Hélas ! La charité s’est éteinte ! La nécessaire obligation du C R C de garder la flamme de la charité allumée
T∴ G∴ M∴ C∴ K∴ H∴
ALGDGADL’U
Ordo ab chao
Deus Meum Que Jus
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême conseil
pour la Côte D’ivoire
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du
33ème et dernier Degré
Du Rite Ecossais Ancien et Accepté
Lors de sa réception au 18ème degré, le chevalier d’orient et d’occident en voyageant, voit à son invocation, s’illuminer au fur et à mesure les trois vertus théologales : la Foi, la Charité et l’Espérance. Mais à l’entame de son retour vers le monde profane, ce dernier voit progressivement s’éteindre ces trois vertus.
Qu’est-ce à dire ? Celui qui a librement contracté une alliance avec la vertu en tant que GEVS, serait-il aujourd’hui, enclin à ne pas pratiquer les vertus, tant clamées dans nos temples, une fois revenu dans le monde ? Les pesanteurs profanes, prendraient-elles, le dessus sur lui et l’empêcheraient-elles, de maintenir actives les flammes de ces vertus en dehors de nos temples? T S A, à l’heure ou le soleil s’obscurcit, ma colonne gravée de ce soir, portera sur le thème : « Hélas ! La charité s’est éteinte ! : De la nécessaire obligation du CRC de garder la flamme de la charité allumée ».
Dans un premier temps, nous évoquerons la charité dans les diverses traditions, puis nous aborderons la problématique de la diffusion de la charité hors de nos temples et enfin nous parlerons de l’impérieuse nécessité de tout CRC de garder la flamme de la charité allumée.
La charité dans les différentes traditions
La charité participe de l’Amour, de l’Amour vrai et, la quasi-totalité des traditions, trouve leur fondement en elle.
En effet, dans la tradition chrétienne, la charité est la vertu reine qui prône l’amour de DIEU et de son prochain. Elle est la vertu théologale par laquelle on aime Dieu et son prochain comme soi-même. C’est la volonté de l’homme à faire le bien, de manière désintéressée, à l’autre. Elle se traduit par des actes de bienfaisance, l’aumône ou les dons.
La charité, dans l’islam, constitue le troisième des cinq piliers. Elle est non seulement recommandée, mais également obligatoire, pour tout musulman financièrement stable. La zakat ou « charité obligatoire » est sensée purifier le cœur de toute personne de l’avarice. Elle exprime la gratitude du musulman envers Dieu.
L’enseignement maçonnique met également au centre de ses préoccupations, la pratique de la vertu et en particulier, celle de la charité. En effet, dès le premier degré, le catéchisme de l’apprenti recommande au franc maçon, qui désire se perfectionner, de tresser des couronnes pour la vertu et creuser des cachots pour le vice. Cette orientation est confirmée au troisième voyage de l’initiation par le V M en ces termes : « Puisse le feu qui vous a enveloppé se transmuer dans votre cœur en un amour ardant pour vos semblable ; puisse la charité inspirer désormais vos paroles et vos actes ».
De ce point de vue, le maçon dont l’Amour est décuplé pour les autres, est plus à même à leur être charitable. C’est en cela que pour nous, Francs-maçons, dont but primordial est la construction de notre temple intérieur spirituel, la charité s’assimile à l’AMOUR ABSOLU, l’amour de soi, l’amour des autres, elle se veut désintéressée et ne représente en rien l’aumône. Mais à l’orée du 18ième degré, alors que la charité est sensée constituer pour lui, un des piliers de l’enseignement maçonnique, le chevalier d’orient et d’occident, qui regagne le monde profane, voit contre toute attente, s’éteindre cette vertu avec une exclamation digne d’une interpellation :
HELAS ! LA CHARITE S’EST ETEINTE !
Serait-ce un hasard que cette exclamation soit introduite dans nos rituels ? nos devanciers auraient-ils remarqué l’extinction de cette vertu en dehors de nos temples ? Pour ma part, il me semble que ce constat est toujours d’actualité.
La difficile mise en application de la charité hors de nos temples
CONSTATS ET LES PRINCIPALES CAUSES DE L’EXTINCTION
En effet, T S A et vous tous mes frères, nous constatons à regret, à l‘instar de nos devanciers, que pour nombre d’entre nous, la Franc-maçonnerie se limite à nous réunir en loge comme les membres d’un Club, sans réellement, tirer profit de la quintessence des rituels et des enseignements précieux qui nous sont transmis notamment, le sens de l’honneur, la solidarité, l’amour fraternel, la charité, l’espérance, la foi en nous-mêmes et en Dieu. Comment le comprendre ? Puisque nous-mêmes, encore plongés dans les ténèbres, de notre plein gré, avons désiré la lumière. Celle-ci, nous l’entrevoyons pourtant dans nos loges, à travers les rituels, symboles et mythes, mais malheureusement, nous ne la répandons que peu ou prou autour de nous, alors que cela relève de notre DEVOIR intrinsèque.
