33° #430012

Echelle Double du Chevalier Kadosh

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Ne pas confondre avec l’échelle de Jacob. Celle qui figure sur le tableau de Loge du rituel Emulation, avec trois, sept ou onze échelons qui partait du centre de la terre ferme de la raison pour se perdre dans les nues, domaine inaccessible de l’absolu. Elle était parcouru sur toute sa
longueur par des anges et symbolise selon le sens du parcours la montée vers la porte du ciel ou la descente vers la porte des enfers.

Celle qui nous intéresse, c’est « l’Echelle double du Chevalier Kadosh ».

Mais revenons un peu en arrière des degrés du REAA et dans certain rituel du 18ème degrés « le Chevalier Rose-Croix de Hérédon », exige déjà pour l’admission dans la chambre rouge, la montée d’une échelle à sept degrés successivement rapportés au trois vertus théologales, un peu
comme Dante dans sa remonté vers le purgatoire qui gravit un à un les échelons de son échelle à sept degrés. Au 23ème degré « Chef du Tabernacle » on trouve situé dans le sanctuaire qui est placé sur une estrade à sept degrés et au 26ème degré « Ecossais Trinitaire » une échelle plus courte à trois échelons représentant la Foi, l’Espérance et la Charité préfigure et annonce l’Echelle du 30ème degré.

Notre Echelle forme, lorsqu’elle est ouverte un angle la pointe en haut et avec le sol un triangle. Chaque coté est large à la base et va en se rétrécissant jusqu’au sommet, point de jonction de la voie étroite. Cette échelle est disposée à cheval sur la barrière médiane et elle n’a nul besoin pour tenir, de s’appuyer sur autre chose qu’elle-même. Cette double échelle représente le nombre 2, nombre féminin de la passivité et de l’intuition. Celui qui la gravira devra se réfugier dans le domaine de l’intuition, mais cela ne suffira pas dans sa montée, si l’intuition n’est pas appuyée sur une solide raison, qui est le sol sur lequel repose l’échelle et qui forme la base du triangle.

Le Sol – Nombre 1 – Actif.
L’Echelle double – Nombre 2 – Passif.
Le Triangle formé – Nombre 3 – Réalisation.

Chacun de ses montants comprend sept marches sur lesquelles sont inscrits en partant du bas vers le haut, à droite les sept sciences et arts libéraux, la Grammaire, rhétorique, Logique, Arithmétique, la Géométrie, la musique et l’Astronomie, que l’on retrouve dans le Grade de Compagnon.

Sur ce versant, je ne retiendrais que deux échelons…le troisième échelon, « la Logique », L’homme semble chercher à convaincre avec un discours éloquent et des allégations passionnées, ses arguments doivent en fin de compte signifier la force de la raison. Ainsi l’outil moral et intellectuel d’un homme est la logique. Et, le cinquième échelon, qui pour moi est le plus important, « la Géométrie », qui est l’art de mesurer toute chose dans le ciel et sur la terre. En outre, aucune science, ni la grammaire, ni la rhétorique, ni l’astronomie, ne tiendrait sans la géométrie. Si la géométrie est privilégiée par les Françs-Maçons, c’est parce qu’elle est, parmi toutes les autres, la seule dont l’enseignement repose sur la démonstration et non sur l’autorité. L’esprit de géométrie est la colonne vertébrale de l’enseignement maçonnique, c’est-à-dire de l’enseignement des hommes libres. La géométrie exclut le dogme. Elle exclut toute affirmation imposée.

C’est pourquoi, pour l’homme libre, la géométrie est la reine des sciences. Lorsque nous parlons de symbolique, nous nous appuyons sur l’étymologie. Nous confrontons les mots avec leur sens premier. Si par malheur, la franc-Maçonnerie perdait l’esprit de géométrie, elle perdrait son âme et son utilité, le sens même de toute spiritualité. Elle ne serait plus qu’une secte dogmatique.

A gauche de bas en haut, les sept vertus, la prudence, la justice, la sagesse, le courage, la foi, l’espérance et la charité. En Hébreu, Tsedakah, Shor Laban, Mothek, Emounah, Hamah Sch’al, Sebel, Hochmah, Binah, Tebounah.

Il serait intéressant de savoir pourquoi le versant, dit supposé ascendant de cette échelle double est en caractères hébraïques, quel que soit le pays dans lequel ce rituel est utilisé, alors que l’autre versant se trouve rédigé dans la langue autochtone.

Nous sommes, parait-il dans une civilisation judéo-chrétienne, serait-ce pour nous souvenir de nos origines ? Serait-ce aussi pour être en phase avec une science hébraïque, que l’on nomme la Kabbale et qui intervient judicieusement dans l’univers Maçonnique ?

Tsedakah, la Justice. Elle est le premier échelon et le point de départ de toute réelle initiation. Ce mot à vite fait d’être assimilé à des concepts profanes (jugement, tribunal etc…) hors, il n’a rien à voir avec l’acception latine de Justicia et la notion occidentale de justice. Tsadok, le juste en hébreu, n’est pas celui qui est équitable et qui applique la loi, mais celui qui la brave, risquant sa vie par amour ou par compassion.

