18° #415012

Le plus humble car il est le plus éclairé et il sait que toute inspiration vient d’en haut

Auteur:

F∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC
LES CHEVALIERS DE SAINT-JACQUES


Vallée de Cognac


Consacrée Le 10 Février 2015






Chevaliers Rose-Croix, 18ème degré, il s’agit pour nous de dépasser la dualité par le cheminement initiatique, par la connaissance de soi, par la spiritualisation. Cette dualité que nous subissons, qui nous entrave, nous voulons la dépasser, nous sommes toujours à la recherche de notre unité.



Depuis ce fameux jour où nous avons franchi la porte du Temple, nous sommes passés successivement « d’homme initié », celui qui a reçu la lumière, à « homme véritable », celui qui doit faire vivre cette lumière en lui, pour devenir aujourd’hui « homme clairvoyant », celui qui a vécu une transmutation alchimique.


Chevaliers Rose-Croix, nous savons pertinemment que l’être divin n’est pas atteignable, mais nous devons quand même aller au-delà de l’être, tel que Moïse l’avait reçu : Je Suis. Entre temps, il y a eu cette 11ème porte, nous ne pouvons-nous contenter du seul principe philosophique de l’être. Nous nous présentons désormais comme fils de Dieu, fils de : Je Suis.



En effet, si pour un Grand Elu de la Voûte Sacrée, Dieu est Être, pour un Chevalier d’Orient et d’Occident, Dieu est vie, il est le vivant : l’annonce est faite, Dieu est à la dimension de celui qui le pense.


Et le Chevalier Rose-Croix est celui qui, après avoir été purifié par le feu, devient un « homme spirituel », réceptacle de la Jérusalem Céleste.



Les ténèbres ont envahi le monde, le Chevalier Rose-Croix doit réaliser un monde nouveau, plus spirituel, dans lequel le don de soi va lui permettre d’atteindre les plus hautes valeurs de l’amour.


Il va se révéler à lui-même, va passer de la fraternité à l’amour, de l’initiation virtuelle à sa propre réalisation, ce qui va lui donner la possibilité de s’accomplir, et ainsi, de faire vivre l’ordre, le Saint empire.



Le 17ème degré a vu la destruction du Temple matériel et l’établissement de la Nouvelle Loi, la Loi d’Amour qui a permis l’édification du Temple Spirituel du 18ème degré. Pour ce faire, il a fallu un cataclysme, l’Apocalypse, la révélation de la Nouvelle Loi de l’Agneau. 


Comme le 15ème degré fut témoin de la reprogrammation de la boussole interne de l’initié, le 17ème degré va reprogrammer sa pensée.



Les obstacles rencontrés auparavant n’ont pas nécessairement eu une origine extérieure à nous. Ils étaient la résultante des défauts qui nous empêchaient de poursuivre notre chemin. En apprenant à les maitriser, à améliorer notre connaissance de soi, nous sommes devenus dignes d’être Chevaliers. Ce chemin parcouru, c’est celui qui nous a permis d’accéder au centre de nous-mêmes, d’accéder à notre cœur, qui nous conduit à la révélation de la Parole Perdue, à la parole juste.


C’est cette croisade que le Chevalier Rose-Croix doit réaliser, détruire son Ego pour faire place au plus humble de tous.


La Vraie Lumière nous est connue depuis notre initiation. De fait, nous la recherchons comme la Vérité. Petite lumière à l’origine, elle s’illumine progressivement en nous et autour de nous, au fur et à mesure que nous trouvons l’harmonie et la sagesse.


Notre Temple a été détruit par deux fois, nous sommes encore dans les ténèbres, nous avons accumulé des erreurs en ayant cru accéder à la Vérité, à la connaissance ; nous avons manqué de discernement, de clairvoyance.


Il nous faut revoir notre propre système de pensée, notre conception de l’édifice est à reconsidérer, le Temple à construire doit se bâtir dans notre cœur par la Jérusalem Céleste, le matériau à utiliser n’est plus la pierre, mais la vertu.



C’est à travers le paradigme de l’alchimie que nous allons vivre la transformation de notre homme « matière » en homme « spirituel », par une succession d’étapes qui nécessitent un profond travail sur nous-même.


