceci nous amène à la GNOSE qui est la seule voie à nous proposer non pas des paroles ni des noms mais des vocalisations spéciales.

Comme le Phénixmeurt par le feu, comme lui il renaîtra, le même et différent. Le feu apparaît comme l’élément indissociable de toute purification ; j’en arrive donc à la seconde interprétation du mot I. N. R. I. Igne Natura Renovatur Integra ou La Nature Toute Entière est Rénovée par le Feu.


Il est précisé dans certain rituel que I.N.R.I. a été retrouvé sous l’aile du Phénix. Il est possible alors, d’établir une relation entre la palingénésie (nouvelle vie) du Phénix et le titulus de la croix du Christ I.N.R.I. : Iesus Nazareus Rex Judeorum ou Jésus de Nazareth, roi des juifs.

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