Shor Laban, Taureau Blanc. Le taureau a été le premier symbole choisi pour représenter le Dieu créateur. La Divinité est ici symbolisé par La Force (du taureau) et la Lumière (de Dieu).

L’homme d’action qu’est le Chevalier a besoin de force pour réussir ses missions. Plus que jamais il aura besoin de rassembler ses forces et de s’armer de volonté afin de renforcer son âme qui le conduira à son être intérieur. Le taureau-force symbolise aussi l’énergie créatrice, car il a besoin de force pour entreprendre la purification de son Ego, afin d’atteindre la candeur, la bonté première. Pour schématiser on pourrait dire que c’est le passage de l’Avoir à l’Etre, l’être étant la sagesse englobant en elle-même la force, la gloire et l’abondance.

– Mothek, la Douceur. Si le rituel prévoit de consacrer un degré à la douceur, c’est qu’il prévoit dans le mode d’emploi de l’ascension la douceur. le chevalier doit apprendre la compassion, aider au soulagement de la souffrance d’autrui, ceci ramène au chapitre16 des proverbes : « Qui a un coeur sage est proclamé intelligent, des paroles douces sont particulièrement persuasives ».

– Emounah, La Foi. Ce parcours peut être appelé la voie du Coeur, la Fidélité, la Vérité. En effet, lorsqu’on parle de cette voie du coeur, ce chemin de l’affectif, du sentiment, de l’amour, le chevalier cherchant une fois pénétré de cette vérité, sait que la voie royale pour accéder au sommet de l’échelle passe par le coeur, cordon ombilical de l’homme qui relie son être au cosmos et par conséquent au Grand Architecte de l’Univers. C’est la route de la vraie connaissance, la gnose des mystères divins, l’univers étant saint, il reste au cherchant à le re-devenir. Car c’était bien son état avant la chute, la redescente. (expulsion du jardin d’Eden)

– Hamah Sch’al, Le Soleil qui est au-dessus. Je cite la genèse « Dieu dit… Que la lumière soit et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres.Dieu appela la lumière jour et les ténèbres nuit. Ainsi il y eu un matin et il y eu un soir : Ce fut le 1er Jour ». Le soleil est au dessus de nous car depuis l’antiquité il a toujours été considéré comme un Dieu… Il est au dessus de nous car il est en NOUS. Dans son ascension le Chevalier cherchant se souviendra des étapes qui lui ont fait mention de la lumière et du soleil.

– Sebel ou Sabbal, la Patience dans l’adversité. La patience non pas pour celle de l’attentiste ou du calculateur, mais pour le fardeau que l’on porte, le coup du sort, la souffrance que l’on supporte de bon coeur, patiemment. Sabbal désigne ainsi les 70 000 apprentis que le Roi Salomon utilisa pour la construction du premier Temple de Jérusalem. Pour moi sont évoqués non seulement la patience pour supporter les épreuves, mais aussi la patience dans cette tache sans fin de la construction du Temple.

– Hochmah, Binah, Tebounah, La sagesse, l’intelligence et la compréhension. Nous voici arrivé au terme du versant ascendant de l’échelle qui fait appel une dernière fois à un vocable hébraïque et cabalistique. Le Chevalier a accès au triangle supérieur de l’arbre séphirotique, monde de l’émanation dont le sommet est Kether (la couronne). Il se trouve alors en accord avec la vie, il a résolu tous ses conflits et se positionne comme le dit les textes sacrés ICI et MAINTENANT. Il est en position de recevoir l’énergie cosmique, celle qui vient du haut. Il faut qu’une porte s’ouvre et qu’il ait la liberté de passer, aller plus loin pour tuer le désir : Etre et seulement cela…c’est son devoir. Quand il est arrivé au bout du chemin humain, que lui reste t’il ? TOUT puisqu’il est devenu un EVEILLE doucement dirigé par la FOI (penser au parcours de l’ascension) et pour consolider en lui la sagesse et l’intelligence, il doit se mettre en position de compréhension (Tebounah).

Nous comprenons mieux pourquoi tous les échelons de cette échelle tout en étant gradués s’imbriquent néanmoins les uns dans les autres. Si la pensée est juste (Tsedakah), enrobée toutefois de douceur (Mothek) et renforcée par la certitude absolue (la foi – Emounah) et le tout sous la lumière du soleil au dessus de nous, alors la réussite (Action) qui en découle sera juste, car non le fruit d’un savoir exigé par une ambition, mais uniquement par la volonté vraie de transformation de l’homme en son ETRE.

A ce moment le chevalier a atteint le sommet, il a affronté l’aventure de l’inconnu et à contrario l’aventure de la connaissance de soi, première étape d’une sainteté dans l’action. Il est devenu « Kadosh » qui veut dire « Saint » « Sacré » « Consacré ». Encore faut-il savoir de quelle sainteté il s’agit ?