En dehors de nos temples et de nos assemblées, nos égos reprennent le dessus sur nous. L’orgueil, la vanité, la jalousie nous aveuglent et obscurcissent d’un voile sombre (celui de notre réception au 4ème degré), la vérité, l’amour de notre cœur, inhibant par-dessus tout, notre charité envers nos frères et envers autrui. La promptitude à médire et à salir l’honneur des autres nous habite. Nos ambitions personnelles s’enracinent en nous et nous conduisent à nous servir des autres comme des marchepieds ou des faire-valoir, foulant ainsi au pied, tous les engagements que nous avons contractés sur le VLS. La légèreté avec laquelle nous contractons ces engagements est révélatrice d’un état d’esprit qui dessert notre ordre et ne contribue pas à son rayonnement.
Comment avons-nous pu perdre l’amour de nos frères, l’amour des autres, le PARTAGE inspiré par la chaine d’union avec les échanges de proximité, renforcé par les voyages du compagnon qui permettent de s’enrichir par la diversité et réaffirmé par la cène, véritable invite à donner aux autres, le minimum vital (le pain) pour qu’ils soient en vigueur et en santé ainsi que la Connaissance (le vin) indispensable à toute élévation intellectuelle, morale et spirituelle (donner à manger à celui qui a faim, donner à boire à celui qui a soif) ?
Trop souvent, nous n’écoutons plus que la voix de nos passions et de nos ambitions, avec pour corollaire, l’extinction dans la cité, des flammes des vertus théologales, notamment celle de la charité, alors que nous devrions, à tous égards, être les porteurs de flambeau de celles-ci, pour qu’elles s’établissent parmi les hommes.
Le CRC et son obligation de garder la flamme de la charité allumée
COMMENT RALLUMER LA FLAMME
Mais alors, si la flamme de la charité s’est éteinte dans le monde, comment la rallumer ?
En réalité le cycle « Allumage-extinction » est dans l’ordre naturel des choses. La nuit succède au jour et vis-versa. Donc pour nous, initié et CRC, nous savons que si la charité s’est éteinte dans le monde, elle reste néanmoins enfouie en nous, telle une étincelle qu’il convient de raviver. Or, pour nous Maçons, la charité est l’amour de soi et l’amour des autres. Mais avant d’aimer l’autre, il importe de s’aimer d’abord soi-même. N’est-il pas dit que la charité bien ordonnée commence par soi-même ? Et s’aimer soi-même implique que nous soyons en phase avec la vision de notre Etre idéal, entièrement débarrassé des aspérités.
A ce propos, nous devons d’abord nous Connaître Nous-mêmes. C’est donc, armé de son Courage, de sa volonté et de sa Détermination que le CRC va de nouveau, utiliser en permanence la PERPENDICUALIRE, pour faire son introspection, descendre au fond de lui et identifier les maux qui inhibent son amour. Et, par une autocritique constructive, il doit se défaire de son vieux « MOI », incarné par les pesanteurs que sont l’ambition, l’égoïsme, l’indifférence, l’incompréhension, pour, in fine, renaître de ses cendres, le même mais différent à chaque fois avec un peu plus d’amour. Grace à ces visites intérieures, le CRC, se purifie et peut espérer devenir un Etre de lumière dont la flamme d’Amour brille avec tout son éclat. Ainsi purifié, il fait corps avec l’Amour, il s’aime. Il est AMOUR, il est BONTE. Au plan symbolique, il se situe désormais, au centre de la ROSE mystique de la CROIX, où seule règne l’Amour Absolu, quasi sacrificiel. Aussi peut-il désormais, diffuser telle cette rose, les ondes bienfaisantes de l’Amour autour de lui.
Ainsi, le CRC qui a affermi sa foi en Dieu et en lui-même, renforcé son sens du partage et qui se connait soi-même, est désormais enclin à aimer les autres, quels que soient leurs origines, leurs couleurs de peau, leur rang social car pour lui, aller vers l’autre, c’est aller vers lui-même, c’est donc vouloir que l’autre soit lui. A ce titre, il ne peut vouloir pour l’autre, que le BIEN, comme à lui-même. Souvenons- nous, mes frères : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fissent à toi-même ». Globalement, le CRC qui, grâce à son Espérance, apprend à se connaître, s’harmonise avec lui-même et avec les autres. Aussi, devient-il BIENVEILLANT à leur égard. Mais, la BIEVEILLANCE peut-elle, à elle seule, constituer la charité tant attendue du CRC ?
