18° #415012

Marie de Magdalena, l’autre Rose

Auteur:

H∴ E∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Elle s’appelle Marie, comme tant d’autres en Palestine. Mais de ces Miriam ou Jeshouah très répandu aussi, très peu resteront dans l’Histoire.
Elle se nomme Marie, on l’appellera «lamagdaléenne », comme Jésus le nazaréen. Pour Marie, peut-être plus que pour Jésus, la définition du terme oscille entre notoriété ou dépréciation, habitante ordinaire d’un village de la rive occidentale du lac de Tibériade ou «la Dame de Magdala », à la conduite ineffable ou inqualifiable ?
Toujours est-il que le privilège de Marie de Magdala et son immortalité, est plus d’avoir construit une légende que d’avoir dessiné un épisode de la vie de Jésus. Une légende née en Palestine et présente encore de nos jours sur les coteaux de Provence.


Un personnage biblique pour une fois féminin, au cœur d’une histoire d’amour et de passion, appréhendé sous l’angle de notre mode de pensée orienté sur l’interprétation symbolique avec l’appui de légendes, autant de motifs pour vous proposer mes TTCCFF Chevaliers Rose Croix ce type de regard sur les récits évangéliques concernant Marie de Magdala.


RAPPELS BIBLIQUES


Les quatre évangélistes, chacun à sa manière, nous rapportent l’épisode d’une femme originaire de Magdala, faisant partie de l’entourage de Jésus qui, lors d’un repas chez Simon, s’avance vers Jésus et répand sur son corps quantité de parfum (Matthieu 26.6, Marc 14.3,9 Luc 7.36 et Jean 12.1). Ils ont laissé témoignage d’une «femme possédée par sept démons » cette expression ne signifiant d’ailleurs pas qu’elle fut de mœurs légères, d’une Marie vivant à Béthanie avec sa sœur Marthe et son frère Lazare. Marie de Magdala est citée dans les épisodes de la résurrection de Lazare et de l’onction à Béthanie, elle est présente du Calvaire à la mise au tombeau, enfin elle est la première à constater celui-ci vide (Mathieu 26 / 6-13) et elle a le privilège de la première apparition du ressuscité.


A noter que si les orientaux ont longtemps cru à l’existence de trois personnages distincts, à partir du moyen âge, la tendance s’est fixée sur un seul.


MARIE « la PECHERESSE »


Une précision sémantique : le mot «harmantolos » signifiant «pécheur » et très utilisé par Luc (verset 34), désigne bien plus souvent « les païens » que spécifiquement les prostituées. Il n’y a pas d’autres exemples dans le Nouveau Testament à part Jean 8.11 pas plus dans l’Ancien sinon Ezéchiel 8.6 pour désigner «la prostituée sacrée ».
S’il n’était pas stipulé par Luc au verset 39, que l’apparence de Marie Magdeleine, en particulier ses vêtements la qualifie comme telle, le terme de «païenne » serait plus juste.


Pendant son voyage terrestre, sa traversée du désert, Jésus rencontre donc Marie Magdeleine, la femme séductrice et initiatrice. Et loin de la chasser, Jésus l’accueille.
Faut-il à ce sujet comprendre les faits dans ce sens, celui du pardon de Jésus, confirmé par Matthieu 21.31 :  « En vérité, je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au royaume de Dieu. En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice et vous n’avez pas cru en lui ; les publicains eux, et les prostituées ont cru en lui » ou bien, faut-il considérer que la femme souveraine, Prostituée Sacrée voit enfin en Jésus un homme à sa mesure. La Maîtresse, la Baalit aurait-elle rencontré le Maître ?
D’ailleurs, leur destin est similaire : Jésus est un homme public prêchant l’amour universel et donnant à tous, son corps en nourriture, symboliquement représenté par l’eucharistie chrétienne. Sa passion et sa mort sont celle de la prostituée : par moquerie, Jésus est revêtu d’un manteau de pourpre, couleur portée dans l’antiquité par le roi, le prêtre, la courtisane sacrée, pourpre, signe du pouvoir temporel et spirituel ; puis il subit le châtiment réservé aux filles de Babel : « Je te livrerai entre leurs mains, … ils t’arracheront tes vêtements et te prendront tes bijoux ; ils te laisseront toute nue, puis ils exciteront la foule contre toi, on te lapidera, on te percera à coups d’épée, on mettra le feu à tes maisons » Eséchiel 16.38.
« Ils vont prendre en haine la prostituée, ils la dépouilleront de ses vêtements, toute nue, ils en mangeront la chair, ils la consumeront par le feu ». (Apocalypse 17.16)
Autre analogie peut-être plus audacieuse : comme la femme ouverte et bafouée, Jésus est écartelé et en sang sur sa croix.