Certainement pas d’une sainteté béatifique, ni d’une sainteté romantique, mais d’une sainteté combattante, mêlé d’action, de doutes et d’amour. Je cite, comme le dit « Aldous Huxley » dans sa Philosophia Pérénnis : « Le saint est un homme qui sait que chacun des instants de notre vie humaine est un instant de crise, car nous sommes appelés à tout instant à prendre une décision de toute importance, à choisir entre le chemin qui mène à la mort et aux ténèbres spirituelles et le chemin qui mène à la lumière et à la vie… ».

Alors, il pourra dire « VOILA QUI EST FAIT », nous avons eu là, le mode d’emploi complet de la réintégration de l’homme, sa Transmutation.

Ce chemin qui mène à la transmutation est aussi, lui-même, la transmutation. « Le but n’est pas le but, mais la voie ! Le but sera de découvrir la clé qui ouvrira la porte de notre propre temple ».

Le Chevalier a purifier son EGO, car il a accomplit sa réalisation ascendante pour soi-même et non pour lui-même, tout le parcours qu’il va accomplir maintenant qu’il a atteint ce sommet du triangle et quand armé de son glaive de Chevalier Kadosh, il entamera sa réalisation
descendante, ses premières quêtes seront pour le bien de l’ordre et de la communauté.

Au sommet de cette échelle, le chevalier devenu Kadosh, peut maintenant se baigner à la lumière de la connaissance, apercevoir et approché cet aigle à deux tête aux ailes déployées portant une couronne sur ses deux têtes et tenant un glaive dans ses serres, avec sur le coeur de l’aigle un triangle pointe en bas (ce qui est en haut est identique à ce qui est en bas et inversement) sur lequel est inscrit l’un des noms en hébreu qui désigne Dieu « ADONAÏ », « Adon » (Aleph,Daleh, Nun) est le seigneur et la lettre Iod qui le termine exprime le possessif à la
première personne, ce qui évite de prononcer le tétragramme ineffable « Iod, Hé, Vav, Hé ». Ce nom exprime l’aspect apparent de Dieu. Il est le premier mot de passe et le mot sacré du Kadosh (Nekam Adonaï et Mi Kamoha-Ba Elim Adonaï…qui d’entre les forts, est semblable a toi, Adonaï ?). Adonaï est UN.

Ce symbole de l’Aigle à deux têtes, devient beaucoup plus authentique si nous le plaçons dans une large conception. La position opposée des deux têtes est d’une profondeur inépuisable, admettons que l’une porte son regard sur l’orient et l’autre sur l’occident et mettons sur orient «
contemplation et sur occident le mot connaissance » d’une part la scrutation et la contemplation du G A D L U et d’autre part la connaissance et l’organisation humaine du monde. Cette spiritualité du REAA, libre de tout dogme, est bien le chemin qui permet de concevoir la notion d’un plan supérieur, celui de l’absolu, où la dualité se résout en Unité (l’uni dualité), pour bien construire ce plan supérieur, il faut d’abord bien construire ce qui est au tréfonds de nous. Rappelez-vous mes Soeurs et mes Frères, le cabinet de réflexion, le jour de votre initiation et la formule V I T R I O L. (Visita interiora tenae rectificandogue invenies occultum lapidem / Visite l’intérieur de la terre et tu trouveras la pierre de l’oeuvre).

Je cite mon double Frère Simon : « L’Homme ne construit son temple intérieur qu’en construisant en même temps son temple extérieur ». Tout ceci permet de redescendre pour agir efficacement.

Comment pourrait-on imaginer de rester en haut de l’échelle sans en redescendre ? Comment pourrait-on atteindre sa réalisation ascendante sans faire sa réalisation descendante ?

Il me semble que le Chevalier Kadosh parcourt toute sa vie l’échelle dans un double mouvement permanent, c’est un Maçon accompli et tout maçon, même si il n’atteint pas le degré de Kadosh, parcourt la montée et la descente pendant tout le chemin de sa vie maçonnique.

Sa mission, définie par son deuxième serment, est sans équivoque, mais redoutable « le devoir » sans souci d’intérêt et de renommée, pour le bien, l’ordre, la raison, la sagesse, la liberté de conscience, le refus de tout dogme, de tout despotisme, quel formidable combat, Vaincre ou mourir !

Le dernier et troisième serment, celui qui est au centre de la fraternité universelle, il suffit de prendre le rituel et de le lire, je crois que certain aurait dû l’apprendre par coeur.

« Je jure de ne jamais causer de tort à aucun Chevalier Kadosh… De me porter, au contraire, au secours moral et matériel de celui que je verrais en péril…et pour finir… De leur prêter assistance dans leurs Entreprises en faveur de l’ordre et de ses buts ».

Et l’on reçoit, à ce moment, l’accolade Fraternelle.

« Fais ce que tu dois et advienne que pourra ».

Je crois qu’il y avait bien d’autres choses à dire et à développer sur ce sujet qui est immensément riche d’enseignement et de symboles, je pense que si j’avais à le refaire, je ferais sans aucun doute différent. Mes Soeurs et mes Frères c’est à vous maintenant, de le parfaire.

J’ai dit.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil