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#415012
Comment un Franc Maçon
P∴ A∴
Comment un Franc Maçon distingue-t-il
l’espérance de la volonté ?
Ma démarche maçonnique a débuté le 31 octobre 1995 et à compter de ce jour, j’ai mis mes pas sur un nouveau chemin, celui de l’espérance.
Quel espoir avais-je mis dans cette aventure ?
Quelle volonté m’animait alors pour oser emprunter un chemin que mon éducation judéo-chrétienne m’incitait à éviter ?
En relisant mes impressions d’initiation, je m’aperçois aujourd’hui que la route est toujours aussi longue, mais que mon désir de progresser est toujours aussi intense.
J’avais avoué, ce soir là, « avoir vécu mon initiation comme une prise de conscience d’un autre moi-même que je cherchaisdécouvrir depuis quelques temps…que j’avais vécu ces instants comme ceux vécu lors de la naissance de mon fils, instant d’intense émotion, partagé par le bonheur de donner la vie, plein d’espoir dans cette vie, mais aussi plein de doutes sur ma capacité à être à la hauteur de cet espoir »
2 années ont passé et mon initiation continue encore et encore. Et je voudrais profiter de cette planche pour revivre, pour mieux comprendre mais aussi pour continuer à espérer en cette voie qui m’a tant apporté.
Avant toutefois, je voudrais replacer l’Espérance et la Volonté dans le contexte du rituel maçonnique.
Quels sens le REAA donne-t-il à ces deux mots ?
Dans la doctrine de l’Église catholique, l’espérance est la vertu théologale ou le sentiment qui fait entrevoir comme probable, plausible voire certaine la réalisation de ce que l’on souhaite ou désire. Elle se distingue de l’espoir, qui porte sur des objets concrets.
Au REAAl’espérance n’est pas dogmatique. L’enseignement que nous y trouvons ne formule jamais aucun dogme, il se limite à éveiller les pensées profondes de chaque maçon, quelque soit leur conception innée, pour leur perfectionnement personnel.
Pour Jean Mourguesla Volonté : « C’est la capacité pour nous d ‘agir et de penser sans autre nécessité que celle qui naît de nous. Certes elle peut résulter d’une influence et suivre l’apparition d’un désir ou d’une obligation, mais nous faisons nôtre le passage à l’acte »
Être acteur, voilà ce que nous propose le REAA dans la symbolique de la loge de perfection. Une connaissance aussi belle ou aussi pauvre qu’elle soit, si elle reste figée au fond d’un mental, meurt devant les portes de la vie.La connaissance a besoin d’être partagé.
Pour cela je vous propose de « revivre » ma progression maçonnique avec mes yeux de « Grand élu, parfait et Sublime Maçon, car tel est mon grade aujourd’hui.
Je me souviens ,mes frères, de mon point de départ :« l’Initiation » à une vie nouvelle.
Il s’agit en fait de créer un être nouveau, par sa seule volonté et son esprit. Pour cela je suis plongé dans le cabinet de réflexion, puis débarrassé de mes métaux, j’y apprend qu’il faut mourir à la vie profane pour renaître à cette vie nouvelle et ramener son être à sa seule valeur intrinsèque.
On m’apprend alors mon premier devoir « Travailler sur soi même et se taire, Ecouter, observer et méditer »
Et la commence le doute et l’espérance. Le rituel frappe l’apprenti par ses exigences, lui impose le devoir de travailler, lui ordonne le silence et le contraint à l’observation et la méditation. Lavolonté du profane est ainsi testé, l’obligeant à accepter de compromettre sa liberté dans le seul souci de sa progression. Mais il ne lesait pas encore. Il n’est qu’une pierre brute qui a du mal à trouver sa place dans l’architecture du temple. Et son espoir vacille car faite d’incertitude et d’incompréhension.
J’ai abordé ensuite le thème la vie. C’est celui de la connaissance de soi même, d’un début de sagesse que l’on m’a enseigné au grade de compagnon.
