18° #415012

Les voyages du Chevalier Rose-Croix

Auteur:

L∴ O∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au Nom et Sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité – Fraternité

A182-E-1

Les voyages au cœur de soi même en cherchant à retrouver la Parole Perdue, revivifient la Parole de vérité qui est en chacun de nous.

Très sage Athirsata et vous tous mes bien-aimés FF Chevaliers.

Vous n’êtes pas sans savoir que la F M en général et notre ordre en particulier sont jalonnés de références judaïques, nos rituels sont aussi parsemés de mots et expressions hébraïques, ceci pour vous indiquer pourquoi je débuterai cette colonne gravée par un emprunt à la cosmogonie juive.

(IAVE) Jéhova s’ennuyait dans son immensité, il est écrit dans les textes, « Le visage a voulu voir le visage », Il créa une matrice dans laquelle il s’enfanta lui-même, puis Il créa, dans son esprit, un être à son image, l’Adam Kadmon, contenant les 2 principes, (Male et Femelle), mécontent des actes de sa créature le Créateur la chassa de l’Eden, c’est-à-dire qu’il la fit passer du plan de l’esprit au plan matériel, l’involution fut rapide, d’un seul être dans l’esprit ils se retrouvèrent 2 dans le plan terrestre, (créés côte à côte, selon la traduction et non Eve tirée d’une côte de Adam) un homme, Adam, une femme, Eve, je cite la Bible, « Ils s’aperçurent qu’ils étaient nus et se vêtirent de peaux de bêtes ! » (Voir la lame 13 du tarot initiatique appelé l’arcane sans nom).

Et voilà comment par le jeu de l’involution, l’être qui était dans l’esprit de Dieu, donc par essence, immatériel, devint 2, 2 créatures ravalées au rang de l’animalité, ayant revêtus des peaux de bêtes, (symboliquement il s’entend !).

Tous les ordres initiatiques emploient des rites de passages, faisant la part belle aux voyages extérieurs ou intérieurs à l’être désirant s’élever spirituellement.

Nous Maçons n’échappons pas à cette règle, que ce soit lors de notre initiation première, ou bien lors des rites de passages successifs à de différents grades et degrés.

C’est pourquoi j’ai pris comme trame à cette colonne gravée, à la fois l’involution de la créature et sa ré-évolution, ou du moins ses tentatives de retrouver sa place originelle. Cela me paraissant correspondre à la question qui m’a été posée « Les voyages du CRC » sous titré : « Les voyages au cœur de soi-même en cherchant à retrouver la Parole Perdue, revivifient la Parole de vérité qui est en chacun de nous ».

« Celui qui n’est pas fait pour le but n’est pas fait pour le chemin » auteur inconnu, ou encore. « Le but n’est pas le But, c’est le chemin pour y parvenir qui est déjà le but ! » Dalaï Lama.

Ce chemin, ces voyages initiatiques s’accomplissent pour ma vision, dans l’arbre de vie des sephirot, que ce soit dans l’involution de l’être, 11 stations (10+1 sephirot à traverser) ou de la remontée vers le créateur (10+1 sephirot à retraverser), d’où 22 stations, soit autant que de lettres hébraïques et d’arcanes majeurs du tarot initiatique.

Notons toutefois une particularité dans l’arbre des sephirot il y a 10 sephirot et une virtuelle DAATH (nous y reviendrons dans la conclusion), descente + remontée 10 + 1 plus 10 + 1, de la même façon que dans les arcanes majeurs du tarot il y a aussi 2 particularités, 20 lames portant un nom et un nombre, 1 nommée le Mat est non numérotée, l’autre numérotée la lame 13, appelé Arcane sans nom, d’où 22 lames majeures.

Il faut aussi savoir qu’il existe 4 arbres séfirotiques, un au niveau de la Terre, un au niveau de l’Air, un au niveau de l’Eau et enfin un au niveau du Feu. Soit, Assiah (Appelé, Monde d’en bas, Monde de l’action ou de la fabrication, Monde de la manifestation corporelle ou grossière), Yetsirah, (Appelé Monde de la manifestation subtile, Monde intermédiaire angélique, Monde de formation), Briah (Monde de la création, Monde de la manifestation universelle, le Monde où apparaissent les âmes), enfin Atsilouth (Le Monde d’émanation, c’est-à-dire le plus proche de la source de la création, l’Ein-Sof).