Première étape, celle de l’œuvre au noir : c’est la calcination, le chaos, la descente dans les ténèbres, au tréfond de nous-mêmes, représentation de la mort et de la putréfaction.


Puis l’œuvre au blanc verra le retour à la lumière, à l’ordre intérieur, c’est la résurrection, celle de de Moabon, le fils du Père. La prise de conscience que nous possédons en nous un legs que nous avons reçu du Divin, car nous sommes les fils de Dieu.


Et enfin, l’œuvre au rouge, dernière phase, qui va nous amener à la sublimation de l’amour par cette offrande de soi, par la découverte de la parole perdue : I.N.R.I., lors de la cérémonie de la cène.



Dans le Temple noir, nous remettons tout en cause, il est impératif de tout abandonner pour procéder à une nouvelle construction, d’accepter le cataclysme de notre esprit pour recréer une Nouvelle Alliance avec le divin, de rechercher l’unité en retrouvant le lien perdu qui nous permettait d’accéder au sacré.


La dualité est toujours présente, c’est dans ce lieu ténébreux que nous prenons conscience du besoin des autres pour qu’ils nous guident vers la lumière, conscients que notre progression passe par une démarche collective. Et pourtant, ce n’est que seuls, en travaillant sur nous-mêmes, que nous pourrons faire disparaître ces ténèbres.


Heureusement, nous savons que nous possédons en nous les vertus nécessaires pour rétablir ce lien avec le sacré, vertus qui vont nous guider vers cette lumière nouvelle.


La reconstruction de notre Être, qui passe par l’édification de ce nouveau Temple spirituel et universel, est donc l’objet d’une œuvre personnelle, mais consolidée par l’apport des autres.



Brûler son Ego avec l’aide de I.N.R.I. pour faire place à l’humilité, à l’unité notre être, c’est changer d’état, mon égo n’est pas détruit mais intégré dans l’amour de l’autre, je deviens un homme nouveau, régénéré, plus spirituel.


Toujours à la recherche de la sagesse, notre quête initiatique nous amène à transformer notre égo en Amour, à faire prédominer l’autre en soi. Mon être est infiniment plus grand que mon égo. Ce qui est primordial, ce n’est plus moi comment je me perçois, mais comment l’autre me perçoit.


Cette lumière nouvellement trouvée n’est donc pas une fin en soi, car la croisade que va devoir mener le Chevalier Rose-Croix est de rayonner, de transmettre.


Les métaux ont été purifiés, tout va bientôt être consommé, le feu qui fut destructeur va pouvoir devenir régénérateur par l’œuvre au rouge.


L’étoile flamboyante réapparait en la personne du Chevalier Rose-Croix, il incarne le pont intermédiaire entre le monde d’en haut et le monde d’en bas. Par la rose et par le feu s’expriment l’agapè indissociable du sacrifice. En étant en capacité de transmettre cet agapè, le Chevalier Rose-Croix incarne l’esprit qui l’habite et l’éclaire. 


Accueilli par le plus humble de tous qui est le plus éclairé, il sait que toute inspiration vient d’en haut. L’humilité est la forme la plus aboutie de la connaissance de soi. Il comprend qu’il lui est impératif de combattre l’orgueil, l’ambition et l’ignorance pour faire régner à la place le dévouement et la charité. C’est cette participation au principe qui le conduit à une régénération totale, au sens de la parole I.N.R.I. et du Phénix. Animé par les vertus théologales, foi, charité et espérance, il est en harmonie avec le cosmos. L’amour inconditionnel de toute vie va le pousser à faire régner l’ordre sur le chaos.


Il est ce bon pasteur qui protège la lumière qui se trouve en lui, et qu’il fait croître afin qu’elle puisse nourrir les autres hommes.


Il sait qu’en permettant à l’autre de se dépasser, il sacralisera ce qu’il est, remplissant ainsi sa mission d’altérité, d’amour et de spiritualité. Amour qui est offrande de soi, au service de celui que l’on aime.



Cet altruisme, attitude, comportement, plus que vertu d’ailleurs, présuppose une ouverture vers l’autre, l’autre comme un autre moi-même, au plus profond de mon être, mon frère au niveau de la création. Il est mon semblable, tout en étant différent, mais je lui montre de la bienveillance et de la bienfaisance.