« C’est l’appel à l’étude des arts libéraux sur les plans matériels et intellectuels »
Il m’apprend à persévérer dans le travail, à dominer ses passions. Le travail sur la pierre cubique à pointe est déjà plus précis, et demande plus de connaissance sur l’art et la manière d’utiliser les outils symboliques qui sont mis à sa disposition.
J’entrevois la connaissance, guidée en cela par l’Etoile flamboyante, symbole de l’esprit et de la volonté. Je suis sur le chemin de mon deuxième devoir : Savoir
Mais le compagnon ne peut que contempler l’œuvre de perfection des Maîtres, le temple de Salomon, dont la construction se rattache à la Tradition d’une antique Sagesse.
Son espérance grandit car il entrevoit une lumière sur son chemin, et sa volonté s’en trouve renforcée.
Mes frères proposent alors à ma conscience la légende de Maître Hiram. Sur le thème de la mort, la maîtrise nous enseigne comment surmonter notre personnalité, repousser les limites que la mort nous assigne pour en faire l’antichambre de la vie.
Au travers de la légende, je découvre que le principe du bien, d’abord combattu par notre orgueil, survit pour se développer à travers les ages.
Au-delà du deuil d’Hiram, le Maître maçon retrouve l’espérance originale par une maîtrise de soi. Se rendre maître de soi correspond au programme de toute une vie. Mais cette maîtrise se travaille, se perfectionne. Même si l’initiation m’a ouvert une porte, la maîtrise me contraint à la progression de moi-même mais aussi des autres. Car le maître maçon a la charge d’éclairer les apprentis et les compagnons dans leur progression.
La maîtrise n’est pas un aboutissement mais bien une nouvelle démarche qui requiert beaucoup de volonté pour être et apprendre à être.
Me voilà instruit d’une première approche de la Volontéet de l’espérance.
L’espérance est dans le coeur du profane lorsqu’il franchit la porte basse du temple. Il vient de vivre un moment fort, seul dans le cabinet de réflexion face à lui-même. Mais il ne sait rien de ce qu’il attend.
Sa volonté n’est pas encore exacerbé, car il va être porté par le rituel, plongé qu’il sera dans le doute et la peur, mais aussi par l’espoir de la chaleur des frères qui le soutiennent tout au long du rituel d’initiation. Elle se développera tout au long de sa progression en loge bleue, car portés par ces frères, il devra travailler dur pour atteindre cette espérance que représente pour lui la maîtrise. Il devra faire preuve d’une ferme volonté , sans toutefois bien comprendre ou cela va le mener.
La maîtrise lui donnant ce que le catéchisme explique comme étant le but de ce garde
«combattre les erreurs et les préjugés qui s’opposent au développement de l’esprit humain et de briser le joug de l’ignorance en faisant régner la Vérité »
En loge de perfection commence une nouvelle aventure maçonnique : « la recherche de la Connaissance »
En effet, le « Maître Secret » doit s’efforcer de mettre en action tous les moyens dont il dispose pour acquérir la Connaissance, et par le premier d’entre eux qui est la connaissance de soi, déjà aborder au deuxième degré symbolique de notre rite.
Il ne s’agit plus d’écouter mais de décider par soi même de ces opinions et de ces actions.
Le saint des saints est en moi : c’est la lumière que je porte.
Ce 4eme degré réactualise la recherche passée mais développe surtout la conscience du changement de plan dans lequel nous plonge notre progression au sein de la loge de perfection. Maintenant le vertical s’offre à moi , si tant est que j’en comprenne bien l’orientation qui m’est proposée.
Le devoir de maître secret est donc grand. La recherche de la Parole Perdue revêt une portée philosophique et métaphysique et demande un grand courage et une volonté inébranlable pour assimiler le capital culturel que représentent le rituel et les symboles qui permettent d’avancer sur le chemin de la connaissance.
Le franc-maçon qui progresse vers son Etre découvre en son compagnon quelqu’un avec qui partager l’Amour de la vie. Alors une autre vie peut commencer…..
En revivant les funérailles solennelles rendus à Hiram, le « Maître Parfait » que je deviens apprend au cours de ces cinq voyages, la nécessité de vivre selon la loi divine.
Après le 4eme degré qui développe le changement de plan, le 5 eme degré entreprend de façon sérieuse la pratique la pratique de l’axe central. Et cela commence par une remise en cause de son propre état, force est de constater le désordre dans lequel je metrouve habituellement.
Il me faut prendre conscience que l’axe intérieur m’amène une grande paix mais qu’il ne s’agit pas d’une illusion face à la réalité, bien au contraire il s’agit d’une prise de conscience élargie sur un monde réel, régit par les lois cosmiques.
Cette réalisation ne peut se faire dans sa dimension initiatique que si l’amour préside à ce travail.
Toutchemininitiatique est un chemin d’amour, l’oublier c’est travailler son seul ego, et non pas servir l’Etre éternel.
Ce 5eme degré se trouve être la charnière entre la vie matérielle et la vie spirituelle, entre la pierre cubique et les trois cercles du ciel.
Il est temps de mettre toute l’énergie que réclame la volonté d’aboutir à une meilleure connaissance de soi.
Pour devenir « Secrétaire Intime », j’ai beaucoup travaillé sur moi-même. J’ai taillé ma pierre avec la joie ardente de revenir chez moi, découvrir l’essencede sa vie.
J’ai aussi changé, cela m’a pris du temps, des dispositions d’esprit. J’ai compris que jepouvais aider sans condamner et sans juger. J’ai ordonné ma pensée, mes émotions et mon corps.
Mais ce n’est pas sans mal que j’ai tenté d’harmoniser l’affirmation de soi et l’affection pour son prochain.
Je suisplein d’espérance dans cette fraternité….
Mais combien est grande ma déception de voir que mon travail ne porte pas ces fruits. L’éveil de mon être ne s’accomplit pas vraiment et je me sens toujours réduit à l’état de pion prisonnier d’un monde inintelligible
Qu’en est-il de l’espérance naît lors de son initiation ?
Aurais-jela volonté de surmonter cette nouvelle épreuve ?
C’est l’affrontement entre mon Etre intérieur, fait de sagesse et mon Etre extérieur, fait de pragmatisme. Et le serviteur zélé que je suis se voit plonger dans un profond désarroi de ne pouvoir intervenir et être réduit à observer l’affrontement.
Le désert que traverse le franc maçon nous rappelle combien le devoir est difficile, l’éspérance éphémère et la volonté fragile.
La, je mesure le sens du sacrifice à faire pour trouver la lumière. La découverte de l’énergie de l’Etre intérieur est une réalité, mais l’effort que l’on est prêt à faireest-il à la hauteur ?
La vision que l’on aura de l’Etre intérieure restera-elle matérialiste, fragmentée ….. ?
La vie initiatique spirituelle commence avec ce sixième degré qui mériterait d’être longuement vécu pour accomplir la métamorphose de la traversée du désert et le la réconciliation de l’idéal avec l’expérience.
La franc-maçonnerie me montre alors, au grade de « Prévôt et Juge », un secret tout simple sur le chemin de l’initiation. Observer, mais pas n’importe comment, pas n’importe quoi. Il existe à l’intérieur de chacun de notre corps une vigilance, capable de franchir la barrière de l’égo capable de rejoindre un espace de liberté, capable de rompre avec le monde « subjectif » dans lequel nous vivons.
En découvrant ce grade, je découvre un nouvel espoir, celui de me surpasser. Mais il me rappelle aussi qu’il me faudra du courage, de la détermination, du travail.
Il me faudra être capable d’écouter les sources de malentendus pour me permettre le passage du monde extérieur au monde intérieur et vice versa.
Celui qui observe et sait voir devient responsable de ce qu’il observe
Un Prévôt est un homme qui observe des réalités qui s’imposent à lui, réalités extérieures au monde du visible.
Sa sensibilité fait de lui un homme d’une très grande profondeur, capable d’appréhender toutes les peurs.
Ma volonté doit être grande, pour passer de l’Ego à l’Etre et que mon Etre prenne la tête du domaine de ma vie.
Alors mes Frères, comment savoir ou est la vérité ?
Comment savoir si nous sommes justes et vrais ?
Une fois « Intendant des bâtiments », à l’évidence, la vérité et la justice servent l’absolu et c’est probablement dans cet esprit que l’univers a été crée : tout ce qui naît répond à une loi, à une finalité, à un ordre.
Pour cela, l’Intendant des bâtiments que je deviens,va s’occuper à découvrir sa construction secrète pour pouvoir l’administrer en toute responsabilité.
J’habite un corps, une maison, un temple et je dois l’entretenir au mieux des intérêts de son propriétaire.
Le rituel de ce grade nous indique qu’il y a 5 intendants, un par ordre d’architecture. Cela veut dire donc que nous n’avons pas qu’un temple en nous mais plusieurs, cinq en fait.
Ces cinq là représentent notre diversité et la connaissance de la Vérité ne peut être obtenue sans un effort « volontaire » d’unir ce qui est épars, sans une « persévérance » personnelle et un esprit très aiguisé.
La Vérité est une compréhension qui part de soi même et se développe de proche en proche, à des niveaux différents, d’un plan à un autre, suivants des lois identiques. Développer cet Être intérieur qui est à la fois conscience de la terre et du ciel, voilà le programme initiatique sur lequel nous sommes engagés.
Pour le réaliser, il n’est besoins que de volonté .
L’enseignement initiatique amène le maître maçon à se substituer à Hiram Abi et à recevoir les instructions et la formation pour assurer la reprise des travaux.
Cette progression est très importante car il intègre l’acceptation d’une vérité. L’obligation qui m’est faite d’être mon propre « maître » c’est-à-direme prendre en main pour améliorer ma Connaissance et mon Être.
Le rituel m’amène progressivement vers une prise en compte de mon Être comme pilier de ma construction. Une nouvelle espérance naît de cette progressivité, celle d’une vérité quim’est propre et qu’il va falloir découvrir et gérer au mieux de mes intérêts.
Cette découverte va-t-elle décupler ma volonté de m’enagager au plus profond de mon Être pour y découvrir ma vérité ?
C’est alors qu’au neuvième degré, la perspective du maçon est de devenir un Elu.
Dans le langage théologique, l’Elu est un homme appelé par Dieu à jouir d’une béatitude éternelle.
A ce stade l’intendant des bâtiments que je suisne peut prétendre atteindre ce degré, par simple initiation.
L’Elu est predestinée à réaliser quelque chose d’important, mais il est conscient que la réussite sera difficile et incertaine, comme le prédit Mathieu dans sa parabole évangélique « Il y aura beaucoup d’appelé et peu d’Elu »
L’Elu des neuf est par son choix intérieur exigeant, selectionné pour assumer la charge de découvrir puis de détruire tout ce qui fait de lui un homme ordinaire.
Il ne s’agit plus de voir ce qui tue l’Être en moi, mais bien de détruire ce mental incapable d’accomplir l’ultime transcendance en abolissant l’homme ordinaire que je suis encore.
Que de volonté m’exige ce travail, mais que d’espérance il me propose.
Mais le travail de l’Elu des neufs ne se fait pas en une seule fois.
Aller à la découverte des assassins de notre maître intérieur est une entreprise très ardue et demande plus de volonté que de courage.
« L’illustre Elu des Quinze » s’adresse à la purification du chemin de l’être et non plus à la connaissance du chemin menant à la liberté
Je découvre la vérité nette et immédiate, en séparant l’illusion de l’imagination.
L’illustre Elu que je suis sent maintenant que rien ne mérite d’être perfectionné parce que rien ne pourra changer sur ce plan. Je découvre la nécessité de changer de plan, de monde, de conscience
Il ne s’agit pas de l’espoir d’un changement, mais de l’espérance d’un éveil vertical.
Ainsi sur le chemin qui j’emprunte, les étapes de la connaissance de l’ego, de la reconnaissance de l’être, laisse place à l’action concrète et je vis cette victoire sur moi-même. Cette victoire est Force, Sagesse et Beauté, elle est aussi Amour, Esprit et Paix.
L’illustre Elu des Quinze, je pénètre dans un autre royaume, dans une autre vie, faite de grande intelligence, de grande sagesse et de plus grande clarté.
Mais suis-jearrivé pour autant ?
Maintenant« Sublime Chevalier Elu », il ne me suffit pas en fait d’atteindre les « couches obscures qui désorganisent ma pensée » mais de rejoindre le centre d’une énergie nouvelle, de toucher l’esprit au delà du corps pour éveiller mon Être et le remplir d’un sentiment d’amour tout à fait nouveau.
La Paix et la Joie ne sont pas suffisantes, ce que je veux, c’est devenir capable d’accomplir ma mission, mon destin, ma vie et je fouille dans mon âme pour trouver le chemin qui me conduira au plus prés de ma vérité.
Le Chevalier est le symbole de l’être qui par sa force, son énergie, sa droiture et son idéal va prendre possession de sa monture (son corps) et de sa terre (son Être) pour réaliser concrètement les vertus qui sont les siennes et servir le seigneur du royaume.
Il est capable de voir et de juger ce qui est vrai parce qu’il sera sans désir et qu’il pourra agir pour accomplir et réaliser la justice. L’ordre qu’il perçoit, il le donne.
Il faut exécuter maintenant ce qui doit être fait pour l’ordre, la Connaissance et l’Amour.
Le chevalier est l’image de la vraie manière de vivre, faite de volonté et d’ordre.
Son Être tremble dans la lumière de l’espérance qui germe en lui.
Construire son temple est un bonne chose, mais on doit aussi regarder à coté de soi pour y découvrir d’autres vérités et se surmonter pour apprendre à être un « Elu véritable » c’est-à-dire un homme que l’on écoute et que l’on respecte c’est un devoir essentiel que d’être reconnu comme un maçon juste et droit.
Pour le chevalier qui a purifié sa conscience et ses mécanismes, l’existence des divers niveaux de réalité ne fait plus aucun doute.
Le « Grand Maître Architecte » arrive à point nommé.
Cette conscience d’Être ressemble à un élargissement, une sensation enivrante de beauté, de chaleur, de liberté. Elle est en dehors du temps et de l’espace, mais elle existe, vivante à l’intérieur et à l’extérieur, partout et nulle part.
C’est avec ce regard nouveau qu’élève architecte je part à la découverte du monde, non pas pour imaginer de nouvelles constructions qui ne serviront qu’à flatter mon ego, mais bien pour découvrircomment les « grands maîtres architectes » avaient mesuré le monde et bâti des édifices.
J’ai besoin d’étudier avec la méthode et la circonspection acquises, toutes les données qui mettent en relation notre conscience terrestre avec notre conscience intérieure à travers les connaissances scientifiques, religieuses, philosophiques, économiques, sociales…..
Grand maître Architecte je connais la vérité spirituelle sur l’architecture de l’univers et je veux intégrer notre connaissance à notre propre vie pour la rendre « plus vivante ».
Je ressens l’impérieux besoin de pénétrer quelque part au tréfonds de mon Être pour me retrouver face à face avec la Lumière.
Avec la volonté d’achever mon temple et l’espérance d’y parvenir.
Puis vint «Le Chevalier du Royal Arche » pour qui , moi qui ai purifié mon esprit, qui connais l’architecture secrète, qui est descendu aux confins des terres et des vérités spirituelles, je voudrais posséder la lumière qui me permettrais d’éclairer celle du Grand Architecte de l’Univers.
Le pas est difficile. Passer du monde de l’esprit et de la matière à celui de l’esprit pur est une démarche osée. Pénétrer dans la manifestation du sentiment unique demande une très grande volonté.
Pourquoi percer le mystère de la parole perdue ?
Pourquoi vouloir encore descendre au plus profond de soi ?
Aller plus loin c’est remettre en question ses croyances, ses certitudes et prendre le risque de s’unifier au-delà de ‘individualité.
Cette décision à prendre demande énergie, courage et volonté mais aussi espérance dans les bienfaits de la Lumière.
La descente en soi est une technique de respiration en communion avec celle de l’univers. Plus nous descendons et plus nous découvrons d’espace pour descendre encore plus profondément, de voûte en voûte, jusqu’au cœur de l’énergie créatrice.
Parvenu au plus profond de moi-même, sous la neuvième arche, au coeur de la voûte sacrée, je suisplongé dans une nuit sans étoile.
Loin des lumières du monde, dans le silence de notre communion, je perçois une autre lumière qui illumine mon Être.
Cette lumière est espoir et volonté à la fois. C’est un trésor que je découvre au fond de moi : Dieu nous échappe dans son intégralité mais est présent dans chacune des énergies qui nous enveloppe de bonheur et d’amour.
Le Grand Maître Architecte est devenu Chevalier de Royal Arche : homme de justice, de connaissance et maintenant de régénération par la lumière, le Chevalier Royal Arche peut conduire ces compagnons sur le chemin tranquille de la nouvelle sagesse.
Le passage du monde de l’obscurité à celui de la pleine lumière prouve que nous connaissons deux mondes différents dans l’univers, mais ne prouve ni l’existence ni la rencontre avec Dieu.
Toute ladescente par les 3,5,7,et 9 marches et le passage des 10 portes devient pour moi, grâce à la forte volonté de découverte qui m’anime,un symbole d’espérance initiatique.
« Grand Elu, Parfait et Sublime maçon », à ce moment précis de ma vie spirituelle, faite d’Être intérieur, je me sens partagé entre deux grandes réalités : Le monde de la matière et le monde de la lumière. L’un a besoin de raison, de discours méthodique et d’actions efficaces, l’autre a besoin d’intuition, de conscience et de vigilance non moins efficaces.
Nous sommes double, les deux mondes ont la même réalité et les mêmes exigences. La seule différence est que l’un est perceptible par l’homme »ordinaire », l’autre le devient par l’éveil de la conscience : l’initiation.
Aucun bonheur ne sera possible si ma vie ne manifeste pas les deux mondes en même temps : il n’est pas question d’égalité entre les deux mais d’unité entre le Ciel et la Terre.
Pour bien vivre en équilibre, il me faut d’abord améliorer mes relations avec autrui, car elles créent le monde dans lequel nous vivons. L’équilibre s’opère lorsque le matérialisme est absorbé par le spirituel, car c’est elle qui engendre dans un juste équilibre les lois de la matière.
Reste à savoir, à découvrir, à mesurer comment exprimer avec spontanéité, souplesse et humilité, cet amour caché. Comment servir efficacement les hommes et le Grand Architecte de l’Univers ? Comment faire pour que notre existence devienne le reflet de la grande lumière.
Pour progresser vraiment sur le chemin du perfectionnement, je dois manifester ma lumière simplement parce que c’est dans l’ordre, et offrir la Paix du Grand Architecte de l’Univers au monde matérialisé. Le Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon, doit manifester au dehors par sa présence et la perfection des ces actes, son abondance intérieure.
Une vigilance permanente me sera nécessaire, car rien n’est d&définitivement acquis. Il me faudra donc espérer ne pas faillir mais en aurais-je la volonté ?
Alors « Comment un Franc Maçon distingue-t-il l’espérance de la volonté ? »
La réponse se trouve au fond de chaque maçon.
Qu’ai-je besoin aujourd’hui pour agir : de l’Espérance ou de la Volonté ?
L’Être est Espérance
Développé au cours de mon chemin initiatique, l’Être est une substance d ‘intelligence des réalités de ce monde et aussi une réalité intérieure découverte.
Par cette double capacité, l’Être connais parfaitement l’ordre du monde matériel et l’existence d’un plan supérieur spirituel.
L’Etre c’est l’espérance que chacun met en soi, dans la foi de ses convictions, de ses certitudes mais aussi dans l’amour qu’il porte à lui-même et aux autres.
Quelle plus belle espérance que celle de croire en la liberté par les actions que nous menons, à l’égalité comme règle de justice et à la fraternité par la reconnaissance de l’autre comme nous même.
L’Être est le lien entre l’état matériel que nous sommes et l’état supérieur que nous voulons créer en nous.
La volonté c’est l’action.
La vie terrestre permet à l’homme de s’achever dans la réalité matérielle qui exige des actions concrètes et mesure leurs qualités réelles.
Frédéric Hegel disait : « L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes »
Les actes concrétisent la valeur de l’homme
Sur le chemin spirituel, pour ne pas être une simple théorie ésotérique, le REAA incite à agir, à se connaître, à descendre en soi même.
L’action fait partie de la méthode initiatique, mais de quelle action s’agit-il ?
üL’homme est créé à partir de la poussière et du souffle divin.
üL’initié, par son action, réunit les deux vies en une seule existence
üLa matérialité n’est pas la seule vérité, la spiritualité non plus d’ailleurs.
Mais réunis, elles permettent la continuité du monde et c’est ce que préconise le REAA dans sa méthode : Le rôle de l’initié franc-maçon est de « corporaliser l’Esprit et de spiritualiser la matière ».
Aujourd’hui la différence entre la matière et l’Esprit exprime le drame de notre monde.
Dans ce monde le franc maçon cherche sa place et avec l’amour comme clé de la possession des mondes matériels et spirituels, il doit témoigner de la force de la Lumière universelle et de la Tradition de l’initiation
Conclure un tel travail qui me parait tout a fait inachevé seraitune gageure.
Aussi je préfère vous parler du lien qui existe entre ces deux mots : Volonté et Espérance.
A mes yeux, la clé qui permet de les interactiver est l’Amour.
« Le monde est comme une caverne, disait Platon, ou l’on ne poursuit que des ombres »
Et Pascal de poursuivre quelques siècles plus tard :
« Car la vie est un songe, un peu moins inconstant »
C’est la logique de l’absolu dans lequel notre monde est plongé.
Que pèse une vie d’homme sur la balance de l’absolu ?
Voila pourquoi je suis persuadé que l’Amour est la seule arme possible pour lutter contre l’archaïsme des religions dogmatiques et l’athéisme doctrinaire des civilisations.
L’essentiel est dans l’Amour qui reste à la fois la voix de l’Espérance et le bras de la volonté.
Que la vérité soit sans amour, ne condamne pas l’amour à être sans vérité, puisqu’il est vrai que nous aimons.
Ni ne nous empêche d’aimer la vérité.
La joie de connaître est l’unique accès au salut, à la sagesse et pourquoi pas à la béatitude.
C’est l’amour vrai du vrai.
Cet amour que je porte en moi aujourd’hui et que j’ai vu grandir aux contacts de mes frères, je souhaite encore et toujours plus le travailler avec mes frères pour m’améliorer mais aussi participer à notre grand dessein : Faire découvrir à chacun les vérités qu’il porte en lui :
« C’est l’amour, non l’espérance qui fait vivre ; c’est la vérité, non la volonté qui libère. »
(André Comte-Sponsville)
J’ai dit