Comme dans le tarot initiatique il existe dans les lames mineures, les Deniers correspondant à la Terre, les Bâtons au Feu, les Coupes à l’Eau et les Epées à l’Air.

Laissons là ces particularités communes entre l’arbre de vie et le tarot initiatique et focalisons-nous sur la première partie de la question posée.

Il semblerait que pour toute « remontée » vers lui, le créateur ait placé à des endroits stratégiques, ce que j’appellerai des verrous, ces verrous seraient, selon mon entendement, les multiples défauts que l’on trouve dans l’être humain.

A ce stade là nous pouvons entrevoir ce que les multiples rituels, qui nous ont amené à notre degré, nous ont permis ou tout du moins montré comment tenter d’éradiquer certains de ces défauts pour les remplacer par quelques vertus, celles-ci nous permettant de nous élever spirituellement. Je vais ici en faire un bref rappel : Les 4 vertus cardinales : Le Courage, la Justice, la Prudence et la Tempérance, ainsi que les 3 vertus théologales : la Foi, la Charité et l’Espérance.

Je me pencherai sur les 3 derniers voyages que nous accomplissons lors de notre passage au 18ème degré alors que nous ne sommes encore que Chevaliers d’Orient et d’Occident, et les voyages nous permettant de retrouver la Parole perdue. De précieux indices dans le rituel d’initiation nous indiquent le but de notre recherche, on nous laisse entrevoir qu’il faut sortir de la construction du temple extérieur pour nous consacrer à la construction d’un temple spirituel. Je cite :

« Instruit par vous du degré de Chevalier d’Orient et d’Occident, nous avons compris la nécessité de l’édification d’un Temple spirituel. Mais hélas nous avons perdu la Parole et nous espérons avec votre aide, la retrouver ». La phrase suivante vient corroborer, s’il en était besoin mon idée première développée dans les paragraphes précédents : « Nous venons donc vous demander de nous guider dans notre cheminement initiatique vers la connaissance du Principe créateur ».

Les verrous nommés : ignorance, fanatisme et ambition, physiquement représentés par les 3 mauvais compagnons, dont le sort nous est connu, mais pourquoi les amener devant Salomon ? Pour prouver au créateur que nous nous sommes débarrassés de 3 défauts, nous avons fait sauter 3 verrous, Salomon représentant Dieu sur terre, dans le plan terrestre, nous prouvons ainsi que nous avons éradiqué en nous l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. Ce, en nous, par notre connaissance intime et intérieure de nous-mêmes. Se faisant nous nous rapprochons petit à petit de l’Eden dont nous avons été chassés !

Notre démarche physique se transforme en démarche psychique, puis spirituelle, puisque au lieu d’un Temple extérieur toujours en butte aux attaques de la bêtise humaine, touchant à la bestialité à laquelle nous avons été assimilés, nous cherchons à construire un Temple intérieur, spirituel, qui sensément sera à l’abri de ces attaques extérieures.

C’est ensuite, dans, ou par cette construction intérieure que nos voyages nous permettrons de retrouver la Parole Perdue, celle-ci est retrouvée lors de notre voyage dans les ténèbres sous l’aile du Phénix au moment où il renait de ses cendres. C’est dire notre noirceur intérieure qui est évoquée ici, l’obscurantisme extérieur n’étant rien à côté de ces ténèbres personnelles, qu’il nous conviendra de combattre, mais aussi longue, profonde et noire que soit une nuit elle n’a jamais empêchée le soleil de se lever. L’étincelle du créateur qui est en nous ne demandant qu’à croître et se développer.

La Parole Perdue qui est retrouvée nous donne une indication précieuse quant à la valeur de l’élément Feu, à la fois purificateur mais aussi illuminatoire. L’endroit où est retrouvée cette Parole perdue fait la part belle à l’élément Feu. Et la traduction que nous privilégions de Igne Natura Renovatur Integra (La nature est renouvelée intégralement par le Feu) nous donne une nouvelle indication signifiant la Nature qui nous entoure tout autant que la Nature intérieure et personnelle de chacun de nous !

