18° #415012

Gardien de la voute sacrée

Auteur:

D∴ R∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepte
Ordo ab Chao
Sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté Egalite Fraternité

Votre Président m’a demandé de vous livrer mes réflexions sur GALAAD. Il est le gardien de la voûte sacrée, fils de « SOPHRONIE », et est représenté dans l’atelier du 14ème degré par le « Garde des Sceaux ».

Pour faire connaissance avec GALAAD, il faut revenir brièvement sur la légende du 14ème degré.

Lorsque la construction du temple fut terminée, Salomon reçut les plus vertueux des Chevaliers de Royal Arche et les investit du degré de perfection. Il leur fit promettre encore de s’assister mutuellement dans le besoin, de punir sévèrement la trahison, la perfidie et l’injustice. Puis il les bénit et leur dévoila l’Arche d’Alliance.

Il les embrassa et remit à chacun d’eux un anneau d’or en signe de l’alliance qu’ils avaient contractée avec la vertu et les hommes vertueux.

Salomon, si sage et si vertueux, devint sourd à la voix de l’Eternel. Il oublia la bonté de Dieu et se laissa aller à la licence.

Ce comportement déchira le cœur des Grands Elus Parfaits et Sublimes Maçons qui pourtant persévérèrent à guider leurs enfants sur le sentier de la vertu.

Devant ces crimes, Dieu inspira NABUCHODONOSOR roi de Babylone d’assiéger Jérusalem et de la détruire.

Lors de l’invasion du temple GALAAD était de garde dans la voûte sacrée. Il préféra perdre la vie en restant enseveli sous les ruines du temple, plutôt que de laisser découvrir par sa fuite le trésor confié à ses soins.

Dès que les grands élus eurent pénétré dans la voûte, ils s’écrièrent Dieu soit loué nous l’avons trouvé.

Ils effacèrent le nom sacré gravé sur la plaque d’or et placèrent celle-ci dans l’Arche qui renfermait les tables de la loi, et d’autres précieux trésors, cassèrent la pierre cubique d’Agate, renversèrent le piédestal, et creusèrent un trou de 27 pieds de profondeur, où ils enfouirent le tout.

Ils couvrirent le corps de GALAAD d’une table de marbre.

Ils se retirèrent résolus de ne confier qu’à leur mémoire le grand nom et de le transmettre à la postérité que par tradition. C’est de là que vient l’usage de l’épeler.

GALAAD, chef des lévites, à donc décidé, en conscience, dans le parfait respect de son serment, de se sacrifier, de donner sa vie à « la cause ».

Le thème de ce travail, est donc de réfléchir, sur le sacrifice, pas n’importe lequel, mais le sacrifice suprême, celui de sa vie.

Cela ne vous rappelle t-il rien mes Frères ?

Revenons un instant au 3ème degré, et rappelons nous le sacrifice de notre Maître HIRAM, qui assailli par trois mauvais compagnons, leur résista et paya de sa vie, son silence, afin de ne pas dévoiler le secret des Maîtres Maçons à qui n’en avait pas qualité.

Au cours de la cérémonie d’exaltation, le Très Vénérable Maître, prononce la phrase suivante :

« Ainsi périt l’homme juste, fidèle au Devoir jusqu’à la mort ! »

C’est la première fois que la notion de « Devoir » est évoquée, nous la retrouverons bientôt au degré suivant. Mais d’ores et déjà, cette notion unit dans la mort Maître HIRAM et GALAAD.

A la réflexion, il m’apparaît une subtile différence entre les deux sacrifices. Celui de Maître HIRAM, est sans conteste un sacrifice subi, alors que celui de GALAAD un sacrifice choisi, mûrement réfléchi, avec une détermination sans failles.

De plus, HIRAM protégeait le « mot des Maîtres » qui permettait à ceux-ci de percevoir leur salaire. Les trois mauvais compagnons, en dehors de la curiosité poursuivaient un but mercantile et intéressé.