L’ONCTION D’HUILE


Les Ecritures distinguent deux «onctions » :


qla première, rapportée par Luc, se passe en Galilée, vraisemblablement à Magdala où Jésus est de passage et la femme au parfum qui y exerce la prostitution est dite « pécheresse ». Par ses caresses et baisers, elle obtient le pardon de Jésus qui de ce métier infamant, ne retient que l’art d’amour.
qla seconde onction se passe à Béthanie en Judée et Matthieu et Marc y parlent d’une femme sans la nommer ni la qualifier. Seul Jean désigne Marie sœur de Marthe et de Lazare et en évoquant une précédente onction (11.2), fait le lien avec la pécheresse de Magdala. La scène se déroule encore lors d’un repas où la femme conspuée est défendue par Jésus.


Tentons une approche symbolique de cette huile parfumée.
Il est dit que le parfum est «coûteux » contrairement à l’huile banale parfumée du verset 44. Par ailleurs, la jarre d’albâtre qui le contient prouve qu’il s’agit d’une essence rare, tout au moins précieuse.
L’huile parfumée répandue par Magdeleine en Galilée au début de la vie publique de Jésus est signe de tendresse fervente, d’humilité et d’adoration. A Béthanie, le parfum répandu par Marie, annonce la mort prochaine, préfigure l’embaumement du cadavre, la fin de la vie terrestre de Jésus.



Parfum d’amour, parfum de mort. Dans les deux cas, cette huile, produit du labeur humain, au même titre que le pain et le vin, symbolise l’apaisement du feu de l’amour, comme celui de la mort. Magdeleine la douce apaise l’embrasement du verbe : «Je suis venu apporter sur terre un feu… » avait dit Jésus. 


Les textes proposent diverses traductions oscillant «du parfum très précieux » au« nard authentique » ou au « nard très coûteux ».


Le «nard » inconnu que répand la femme à Béthanie, juste avant la Passion de Jésus, son calvaire solitaire peut évoquer la «manne » miraculeuse et non identifiée, nourriture accordée par Yahvé à son peuple traversant le désert : promesse et sauvegarde entre Dieu et les hommes, entre l’homme et la femme.


La vie de Jésus comporte trois moments « parfumés », si l’on peut dire, et non des moindres :
De sa naissance, de sa mort, on ne connaîtra que des parfums et des bandelettes.
qA Béthléème l’enfant emmailloté reçoit l’offrande des Mages, parfum, encens, nard ou myrrhe,
qpuis passage de l’enfant à l’homme par l’initiation de la femme dont les cheveux sont assimilés à des bandelettes, les deuxonctions de Magdeleine, amour et mort,
qet à sa résurrection, les bandelettes dénouées laissées dans le sépulcre, témoignant l’absence du corps du ressuscité et les aromates inutiles des femmes.


Voici ce qu’en disent encore Jean GROSJEAN et Michel LETURMY dans l’édition de la Pléiade de la Bible : dans Marc et Jean, ce nard est qualifié de «pistikes ». L’état actuel des connaissances ne nous permet pas de dire s’il s’agit d’un liquide banal ou de bonne facture. Rappelons simplement qu’en grec, «pistikos » renvoie à deux sens, l’un lié à la notion de fidélité, confiance et serment, le second à celle de breuvage.
qDans un sens littéral, Magdeleine est une femme très riche et généreuse. Ce nard est un présent rare et cher, une sorte de «quintessence ».
qDans un second sens, caché et symbolique, l’onction représente l’initiation par la femme avec son filigrane sexuel.


Dans les récits des évangélistes, ce parfum est lié au péché de chair et à la chevelure féminine. Magdeleine est présentée comme une femme qui ruisselle : de ses larmes, de sa chevelure, de ses vases d’onguent. A la taverne ou plus tard, au pied de la croix, elle se tient toujours aux pieds de Jésus, comme une racine, au plus près de la terre qui nourrit et ensevelit.
La femme apparaît maîtresse de la Vie, naissance, mort et résurrection, elle détient la clé de bien des Mystères.