C’est cela être éclairé, c’est atteindre un niveau de conscience qui rend possible l’exercice de la pensée elle-même. Je ne deviens pas humble en prétendant l’être, mais par la prise de conscience de ce que je suis réellement, un grain de poussière dans l’immensité, dans le cosmos, une étincelle de vie dans l’univers.


Cette étincelle qui brille en moi, elle est lumière divine qui vient d’en haut, et qui m’invite à rayonner. Je reçois d’en haut, le signe et j’agis en bas, le contre signe, matérialisant ainsi que ce qui vient d’en haut est transmis vers le bas, message authentique et véritable, puisque Divin.


C’est par et pour l’amour de l’autre que je rayonne, humblement, pour lui faire prendre conscience de cette inspiration, de cette lumière, car je vois en lui la même étincelle divine que celle qui scintille au plus profond de moi.


Il est cet autre moi-même, mon frère de cœur, mon frère spirituel.



Cette puissance divine que je ressens pleinement est à la fois immanente et transcendante. Elle est Emmanuel, Dieu est en moi, et en même temps à l’extérieur de moi, Dieu est partout et tout le temps.


Cette puissance divine fait que la parole appartient à chacun de nous, puisse qu’elle est en nous.


Nous possédons un message spirituel transmis par Dieu, comme un patrimoine transmis de Père en fils, car nous sommes tous fils de Dieu, avec pour mission de transmettre à notre tour.



En évoquant Emmanuel, lors de la cérémonie de la cène, nous avons déterminé un espace sacré dans lequel nous sommes tous porteurs de la dimension Chevaleresque Rosicrucienne, habilités à transmettre un message initiatique venu d’en haut, pour qu’il puisse être compris et intégré par nous avant de le transmettre à notre tour.


La compréhension de ce qui est transmis ne peut s’effectuer que dans cet espace sacré, où tout est consommé signifie que, des cendres fécondées par le feu, naît un renouvellement spirituel qui nous amène à la conception de la Jérusalem Céleste.



Je suis Emmanuel, je suis Dieu, porteur de l’être au-delà de l’être. Nous sommes capables de comprendre, par l’amour, l’au-delà de l’être. Tout nous rapproche du Divin, y compris la matière, le 18ème degré est hymne à la vie, tout est Un, la matière révèle aussi l’existence de Dieu.


La souffrance a servi à créer de la conscience. Mais en même temps, on ne peut me réduire à mes souffrances, car ma conscience va me permettre d’aller au-delà.


La croix, lieu de révélation, est le lieu où je peux transformer ce qu’il y a de mauvais en moi, le lieu de la prise de conscience du mal, de la révélation de Dieu.



L’inspiration vient d’en haut, elle est souffle de vie. La vie est inspire et expire, le début et la fin, même si la vie ne se termine pas.


L’inspire est ce qui vient à nous, ce qui entre, qui vient d’en haut, que nous possédons en nous-mêmes, et l’expire est le souffle énergie, ce que nous redonnons, ce qui nous anime.



Au moment de la cène, Dieu est moi, notre soi est Dieu. Ce cheminement, on le ressent depuis notre initiation, mais au 18ème degré, on en a enfin la révélation.


L’agneau, cette petite vie sans importance, est pourtant seule à pouvoir ouvrir le livre.


L’agneau est égorgé, mais il reste debout, comme le Christ, l’esprit est le plus fort, l’amour est le plus fort. L’agneau, face aux cavaliers de l’apocalypse, n’est que simple amour, dans la conscience d’être lui-même, et en cela il sauve le monde.



Cette petite chose, cette conscience qui reste, elle est partout, dans ce que je suis. Grandir sa conscience, découvrir cette conscience plus grande que la sienne, celle qui nous tient en vie, celle qui fait le lien, celle qui nous dépasse parfois, mais qui existe bien, telle est la quête spirituelle du Chevalier rose Croix.



Le plus humble a perdu son orgueil, il est éclairé par sa propre conscience, par l’espérance, par l’amour. L’espérance est cette étoile qui nous guide, tout comme l’amour nous guide.


Que retient-on au fond, que nous sommes vivants, que nous avons une conscience, mais qu’il y a plus grand que cette conscience : c’est l’amour, et qu’il y a encore plus grand que l’amour : c’est nous, la vie, et c’est nous, Dieu, qui se révèle en nous.



J’ai dit.




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