18° #415012

La Cène

Auteur:

S∴ A∴ G∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

La célébration de La Cène lors de mon élévation au 18ème degré en ce Souv Ch, a été, pour moi, le temps fort de cette Cérémonie. La Cène est un moment éminemment remarquable et important dans tout le parcours maçonnique. Ce moment sacralise l’espace et le temps de nos travaux au 18ème degré. Sa découverte a été un choc pour moi et je l’avais exprimé lors de mes impressions. Certains FF et SS, certains auteurs voient dans ce rituel une inspiration christique. Au contraire, d’autres considèrent que la Cène ne nous est pas donnée par le Christianisme, qui l’a lui-même reçue de sources antérieures. Elle existe dans la liturgie pascale juive et dans divers cultes orientaux. Mon agnosticisme fut très mal à l’aise car ma première pensée fut évidemment religieuse car nous réagissons avec notre culture. C’est pourquoi j’ai choisi de traiter ce point délicat de notre rituel et que je me suis plongé dans les ouvrages sur ce sujet car ce travail est avant tout un essai de synthèse des différentes pensées sur le sujet. Je vais donctenterde travailler sur cette dualité et d’analyser les deux théories.



Pour essayer de découvrir tout au moins en partie, les significations symboliques de la Cène, dans notre rituel au 18ème, procédons tout d’abord à une recherche étymologique, voire historique du mot« Cène ». Elle nous permet de mieux en connaître toute la richesse.


Le mot « Cène » est emprunté (fin Xème siècle) au latin cena (repas du soir), non au sens classique de dîner/­soupermais au sens chrétien de « repas » où le Seigneur se donne lui-même en nourriture à ses disciples, la veille de sa mort et de « communion ». Cena repose sur une forme ancienne « ces na ». Certains ytrouvent aussi l’influence dugrec « daïs » « festin » en face de « dai » « zein » « partager » repris en religion pour désigner le repas du soir de Jésus la veille de sa passion. Le mot a développé en liturgie le sens de « communion » commémorant l’eucharistie (XIIIème siècle). Le terme de communion est évoqué par la racine grecque « Koinos », commun, contenue dans le mot Cène.


Ce dernier repas de Jésus avec les apôtres a lieu au Cénacle, à Jérusalem pour célébrer la Pâque juive. C’est au cours de ce repas que Jésus, a institué l’Eucharistie.


Il prit successivement le pain et le vin, rendant grâce, et les donna aux apôtres en disant:


« Ceci est mon corps donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Et pour la coupe, il fit de même, après le repas en disant « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang versé pour vous« .


La commémoration de ce repas est appelée « Sainte Cène » par les protestants « messe » par les catholiques et « saint Sacrifice » par les orthodoxes.


Le lieu « Cénacle » désigne la salle où le Christ ayant célébré le festin pascal avec ses apôtres, institue l’eucharistie à la veille de sa mort et celle où les apôtres réunis après l’Ascension autour de Marie, Mère de Jésus reçoivent le saint Esprit le jour de la Pentecôte.


En effet, ce terme latin signifie aussi bien « salle à manger » que « chambre haute », en raison de l’usage qui situait la salle à manger à l’étage supérieur.


La Cène fut, au début du christianisme, un office du matin. Cette coutume sera en usage jusqu’à la fin du IIème siècle.



Le rituel de la célébration de la Cène nous relie à la première légende de résurrection connue.


Certains auteurs maçonniques refusent toute suggestion d’une similitude entre l’Eucharistie chrétienne et la Cène du 18ème degré. La première est une cérémonie religieuse alors que notre Cène est un banquet profane de réjouissance fraternelle qui illustre la joie de l’arrivée d’un nouveau membre dans le cercle vivant de l’amitié. D’ailleurs, certaines obédiences refusent le terme de Cène et utilisent par exemple celui de troisième point.


Quoiqu’il en soit, ce moment qui n’est pas sans rappeler la chaîne d’union des loges bleues, laisse unsouvenir durable dans l’esprit des impétrants. Mon expérience personnelle, comme je l’exprimais tout à l’heure, corrobore cela. Je pense aussi que pour chacun de nous, le fait de revivre ce moment est une expérience émouvante. Ce fut ainsi mon cas lors de la récente cérémonie puisque je n’avais pas eu l’occasion d’assister àune autre augmentation de salaire depuis la mienne.