Magdeleine est une nouvelle Isis : « Isis vient me retrouver, répand son épaisse chevelure sur mon visage » récite le défunt lors de son voyage vers l’au-delà (Livre des Morts des Anciens Egyptiens).


Donc, deux onctions, deux Simon, deux Marie, l’une de Magdala, l’autre de Béthanie,mais une seule période, celle qui précède la passion.
Dans cette problématique complexe, il est permis d’envisager qu’en fait-il n’y a qu’une seule onction et qu’une seule femme dont le comportement semble de toute évidence avoir fait scandale. Et Luc insiste, puisque dans son récit, Marie la pécheresse apparaît curieusement en 7.36, immédiatement après une narration tendant à alimenter la rumeur de l’époque présentant «le fils de l’homme » dans son ordinaire de «celui qui mange, boit et se lie aux pêcheurs » (34) ; et dans ce cas précis, c’est encore pire, puisqu’il s’agit d’une pécheresse.
Une femme qui se précipite aux pieds de Jésus, en un élan mélange d’audace et de supplication, dans une position traduisant son indignité, versant le parfum sur ses pieds, s’interdisantapparemment le droit de l’onction sur la tête. C’est un acte à la fois fou, érotique et pathétique dont tous les spectateurs n’en retiennent que l’impudeur.
Or Jésus accueille cet exhibitionnisme sans rebuffade ni étonnement ni recul ou rejet, au risque de ne plus être reconnu comme un prophète (verset 39). Nous assistons là à une procédure de normalisation de cet excès comportemental.
Jésus désacralise l’incidentet normalise la rencontre avec cette femme, dont les larmes sont la douleur du péché, les cheveux qui les essuient, le pardon imploré et les baisers, la demande d’une relation nouvelle dans un élan de gratitude et d’amour.
Cela ne veut pas dire que lors du repas de Béthanie, Magdeleine et Jésus eurent une relation sexuelle, mais que le geste de la femme que seul Jésus comprend et accepte de recevoir, symbolise leur complicité et le message qu’elle suggère.


Le salut, s’il éclôt dans les sens, trouve aussi son épanouissement dans l’union charnelle. Non pas celle de l’horreur, de la monstruosité, de la fornication coupable, de «l’ignominieux » que les prophètes et les Pères de l’Eglise retiendront et imposeront aux générations futures, mais celle qui chemine sur la voie mystique et de ses évidences secrètes empruntées par Magdeleine et Jésus, parlant d’amour et d’union et non de lutte et de séparation.


Remarquons que cette femme ne parle pas, signifiant ainsi qu’une bonne confession n’est pas forcément bavarde et prolixe. Elle SAIT que le Rabbi Jésus l’accueillera sans discours moralisateur. C’est cette Connaissance intuitive qui lui octroie son statut d’initiatrice. Ce sont les paroles de Jésus et le silence réprobateur et observateur de Simon qui nous informent de la condition de cette femme, son passé, ses péchés.


Aux valeurs familiales juives traditionnelles et intransigeantes, violemment masculines, représentées dans cet épisode par le Pharisien, Jésus substitue un nouveau message, celui du couple et de l’incontournable tolérance à l’égard des différences qui le construisent.
Sur un plan institutionnel, face au monothéisme juif, sévère et inquiétant, au culte paternel de Yahvé, à l’attitude méfiante des rabbins à l’égard de la femme, au charme fatalement démoniaque, Jésus enseigne non la vénération exclusive de la Femme, mais la réconciliation et l’union entre l’homme et la femme dans leur dimension nécessairement naturelle, la disparition du charme en tant que diabolisme et fatalité érotique.


C’est une révolution sociale au même titre que celle pour un laïque comme Jésus, de pardonner les péchés et nous comprenons mieux pourquoi la narration de cet épisode a donné lieu à rajouter sur sa personne, aux qualificatifs de «mangeur et de buveur », celui de «laxiste ».
Au terme de l’examen de cet épisode biblique, pouvons-nous nous demander ce qu’a fait cette femme en définitive?


qA-t-elle supplié ou célébré ?
qLes larmes sont-elles de sa condition de «pécheresse » ou celles qui annoncent le deuil et l’orphelinat de son amour ?
qLes cheveux essuient-ils Jésus ou l’enveloppent-ils comme un suaire ?
qLe parfum est-il une offrande ou préfigure-t-il le rite funéraire ?
qLes baisers traduisent-ils sa tendresse singulière ou l’amour que lui vouera le peuple de chrétiens en recevant son sacrifice ?


Le pardon est-il la cause ou l’effet de l’amour ?


LES FEMMES DU GOLGOTHA


Les femmes, parce que depuis son jugement, ce sont les femmes qui tentent d’aider Jésus alors que les disciples se montrent très discrets, quand ils ne renient pas carrément Jésus comme Pierre. Jusqu’à la femme de Pilate qui veut épargner un innocent (Matthieu 27.19), jusqu’à ce personnage imaginaire de Véronique qui ose devant tous, un geste d’adoration et de tendresse.
« Les filles de Jérusalem «(Luc 23.27) se lamentent et se frappent la poitrine selon la coutume du deuil et entament la déploration dans la pure tradition des pleureuses des cultes orientaux. Les larmes d’Isis pour Osiris ou Ishtar pour Dumuzi, Vénus pour Adonis etc.…
« Les Saintes femmes » elles, se taisent : « celui qui sait, ne parle pas » enseigne le Tao-tö-King. Elles ont partagé depuis plusieurs années le message de Jésus et la foi en ses paroles leur fait accepter son sacrifice.
Marie de Magdala est de ces femmes, disponibles, sans enfant ni charge familiale, femmes seules ou veuves, veuves déjà de lui. Ces femmes ne disent rien, mais se hâteront après la mort de Jésus de l’ensevelir et de préparer parfums et aromates pour l’embaumement. Elles seront les premières à se rendre au tombeau à l’aube du 3° jour.


LE TOMBEAU ET LE MESSAGE PASCAL


Jean 20/11.28 : « Quant à Marie, elle se tenait debout, près du tombeau, à l’extérieur, pleurant… ».


A l’extérieur : la différence d’avec les Saintes Femmes est ainsi marquée : Marie est à l’extérieur, à l’extérieur du mystère aussi.
Pleurant : Le verbe «klaio » est répété. Il est différent de celui qui définit les pleurs dits «officiels ». Plus loin encore, «elle voit » (Théorei) le tombeau vide et c’est le même verbe qui définit quelques instant plus tard sa vision de Jésus. Les Saintes Femmes, elles, ne regardent pas… traduisons, ne peuvent pas voir ou n’ont pas qualité pour cela.
C’est LA SCENE qui a marqué l’imaginaire chrétien, celle de la femme aimante – « on a enlevé MON Seigneur » – en quête d’un mort – « qu’elle voudrait aller prendre » – et qui rencontre LE VIVANT.
« Dis-moi où l’as-tu déposé» demande-t-elle au jardinier ; ce sont les mêmes paroles prononcées par Jésus devant la tombe de Lazare en Jean 11.34.
Comme dans l’épisode de l’onction, c’est encore Jésus qui parle. Marie de Magdala n’est désormais plus que Marie qui appelle Jésus «Rabbouni » maître en Hébreu.
Structure tripartite dans ce récit d’apparition pascale, commune à Matthieu et Jean malgré le fait que Matthieu mette toutes les femmes en scène alors que Jean met Marie seule :
qL’initiatrice : Jésus dit : « Marie ! »
qReconnaissance : tournée vers lui, elle lui dit «Rabbouni !» Jésus dit :  « cesse de me toucher »


qMission : « Mais vas vers mes FF et dis leurs »



Remarquons l’analogie avec les échanges entre Jésus et ses disciples au début de son ministère : « Qui cherches-tu ? » demande-t-il à Marie, « Que cherchez-vous ?»avait-il demandé aux disciples du Baptiste qui le suivaient. Ils avaient répondu : « Rabbi, où demeures-tu ? ».


Dans les deux cas, la demande concerne une localisation de ce monde.
Or Jésus demeure avec le Père. Les disciples le découvriront par leur compagnonnage avec «l’Envoyé de Dieu » et Marie par la révélation que sera la rencontre pascale.


Ce récit concentre la charge émotionnelle de la rencontre et le contenu du message confié ;
à savoir non pas l’annonce de nouvelles apparitions, mais la révélation que l’Alliance est accomplie entre Dieu et les Hommes. La description faite prépare le nouveau statut de Jésus en Ressuscité de ce monde, «le Glorifié » qu’aucune main ne peut saisir, celui qui n’est plus accessible et qui doit se révéler. Il est «Autre », « sous une autre forme » Marc 16.12, ce qui n’est pas un moyen de dramatiser la rencontre, mais traduit l’altérité que la foi reconnaît à celui qui est revenu de la mort.
Jésus apparaît à Marie Magdeleine ou serait-ce une illusion, une vision née d’un désir très fort d’une femme éperdument aimante et désespérée. « Ne me touche pas » dit le jardinier de crainte que la main portée, ne fasse exploser la bulle, le rêve, comme si à ce moment encore, Marie Magdeleine représente la tentation et plus que la frayeur de l’abandon, l’ultime goutte de l’ivresse de l’amour terrestre, la tendresse d’une femme, plus difficile à quitter que les démons du mal.
A Magdeleine qui le voit, et le voit intact, l’implore peut-être de rester dans ce monde humain, Jésus refuse le contact de son corps charnel ; et à Thomas qui ne voit pas, qui refuse de croire, Jésus enjoint de le toucher, s’affirmant bien réel en chair et en plaies ; puisque c’est sa blessure qu’il présente, comme s’il n’avait d’autre signe de reconnaissance. Thomas représente l’esprit opaque et ténébreux, celui qui fait obstacle à la vérité. Son geste est moins un geste de vérification qu’un geste d’occultation.


Tentons une explication : celle de la gradation de la foi en trois degrés initiatiques, représentés par Thomas, Marie Magdeleine et Marie:
qThomas, celui qui croit parce qu’il a vu, entendu et touché ;
qMarie Magdeleine a vu, entendu mais n’a pas touché, n’a pas eu besoin de toucher ; d’ailleurs il n’y avait rien à toucher puisque ce qu’elle contemple est exempt de toute plaie. Elle a déjà vécu une première résurrection, celle de son frère Lazare. Elle est l’initiée et l’initiatrice ;
qenfin Marie qui n’a rien vu ni entendu ni touché. Elle n’en saura qu’une rumeur colportée, à moins qu’elle ait tout simplement tout su dès le départ, dés l’apparition de l’ange Gabriel.


QU’EN RESTE-T-IL ?


Que devient Marie Magdeleine après la résurrection et l’apparition au jardin ?
Elle disparaît de la scène de l’Evangile, mais on peut deviner d’après les Actes des Apôtres 1.14 qu’elle fait partie du groupe qui assiste à l’Ascension de Jésus puis à la réunion de Pentecôte, reçoit les langues de feu. Si les Actes ne parlent ensuite que des missions des Douze et non des Apôtres au sens large, et des communautés chrétiennes fondées par des hommes, comment exclure de cette entreprise, les femmes qui ont suivi Jésus depuis la Galilée, elles qui sont à priori les mieux placées pour propager la Bonne Nouvelle, pour avoir vu le mystère de la Mort et de la Résurrection.


Les textes gnostiques mettent en lumière le personnage de Marie Magdeleine qui « a bu à la source bouillonnante » et qui devient même « par sa force de lumière »l’archétype accompli du gnostique avec Jean et Thomas. Voici ce qu’en dit d’elle la PISTIS SOPHIA : « En vérité, Marie, tu es bienheureuse entre toutes les femmes de la terre, parce que tu seras la Perfection de toutes les perfections ». Femme de Foi (Pistis) et de Sagesse (Sophia) Marie Magdeleine est aussi la femme qui répand le nard «Pistikos ».
En épousant une prostituée à laquelle il donne le nom d’Hélène (Séléné la lune), Simon le Gnostique poursuit le chemin enseigné par Jésus et Marie Magdeleine : la remontée vers la Lumière. L’âme libérée de ses débauches terrestres, s’en retourne à l’Un. Enseignement commun d’ailleurs à diverses mystiques et doctrines : Hindouisme, Pythagorisme, Kabbale … et la voie Royale alchimique permet la transmutation de la femme tombée en pure énergie divine (Shakti des Hindous, Shekinah de la Kabbale et Sophia des Gnostiques).


Ainsi Marie Madeleine voyage comme une légende, insaisissable comme son parfum, laissant de son aventure terrestre, une chevelure et un pot de senteurs.


J’ai dit TS

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