De son côté GALAAD, ne défendait pas simplement un lieu « Sacré », il le protégeait de toute son « âme ».

Il était le chef des Lévites, donc il était le grand prêtre seul habilité à entrer dans cet espace, juste avant le « Saint des Saints », ou se trouvait l’Arche d’Alliance.

Etant un homme vertueux, motivé par l’amour de la vertu, c’est-à-dire le courage en toutes choses, il a fait son Devoir car il est « le Devoir ».

Sa démarche représente « l’ultime perfection » que nous sommes censés découvrir au 14éme degré.

Lors de notre initiation au 4éme degré, nous sommes passés :

D’un ensemble composé symboliquement d’un espace matériel en quête de rigueur (l’équerre), complété par celui de l’ouverture d’esprit (le compas), qui caractérise le 3ème degré.

A celui d’un espace harmonique, alliant d’une part, une démarche temporelle, conjuguant temps et espace, et d’autre part un besoin d’élévation spirituelle, et ce avec les mêmes symboles que précédemment.

Cela nous a permis de prendre conscience que symboliquement nous étions « le Temple », et que nous devions nous préparer à y inclure le « Saint des Saints », lieu ou se trouvent à la fois, l’espace, le temps et la « Spiritualité ».

Mais le chemin ne s’arrête pas là, car la teneur de ces degrés nous donne la capacité de raisonner, sur les notions fondamentales que sont le bien et le mal, mais également de nous élever sur le plan spirituel.

Au 4ème degré, il nous est expliqué qu’il n’y a réellement d’admirable que la Loi Universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble, et chaque chose dans son détail.

Ensuite nous parcourons le long chemin qui mène du 5ème au 14ème degré, accompagné en filigrane par la notion du « principe créateur ».

Ainsi, notre chemin initiatique, accompagné constamment par le Rite Ecossais Ancien et Accepté, tel une spirale ascendante, nous aide à gravir notre montagne spirituelle, vers un sommet que nous savons inaccessible, en approfondissant des notions déjà vues, d’un point de vue à chaque fois un peu plus élevé.

Le sacrifice de GALAAD est exemplaire, car seul, dans le fond de sa voûte, à l’abri des regards, personne n’aurait pu lui reprocher de s’enfuir discrètement pour sauver sa vie. Mais non, il a été son propre juge, et s’est laissé ensevelir sans se dévoiler.

On pourrait presque affirmer, que ce sacrifice est expiatoire, et destiné à effacer les turpitudes de Salomon.

Dans le secret du miroir de notre conscience, avons nous toujours eu l’attitude courageuse, face à des menaces ou des décisions difficiles ?

Notre structure morale est-elle exigeante ou souple ?

Alors, abandonnons GALAAD à son tombeau et tentons de renaître en lui, et par son exemple.

Le Temple matériel étant détruit, il restera détruit, seul le Temple spirituel, notre Temple intérieur pourra se reconstruire, individuellement, pierre par pierre, afin que la vertu et les hommes vertueux puissent se reconnaître, se rassembler de nouveau, et ensemble poursuivre « l’œuvre ».

La Franc Maçonnerie nous enseigne à « fuir le vice et pratiquer la vertu ! » Tous les serments solennels que nous avons prêté durant notre parcours Maçonnique « devraient » nous conditionner positivement à être un homme « debout », un homme « véritable » ; un homme vrai en toute circonstance.

Le jour, j’espère « très lointain », ou je devrais affronter le regard du Grand Architecte de l’Univers, j’aimerai qu’il m’ouvre les bras, sans reproches, et me donne la triple accolade, en me disant « Prend place mon Frère, et va rejoindre dans la joie des retrouvailles tes Frères, et tous ceux que tu as aimé ».

Chacun de nous, à son pas, sans hâte excessive, mais avec sincérité, détermination, volonté et assiduité, suit un parcours forcément individuel, mais enrichi par un échange constant avec ses Frères.

Très Cher Frère Président,

Et vous tous mes F F en vos degrés et qualités,

J’ai dit !

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