Le partage du pain et du vin est effectivement une communion, mais une communion de produits élaborés et non de produits directement issus de la nature. Ils sont le produit du travail et de l’effort de l’homme et sont des productions très anciennes, multi millénaires. Partager le pain crée un lien spécifique. Le pain qui a longtemps été une nourriture de base est aussi un symbole de nourriture céleste. Le vin est symbole d’unité et de communion, de solidarité, d’amitiéet d’amour, mais aussi de sang donc de vie, et c’est aussi cela qui génère l’équivoque avec le dernier repas du Christ.



ANALYSE DE LA CENE AU 18ème :



La Cène est une Communion comme nous sommes en Communauté intellectuelle, philosophique et initiatique. Elle en est un des actes significatifs du grade et comporte un sens important et une charge collective indéniable.


On distingue la Cène de l’Agape qui est le Banquet Rituel annuel, tandis que la Cène qui devrait suivre chaque Tenue n’est pas un Banquet comme nous allons le voir.



La Cène, le partage en commun est l’acte communautaire par excellence, elle signifie l’union fraternelle des participants qui se nourrissent de la même substance et qui se la répartissent équitablement. L’absorption d’une substance commune transfigure chacun des participants. La même nourriture absorbée en commun efface les différences et crée un homme nouveau, le même homme reproduit dans chaque participant. Il y a symboliquement transmutation de l’homme en ce qu’il absorbe. Ce concept a traversé toutes les traditions antiques et peut être considéré comme un des constituants de la Tradition. De nombreuses civilisations ont partagé la nourriture, la boisson ou autre chose (le calumet de la paix chez les amérindiens)……


Cette offrande devint un sacrifice qui afin d’être accepté par les Puissances devait être une valeur qui dans ces sociétés était supérieure à toutes, c’est la viande carnée, d’où le sacrifice d’un animal. Et en retour, l’ingestion de l’animal sacrifié introduit dans le corps et dans l’âme du célébrant la force des Puissances. Innombrables sont les mythes du sacrifice et de la dévoration comme sont les pratiques des offrandes. La victime peut avoir été démembrée, dépecée avant d’être mangée en tout ou partie. Le repas sacrificiel fonde la relation de l’homme et des dieux et régule sa position dans l’Univers. Il faut toutefois que deux principes soient présents lors de la cérémonie, l’élément nourrissant et l’élément exaltant, le vivant et l’inanimé, celui qui est nourri par la terre et celui qui est nourri par le ciel, celui du haut et celui du bas. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Nous y trouvons le signe et le contresigne.



Aussi important que le principe nourrissant, le principe exaltant, le vin est une boisson spirituelle, l’ivresse n’étant que mystique, voire métaphorique. Elle provoque l’union avec les dieux et représente le principe vital, le sang de la vigne, la possession par l’homme des pouvoirs des dieux et parfois celle de l’homme par les dieux dans des transes mystiques. Il est dit que certains connaissent alors ce qu’ils nomment l’extase. Nombre d’Anciens assimilaient le vin au symbole du sang des dieux. Nous reconnaissons ici aussi une des sources des symboles de nos religions contemporaines. Donc, on peut considérerque notre cérémonie s’inscrit dans une tradition fort ancienne dont la Cène chrétienne n’est qu’une étape, je n’oserais dire « récupérée » par le christianisme, comme bien d’autres traditions(la fête de Noël qui est une reprise du solstice par exemple).


Dans ce cadre, nous pouvons mieux comprendre que chaque suspension des travaux se conclut par la célébration de la Cène, qui devrait, d’après le rituel, avoir lieu à toutes les tenues du 18ème.


Et que se passe-t-il au cours de cette cérémonie ?


Tous les chevaliers quittent leur place et leurs plateaux, entourent une table placée au centre. Le Très Sage prend un pain, rompt un morceau, l’offre à son voisin. Le pain circule ainsi autour de la Table. Il est fait de même avec une coupe de vin.




Des rituels anciens, pas si anciens que cela d’ailleurs, prévoyaient à ce moment l’exécution du signe et du contresigne. Cette tradition a disparu, elle aussi, relativement récemment, et, personnellement, je le regrette car à trop alléger les rituels, à les simplifier, nous risquons de perdre tout d’abord un certain esprit de rigueur, mais aussi du sens car effectuer le signe et le contresigne avait un sens.


