21° #418012

Symbolisme du 21ème degré Noachite ou Chevalier Prussien

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A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo ab chao
Deus Meumque Jus
Au Nom et sous la Juridiction du Suprème Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté

Selon l’instruction du SCDF, ce degré serait apparu entre 1758 et 1766 et aurait été accepté par le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident. Son rituel aurait été publié à Berlin en 1766. Il prétendait former un Ordre à lui tout seul.

Il constituait le 7ème et dernier degré d’un Ordre maçonnique décrit dans « Les Plus Secrets Mystères des Hauts Grades de la Maçonnerie dévoilés ou le Vrai Rose-Croix traduit de l’anglais suivi du Noachite traduit de l’allemand » datant de 1758.

Il figure dans les constitutions et règlements du Souverain Grand Conseil Sublime des Sublimes Princes du Royal Secret de 1762 et dans les Véritables Instituts Secrets et bases Fondamentales des l’Ordre des Anciens Francs-Maçons-Unis et Grandes Constitutions du Rit Ancien-Accepté-Ecossais de 1786.

Son importance est attestée par l’article XXXI-3 des grandes constitutions de 1762 : « Tous les Princes de Jérusalem ne peuvent jouir de leurs privilèges quand il y a un Prince Adepte, Chevalier Noachite ou un Souverain Prince du Royal Secret présent ».

Le degré met en scène Phaleg descendant de Noé qui est désigné comme architecte de la Tour de Babel or la première référence à Noé se trouve dans les constitutions d’Anderson de 1723 : puis dans la version de 1738.

« Un maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la loi morale en tant que véritable noachite et s’il comprend bien le métier, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience ».

Manifestement le Noachite ou Chevalier Prussien, descendant de Phaleg émane d’une double filiation : de Noé, survivant du déluge, père de la tradition primordiale, sur laquelle s’est souché Frédéric II Roi de Prusse, signataire des Grandes Constitutions de 1762 et président du Chapitre du 21ème degré.

Nous ne soulèverons pas le débat sur la vérité historique mais nous contenterons de considérer la symbolique.

De ce point de vue, le 21ème degré semble revêtir une importance insoupçonnée pour un grade seulement communiqué et donc, peu pratiqué.

Il succède au 20ème degré « Vénérable Maitre des Loges Régulières » qui peut apparaître comme un sommet de l’initiation dans le monde de la matière après la révélation de la descente de la Jérusalem Céleste au 19ème degré « Grand Pontife » qui effectue la jonction entre l’ancienne et la nouvelle Loi. Mais il jette les bases de ce que sera le 30ème degré « Chevalier Kadosch ».

Comme nous l’a souvent répété un ancien Très Puissant Souverain Grand Commandeur, le Rite Ecossais Ancien et Accepté est un ordre Initiatique, Traditionnel, maçonnique, chevaleresque et International à vocation Universaliste, c’est-à-dire tourné vers l’Un. Si l’on conçoit l’initiation comme devant intervenir sur les trois natures humaines : matière, âme et esprit afin de lui restituer ses qualifications primordiales : le pouvoir royal, sacerdotal et prophétique, on va se rendre compte que le 21ème degré propose à l’initié les bases fondamentales pour poursuivre sa réalisation spirituelle.

En effet, le 21ème degré va soucher le chevalier Rose-Croix :

  • dans la primordialité de l’Ordre  au plan prophétique,
  • dans la primordialité du rite au plan sacerdotal,
  • dans la primordialité de la juridiction au plan royal.

En lui indiquant clairement d’où il vient sur ces trois plans, le futur chevalier Kadosch saura d’autant mieux où il va et quel est son devoir. Il lui restera à s’interroger en permanence sur ce qu’il est, même si une réponse lui est donnée au 30ème degré.

Le 21ème degré et la primordialité de l’Ordre :

Dés le 1er degré, l’initiation avait arraché le récipiendaire de la Terre-Mère confusionnelle pour l’amener à distinguer et à purifier les éléments constitutifs de son Etre. Selon la loi hermétique de séparation du subtil de l’épais doucement et avec industrie, le travail s’est poursuivi en RLP et en SC avec l’émergence des vertus cardinales et théologales.

Le 21ème degré seulement éclairé par la pleine Lune nous indique que la hiérogamie  de la matière et de l’âme purifiées, est accomplie comme pourrait nous le suggérer le 20ème degré.

L’imaginaire pulsionnel et fusionnel à laissé place à l’imaginal conjonctionnel du 18ème degré. Elle est la puissance formatrice du corps subtil ou corps imaginal à jamais inséparable de l’Ame c’est-à-dire du Moi Esprit.

Désormais, c’est la partie supérieure de l’Ame-la Neshama- qui communique avec l’Esprit qui est concernée. Il est nécessaire de la débarrasser de ses pulsions en la mettant en relation avec les profondeurs de notre psyché où se trouve l’Imago Dei.

Ce que le cabinet de réflexion et V.I.T.R.I.O.L représentaient au 1er degré dans le monde de la matière, la Lune le représente pour l’Ame : l’Athanor qui accouchera de l’Echelle mystérieuse qui emmènera le chevalier au-delà du monde des formes, c’est-à-dire du Sacré à la Sainteté.

Mais la tentative orgueilleuse de Babel est aussi inefficace que l’audace inconsciente du 13ème degré : elle est pulsionnelle et entraine une rupture de l’Alliance et une nouvelle perte de la Parole. Convaincu de son erreur, Phaleg, le séparé (ancêtre du Kadosch, en quelque sorte) mais aussi le Noble, Phaleg partira vers le nord, l’endroit où il n’y a pas de lumière pour s’établir en Prusse où il fera acte d’humilité et de repentir obtenant ainsi le pardon divin.

En se nourrissant de racines issues de la terre et de fruits sauvages muris par le soleil, il va subir une transformation alchimique par les éléments identique au grain de blé mis en terre et qui produira l’épi.

En Prusse, il construisit un Temple triangulaire dans lequel il pria Dieu de lui pardonner dans le plus total dénuement et la plus grande humilité rappelée par les 3 génuflexions de la réception au 21ème degré.

Ora et Labora, tel est le viatique du chevalier qui rappelle la veillée d’arme qui précédait l’adoubement dans la chevalerie médiévale. Tel est l’enseignement de l’Ordre  issu de la confusion de Babel, l’Ordo n’émerge du chaos que par l’humilité et le repentir.

Identifié à Phaleg, le récipiendaire devient le héros lunaire qui pratique la méditation et l’oraison. Ayant banni tout orgueil, il est devenu le plus humble de tous, il est devenu TSA lui-même, et a réintégré définitivement le monde de la Parole.

Désormais, il est le plus éclairé car il sait que toute inspiration vient d’en haut, la Parole issue de l’Esprit parle à son Esprit.

Désormais, la Parole peut s’exprimer à travers lui, il est en capacité d’acquérir sa dimension prophétique (interprète d’un Dieu).

A une quête conquérante souvent guidée par les résurgences de l’orgueil se substitue une action intérieure de dépouillement favorisant l’accueil et l’émergence de l’intuition.

A l’humilité de l’Ora vient s’ajouter le Labora du repentir qui va conduire au pardon divin. Or, qu’est-ce que le repentir ?

Se repentir c’est ressentir le regret d’une faute avec le désir de la réparer. La faute étant la perte de la Parole par la rupture de l’Alliance, la réparation peut se comprendre comme la restauration de la Lumière qui permet la victoire de l’Ordo sur le Chao. C’est cette réparation qui constitue le Devoir. C’est le Tiqqoun qui succède à la Shevira dans la mystique juive : la réunion des étincelles de lumières produites par l’éclatement des vases.

Le pardon accordé par Dieu au 21ème degré, s’il est bien assimilé par l’initié, le conduira à faire du pardon une des bases de son initiation chevaleresque qui lui permettra de devenir Prince de Mercy au 26ème degré. De même, l’argent du 21ème degré sera complété plus tard par l’Or du Chevalier du Soleil au 28ème degré.

Enfin, le 21ème degré est un degré nocturne comme le 9ème, le 18ème et le 30ème mais à la différence de ces trois degrés il est éclairé par la lumière de la pleine Lune.

La nuit symbolise la vacuité de l’Ame, elle est le domaine de tous les possible donnant accès à la connaissance du Soi dans l’attente de sa manifestation.

C’est le lâcher prise de l’âme, son ultime purification où seule la Foi, l’Espérance et la Charité évitent de sombrer dans le désespoir de l’abandon.

Elle permet le pardon divin signe d’une nouvelle alliance, prémisse de nouvelles révélations, symbolisées par le sel de la mine où Phaleg avait construit un Temple.

La Prophétie ne peut s’entendre que par l’humilité de l’Ora et le repentir du labora qui substitue à l’orgueil la dévotion et la charité.

Le 21ème degré et la primordialité du rite :

Le détenteur du 21ème degré est Noachite c’est-à-dire descendant de Noé ou plutôt, il s’agit d’un théiste qui observe les lois de Noé.

Noé fut le premier à qui Dieu accorda une alliance sous la forme de l’arc en ciel, il fut le premier à rendre un culte religieux. De lui descendait Henoch, le premier initié, et Abraham, le premier monothéiste qui engendra les religions monothéistes. Pour Claude Guérillot, l’initiation a donc précédé les religions. En se souchant sur le noachisme, le Rite Ecossais Ancien et Accepté se souche sur la tradition sacerdotale primordiale et son universalité. Phaleg était un descendant de Noé par Sem. Selon certains auteurs, Phaleg était le père de Melkitsedecq, le Roi de Justice et de Salem (la Paix) qui selon la Bible n’avait ni descendance, ni ascendance. Peut-être ne s’agit-il que d’une paternité spirituelle.

Le sacerdoce de Melkitsedecq était le sacrifice du pain et du vin. Il était perpétuel et universel car il concernait tout le genre humain rescapé du déluge. C’est ainsi qu’il bénit Abraham qui lui offrit le pain et le vin. Melkitsedecq était donc le Prètre-Roi, représentant du Principe dans le monde de la manifestation, détenteur des trois pouvoirs : royal, sacerdotal et prophétique.

En se souchant sur la tradition primordiale, le Rite Ecossais Ancien et Accepté se souche au 21ème degré sur le sacerdoce primordial qui est attribué à Melkitsedecq mais aussi sur la tradition hermétique primordiale d’Hermes Trismégiste, le Trois Fois Grand.

Le rite est précisément le véhicule du sacerdoce. De ce fait, le rite est médiateur entre la justice primordiale et le monde manifesté.

Promouvoir la Justice tel qu’il est indiqué au Maitre Secret consiste à devenir cet intercesseur c’est-à-dire un collaborateur du rite qui lui-même est un reflet de l’Ordre.

Or, qu’enseigne le 21ème degré ?

Que l’orgueil des hommes a entrainé la perte de l’Alliance donc de la Parole pourtant retrouvée au 18ème degré, la destruction de la tour de Babel et la confusion des langues.

Désormais les hommes ne peuvent plus se reconnaître comme frère par le langage exotérique. C’est l’humilité qui va leur permettre de se reconnaître au niveau spirituel.

Il s’agit d’une recréation du genre humain au niveau spirituel par l’émergence d’une éthique mettant la reconnaissance de l’autre comme un autre moi-même, elle annonce l’avènement d’une fraternité possible et l’émergence de la tolérance : l’Unité enfin retrouvée dans la diversité.

Ce que le langage ne permettra plus, l’esprit, lui, le permettra. Désormais les hommes  tournés vers l’Un peuvent se retrouver en fraternité.

Le 21ème degré et la primordialité de la juridiction :

Le 21ème degré est le premier degré présidé par Frédéric dont on peut penser qu’à part au 30ème degré, il présidera de nouveau à des degrés qui ne nous sont pas encore accessibles.

Etymologiquement, Friede Reich veut dire le Royaume (ou l’Empire) de la Paix. Il équivaut à Salomon qui signifie Paix.

Frédéric est signataire des Grandes Constitutions de 1786. Le 21ème degré était déjà rappelé dans le préambule des constitutions de 1762.

Le rituel des Plus secrets mystères précisait que le Chevalier Grand Commandeur était le Très Illustre Frère Frédéric de Brunswick, roi de Prusse dont les ancêtres auraient été protecteurs de l’Ordre depuis 300 ans.

En se souchant sur l’antériorité des despotes éclairés et sur Frédéric, le 21ème degré souche l’initié dans la juridiction et les constitutions de 1762 mais aussi sur une antériorité qui remonte au XVème siècle.

Que représentait Frédéric sinon l’idée d’un Saint Empire temporel et spirituel ?

Empire puisqu’englobant plusieurs nations, plusieurs peuples différents affirmant ainsi son essence universelle.

Dans l’Empire, le monarque tient sa légitimité du ciel dont il hérite des trois pouvoirs.

Le pluralisme implique la Tolérance dans l’Unité.

De fait les grandes constitutions réunissaient ce qui était épars en rassemblant dans un Ordre des rites ou systèmes hétérogènes peut-être issus de la confusion des langues. La devise des constitutions était : Tolérance, Union, Prospérité.

La Présidence de Frédéric au 21ème degré annonce donc l’avènement du Saint Empire dont le symbole est l’aigle à deux têtes.

Comme le souligne Claude Guérillot : « 2 têtes, 2 souffles mais un seul cœur : centre de la vie, volonté et intelligence ».

Il peut aussi évoquer le mythos et le logos les deux expressions du verbe Epos mais elles peuvent aussi évoquer la Justice et la Paix. Couronné, l’aigle symboliserait alors Melkitsedecq, roi de justice et de paix comme Frédéric.

Le Saint Empire temporel a disparu au moment où le premier Suprême Conseil naissait à Charleston poursuivant son œuvre mythique sur le plan spirituel.

En se souchant sur le symbolisme du Saint Empire, le 21ème degré se relie à la tradition impériale initiée par Dante dés le XIVème siècle avec la Divine Comédie et Monarchia.

Bruno Pinchard écrit : « L’Empire peut-être considérer comme la forme d’un lien idéal qui se situe à égale distance du divin et du cosmique. Il est ce rang qui, s’il venait à disparaître, consacrerait la rupture entre la terre et le ciel ».

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté propose à ses adeptes de construire le Saint Empire en eux et de participer à sa restauration dans le monde au niveau de l’Ordre.

Ne pas y participer serait rompre ce lien qui équivaudrait à une nouvelle perte de la Parole donc de la Lumière donc la Mort.

Au terme de ce travail, j’espère avoir démontré l’importance du 21ème degré « Noachite ou chevalier prussien » car il pose les bases de la chevalerie spirituelle qui verra son apothéose au 30ème degré.

Il fait de la méditation et de l’humilité, les bases de la chevalerie, ancre l’Ordre et le rite dans la tradition primordiale et légitimise la juridiction avec l’apparition de Frédéric, empereur mythique du Saint Empire.

J’ai dit, T P G M

J-P D

Annexes :

1) Le Noachite est celui qui observe les 7 commandements  noachites énoncés dans Exode 20 et Deutéronome 5.

  • Pratiquer la Justice.
  • Bénir le nom de l’Eternel.
  • Interdiction de pratiquer l’Idolâtrie.
  • Interdiction de verser le sang.
  • Interdiction de l’inceste.
  • Interdiction de voler
  • Interdiction de prélever la chair sur un animal vivant.

2) Rituel du 21ème degré (source SCPL Belgique) :

Lors de la réception, le Chevalier Commandeur Lieutenant qui représente Frédéric II Roi de Prusse, fondateur de l’Ordre aidé du Chevalier d’Eloquence dit au récipiendaire : « Vous allez maintenant apprendre l’histoire des Noachides, ou Chevaliers Prussiens. Le Grand Maître Général de l’Ordre, que l’on nomme Grand Commandeur, a été le Très Illustre Frère Frédéric II, roi de Prusse. Ses ancêtres, depuis trois cents ans, étaient protecteurs de cet Ordre. Les Chevaliers Prussiens, qui ne connaissaient que le Grand Architecte de l’Univers, le glorifiaient tous les ans à la pleine lune de mars. Pour cette occasion ils s’assemblaient dans un lieu retiré et célébraient la mémoire de la destruction de la tour de Babel, due à la confusion des langues, cet acte du Créateur, qui provoqua la désunion des ouvriers et leur dispersion à travers le monde.

Ch d’El C’est pourquoi les Chevaliers Prussiens, descendants de Phaleg, architecte de la tour de Babel, se réunissent la nuit de pleine lune de chaque mois pour tenir loge et qu’ils ne peuvent faire de réception qu’au clair de lune, dans un endroit retiré. Ainsi leur Ordre remonte à plus loin que celui des Maçons descendants d’Hiram, car la tour de Babel fut bâtie plusieurs siècles avant le Temple de Salomon.

Ch Insp Il y a fort longtemps, les Chevaliers Prussiens étaient connus sous le nom de Noachides, ou descendants de Noé, que nous nommons maintenant Noé.

Les païens les appelèrent Titans, car ils voulurent escalader le ciel pour détrôner Jupiter. Ces descendants de Noé, nonobstant l’arc-en-ciel que le Seigneur avait donné aux hommes en signe de réconciliation et par lequel il les assurait qu’il ne se vengerait plus d’eux par un déluge universel, construisirent une tour assez élevée pour les mettre à l’abri de la vengeance divine.

Ch d’El L’Ecriture nous apprend (Genèse, XI – 1 à 9) :

Toute la terre avait un seul langage et un seul parler. Or il advint, quand les hommes partirent de I’Orient, qu’ils rencontrèrent une plaine au pays de Shinear en Asie, et y demeurèrent. Ils se dirent l’un à l’autre « Allons, briquetons des briques, et flambons-les à la flamme« . La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Puis ils dirent « Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont la tête soit dans les cieux « . Après qu’ils eurent jeté les fondations de cet édifice, le Seigneur, dit encore l’Ecriture, jeta les yeux sur Ia terre et vit l’orgueil des enfants des hommes. Il descendit sur la terre pour confondre leurs projets téméraires. A cette fin, il mit la confusion dans les langues des ouvriers. C’est pourquoi  l’on appelle cette tour, la tour de Babel, le mot Bavel signifiant en hébreu « confusion« . Ce fut la nuit de  pleine lune de mars que le Seigneur opéra ce miracle.

Ch Insp Plus tard, Nemrod, héroïque chasseur devant l’Eternel, y fonda une ville, appelée Babylone, c’est-à-dire « Enceinte de confusion » (Genèse, X – 8 à 10).

C C L Phaleg, qui avait conçu l’idée de la tour de Babel et en avait dirigé la construction, était le plus coupable.  Se condamnant à une pénitence rigoureuse, il se retira dans le nord de l’Allemagne, où il arriva après bien des peines et des fatigues endurées dans des pays déserts où il n’avait trouvé pour toute nourriture que des racines et des fruits sauvages. Dans cette région, que l’on appelle la Prusse, il construisit quelques cabanes pour se mettre à l’abri des intempéries. ll érigea un Temple en forme de triangle, dans lequel il s’enfermait pour implorer la miséricorde de l’Eternel et la rémission de son péché.

Ch Insp L’an 553, en fouillant à quinze coudées de profondeur dans les mines de sel de Prusse, on découvrit un bâtiment de forme triangulaire au milieu duquel se trouvait une colonne de marbre blanc.  Sur sa base, toute cette histoire était écrite en hébreu. A côté de cette colonne,  il y avait un tombeau de grès, contenant de la poussière et une pierre d’agate portant l’épitaphe suivante :  » Ici reposent les cendres de l’architecte de la tour de Babel. Le Seigneur eut pitié de lui, parce qu’il devint humble« . Le texte de la colonne nous dit aussi que Phaleg était fils d’Eber, dont le père était fils d’ Arpaxad, qui était fils de Shem, fils aîné de Noé.

C C L C’est pourquoi le mot de passe est PHALEG, c’est-à-dire division ou confusion, et les mots sacrés SHEM, CHAM, YAPHET, les trois fils de Noé, que l’on traduit par renommée, noirceur, beauté :

SHEM : celui qui transmet le nom de l’ancêtre du peuple élu (Genèse, X, 21 à 31)
CHAM : ancêtre des ennemis du peuple de Dieu, parmi lesquels les Cananéens (Genèse X, 6 à 2O).
YAPHET : ancêtre des peuples indo-européens dans le nord et l’ouest de Qana’an (Genèse X, 1 à 5).

Voilà, mon Frère, le grand secret de ce grade. Malheur à vous si vous étiez assez téméraire pour être indiscret. Soyez bien circonspect et, à l’exemple de notre architecte Phaleg, pratiquez l’humilité ».

Et il ajoute plus loin :

C C L La construction de la tour de Babel était-elle une entreprise louable ? ChInsp   Non, la perfection était impossible car l’orgueil en était le premier fondement.
C C L Est-ce pour imiter les enfants de Noé que vous en gardez la mémoire ?

Ch Insp Non, c’est au contraire pour avoir leur faute devant les yeux.

Et un peu plus loin :

C C L Comment avez-vous été reçu Chevalier Prussien ?

Ch Insp Par trois génuflexions, puis en baisant le pommeau de l’épée.

C C L Pourquoi avez-vous dû faire trois génuflexions ?

Ch Insp Pour me rappeler que, pendant toute ma vie, je dois pratiquer l’humilité.

Peuvent être admis comme Noachite ou Chevalier Prussien, initialement que des Maitres maçons descendant d’Hiram, mais aujourd’hui des Chevaliers Rose-Croix.

Selon l’instruction du SCDF :

L’heure d’ouverture est l’heure où le Temple est éclairé par la Lune.
L’heure de fermeture est l’heure du repentir où le soleil se lève.

Les travaux sont donc nocturnes seulement éclairés par la Lune notamment la pleine Lune de Mars car, nous dit le rite de Perfection, « les Chevaliers Prussiens célèbrent chaque année à la pleine Lune de Mars la confusion des langues et la destruction de la Tour de Babel…les autre mois, chaque lundi pendant la pleine Lune, des candidats peuvent être reçus. Mais seule la Lumière de la lune et des étoiles peut être autorisée soit lors d’une réception, soit lors d’une tenue d’un Chapitre ».

Les décors : les gants et le tablier sont jaunes et un large cordon noir porté de droite à gauche auquel est suspendu un bijou. Le bijou est un triangle équilatéral en or traversé par une flèche ayant la pointe tournée vers le bas. De plus les noachites portent une Lune d’argent à la boutonnière.

Le Président et les officiers sont couverts mais pas les frères.

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