28° #425012

Lux ex ténébris

Auteur:

A∴ Z∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

I – Définitions

Traduction

Avant d’entrer dans l’exposé de ce travail je vais essayer de traduire ces mots puisque c’est par leur traduction que la compréhension du reste va suivre. Mais sans oublier que les traductions sont comme les femmes, plus elles sont belles, moins elles sont fidèles.

Lux : sans être latiniste, la traduction que l’on connaît est : Lumière. De même pour Ténebris qui immédiatement fait penser à Ténèbres.
Mais qu’en est il de EX pour lequel je vois deux définitions possibles. EX = ancien, ce qui sous entend quelque chose ayant existé avant, d’où une certaine idée de transformation. Ne dit on pas par exemple mon ex épouse, indiquant par là qu’il y a une vie avant et une vie après !

Autre traduction possible, EX = après. Ici l’idée est que ce qui vient après est différent de ce qui est avant. Mais sans forcément transformation. Deux vient après Un, mais est différent de Un.

En se basant sur ces deux traductions de EX, nous pourrions dire alors : Lux ex Ténebris : Les anciennes Ténèbres sont devenues Lumière. Ce qui sous entendrait que les Ténèbres n’existent plus Ou : Lux ex Ténebris : La Lumière vient après les Ténèbres. Sous entendus, mais les Ténèbres continuent d’exister.

Dans quels degrés trouve t-on ces mots ?

C’est au 28ème degré que cette phrase apparaît, inscrite sur le tableau de Loge. Nous arrivons vers la fin de l’œuvre et le processus de transformation est terminé. Les planètes auxquelles correspondent alchimiquement les métaux et entourant le Soleil, se sont transformées en or. Ce soleil rayonnant qui semble nous dire que maintenant, grâce aux sept kéroubims nous avons vaincu le chaos.

Nous trouvons une dualité semblable dans l’ouverture des travaux au 4ème degré qui se situe à l’instant ou « L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande lumière commence à paraître ».

Le Maître Secret se trouve à un point d’équilibre et de rupture entre deux oppositions fondamentales d’ombre et de lumière. Mais au 28ème degré cet équilibre est dépassé puisque la lumière, représentée par le soleil, a ingéré le triangle radieux en or, au centre duquel brille un œil. (Bijou du grade)

De même au 26ème degré où nous avons vu la grande Lumière, le Delta par la Triple Alliance. Ce 26ème degré a pour ornement spécifique une statuette de femme représentant la Vérité. Ceci nous laisse entrevoir une relation à étudier entre Vérité et Lumière. Ce que nous verrons plus loin. Et au 20ème degré, le monde attend la Lumière.

Notons aussi que nos Loges sont orientées. Nous y parlons d’Orient et d’Occident, de Midi et de Septentrion. L’Orient, l’Est, est le côté astronomique du soleil levant, par où apparaît la lumière. Levant, lever, sous entend une idée de vie. L’homme est debout, il vit. A l’opposé l’occident est l’endroit où le soleil se couche, c’est la région où prédominent les ténèbres. Dans Occident il y a la racine occire, tuer, qui sous entend une idée de mort. Vie et mort sont alors les correspondances de Lumière et Ténèbres.

II – La création du monde

La Genèse

Je reprends brièvement ce qui est dit dans la Genèse.

La Terre était vide et déserte et les ténèbres étaient au dessus des eaux. Dieu dit alors : Qu’il y ait de la lumière et il y eu de la lumière. Et Dieu vit que la lumière était bonne et il sépara la lumière des ténèbres.

Notons ce mot : sépara. D’ou l’idée que lumière et ténèbres cohabitent mais créent deux mondes différents.

Pour comprendre vraiment le sens de cette phrase, il faudrait qu’elle soit étudiée dans son texte en hébreu, ce que je ne saurais faire. Cette langue s’écrivant sans voyelles, chaque groupe de consonnes peut donc se vocaliser de différentes manières, d’où une interprétation pouvant être plus personnelle pour chacun des lecteurs.

Dieu dit alors : Qu’il y ait de la lumière et il y eu de la lumière. Fiat Lux…

Il est dit que dans notre corps, à l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale existe un petit os nommé luz, à rapprocher de l’espagnol luz, lumière,lequel os est chargé d’influences spirituelles. Cet os constitue pour ainsi dire la pierre sur laquelle prend assise notre corps tout entier, mais surtout la pierre sur laquelle nous allons pouvoir rebâtir notre être et le sanctifier. Car il est dit que sous l’effet du Fiat Lux initiatique et du travail personnel qui s’ensuivra, cet os va s’élever progressivement de la base de la colonne vertébrale jusqu’à la tête.

