18° #415012

Les Voyages au 18°

Auteur:

S∴ D∴ H∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


En FM nous sommes d’éternels voyageurs et, sans boussole, nous nous égarons souvent. Des signes, des symboles balisent notre chemin mais, si , quelquefois, nous entrevoyons la lumière, les ténèbres nous surprennent et nous enveloppent si fermement que l’assistance de nos FF, d’un guide nous est nécessaire.


Lorsque j’écrivais ces quelques mots, à Paris, la banlieue s’embrasait, notre société semblait voler en éclat. Temps apocalyptique où la loi (pacte républicain) est renversée, où le feu devient un sang impur.
Ces images de haine, de désespoir et d’impuissance quant à trouver une solution se sont imposées comme illustrations, dans mon esprit, tout au long de ma planche.


Dans ces moments d’obscurité, l’homme est traumatisé. Son angoisse se résout dans une séparation radicale du bon et du mauvais et, pis encore de ceux qui sont bons de ce qui sont mauvais.
Cela se réduit soit dans une réaction brutale, une révolte déclenchée par un mot, une phrase soit, comme le fait souvent la FM, dans un mode plus calme, afin de sublimer cette angoisse pour aller plus loin, quitte à changer de loi.


Mais dans le premier Temple, où est ce cadre stable tant espéré ? Alors que le mensonge et l’erreur ont éclipsé la vérité, que les notions de rectitude ont disparu, que l’homme dépérit sous l’effet de l’égoïsme et de l’ambition,notre guide naturel, notre Très Sage n’est plus à l’Orient.
Les ChRXC sont dans le doute ;on entend : « La Parole autrefois si puissante ne convainc plus les hommes »… « Que pouvez-vous attendre de nous ? »… « La Parole est perdue »
Comment comprendre ces mots ?
Est-ce de la méfiance vis-à-vis des FFque nous sommes, est-ce une consolation des affligés qui ne parviennent plus à trouver la force d’une parole commune et revivifiante ?


Le CHd’Or et d’Occ que je suis doit-il partager cette morosité morbide ou refuser de croire que le mal est partout ?
La Parole existe certainement quelque part, c’est elle et elle seule qui peut nous régénérer dans l’abattement qui nous accable.
Les liens d’amour entre les FF sont distendus, il importe que la relation fraternelle soit retrouvée.


Suivons les ChRXC vers ce lieu où règnent la Paix, la Sagesse et l’Amour.


Dès le 4ème degré, l’essentiel est posé quand le F Premier Inspecteur répond à la question du TFPM « Que cherchez vous ? » « La Vérité et la Parole Perdue. »
L’aventure, jusqu’au 18ème degré, s’écrit en référence permanente à ce projet même si son cadre se modifie.
La vérité initiatique est au-delà de l’humain mais sa richesse première consiste à mettre la pensée en chemin pour l’encourager à aller toujours plus loin.
La recherche de la Parole perdue nous renvoie à nos origines.
« Au commencement était la Parole » nous dit Jean dans son évangile.
Acte créateur qui nous entraîne dans une quête de la Connaissance ou Vérité ultime.
Cette Parole est la vie même, à la fois dans son principe et, dans son accomplissement multiforme, dynamique et universelle.
Il est donc question d’une double quête, celle de la lumière du Monde et de son Principe, celle de la lumière du cœur que chacun porte en soi.


Suivons lesChRXC.
La Foi, la Charité, l’Espérance balisent le chemin.
Nous reconnaissons les Vertus théologales tirées de la fameuse trilogie paulinienne 1 Co 13,13 :
« Maintenant donc, ces trois là demeurent, la Foi, l’Espérance et l’Amour mais l’Amour est le plus grand »
La Franc-maçonnerie n’a pas manqué de voir la portée universelle de ces trois Vertus et donc ne les a pas enfermées dans le carcan du religieux, c’est peut-être pourquoi l’ordre n’est pas le même.


La Foi, du mot « fides » veut dire : foi, confiance, croyance, loyauté, fidélité.
La Foi situe la vie spirituelle par rapport à un idéal de perfection. C’est une fidélité active et confiante dans un Principe ou dans un Dieu .
Une adhésion à la croyance en l’authenticité d’une Vérité transcendante.
Adhésion qui peut être un mouvement irraisonné de confiance qui enlève l’homme à lui-même, pour le transférer dans un domaine de pure spiritualité.
Pour le Franc-maçon avoir la Foi c’est vivre parmi les hommes, participer au même un unique esprit de vérité, qui permet de rassembler ce qui est épars.
Il a Foi en l’homme, en la perfectibilité de chaque être humain.


Mais, nous l’avons dit, la Foi ne peut s’appuyer que sur un référent de valeurs concentrées en Idéal qui transcende l’individu ordinaire, elle ne peut exister seule mais lorsqu’elle aura été allumé par l’Espérance que nous verrons plus loin alors !…
Nous serons capables d’aller au-delà de nous-même car nous aurons vaincu nos peurs et nos conditionnements qui font obstacles à la Lumière originelle guide des intelligences, des cœurs et moteur de toute action.


La Foi de la vie religieuse mène vers le salut, celle de la vie initiatique guide vers une conscience de clairvoyance, vers un détachement vis- à- vis de l’accessoire procurant ainsi une libération intérieure, laquelle, idéalement, laisse espérer une délivrance qui s’amorce ici-bas


Et si la Foi était l’intuition de l’amour dans la recherche de la Vérité ?


La charité rencontrée en deuxième est considéré par les ChRXC comme le mouvement qui les porte vers leurs semblables qu’ils sont tenus d’aider , d’assister et d’aimer et au-delà nous porte à nous identifier à tout ce qui vit et à nous intégrer à la Création en voie d’accomplissement.
La charité est la mise en pratique de l’amour de l’autre, cette capacité de passer du « je » au « tu », de l’unité individuelle au binaire, puis du « tu » au « nous », donc du binaire au ternaire d’une unité nouvelle et recomposée, prélude à la construction du Temple spirituel qui veut devenir celui de l’humanité toute entière.


« Tu aimeras ton prochain comme toi- même » nous dit Paul dans (1Co13 ; 1-3) réflexion à double tranchant car on peut ne pas s’aimer ou s’aimer trop.
Certains êtres ont du mal à se construire et voient dans les autres une menace pour leur équilibre et leur font payer un vécu mal assumé.
L’égoïsme est la face obscure de l’Amour.


C’est donc dans l’évangile de Jean (ch.13/34et ch.15/17) que nous chercherons la face lumineuse de l’amour :
« Aimez- vous les uns les autres comme je vous ai aimés »
Ce qui compte c’est l’exemple de l’amour dans la vie de tous les jours par la Charité. Celle –ci procède de l’unité du Cosmos nous dit le Rituel et nous permet, grâce à l’initiation, de nous sentir partie intégrante du Grand Tout, donc responsable de son évolution, donc libre.
Aimer, c’est encourager chacun- et faire le nécessaire soi-même pour y parvenir- à accéder à sa propre autonomie, c’est devenir autonome soi-même et aider chacun à devenir capable de se bâtir et de bâtir collectivement une œuvre commune.


Et pour bâtir «  point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » nous dit le Taciturne au 4ème degré.
Les Maîtres secrets sont au bord de la déprime, le Rituel leur dit ne pensez qu’à votre devoir et n’espérer pas de récompense.
Si la notion d’Espérance n’est ici pas la même, elle n’en figure pas moins dans la notion de devoir pris au sens de dette envers ce qui nous a fait être là.
Notre présence ici-bas ne peut pas être le fait du hasard, il y a un sens d’où la recherche de ce sens et la vision d’un idéal.
La flamme de l’Espérance est présente dans le cabinet de réflexion, le candidat la porte en lui en prenant l’initiative de frapper à la porte du Temple (la Foi et la Charité ne sont pas encore allumées).
Elle est dans l’Etoile Flamboyante du compagnon et, au grade de maître, elle est le moteur de la quête de tous les maçons qui parte à la recherche du corps d’Hiram et de la Parole perdue

Au 13ème degré elle fait triompher les GMAcontre le vent du désastre auxquels ils sont confrontés dès qu’ils ont ouverts la 11ème porte.
C’est la conviction qu’il existe un grand tout qui rassemble le créé et l’incréé, un endroit où règne la paix, la sagesse et l’amour.
L’espérance voit cheminer le pèlerin qui marche à la rencontre de l’autre, à la rencontre de l’amour. Pèlerin qui espère ranimer la Foi en lui-même et chez autrui.
Pèlerin qui marche au long des siècles vers l’amour qu’il ne peut croire perdu, qui recommence inlassablement quand tout semble avoir échoué.


Le chemin initiatique est semé d’embûches initiées par le Rituel pour que nous puissions aller au plus profond de nous même et ensuite nous lancer sur le chemin par autant de voyages que de changements de niveau initiatiques.
Nous parcourons l’espace, nous fuyons des milieux que nous refusons avant de nous justifier par un but que l’on proclame vouloir atteindre.
Nous parcourons le temps, notre refus déclenche un regard en arrière pour chercher des repères, retrouver la Connaissance, le Paradis perdu.
L’espérance jaillit alors, viscérale : que l’alpha soit l’oméga, que le Paradis perdu devienne réalité eschatologique.


Au 18ème degré, notre intuition intime d’un amour universel est cadrée par la réalité de la condition humaine.
Pour parvenir à cet Amour nous avons à mener nos propres apocalypses.
Il faut que tout : réticences, blocages, faux-fuyants, pseudo croyances, images sociales, tout cela s’écroule avec fracas.


A Paris la nuit s’embrasait mais tout restait sombre.
La parole des hommes disait l’indifférence et le mépris pour la souffrance, elle disait la haine, le manque de respect, c’était bien la nuit de l’intelligence et du cœur.


Pour que le feu puisse devenir la flamme de l’espérance il faudrait que la parole des hommes dise l’amour et la considération pour leurs frères en humanité, quelles que soient leurs origines, leur culture ou leur croyance, qu’elle dise l’attention qui est due à la souffrance.


Un rêve me direz vous ?
L’histoire des peuples a pour matrice le mythe et c’est l’énergie du rêve qui enfante la réalité sociale.
Soyons actifs sur le forum, soyons des missionnaires de l’amour.


J’ai dit T

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