28° #425012

Stibium – Mot de Passe du 28° degré

Auteur:

E∴ C∴ H∴ E∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Lors de l’initiation au 28° degré, Chevalier du Soleil, le frère Vérité informe le récipiendaire du mot de passe de ce degré : STIBIUM ou antimoine et l’explication qui lui est donnée par le rituel réside dans le fait qu’ildésigne la materia prima des Anciens d’où l’on tire L’Alkaës ou l’œuvre des Philosophes.


De quoi parle-t-on et en quoi cela prépare ce récipiendaire sur le chemin du « nec plus ultra » ?



DEFINITION



L’origine de ce nom « stibium » remonte certainement aux arabes qui l’appellent Asinat, les Chaldéens Stibium, les Latins Antimonium, les grecs « stimmi » qui désignait sous l’Antiquité, un sulfure d’antimoine noir connu maintenant sous le nom de stibine. Les femmes utilisaient alors ce minerai comme fard à cils. C’est Pline l’Ancien qui aurait ainsi baptisé ce minerai du nom latin de stibium (à l’origine du symbole Sb). Après un détour par l’arabe « ithmid », on arrive au latin médiéval « antimonium », désignant l’antimoine elle-même, bien connue des alchimistes de l’époque. Une légende explique l’origine de ce nom par une succession de décès survenus au Moyen-âge parmi les moines effectuant des travaux de recherche sur ce métal (anti-moine…).



Pour Fulcanelli, l’antimoine des sages est un chaos qui tient lieu de mère à tous les métaux. Il est la matrice et la veine de l’or et le séminaire de sa teinture.



Une autre source précise que l’antimoine est un symbole alchimique, matière des sages, loup gris des philosophes. L’antimoine correspondrait à l’avant dernière étape de l’alchimiste à la recherche de l’or philosophale .



Loup gris des Philosophe et avant dernière étape. … avant l’or philosophale.



Voilà qui nous intéresse au plus haut point et propose immédiatement une explication du choix des auteurs de ce Rituel pour définir le mot de passe du Chevalier du Soleil, « Stibium », l’antimoine avant les 29° et 30° degrés.



APPROCHE INTERPRETATIVE



L’antimoine symboliserait donc du point de vue analytique, un état très proche de la perfection dans l’évolution de l’être, l’avant dernière étape, puisqu’il lui resterait à franchir l’étape la plus difficile, l’ultime transformation du plomb en or, étape dans laquelle le plus grand nombre échoue. Il exprime la possibilité d’un suprême élan, mais aussi d’un échec définitif. De là sa couleur symbolique qui est le gris et son image mythologique, une Diane admirable et monstrueuse.



La couleur symbolique est le gris.


Le gris est donc possible en maçonnerie ! Ni blanc, ni noir, comme une dernière alternative offerte au récipiendaire de jouir de la nuance avant d’affronter les poursuivants porteurs de messages plus radicaux.
Une étape ; donc un passage, une situation transitoire, dont il faudra bien sortir.
Nous allons donc nous essayer à une « manip d’alchimie spirituelle » sur ce métal aux propriétés si complexes qu’il est dit que la vie humaine serait trop courte pour en découvrir toutes les caractéristiques, afin d’en extraire les motifs de sa qualification par les auteurs de notre Rituel, comme mot de passe du 28° degré.



Et j’ai retenu deux concepts pour traiter de cet antimoine :


1.STIBIUM symboliserait du point de vue analytique, un état très proche de la perfection dans l’évolution de l’être, peut-être donc l’avant dernière marche,


2.Il s’apparenterait à la materia prima dont nous savons que le procédé alchimiste consiste à séparer le soufre du mercure. Le traitement alchimique de STIBIUM lui octroie lors de l’une de ces étapes, la couleur grise. Nous dirons dans notre sémantique maçonnique, que cela correspond à débarrasser des scories du vulgaire de l’homme parmi lesquelles: l’angoisse, la culpabilité et l’agressivité, mais que rien n’est définitivement acquis.



DE LA SEPARATION DES CORPS A LA VERTU SPIRITUELLE UNIFIEE



A ce 28° degré et venant il y a peu de ce 18° degré, chapitre de l’expression spirituelle par excellence, le récipiendaire doit comprendre qu’il va cheminer dans la même logique, dans la même dynamique anagogique.


Tout ce qui l’entoure contient une part de vie et d’action, une part liée à cet Esprit qui agite la matière.


Cette matière pour chaotique qu’elle peut encore apparaître, doit devenir harmonie purifiée par les 4 éléments. L’homme qui en éclos, résout ses conflits, ses tensions, ses contradictions, reliquats émiettés de ses relations avec le monde extérieur.


Il est parvenu à ce que les différentes traditions nomment de leur sémantique particulière, leur champ lexical : l’Homme Véritable (Taoïsme et soufisme), Œuvre au Blanc (alchimie), Adam (issu de la Kabbale).


Dans le tableau de ce 28° degré apparaît l’alter ego, anima, la tête levée vers le haut, les mains ouvertes témoignant de sa réceptivité et son aspiration à s’élever, comme témoin d’une direction, d’un sens.


A noter que « anima » est entendu ici comme l’âme au sens chrétien et non la personnalité complémentaire du point de vue psychologique.



Intéressant, cette élévation spirituelle est insufflée par la colombe, signifiant donc une intervention charnelle, vivante, témoignant que la présence corporelle est indispensable à la perception spirituelle. L’Esprit ne domine donc pas la matière tant que cela. Nous savons depuis longtemps que pour le moins, il l’agite ainsi que je l’ai précisé plus avant.



Les plantes, de leur côté, contiennent en elles une part de spiritualité liées à leurs vertus thérapeutiques bénéficiaire à l’homme… pour autant, pour autant que ce dernier connaisse à la fois les propriétés et les méthodes de préparation, donc de transformation.


Les métaux comme les minéraux pour clore l’univers, entretiennent cette même particularité en ce que leurs propriétés servent l’homme en contribuant à la facilité de son existence. Là encore, la connaissance et le pouvoir de domestication conditionnent le bénéfice.



Les auteurs du Rituel du 28° degré ont inclus l’antimoine dans cette spiritualisation de la matière au service de l’homme en quête de transformation de soi et du monde. Tout ce qui constitue les éléments fondamentaux d’une élévation spirituelle selon la méthode proposée par le REAAsont ici réunis, comme les dernières recommandations avant un départ.


Ce sont les notions aussi variées qu’incontournables : l’humilité face à l’inconnu, l’effort nécessaire à la quête de Connaissance, l’action à la fois confiante et audacieuse pour la transformation, enfin la générosité pour la transmission des acquis.



Voilà qui porte crédit à la récurrence du rappel de nos devoirs lors d’autant de degrés du Rite que d’étapes alchimiques que l’Antimoine rencontre pour passer du poison au médicament. Devoirs d’exigence incontournables à l’éclosion de l’efficacité d’action. Cela en devient vite un PRINCIPE, une des spécificités du REAA.



Et comme dans tout système ésotérique, il existe une spiritualisation visible et une seconde plus subjective et cela sera bientôt confirmé au Chevalier du Soleil par le précepte selon lequel « le visible n’est que la manifestation de l’invisible ».


Ainsi dira-t-on des 4 éléments qu’ils témoignent d’une spiritualité visible et changeante tel le feu qui réchauffe mais qui détruit, l’eau qui désaltère mais qui inonde , la terre qui nourrit mais qui ensevelit et l’air qui alimente mais qui abat.



Moins perceptible, en tous cas sans une démarche initiatique orientée, reste cette spiritualité spécifique incluse dans d’autres formes dont l’alchimie s’en fait le creuset. Le Sacré garde quelques unes de ses niches et ne les entrouvre qu’en gage du prix d’un travail patient, opiniâtre, discret, rigoureux et pétri de l’humilité d’accepter, que la récompense peut n’en être que la seule rencontre du FVérité.


Une rencontre et rien de plus.


Il nous est donc offert à ce 28ème degré d’imaginer l’esprit lié à l’Antimoine qui manifeste ses vertuslorsqu’il a été tiré de son corps pour lui donner la liberté d’exercer son action au service de l’homme.


L’épanouissement est bien fils de la séparation et du mouvement.



Froid et humide comme chaud et sec, fluide et fixe comme toxique et réparateur, l’Antimoine symbolise un TOUT en soi comme préfixe d’un univers complet que le récipiendaire intégrera sous peu.


Un tout qui pour agir dans la séparation de ses parties nécessite la force du feu, force contenue, pour en extraire le poison de l’esprit vivifiant. Telle la fermentation du vin dont on extrait l’essence spirituelle, le brassage de l’orge, l’écrasement du blé, de même le Chevalier Rose-Croix s’est-il préoccupé de l’éveil de sa Foi, extrait ses scories résiduelles du vulgaire, en un mot clé, s’est régénéré pour servir l’Ordre dans un souci de Bienveillance afin de nourrir et se nourrir d’Espérance.



La transformation de l’initié est ici sublimée par l’exemple de la transformation de l’antimoine.


Le FAdam, si proche , à 2 degrés proche du Nec Plus Ultra, naît de la longue préparation du récipiendaire au travers des degrés ajoutés, chacun représentant une étape d’évolution où les grandes figures bibliques transparaissent: Moïse domine de sa stature le degré de Chevalier d’Airain, 25° degré, l’Ecossais Trinitaire du 26° degré évoque Abraham. A l’image du bouleversement de destinées qu’ont connu ces grands hommes, le FAdam va connaître ses dernières transformations avant de grandir Kadosch, le titre de Chevalier en médaillon et la solitude en accessoire encombrant d’une unité octroyée à celui à qui l’on aura plus rien à apprendre



Parce qu’il reste bien peu de degrés à comprendre avant que de se voir administrer le statut d’une complétude comme un vertige offert à l’homme seul, seul sous la charge de l’observation et de la transmission des principes du Rite.


Ces transformations, ces mutations sont pourtant tout aussi nécessaires que le temps l’est pour que le vin repose, la pâte cuise, la distillation s’accomplisse, en fait, que la destination et les moyens de s’en approcher soient séparés et noyés enfin dans l’action. Une action clarifiée et ainsi magnifiée dans son efficacité.



Ainsi faut-il la séparation des corps pour


Øla reconstruction de l’unité,


Øla coagulation de cette unité conceptuelle,


Øl’éclosion d’une quintessence épurée, clairement identifiée, agissante et surtout dirait Henri Thort-Nougues, orientée.



Stibium, Antimoine ou lapis ignis pour mieux symboliser ce voyage en perfection, étape par étape.



QUE L’ALLEGORIE ALCHIMIQUE ENGENDRE L’ACTION



Oui, l’Action tant il est vrai que le Nec plus Ultra menace le Frère Adam de son utopie, tout au moins de son exigence puisque depuis le 18° degré, le Chevalier Rose Croix sa compris qu’il n’y a plus de temps.
Qu’est-ce à comprendre ?
Que le temps est révolu, qu’il n’est plus temps, soit de s’interroger sur le bien fondé de notre démarche d’homme engagé, impliqué, soit de nous bercer de douce béatitude à tutoyer la perfection depuis quelques degrés.
A ce 28° degré et peut-être même depuis plus longtemps, il est définitivement trop tard.
Il est trop tard pour renoncer.
Il ne sera jamais temps pour pavoiser.
D’ailleurs le temps de l’homme est-il celui de l’alchimiste ?


Notre TIF Jean BEAUCHARD nous disait ici même que « l’Alchimie est l’Art de faire de l’Or ».


ØL’Art entendu comme la plus haute Connaissance,
Ø« faire » entendu dans le sens d’opérer
Øet l’Or entendu comme éternel dans son inaliénabilité.


L’ensemble constitue une des dimensions spirituelles auxquelles s’étalonne l’homme en quête de sens à donner à sa vie. Le chevalier du Soleil est l’Archétype de l’initié qui dans un esprit élitiste s’approche de la perfection, nantis de ses codes alchimiques porteurs de plus de potentiels de transmutation irréversible que de symboles analogiques périssables.


Irréversible et périssable, c’est à dire transcendant et immanent.
Nous voilà rassurés, l’homme reste au centre du cercle d’où il ne peut s’égarer. Le cercle est devenu solaire, l’homme a grandi chevalier, les deux gravitent en une calligraphie tendue vers un seul zénith. Ni universel ni formaté, mais aussi unique que l’est et le restera l’homme, univers complet.
Univers : UN, UNI et VERS quelque destination.
Tel est à mon sens le chemin menant à la porte du Chevalier Kadosch, que notre F Jean BEAUCHARD dessine du laboratoire à l’Oratoire.


Le premier est l’éternel chantier de soi, aussi solaire et gratifiant soit-il, il s’opère dans le creuset alchimique de la transformation du multiple de soi en un tout toujours plus homogène, jamais complet, laissant tel l’antimoine une éternelle marche inaccessible autrement que par l’Espérance d’une quête de spiritualité.
Le second, l’Oratoire n’étant pas une tribune d’administration de préceptes, mais le lieu sûr et sacré du discours animant la rencontre avec soi, l’ascèse par l’exigence de l’exception de soi, de l’épreuve de la terre au soleil en son méridien, de l’humble postulant au Chevalier du Soleil, ce dernier nourri de la richesse du premier.


J’ai dit T

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