Nous nous approchons tous de la Table fraternelle qui nous rappelle qu’Agape signifie Amour. A ce moment, s’établit une communion pour consommer ensemble le pain et le vin symboliques, ils sont partagés non seulement entre les participants, mais sont aussi destinés à ceux qui ont faim et ceux qui ont soif, ce qui est un bel enseignement de solidarité. Le partage ne se fait pas depuis un vase unique où puise chaque participant, mais par transmission individuelle de l’un à l’autre, où une expérience aussi forte que celle de la chaîne d’union est vécue.


Ici où tout est amour ; ce qui l’évoque et le rappelle renforce notre Egrégore, consolide nos liens et affermit notre engagement. Il s’agit là d’une élévation à la spiritualité, d’une élévation de notre esprit.



Ne rejetons pas la tradition qui nous est donnée sous le prétexte fallacieux qu’elle aurait été confisquée par les religions dites révélées. Comme je suis entrain de le faire ce soir, allons au-delà de la Cène chrétienne pour nous inscrire dans une tradition beaucoup plus ancienne. N’oublions pas que le signe d’équerre peut faire penser au signe de croix tronqué. Si nous sommes sous l’emprise historique des images pieuses, souvenons-nous toujours que la Tradition est une et ses interprétations sont multiples.


A la fin des travaux, c’est matériellement que les FFet SS Chev Rose-croix célèbrent la Cène. Les participants sont réunis autour d’une table rectangulaire pour former une chaîne d’union d’une intensité particulière. Ensemble, ils vont partager le même pain et boire le vin à la même coupe, suivant un rituel bien spécifique.



Le rituel précise:


« Après l’annonce de la Cène par le TS, le M des Cérémonies distribuent à chaque Chevalier une longue baguette. »


La baguette représente le bâton qui doit nous soutenir dans nos voyages. Emblème de la vigilance, elle est aussi le signe du commandement. Ce bâton de pèlerin n’est pas sans rappeler le bâton du compagnon ; au 18ème degré, nous devons le suivre afin d’être placé autour de la table commune. Cette pratique a été simplifiée et la représentation de la baguette n’est plus que symbolique.



Auparavant, le rituel prévoyait de saluer ses voisins (d’abord à gauche, puis à droite) par le signe, le contresigne; dire l’un à l’autre: « Prenez et mangez. Donnez à celui qui a faim» « Prenez et buvez. Donnez à celui qui a soif» Faire circuler à droite et à gauche, avec l’attouchement, l’accolade et le mot de passe, « Emmanuel» auquel la réponse est « pax vobiscum ou la paix soit avec vous ». Ceci a été simplifié, mais la charge émotive, la force du partage, de l’échange, de la communion participent toujours à l’Egrégore de ce moment fort.


En partageant le pain et le vin, nous cimentons les liens fraternels qui nous unissent.



Lorsque le don est reçu, tout est consommé. Le symbole disparaît dans l’action. Le partage et ce qui a été partagé ne laissent aucune trace de l’extérieur, ni chez celui qui donne et qui pourrait attendre en retour, ni chez celui qui reçoit et qui devient donneur à son tour.


A travers le rituel spécifique les Chevaliers Rose-croix sont amenés à poursuivre leur quête qui tend à la réalisation de l’Homme idéal dans la cité idéale où tout est partagé: le pain et le vin, nourriture du corps et de l’esprit.



La cérémonie de la Cène illustre ainsi la mission du Chevalier Rose-croix dans la cité. Il dispose d’une nourriture attendue par certains et non par d’autres. Il lui appartient de signaler (le signe) qu’il dispose de la nourriture et de la partager avec les Hommes prêts à la recevoir (le contresigne). En aucun cas, il ne laissera la nourriture abandonnée, elle pourrait empoisonner l’imprudent ou bien pourrir.



Le signe et le contresigne, au moment du partage et du don, mettaient en évidence d’une part, le lien qui s’établit ipso facto entre celui qui donne et celui qui reçoit et d’autre part, que le partage et le don ne peuvent avoir lieu sans « l’acceptation totale » des deux participants (physique, mentale et spirituelle). Lorsque le pain et le vin sont arrivés au milieu du cercle, le T
S fait circuler (d’abord à gauche, puis à droite) le signe qui engendre le contresigne, l’attouchement et le mot de passe.