Les Hindous représentent ces potentialités sous la forme du serpent Kundalini qui est d’abord enroulé sur lui-mêmepuis qui se déploie à travers tout le tronc, perçant au passage tous les autres chakras, y compris celui qui se situe sur la couronne de la tête et qui se ferme à la naissance de l’homme. Et que nous connaissons sous le nom de fontanelle.

Dans les autres civilisations

Nous ne détenons pas le monopole du mythe de la Création du monde. D’autres civilisations ont également fait une description de cette création et de la séparation des ténèbres et de la lumière. Les Mésopotamiens avec Le Poème de la Création, un des plus anciens témoignages de la pensée mythique, et qui s’est transmis aux autres peuples, sémites, phéniciens, syriens, hébreux.

Les Iraniens qui décrivent cette Création comme étant la lutte entre Ormuz, le dieu de lumière, qui triomphe de Ahriman, l’esprit mauvais. Ou ce texte sanskrit, les Lois de Manou, qui dit, je cite : Le monde n’était que ténèbres, indiscernables, inconnaissables, incompréhensibles, plongé dans le sommeil. Alors l’Etre-né-de-soi-même, le Bienheureux, se manifesta, refoulant les ténèbres. Non déployé, il déploya le monde.

Cette séparation démiurge engendre le cosmos dans sa totalité et dés cet instant existent l’avant et l’après, le haut et le bas, la nuit et le jour, le ciel et la terre. Une séparation en croix, par le ciel, représentant la verticale, et la terre, l’horizontal.

Le symbolisme de l’Esprit et celui de la Lumière y trouvent leur source. Sans entrer dans le détail, il faut savoir que toutes les mythologies traitant de la création du monde et de la création de l’homme, sont très proches, aussi bien pour les peuples de méditerranée que d’Amérique du sud ou d’Asie.

Les grandes civilisations ont un point commun dans leur réflexion sur le monde, qui est qu’elles partent d’une expérience commune, d’un ordre cosmique absolu. Le garant de cet ordre étant le Créateur Unique qui crée non seulement le monde, mais les dieux eux mêmes, et qui préserve l’ordre cosmique en tant que Seigneur suprême.

Les phrases paires (en opposition)

Les dualités de l’Univers sont enseignées à l’App dés son initiation, à travers les symboles qui lui sont présentés. Soleil et lune, Colonnes J et B, Pavé mosaïque. Il en est de même au 28ème degré.

Lumière et Ténèbres : Voici deux mots opposés quand à leur résultat. Et je me suis amusé à rechercher des mots allant par paire et contenant une idée symbolique. Ordo et Chao, Matière et Esprit, le bien et le mal, le sec et l’humide, raison et intuition, construction et démolition.

Les oppositions comme soleil et lune, Lumière et Ténèbres, Ordo et chao, sont avant tout des mots créés par l’homme pour désigner deux états, l’un ne pouvant exister sans l’autre. Ainsi que l’exprime Lao Tseu dans un de ses poèmes :

Quand chacun sur terre tient le beau pour beau
Cela implique d’emblée la laideur.
Quand chacun sur terre tient le bien pour le bien
Cela implique d’emblée le mal.

De même la notion de rationnel et d’irrationnel délimitant ce qui est du coté de la raison, de ce qui lui est opposé, et laisse dans l’oubli tout ce qui ne s’explique pas encore avec nos connaissances.

Je n’ai retenu que deux phrases : Ordo et Chao, Matière et Esprit.

Ordo et Chao

Je cite notre T I F Albert Chevrillon dans un article paru dans P.V.I n° 128 : Virgile parlant du Chaos le traduit par vide infini et nous parle des profondes ténèbres. Mais qui a rempli ce vide infini ? Qui a chassé les Ténèbres en disant Fiat Lux, que la Lumière soit. Ainsi nous ne savons pas le pourquoi, encore moins le pour qui les choses existent.

Dans la devise du S.C.D.F, Ordo ab Chao, l’ordre vient après le chaos, ab signifiant ici après. C’est la marque d’un passage obligé, au chaos doit succéder l’ordre.

Et il est intéressant de voir que notre phrase titre s’écrit Lux ex Ténébris et non pas Lux ab Ténébris, ce qui peut simplement vouloir dire que dans la traduction que j’en ai donnée au début de ce balustre, il faut comprendre que les anciennes ténèbres sont devenues lumières. Si la phrase avait été lux ab ténébris, sa signification serait que la lumière doit succéder aux ténèbres. Dans ce cas, de quelle manière et par quels moyens ? Et pourquoi l’Homme, sachant la Lumière inévitable serait il enclin à vouloir se perfectionner, puisque dans ce cas, il serait « sauvé » et atteindrait cette Grande Lumière qui fait l’objet de notre recherche actuelle comme franc-maçon.

Où alors, dans sa grande sagesse, la devise du S.C.D.F signifie qu’il y a de l’ordre à mettre dans la profusion incontrôlée des grades au 18ème siècle.

Ce qui nous amène à réfléchir sur une deuxième phrase paire, matière et esprit, mais auparavant je voudrais vous citer cette amusante phrase attribuée à Pythagore et faisant un parallèle entre chaos et ténèbres. « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’Homme. Et il y a un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres…et la femme ».

Matière et Esprit

L’Homme est composé d’un corps matériel fait de chair et de sang mais également d’un esprit, d’un souffle. Il vient un jour où cet homme qui jouit de sa vie dans l’inconscience de lui même, ressent le besoin d’autre chose, de vouloir dépasser sa propre condition. D’une Connaissance qu’il recherche et sa recherche le fait frapper un jour à la porte de notre Temple en quête d’une spiritualité. Il découvre alors qu’il a trouvé un but pour sa vie, et que ce but est la recherche de la Vérité. Ce que nous rappelle le 26ème degré.

Si nous reprenons la référence à la Genèse, l’Homme, en contrepartie de bienfaits dont il bénéficie, est créé pour être au service des dieux. Il est dit dans la Bible : « Yahvé pris l’Homme et le mit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder ».

Pour acquérir un certain savoir, l’homme ne peut le faire qu’illégalement, à ses risques et périls. Mais est ce condamnable ? Personnellement je ne le crois pas pour la raison suivante. Parce qu’il a voulu être autre chose qu’un domestique de luxe dans un jardin, Adam, par sa partie féminine Eve, a transgressé les ordres de Yahvé et goûté de l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal. S’il avait également goûté de celui de l’Arbre de Vie, alors il serait devenu l’égal de Dieu. Il en est de même dans la mythologie grecque où grâce à Prométhée, l’Homme obtient la connaissance spirituelle qui lui permet de choisir. Connaissance symbolisée par le feu des entrailles souterraines.

Dans ce cas nous pourrions assimiler Prométhée à la fois au Serpent de la Bible, initiateur du genre humain, mais également à Adam chassé du Paradis pour avoir désobéi à Dieu.

III – La création de l’homme

La Création de l’Homme

C’est à la suite d’une rupture avec son Dieu qu’Adam a pris une forme corporelle. Selon la Tradition, il est l’Homme principe qui n’a pas été créé à l’image de son créateur mais qui a une potentialité de ressemblance.

Adam a été créé à partir de Adamah, la terre rouge, l’humus en hébreu. Puis il lui reçu le souffle de vie et devint vivant. Ainsi apparaît le double aspect de l’Homme, sa partie matérielle et ténébreuse faite de la terre, et sa partie lumineuse, spirituelle, impalpable et in localisable.

C’est sur cette partie spirituelle que nous devons travailler sans relâche. Adam avait reçu le pouvoir de dominer la matière. Dans le jardin d’Eden où l’avait placé Dieu, il n’y a pas conscience de son être. Il est Un. Puis il prend conscience de sa matérialité. Et d’une partie de lui, Dieu extrait son aspect féminin, que l’on peut comprendre comme son inconscient, sa partie ténébreuse, et d’où viendra la chute.

A partir de là il fera le chemin inverse à celui que nous cherchons, passant de la Lumière aux Ténèbres en sombrant dans la matière et lui donnant la prédominance à travers la recherche de son bien être physique et celle de son ego.

L’homme dans cet état ne vit plus dans l’unité avec son Créateur, il ne vit plus dans le jardin d’Eden dont l’entrée lui est désormais interdite. Il vit maintenant dans le désir de retrouver ce paradis, c’est à dire de se spiritualiser. Dit d’une autre manière, l’Homme a potentiellement en lui son Créateur qu’il doit retrouver et pour cela, abandonner l’esclavage de ses sens et de son ego, issus tous deux de sa partie matérielle. Pour le réaliser il lui faudra passer d’abord par une descente en lui même, une descente aux enfers.

L’Homme soumis aux Ténèbres

Le mythe de la chute, que je relie avec l’homme soumis aux ténèbres, est universel.

Universel dans ses expressions, il l’est aussi dans sa signification qui est une conséquence de la recherche de la Connaissance. C’est par cette chute que l’Homme est soumis au monde des dualités, telles celles dont je vous ai parlé il y a un instant.

Je pense que l’une des définitions que l’on pourrait donner du mot Ténèbres peut se comprendre dans le sens de Homme.

Pour ma part, je lui donne la définition de : Celui qui cherche et qui est dans le noir. Mais comment en est on arrivé là ? Depuis les premiers ages de l’humanité, l’homme a toujours eu peur du noir et sa première préoccupation était de s’éclairer, de rechercher la lumière, afin que puisse s’accomplir sa première quête, survivre. Puis un soir, le feu étant allumé et les abords du camp paisible, peut être un soir de pleine lune, un homo sapiens un peu plus évolué que les autres s’est posé la question de savoir qui avait mis en place les étoiles qu’il voyait. Sa recherche de lumière se déplaça de l’inconscience de l’ombre à la conscience de la lumière, du plan de la matière à celui de l’esprit. La première religion était née, basée sur la peur des puissances surnaturelles et de son désir de se les concilier. Et avec elle les premières interrogations quand à la finalité de l’Homme.

Nous ressentons nous aussi ce moment d’émotion qu’a dû connaître cet homme primitif, lorsque nous écoutons une œuvre symphonique, admirons un beau paysage, ou sommes dans une Loge où passe l’égrégore.

Mais pour ôter cette gangue qui nous entoure afin de retrouver la pierre cachée en nous, ce VITRIOL du cabinet de réflexion, il nous faut descendre en nous mêmes. Ce que j’appelle.

La descente aux Enfers.

L’enfer se vit quotidiennement par la misère, la guerre, la maladie. L’Enfer a été décrit sous plusieurs formes. Par Jérôme Bosch en peinture, par Dante dans La Divine Comédie. Avec l’aide des symboles, Dante nous décrit les états psychiques et spirituels dans lesquels l’être humain peut se trouver ici bas et qui, allant de la complète déchéance à la déification, le prédestinent à rejoindre après la mort, les enfers, le purgatoire ou les cieux.

Cette descente aux Enfers, correspond aux différentes phases de l’initiation, et à la mort à la vie profane. C’est aussile récit symbolique d’une exploration des profondeurs de l’être humain, indiquant la prise de conscience de l’énergie qui est en nous. Lorsque nous sommes en Franc maçonnerie, la descente n’est pas une catastrophe, mais une obligation. (cf l’Echelle Mystique).

Je compare souvent la descente en soi même à celle d’un plongeur en apnée. Il descend le plus bas possible suivant ses capacités respiratoires et vient un moment où il remonte à l’air libre. Mais à ce moment précis il a pris conscience de ses possibilités et sa vision sur le monde est différente. Sa conception de la surface de l’eau a changée, il est sur un autre plan. Je dirais, sur un plan plus spirituel.

Quelles Ténèbres pour l’Homme ?

L’Homme est un prédateur pour l’homme. Il étend son pouvoir sur terre sans anticiper ses actions ni sa responsabilité et en restant asservi à ses instincts et à ses passions. Et c’est avec regret que l’on constate que sur le plan spirituel il n’y a rien de bien nouveau depuis 2000 ans. En fait l’Homme est capable du meilleur et du pire. Malgré les épidémies, les guerres, les famines, non seulement il a pu survivre, mais croître à une vitesse qui devient inquiétante pour l’équilibre de notre planète.

Alors, faut il espérer qu’un jour, matériel et spirituel puissent cohabiter et vivre ensemble.

L’Homme en recherche de Lumière.

Depuis sa chute, l’Homme est séparé de la Grande lumière. Même si au 4ème degré elle commence à nous apparaître, ce que nous entrevoyons actuellement n’est qu’une lumière artificielle, chandelle ou tube néon suivant notre avancement spirituel, mais différente de celle qui fut séparée des Ténèbres par Elohim.

Nulle créature humaine ne connaît cette Lumière, cette Vérité infinie dans son unicité et tout se passe comme si, descendant du Ciel en ce monde de la dualité, elle s’était éclatée en une multiplicité de doctrines qui se rivalisent les unes par rapport aux autres. L’initié, quant à lui, se charge de réunir ces morceaux de Vérité épars entre tous les humains. Remarquons toutefois que l’Egypte ancienne avait compris cette spiritualité de la Lumière en faisant de Rê, le soleil, le Principe de toute chose.

Le 17ème degré du Rite nous indique que nous sommes nés une deuxième fois, nés de l’esprit afin de faire descendre sur Terre, la Jérusalem Céleste. De même ce degré nous indique que nous allons vers cette Jérusalem où nous pensons retrouver la lumière de la Tradition et de la Connaissance. Nous pensons la retrouver, mais sans aucune certitude, ce qui nous oblige à travailler sans faiblesse et sans relâche.

Le futur Chevalier du Soleil, à la recherche de la Vérité et de la Lumière désire Vouloir sortir des Ténèbres pour voir la vraie Lumière et connaître la Vérité.

Conduit ensuite au milieu du Temple, le F Adam lui dévoile le sens de l’ultime démarche : la Vérité lui sera présentée. Celle-ci n’a jamais cessé de se manifester et de se montrer. Elle se trouve dans un sanctuaire bien caché, le cœur de l’Homme.

Tout au long de son cheminement dans les 28 degrés, le Chevalier du Soleil a progressivement pris conscience que la Vraie Lumière, celle qu’il cherche depuis toujours, est au cœur de lui-même.

Vérité, Lumière, Connaissance, sont autant de buts qui reculent à chaque avancée que nous faisons sur notre chemin initiatique si nous n’avons pas pris conscience de cette Lumière qui existe en nous.

Si le mot Lux, du tableau du 28ème degré est différent de la Jérusalem Céleste du 17ème degré, à mon avis le mot Lux, Lumière, est le mot substitué du mot Connaissance.

Alors, la recherche de Lumière est elle recherche de la Connaissance ? Et comment obtenir cette Connaissance ?

Recherche de la Connaissance

Au cours de notre cheminement maçonnique, nous sommes passés de l’Equerre au Compas afin de pouvoir accéder aux régions de la Connaissance Spirituelle. Dans l’instruction du grade au 12ème degré, il nous a été dit que par le compas, nous sommes aptes à comprendre la philosophie, Lumière jetée par l’esprit et l’intelligence de l’Homme sur les choses de la nature.

Comme Chevalier du Soleil, nous savons maintenant que l’esprit l’emporte sur le corps, et que la voie du salut se trouve dans la recherche de la Vérité et de la Connaissance.

Les rituels des différents degrés nous indiquent que nous devons constamment faire des efforts pour comprendre ce qu’est la Connaissance, mais que celle-ci est inaccessible à notre esprit, car située sur un autre plan que celui du monde dans lequel nous vivons. Celle que nous recherchons est dans le domaine du transcendantal, alors que nous, pauvres humains, tentons de tout expliquer, ce qui fait que nous sommes constamment en but au dualisme. Bien et mal, Lumière et ténèbres.

IV – L’homme éclairé par la raison.

A ce niveau une question se pose : Par quelle méthode notre voie initiatique peut elle nous aider à progresser dans cette voie de la Connaissance.

Le rituel du 28ème degré figure l’ascension de l’Homme dépouillé des métaux et des préjugés. Il s’élève en lui-même et aussi dans l’espace et le temps. De l’ignorance et de l’aveuglement il faudra passer à la maîtrise et à la certitude d’un principe créateur, pour lequel la raison avoue son impuissance à l’exprimer.

La Franc Maçonnerie est une école de pensée basée sur la recherche, loin de tout dogme. Ce que nous rappelle le rituel du 4ème degré : Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines… Vous déciderez par vous-même de vos opinions et de vos actions, vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie.

Cette méthode maçonnique nous aide à faire sortir de nous un raisonnement trop enclin à être scientifique, pour nous faire accéder à une compréhension de notre inconscient, nécessaire à notre démarche initiatique et symbolique, afin d’entrevoir cette Lumière que nous cherchons.

Pour les cherchants de vérité que nous sommes, c’est par la Raison que nous pouvons éviter les dérives d’un monde imaginaire sans structures ni limites. En effet, l’étude du symbolisme et de l’ésotérisme faite sans précaution peut entraîner un esprit influençable dans des égarements d’où il lui sera difficile de sortir.

La raison, ou rationalité, est donc un outil de protection indispensable pour qui veut mettre de l’ordre dans ses idées et pour notre démarche initiatique. Mais la raison n’a pas le monopole de la Vérité.

Elle permet de concrétiser l’idée et de construire selon les plans élaborés par l’Architecte. De construire la société selon un modèle idéalisé qui nous rapprochera de la Jérusalem Céleste. C’est par la raison que l’Homme éclairé pénètre les ténèbres et les obscurités que l’ignorance et la superstition répandent autour de lui, pour s’en évader et atteindre la vraie Lumière.

Si nous poursuivons notre réflexion sur le plan spirituel, alors la raison devient intuition, élément d’une recherche intériorisée dont les résultats sont incommunicables sans l’utilisation des symboles. Cette intuition permet de choisir les éléments de notre construction intérieure qui nous transformera en Homme Véritable. Construction qui ne se fera que si nous comprenons que le ciment qui nous fortifie est le même que celui qui nous relie aux autres Hommes et que nous avons découvert au 18ème degré, la pratique de la Loi d’amour du Chevalier Rose Croix.

V – En guise de conclusion

Sans doute aurait-il fallu faire un rapprochement entre l’arbre séfirotique et Lux ex Ténébris, puisque c’est grâce aux différents niveaux de manifestation (Binah, intelligence, Hochmah, sagesse, Géroubah, rigueur, etc..) que l’on peut espérer atteindre un jour l’Eïn Sof Or, la Lumière. Mais n’étant pas familiarisé avec la Kabbale, je préfère laisser l’explication de cette approche à ceux de nos FF qui sont plus compétents que moi sur le sujet.

Nous avons vu que l’intelligence qui permet de discerner le vrai du faux, ou raison, ne suffit pas pour accéder aux connaissances des choses de la vie et qu’il faut lui associer l’intuition qui est plus approprié lorsque l’on parle d’accès à la Connaissance. Je pense également que l’on ne peut atteindre la Vérité si on n’a pas un minimum de spiritualité, celle-ci se forgeant par le symbolisme et le travail sur soi.

J’y ajouterais également l’amour de l’autre, comme il est dit plus haut.

Comme francs-maçons nous avons le désir de progresser spirituellement. Désir qui nous a été donné par les épreuves que nous avons subies dans nos différentes initiations.

Notre spiritualité maçonnique tend vers un idéal, vers le divin, mais sans accorder à ce dernier mot une connotation religieuse, car on peut accéder au divin sans être religieux.

Lux ex Ténébris, tout est fini ou tout commence. Nos pensées sont en perpétuelles cogitations, en perpétuelles vibrations où comme le disait Bouddha, en perpétuelle impermanence. Tout devant évoluer, notre Devoir se trouve dans ces deux obligations : la perfectibilité et l’amour.

Nous sommes des Chevaliers du Soleil, les chevaliers d’un Temple intérieur, immatériel. Si nous sommes initiés, c’est parce que nous avons redécouvert la Tradition Primordiale, ce qui nous a mis sur le cheminement initiatique. Au cours de nos différentes initiations nous avons toujours voyagé en quête de la Lumière, cette Lumière qui n’est que le mot substitué de la Connaissance.

Au 28ème degré, il est demandé au Chevalier du Soleil « Comment avez-vous pu sortir du centre des ténèbres? » et lui de répondre « Par la réflexion et l’étude de la Nature ».Cette Nature qui nous fait prendre conscience de notre unité avec la Totalité. C’est-à-dire faire l’expérience du Monde.

Nous sommes les chevaliers de notre Temple personnel mais également de celui de l’Homme et si nous agissons, c’est pour développer cette parcelle divine qui est en nous et que nous appelons Lumière.

Que nous cherchons et que nous ne trouverons sans doute jamais.

« La Voie, rien que la Voie » disait Lao-Tseu. C’est à dire que le but n’est pas la Connaissance, mais la façon d’y accéder. L’essentiel étant de se mettre en route.

J’ai dit T E C

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