COMMENT ENTRETENIR LA FLAMME ET L’ETABLIR DANS LE MONDE
A ce sujet, pour être véritablement charitable, le CRC doit nécessairement accompagner sa Bienveillance vis-à-vis d’autrui avec des actes de bienfaisance désintéressés qui relèvent de la raison de son cœur, du sacrifie ultime comme le lui commande la CROIX à travers le sacrifice de Jésus Christ pour la rédemption de nos pêchés et comme le lui suggère l’allégorie du PELICAN qui s’automutile, en s’ouvrant les flancs, pour assurer la survie de ses enfants.
C’est pourquoi, le CRC qui a foi en Dieu, en l’homme, en son Espérance dans le devenir meilleur de l’humanité, dans la victoire du bien sur le mal et qui sait que sa durée sur terre est éphémère, doit s’atteler, autant que faire se peut, à poser des actes empreints d’amour et dépourvus de tout intérêt personnel, vis-à-vis de ses frères (les HOMMES). Il doit donc se dépasser et pouvoir aimer au-delà de l’acte qu’il pose, aimer au-delà du geste de la main qui donne, aimer au-delà du sacrifice de SOI, s’oublier soi-même pour le Bonheur de l’autre car le Bonheur de son prochain devient son propre bonheur. Le CRC capable d’un tel Amour qui touche son cœur et son âme, dispose tout son Etre intérieur, affect et intellect à aimer réellement Autrui. Il devient de fait, le PENDANT de Dieu sur terre, donc charitable. N’est-ce pas là, la véritable quête de tout CRC ? Y parviendrons-nous ?
De mon point de vue, nous devrions être tous capables d’un tel amour, car selon la bible, Dieu a fait l’homme à son image. Et la meilleure illustration, à mon sens, est l’amour que nous avons pour notre progéniture, la chair de notre chair. Par amour pour eux, nous sommes tous prêts, tous autant que nous sommes, à sacrifier nos vies, pour sauver la leur, car nous avons le bonheur de savoir qu’à travers eux, au-delà de notre mort, nous continuerons à vivre en eux, avec eux et par eux.
En réveillant un tel amour en lui pour autrui, dans ses élans de générosité, le CRC doit se projeter en permanence au miroir des autres, pour maintenir l’harmonie dans la société, en adaptant ses actes aux besoins de chacun. Grâce à cet AMOUR PURE, son bonheur sera de réconforter ceux qui sont dans l’affliction, porter secours même à ses ennemis, à tous ceux dont la réputation est salie, procurer du travail à ceux qui en ont besoin. Il sera également de contribuer au combat contre l’erreur, les préjugés et à l’éducation. En sa qualité de Bon Pasteur, son bonheur sera aussi de dispenser la connaissance à ses frères et de conduire ceux qui ne connaissent pas le chemin qui mène vers la connaissance dans cette voie, en vue de leur élévation spirituelle. Dans ces conditions, le CRC respectera son engagement et accomplira d’une part, son devoir de disponibilité pour autrui et d’autre part, son espérance en un devenir meilleur pour l’humanité. C’est à ce prix et seulement à ce prix, qu’il peut prétendre entretenir et établir la charité dans le monde.
En définitive, T S A la charité me paraît être la clé de voute du Temple spirituel que tout CRC construit, sans elle, il n’est rien, il n’est pas accompli. Elle participe de l’AMOUR ABSOLU. Elle prend appui sur sa foi en Dieu, en lui-même et est guidée par son Espérance. En réveillant l’amour divin qu’il porte en lui, sans s’en orgueillir, ni faire un décompte de ses actes, le CRC est capable de changer le monde à travers les actes de charité qu’il pose et qui sont susceptibles de se propager de cœur en cœur, telle une onde, et induire de façon générale, un changement d’état de conscience dans la société, dans l’espace et dans le temps. L’amour est à mon sens le combustible de la charité. Sans Amour il n’y a pas de Charité ! Méditons donc mes frères sur le passage biblique (1 Corinthiens 13), « Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. Et quand j’aurai le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurai même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. Et quand je distribuerai tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerai même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert à rien ».
A ce titre, mes frères, pour que nous puissions affirmer, « j’ai ce bonheur », à la question « êtes-vous CRC ? », faisons l’exercice de nous connaître nous-mêmes pour allumer l’Amour Divin enfouit en nous, prenons ensuite notre bâton de pèlerin et allons essaimer la charité en dehors nos temples pour que celle-ci s’établisse parmi les hommes et sur toute la surface de la terre.
T S A, j’aperçois maintenant le soleil poindre à l’horizon avec tout son éclat et cela m’amène à suspendre cette colonne gravée. Vos interventions, synonymes de rayons solaires, l’éclaireront sûrement davantage.
T S A, et vous tous mes frères Chevaliers Rose+Croix,
J’ai dit.