Le Chevalier Rose-croix partage le pain et le vin avec celui qui est demandeur et qui est qualifié pour l’être.


La cérémonie de la Cène se déroule quand les travaux sont suspendus, cela marque le temps du repos du Chevalier durant lequel il se régénère et agit dans la cité.



Le partage du pain et du vin couronne la cérémonie de passage au degré de Rose-Croix.


En Franc-maçonnerie, les notions de partage et de don de la nourriture sont évoquées dans les rituels de Banquets d’Ordre, de Fêtes de Saint-Jean où elles commémorent un cycle cosmique. Mais également, dans nos Agapes, à la fin de nos travaux.




D’ailleurs, le terme « Agapes » serait emprunté au latin chrétien Agapè (emprunté lui-même au grec chrétien « affection » « amour divin » « amour » « repas fraternel des premiers chrétiens »; (Repas fraternel, festin offert aux pauvres par les membres de l’église). Etymologiquement et historiquement, repas du soir pris en commun par les premiers chrétiens et au cours duquel était célébré le rite de l’Eucharistie comme je l’évoquais tout à l’heure. D’ailleurs l’Agape originellement au singulier, disparut dans l’église vers le Vème siècle, et, en s’émancipant de son caractère quasi ­religieux,devint féminin pluriel.



Ce rituel, en partie gestuel était riche en symboles. L’attouchement au 18ème degré entre Chevaliers Rose-croixpermet d’exprimer par la gestuelle des mains un signe de consécration qui permet de communiquer leur force mutuelle et d’échanger leur croix symbolique faite par leurs bras croisés. Il y a donc dans cet attouchement partage et don de leurs forces spirituelles.


Il souligne le caractère sacré du partage et du don du pain et du vin qui « servent à la vie » dans sa totalité physique et spirituelle.


Le mot de passe Emmanuel et sa réponse : « La paix soit avec vous » quitermine l’attouchement, croise à nouveau le message divin et humain d’Amour et de Vie. En effet, Emmanuel signifie en hébreu: Avec nous est Dieu. Par ailleurs, la tradition chrétienne identifie Emmanuel à Jésus. Enfin, « La Paix soit avec vous » serait le souhait que Jésus aurait dit à ses Apôtres après sa résurrection par trois fois.



Les Chevaliers Rose-croix, en célébrant la Cène fortifient ainsi les liens qui les unissent et rendent plus vivants en eux les sentiments d’Amour, comme le proclame le Très Sage au début de la Cène. Ils pourront ainsi, guidés par la Foi et soutenus par l’Espérance, travailler « sans relâche et dans tous les domaines à la réalisation de l’Amour Universel ».



Le Gr
Exp peut alors dire au Très Sage, quand le pain, le vin ainsi que le mot de passe lui sont revenus: « T S , tout est consommé ».Le rituel est accompli. Cette phrase n’est pas sans corrélation avec la phrase de Jésus « Tout est achevé »


Pour reprendre l’analyse de l’historique de cette cérémonie, il est possible de dire que le rituel de la célébration de la Cène au 18ème degré est d’inspiration christique, cela ne peut être occulté, même s’il me parait porteur de transcendance en franc-­maçonnerie. Mais la cérémonie chrétienne est elle-même l’héritière d’un passé beaucoup plus lointain.



Notre rituel de la Cène au 18ème degré transcende (c’est-à-dire, place à un autre niveau) sur le plan maçonnique la Cène christique et son rituel de sacrifice. En effet,qu’est ce que la communion pour les chrétiens, si ce n’est le sacrifice même de Jésus-Christ, l’Homme dieu ? Phase culminante du sacrifice pérennisé par la messe chrétienne avec la consécration des espèces devenues par transsubstantiation, corps et sang de Jésus offerts à la communion des fidèles. Il convient de souligner que dans le domaine profane, le terme et l’acte de sacrifice ont gardé jusqu’à nos jours les sens de renoncement et d’effort, qu’il s’agisse de promouvoir un projet ou de défendre des valeurs. La sémantique reste éloquente « on s’impose des sacrifices » pour ses enfants ou pour des idées, à la limite, un combattant ou un militant « fait le sacrifice de sa vie », cela même si le caractère codifié du rituel s’est atténué sinon effacé.



Quant à la communion alimentaire, elle conserve son sens symbolique dans les fêtes et bien évidemment dans notre Cène.