Même si le rituel dit au sujet d’I.N.R.I. : « La pluralité d’interprétations indique assez que la Parole n’a été retrouvée que symboliquement, sous une forme substituée. Certains rituels anciens assimilaient la Parole perdue au Verbe de l’Evangile de Saint Jean. Sa recherche se confond avec celle de la Vérité. Elle demeure la tâche fondamentale jamais achevée des CRC ».

En nous purifiant de nos scories spirituelles, le Feu, de purificateur devient illuminatoire, car les voiles qui masquent notre vérité intérieure se consument peu à peu dévoilant et revivifiant ainsi la Parole de vérité qui est en nous.

Est-il possible à ce stade de réflexion, de tenter d’aller plus loin, d’essayer de définir quelle peut-être cette Parole de vérité, est-elle le dénominateur commun à tous les êtres humains ?

C’est par la force de la pensée, par la volonté du créateur, du GADLU, que tout ce qui précède à été possible, c’est donc par la force de la pensée, appuyée par nos rituels que nous pouvons retourner aux origines.

Je vais encore me servir de l’arbre de vie des sephirot, et de la sephira virtuelle DAATH, quelles sont ses particularités ?

DAATH se situe dans ce qu’il est convenu d’appeler l’Abîme, elle est indiquée en pointillé entre le monde physique représenté ci-dessous par la ligne supérieure Chesed/Geburah et le monde spirituel représenté par la trinité Binah, Hokma, Keter.

Elle représente la pierre au milieu du fleuve, mais si l’on a beaucoup d’élan physique en venant du monde matériel pour y accéder, lorsque l’on y arrive, on y stationne, nous n’avons plus suffisamment de place pour prendre l’élan pour nous projeter dans la trinité spirituelle, Hokmah (la Sagesse), Binah (la Compréhension) et Keter (la Couronne ou encore la Conscience).

A182-E-2

C’est à ce stade que l’initié Jésus a prononcé ces mots « Elôi, Elôi, lama sabachthani ». (Mathieu 27/46) Traduits communément par « Dieu, Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Car même s’il avait la préscience, la conscience d’être le fils de Dieu, il ne pouvait qu’attendre à ce niveau là que Celui-ci vienne le chercher, il ne pouvait pénétrer seul dans le monde spirituel, il lui fallait le Guide Suprême.

Cette séphira DAATH a comme image magique un animal mythique, en forme de S, un serpent à 2 têtes, chacune regardant dans une direction, son nom : l’amphisbaena, seriez vous étonnés mes bien-aimés FF si je vous disais que chacun de nous en porte un à sa taille ? C’est le crochet qui retient notre tablier, vous vérifierez lorsque vous quitterez vos décors.

Que veut dire DAATH, à la fois Connaissance et Amour, les archanges qui la représentent, sont ceux des 4 points cardinaux, avec les évangélistes correspondants, ainsi que les 4 bêtes de l’apocalypse.

Soit, Jean et l’aigle (Equinoxe d’automne), Marc et le lion (Solstice d’hiver), Luc et le taureau (Equinoxe de printemps), Mathieu et l’ange (Solstice d’été). Encore un lien avec une lame du tarot initiatique la lame 21, Le Monde, puisque on y retrouve ces 4 représentations.

En quoi cette sephira nous aide-t-elle ? Elle est idéalement située à l’orée de la lumière de la trinité divine nous évitant de nous y bruler, tant physiquement que spirituellement, j’ai présenté il y a quelques mois une planche, ici même au 14ème degré, intitulée « Quand l’élève est prêt le Maître apparaît » c’est sur DAATH que cette formule prend tout son sens, en effet le Maître peut apparaître de 2 façons, soit comme l’espère vainement le crucifié, en venant le chercher, soit parce que lui-même ayant atteint sa propre sublimation peut affronter sans crainte la lumière Divine, là encore sublimation venant du latin sub limen, en dessous du seuil, signifie bien d’aller chercher au fond de nous même, l’étincelle Divine, qui, si elle a, grâce à nos effort de nettoyage de nos scories, suffisamment grandie pourra contrebalancer l’aveuglement qui nous attend.

DAATH est l’unité la plus élevée dans le Monde des formes, la méditation du LOGOS a lieu en DAATH car c’est à partir d’elle que les Forces supérieures sont attirées au travers de l’Abîme pour se manifester dans la Forme comme connaissance abstraite, ici synonyme de Foi.

DAATH se trouve sur le 13ème sentier de remontée de la créature vers son Créateur, rappelez vous mes FF la lame appelée « L’Arcane sans nom ».

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Certains auteurs la nomment à tort « La mort », si on la détaille attentivement on s’aperçoit qu’il ne s’agit pas d’un squelette, ce qui pourrait avaliser cette appellation, mais d’un être dépouillé (sans la peau), car symboliquement que quitte-t-on lors de notre initiation 1ère ? La dépouille du vieil homme, donc toujours symboliquement, pour retrouver le GADLU on doit se débarrasser des peaux de bêtes dont Adam et Eve se sont vêtus lorsqu’ils ont été chassés du Paradis !

Enfin mes FF je vais terminer par l’attribut de DAATH qui me paraît le plus important, à savoir l’Amour, car s’il est un véhicule puissant d’élévation de l’être ce ne peut être que l’Amour, entendez bien mes FF, non pas l’amour partage, mais l’Amour « DON », car pour moi lorsque l’on partage quelque chose ce qui reste est amoindri alors que lorsque l’on donne, la quantité reste au minimum la même et parfois même a grossi d’autant. (Ne dit-on pas un Amour infini) !

Qu’en est-il de cet Amour que quelques initiés au travers des siècles ont tenté de faire DON à l’humanité, toutes races et toutes religions confondues ? De tous ces Initiés qui ne pouvant Aimer qu’un seul être à la fois donnent tout leur Amour à tous.

La, pour ne pas dire, « les » difficultés que tous ces grands Initiés ont rencontré, c’est, comment exprimer ce sentiment ? Pour qui connaît la mécanique du DON de l’Amour et de la progression qui s’ensuit dans l’Initiation, cela semble simple, mais pour nous humbles initiés sur nos chemins semés d’embûches, qu’en est-il ?

L’être humain est ainsi fait que tout ce qui est simple paraît trop facile, et qu’il compliquera les choses à loisirs, estimant que toute chose doit se mériter, et que plus difficile sera la tâche, meilleure et plus haute sera la récompense !

Alors qu’il serait si simple, de faire le vide en nous, pour que l’Amour Divin, du GADLU se déverse en nous, mais qu’il ne fasse que transiter, car nous ne sommes et ne serons jamais que des canaux de passage entre Dieu et l’humain, entre le GADLU et le F M.

Pour finir mon propos je vais me lancer dans une construction hasardeuse, dans un recollage symbolique, en hébreu le Yod est l’attribut d’Adam, Hé, Vav, Hé, est celui de Eve, lorsque l’on « recolle » Adam et Eve on obtient Le Yod, Hé, Vav, Hé soit le tétragramme sacré, l’Adam Kadmon est recréé, la créature a retrouvé son créateur, une dernière parenthèse, vous savez que chaque lettre hébraïque a sa propre valeur numérique, la valeur de Adam en hébreu est 45, celle de Eve de 19, la différence entre Adam et Eve est de 26 valeur du tétragramme sacré, yod, hé, vav, hé. Et c’est ce qui les unit ! Voilà mes FF un long propos pour exprimer comment « Les voyages au cœur de moi-même m’ont permis de revivifier ma Parole de Vérité ». A mon humble avis et pour moi la Fameuse Parole Perdue n’est autre que « l’Amour », et ce n’est pas pour rien qu’elle est la Parole, fil rouge de notre 18ème degré.

Je terminerai enfin par cette pensée de Saint Augustin :

« L’Homme EST ce qu’il Aime.
S’il Aime une pierre, il EST une pierre.
S’il Aime un Homme, il EST un Homme,
S’il Aime Dieu, je n’ose en dire plus
Car si je disais qu’en fait il EST Dieu.
Peut être me lapideriez vous ! »

J’ai dit Très Sage

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