18° #415012

Réflexion personnelle sur le théme : La Vérité et la parole perdue

Auteur:

J∴ P∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Trois fois puissant Maître et vous tous mes frères


Réflexion personnelle sur lethéme :

La Vérité et la parole perdue



Cette planche, qui pose plus de questions qu’elle ne donne de réponses, c’est pour moi l’occasion d’essayer de comprendre un peu mieux, en quoi consiste cette recherche de la vérité, de prendre la mesure du langage symbolique,que l’on entend souvent mais qu’il est parfois difficile d’en assimiler toutela richesse ;

Le résultat de ma réflexion sur ce sujet ne me satisfait pas,c’est plutôt une suite de questions, souvent en désordre, sur un thème difficile pour l’instant, à maitriser, mais peut être qu’en vous en livrant la teneur, cela m’aidera à parfaire cette réflexion.

Mes idées ne sont pas encore très claires, souvent elles semblent partir dans tous les sens, je compte sur vous pour m’aider à les discipliner quelque peu !

Chacun d’entre nous se souvient certainement de la question du catéchisme maçonniquedu premier degré ; « qu’avez-vous demandé lorsque vous avez été reçu dans le temple ? La  grande  Lumière » .  

Vérité et lumière ne font qu’un, savoir que la lucidité et le discernement sont indispensables au Maître qui veut progresser, qu’il ne lui suffit pas de voir lorsqu’il observe les autres, mais également lorsqu’il jette un regard dans le miroir. Le Maître doit également pouvoir séparer le vrai de l’ivraie, et percevoir dans le tohu- bohu extérieur la voix du dedans qui aiguise son attention et le maintient éveillé quand tous sombrentdans la béatitude d’une stérile contemplation ;

Cette lumière qui éclaire notre chemin initiatique, devient de plus en plus vive au fur et à mesure que nous progressons sur le chemin de la raison, de la connaissance et du discernement ;elle n’apparait pas d’emblée dans toute sa clarté mais sa lueur s’accroit au rythme de notre cheminement ; l’initié devient un chercheur de lumière, sa lanternese transforme en une lumière plus vive, éclairant son chemin parsemé d’embûches, sa quête le conduit inévitablement à la recherche de la vérité et de la parole perdue ;

Quelle entreprise ! Comment pénétrer les mystères du récit historique mythiquedu degré sinon qu’en faisant appel à la raison et à la connaissance accumulée par d’autres avant nous ;

Le maître estplacé au centredu cercle dit on, c’est bien pour ne pas s’égarer. Placé ainsi, la recherche de la vérité devient alors un accomplissement de la raison,, il fonctionne dans une démarche alternative entre le symbolisme et le réel, entre le profane et le sacré, entre l’ésotérisme et l’exotérisme des textes sacrés, entre l’intériorité et l’extériorité de l’être.

Placé au centre du cercle le maître doit être à même de prendre la mesure de toutes choses ;

Le Maître dans son effort de recherche de vérité, dans sa démarche vers toujours plus de lumière, aura ressenti la nécessité d’un certain nombre de règles pour mener à bien son dessein à bonne fin ; rigueur, droiture sens du devoir,discernement. De ses outils, il a appris la prudence pour les manipuler, Le compas bien ouvert lui ouvre le champ de l’exploration, le chemin vers la lumière.

La vérité est d’abord une valeur et c’est entant que telle qu’elle doit être interrogée,

Le problème de la vérité n’est pas seulement de la définir, la penser, la dire ; il s’agit dela vivre ;cette recherche de la vérité, la vérité de l’être, ne peut être qu’une recherche extérieure et intérieure, exotérique et ésotérique aboutissant à une vérité une et unique ; Sa vérité !

La démarche maçonnique est toujours une entreprise personnelle et volontaire ; Notre rite en s’appuyant sur le récit historico mythique nous raconte bien plus qu’une histoire, il révèle l’Etre avec ses forces et ses faiblesses ;Imprégnés de son message,de son sens, nos certitudes deviennent des doutes, les doutes des questions, ; le cycle doute, certitudes, vérités, questions, réponses, se poursuit indéfiniment.

Alors que le Franc Maçon répand à l’extérieur les Vérités acquises à l’intérieurdu Temple, il doute et ne prétend pas à l’universalité de la dite Vérité ;comment donc prendre la mesure de toutes choses afin que ses certitudes ne deviennent des Vérités qui s’imposeraient à autrui commevraies alors qu’il ne s’agit sans doute que de vraisemblances ;

Est vraisemblance ce qui semble vrai, ce qui est conforme à un certain idéal de vie, ce qui ne choque pas les opinions reçues !Dansvraisemblance, ily a apparence de vérité, c’est donc le commun, l’habituel qui va être le guide de la vraisemblance !

Le Franc Maçon peut il se satisfaire d’une certaine vraisemblance ?

la vérité se distingue de la vraisemblance en ce qu’elle ne peut se satisfaire d’une simple apparence ou d’une probabilité !

Rien n est dicté à l’homme, ce qui est écrit ne s’impose pas comme Vérité dans l’absolu. C’est pourquoi la prudence doit nous guider dans notre recherche de la vérité et de la parole perdue.

Pour certain la vérité et la parole perdue seraient simplement la recherche de la connaissance ; pour moi, il s’agit d’abord de la connaissance du principe fondateur, de la connaissance de l’Etre.

La connaissance fondamentale de l’Etre n’est pas là pour répondre à notre quête de bonheur, mais bien pour nous permettre d’être en harmonie avec le principe organisateur de toutes choses, le Grand Architecte de l’Univers ;ce principe organisateur et créateur intervient pour ordonner, c’est à dire mettre en ordre, organiser ce qui par définition est à l’état de chaos.

La vérité, c’est ce stimulant,à la fois énergie de la mise en route etcible vers laquelle conduit la route.

« Il y a certainement plus de plaisir à poursuivre la vérité qu’à la connaître »

disait avec une souriante sagesse <Antoine de Saint- Exupéry » ;

Ce qui importe dans cette démarche c’est la recherche mise en œuvre par le maitre secret pour approcher cette vérité, dissimulée, perdue ou voilée tout comme la parole. De plus ne prenant pas les mots pour des vérités, une large place est laissée au doute dans cettedémarche,en adoptant une attitude prudente car le faux côtoie le vrai.

Tel cedicton Africain : Quand on creuse la vérité, on trouve le mensonge.

La recherche de la Vérité est une méthode initiatique, un questionnement permanent de l’Etre sur lui-même, sur ce qui le dépasse, sur ce qui n’apparait pas d’emblée à la lumière de la conscience et de la raison, à la suite d’un long travail de recherche à l’aide de symboles ;il est dans notre nature de ne comprendre qu’une partie de cette vérité par ignorance, mais la véritable nature du Franc Maçon est avant tout d’aimer la Vérité,car c’est sans aucun doute dans l’Amour que nous la trouverons ; Romain Roland disait «  le monde se nourrit de peu de vérités et de beaucoup de mensonges ».C’est ce qui caractérise de tout évidence le monde profane.

Pourle Franc Maçon, la condition de toute recherche de la vérité, est la liberté absolue de pensée et de conscience ;Mais cette liberté n’est pas sans contrepartie ni conséquences dans la mesure où elle résulte d’efforts et d’un travail important de recherche de la connaissance mais aussi d’endurance.

Si la Franc Maçonnerie fait renaître en nous Hiram l’homme du devoir, elle nous ouvre les voies de la philosophie avec la mort de Socrate, philosophe que ses concitoyens athéniens condamnèrent pour avoir fait accéder à la pensée sans entraves et au sens de la vérité.

Le combat d’Hiram et de Socrate sont donc les mêmes parce que la philosophie est une initiation à la Vérité, et que l’initiation maçonnique est bien initiation à la philosophie en tant qu’amour de la sagesse.

La Vérité et la sagesse forment un binôme inséparable et les textes sacrés sont suffisamment explicites à ce sujet. Le Verbe et la parole sont adressés aux hommes par Jean l’évangéliste qui nous dit dans jean1.14 ;


La parole était pleine de grâce et de vérité


Le christ a dit «  Je suis la Voie, la Vérité, la Vie »


Dieu a dit « Je suis la Lumière et la lumière est vérité ».


La vérité est alors devenue symbole deBeauté et de justice ».


Rappelons que le« Livre de la Sagesse »est attribué à Salomon auquel nous Franc Maçons nous nous référons.

Dans ce postulat global, nous trouvons toujours un dénominateur commun ; la Vérité qui devient un principe personnifiéque nous Francs Maçons appelons le Grand architecte de l’Univers ;

Aussisi nous suivons la Voie à la recherche de la Vérité durant notre vie Maçonnique, peut être ne trouverons nous pas la vérité ni n’atteindrons la sagesse telle que définie, mais peut être deviendrons nous des maçons plus sages.


A ce stade, on peut se poser un afflux de questions :


– Qu’est ce donc vraiment que la vérité,


– Y a-t-il seulement une vérité ?


– Faut il être initié pour atteindre la Vérité ?


– Y a t’il des Vérité indiscutables ?


– Avons-nous des devoirs envers la Vérité ?

Autant de questions auxquelles je ne puis répondre, mais j’ai la certitude que mon travail en loge de perfection me permettra de trouver quelques réponses.

Je pense que c’est en faisant la distinction entre connaitre et penser que nous approcherons de la Vérité, parce que la pensée forge l’opinionet le jugement ; Quant à la Connaissance elle se constitue à partir de réalités objectives.

Le triomphe d’une Vérité incontestée mettrait fin aux disputes et aux guerres,elle conduirait sans doute les hommes au bonheur. Malheureusement si la Vérité nous était donnée il n’y aurait plus ni philosophie, ni religion, ni science. Chaque individu, chaquefranc Maçon devra accomplir son chemin pour trouver sa Vérité. Il Faut cependant tolérer et accepter celle des autres, sans quoi nous tomberions dans l’intolérance et le fanatisme.

Il faut cependant garder à l’esprit que la Vérité est inaccessible à l’esprit humain, il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais.

La vérité ne se révèle que dans un effort de dépassement de l’apparence ;

Le franc Maçon est un chercheur insatiable de Lumière, de Vérité mais il est aussi en quête de la parole perdue. C’est l’homme nouveau qui renaît de la décomposition de la chair mais celui-ci ne sait ni lire ni écrire. Il se reconstruit à partir du verbe à mesure qu’il s’élève et met sa raison à l’épreuve.

La symbolique du tablier du Maître secret est là d’ailleurs pour nous rappeler le conflit perpétuel qui existe dans l’univers matériel et dans l’âme de tout homme, entre lumière et ténèbres, le bien et le mal, entre Vérité et erreur.

Porteur de sa clé d’ivoire le maître secret est en recherche pour comprendre les mystères du rite, clé indispensable pour trouver la Vérité et la parole perdue et accéder au saint des saints depuis la chambre du milieu.

Une questionse pose s‘agit il de la parole ou de la sagesse perdue ?

Le thème de la parole perdue enseigne la nécessité de remonter vers le sens, de redécouvrir la plénitude du sens des symboles après en avoir extrait des significations ;C’est l’enseignement de l’énergie à restituer. C’est le thème de la régénérescence, du rythme de la vie.

La parole est perdue lorsque l’on n’est plus à même de produire une parole nouvelle à propos des symboles. La parole est perdue chez ceux qui croient avoir tout dit, ceux la mêmes qui disent qu’il n’y a rien à voir la où eux-mêmes ne voient rien. La parole perdue est à retrouver, sa quête exige une remise en question de toutes les certitudes acquises. Il faut mourir à un mondeencore et encore, …aller plus loin.La recherche de la parole à laquelle est associée nécessairement la prononciation de cette parole, est l’essence de la démarche initiatique proposée par la franc maçonnerie, cette démarche est commune à toutes les pédagogies initiatiques de toutes les traditions.

Au cours de son voyage, le franc maçon en quête de la parole perdue visite plusieurs passages, ces passages correspondent aux degrés.

Le passage d’un degré à un autre crée une rupture stimulante avec l’habitude ;Un paysage trop familier cesse d’être regardé. Il faut pour avancer se voir vivre dans un autre contexte

La recherche de cette parole perdue me semble être une variante du mythe de la recherche du paradis terrestre. C’est la sagesse originale qui aurait été perdue par la faute de l’homme. De la même façon que les véritables secrets du Maître maçon ont disparus à tout jamais avec la mort du vénéré Maître Architecte Hiram.

Mais que veulent dire ces mots recherche de la Vérité et de la parole perdue ?

Le catéchisme du Maître secret nous dit que la Vérité c’est la lumière placée à la portée de tout hommequi veut ouvrir les yeux et regarder la route du devoir qui y conduit sûrement.

Ainsi la parole perdue serait la Connaissance du Devoir connu des anciens initiés.

La transmission initiatique se fait par la voix, dont on ne peut négliger les effets ; En loge,parole, symbolisme et rituel, la répétition jouant son rôle quelque peu incantatoire, persuasif et réconfortant dans sa permanence, l’apprentissage se fait,tantôt en horizontal tantôt en vertical mais toujours en boucle.

Tout commence par la parole ;la parole nomme et par là crée. C’est ainsi que l’on a pu dire « au début était le verbe ».Mais la parole dénomme aussi ; elle peut tout aussi accompagner la mort. Fiel au cœur ou miel dans l’oreille ;,elle peut mener à tout. Si elle est capable d’ouvrir, quand elle fait tilt, elle ouvre beaucoup de portes, autant elle en ferme certainement plus ;Combien de personnes n’ont-elles pas péri pour n’avoir pas su tourner leur langue 7 fois ? L’Art initiatique offre l’engagement et le sens du devoir . il permet de s’éclairer soi-même par l’énergie du dedans et d’éclairer les autres par l’extériorisation de cette énergietirée du plus profond de chacun de nous. Nous l’exprimons par la parole mais aussi par notre attitude de chercheur permanent.

Je pense personnellement qu’il s’agit symboliquement de cet âge heureux et légendaire où l’homme vivait au milieu des dieux, où il comprenait leur langage et le sens de l’univers ; La parole perdue serait en fait le symbole du lien perdu avec la perception du principe de la grande architecture de l’univers qui donne un sens à notre vie,à notre passé, à notre mort, à notre présent et à notre avenir.

Saint Jean rapporte qu’au commencement était laParole et que la Parole était Dieu, elle était la vie ; chassés du jardin d’éden Adam et Eve ont errés hors de la voie voulue par le créateur ; la sagesse leur aurait donc échappée et ils auraient découvert le chaos, la souffrance, la misère et la désespérance ; c’est par le doute et par la faute que l’Adam primitifa vu la parole se perdre en lui. Dans cet esprit la Parole perdue signifierait la dissociation,la mésalliance, la rupture du Créateur avec la créature.

La recherche de la parole perdue deviendra donc la quête de la perfection spirituelle pour que l’homme puisse réintégrer son état original,

Retrouver la parole perdue serait donc accéder au divin, et par là même retrouver le nom incommunicable par lequel le créateur et l’âme se reconnaissent et communiquent.

; les Maîtres ne détiennent plus le secret de la loi et le temple reste inachevé ;Le mot sacré des Maîtres ne se prononce plus et l’on pense que la Parole est également perdue pour toujours ; cette parole c’est la sagesse qui à l’exemple de Salomon nous permet de gouverner notre vie avec notre cœur notre intelligence, notre DEBIR intérieur ;

Laparole est elleperdue ou est elle voilée ?

La parole se perd par et avec la perte simultanée de celui qui la détenait. Sa quête s’apparente à la recherche de l’innommable parce que étranger au chercheur et inconnu de lui.

Sans la parole, peut il y avoir une vérité ?

; cette Parole nous la retrouverons cachée sous les mots Amour et vérité au tréfonds de notre conscience

Chercher est parfaitement louable, mais savoir et connaitre ce que l’on cherche demeure la seule démarche authentique ;

Peut être cherchons nous ce que sommes,mais aussi ce que nous étions ;au fil du temps, l’habitude, l’indifférence aux autres,à nos proches, nous ont fait perdre la parole qui réconforte,qui rassure et qui dévoile nos sentiments !on ne peut progresser seul, et laisser nos proches en chemin !

Mais dans notre recherche, ne nous trompons pas de méthode,ni de lumière, ne cédons pas à la facilité, tel le célèbre mystique musulman bien connu,Nasreddine Hodja, le fou qui était sage :

Tard dans la nuit, Nasredine Hodja était dans la rue, sous un lampadaire, à tourner en rond ; son voisin le voyant lui demande :


Que fais tu Nasreddine si tard ?


J’ai perdu la clef de ma maison


Je vais t’aider à la retrouver ;es tu sur de l’avoir perdu ici ?


Non je l’ai perdu dans l’autre rue là-bas !


Pourquoila cherchestu ici ?


Parce que là-bas il fait sombre, ici il y a de la lumière !

Pourconclure je citerai le soufi RUMI « la lumière est vie  mais elle est une épreuve pour celui qui a de mauvais yeux. » 

J’ai dit trois foispuissant vénérable Maître.

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