La Cène christique est un temps fort de l’humanité, c’est le temps de la nouvelle Alliance entre le Ciel et la Terre par l’Amour. Les artistes ne s’y sont pas trompés en étant inspirés par ce thème et en s’appropriant le mot« Cène » depuis des temps anciens jusqu’à nos jours avec l’œuvre de Salvador Dali en particulier.


Avec le rituel de la Cène les Chev Rose-croix construisent et vivifient en eux-mêmes la branche verticale et la branche horizontale de la croix philosophique.



La mission du Chev
Rose-croix est parfaitement illustrée (rendue plus clair) par la Cène au 18ème degré. Elle est audacieuse et peut-être utopique, mais elle est à la hauteur de notre idéal maçonnique « la réalisation de l’amour universel » avec le plus grand discernement, en combattant l’Ignorance et l’Injustice et en enseignant et pratiquant l’Amour de l’Humanité. (Selon notre rituel d’Elévation au 18ème degré).


« Tout est consommé » symbolise pour moi la quête du Chevalier Rose-Croix. Cette expression est l’aboutissement de l’Amour au 18ème degré, Amour du prochain, Amour universel, Amour de l’Humanité. Il marque aussi la clôture du chapitre.Les Chev Rose-croix ont intégré la parole perdue, leur but est d’établir une paix durable sur Terre. Là aussi, on ne peut que difficilement dissocier notre Cène de la Cène christique. Les paroles de Jésus correspondent au sacrifice suprême ce à quoi se substituera le sacrifice eucharistique.



Revenons au rituel de la Cène, et à cette phrase : « Tout est consommé ».Qu’est-­ce qui est consommé?


Pour ma part, je donnerai quelques réponses que je vous laisserai approfondir.



D’une part, une réponse au premier degré: « tout» c’est d’abord le pain et le vin qui viennent de circuler pendant la cérémonie de la Cène. Dans notre traditionoccidentale, le pain représente la nourriture du corps et le vin celle de l’esprit ; celarelève d’une symbolique millénaire bien antérieure à l’élaboration de la Cène du Christ et de nos traditions maçonniques ; maislà,je me répète.



D’autre part, une réponse au deuxième degré, qui est certainement l’idée sous-­jacente de la question, c’est le sens symbolique, le sens caché de ce « tout », de ce pain et ce vin qui viennent de circuler entre les FF
et SS Chevaliers Rose-croixà savoir le partage, le don de soi, concrétisation de l’Amour prôné au 18ème degré.



Mais je crois aussi que « tout est consommé » indique un aboutissement, celui de l’amour. Depuis le cabinet de réflexion, nous sommes éveillés à l’amour fraternel, mais aussi à l’amour de l’Humanité. Par la cérémonie de la Cène, nous atteignons, je ne dirais pas la perfection de cet amour, mais très certainement son développement suprême.Les FF et les SS ont partagé le pain et le vin, ils ont bu dans le même verre, ils ont donné à celui qui a faim et soif, que peuvent-ils faire de plus ? Le nouveau membre intégré, en participant à la Cène entre dans le cercle fermé des initiés et son rôle va être désormais de transmettre dans la cité cet amour universel.


Et là, je pense, comme certains auteurs, que la philosophie d’amour de cette partie de la cérémonie souligne la nécessité de choisir rigoureusement ceux que l’on invite à accéder à ce grade. L’harmonie parfaite doit régner entre les participants.



Au 18ème degré, l’ensemble du chemin accompli est arrivé au terme de son degré le plus élevé de perfection, un sommet a été atteint, et pour le couronner nous éprouvons le besoin d’effectuer une consommation symbolique de substances à définir. L’origine initiale est, là encore, située dans la notion de sacrifice. Il est « christique » dans ce dernier cas, mais ses origines primordiales sont bien plus archaïques. Néanmoins, nos anciens ont choisi de nommer cette cérémonie d’un nom qui évoque l’aspect christique, de lui donner des similitudes avec la Cène et la communion ; ils ne l’ont pas fait par hasard, ils l’ont choisi car cela ne leur posait pas problème soit parce que leur inspiration était religieuse et biblique soit parce que l’antériorité de la tradition de ce repas par rapport au Christ leur donnait des certitudes quantà la différenciation des interprétations.



J’ai dit, T

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil