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La franc-maçonnerie considère que la vérité ne peut s’acquérir que par un enseignement graduel
Non communiqué
A.°.L.°.G.°.D.°.G.°.A.°.D.°.L.°.U.°.
GMA
TRES ILLUSTRES FF
ET VOUS TOUS MES FRERES GMA EN VOS GRADES ET QUALITES.
GMA
TRES ILLUSTRES FF
ET VOUS TOUS MES FRERES GMA EN VOS GRADES ET QUALITES.
Lorsque le franc-maçon atteint le 3ème et dernier degré d’une loge symbolique, il acquiert la plénitude de ses droits maçonniques. Qui dit enseignement graduel sous entend « grades ». Ce vocable militaire est sans doute issu des Loges militaires, fort nombreuses dans le temps.
Par le passé, après plusieurs années en chambre du milieu, un Maître Maçon pouvait être coopté pour les Hauts Grades. La durée d’instruction au 4e degré est souvent variable pour accéder au 14e degré. Ce bref passage était parfois trop court pour certains frères d’appréhender le symbolisme des grades intermédiaires. La nécessité d’assurer un cheminement plus progressif en Loge de Perfection s’est fait ressentir.
C’est ainsi qu’au travers d’un corpus symbolique très riche, la Loge de Perfection prépare les futurs candidats aux ateliers supérieurs. Elle travaille à partir du 4° degré à d’autres degrés plus avancés avec pour particularité l’existence de grades qui sont toujours conférés par initiation dont les 9e et 12e degrés et d’autres qui peuvent l’être par communication, tels que : les 5e, 6e, 7e. 8e, 10e et 11 e degrés qui sont bien connus de nous.
Les temps forts que nous avions vécus et ressentis en Loge de Perfection demeurent les 4°, et 9° degrés ; qui sont conférés par initiation, comme souligné précédemment.
Ces 8 degrés de la Loge de Perfection peuvent être répartis en 2
classes selon Raoul BERTEAUX ; du 4e au 8e degré, la classe des Maîtres (Maître Secret ; Maître Parfait ; Secrétaire Intime ; Prévôt et Juge ; Intendant des Bâtiments) ; et celle des Elus du 9e degré (Maître Élu des Neufs), 1 0e degré (Illustre Élu des Quinze) et le 1 1e degré (Sublime Chevalier Elu).
Ce soir, face à l’immense richesse symbolique de ces grades, il m’a été demandé de mener la réflexion sur le thème suivant : « Symbolisme de la légende du 10e degré du REAA ».
Pour y parvenir mon morceau d’architecture sera soutenu par deux piliers, à savoir :
I – LE PARCOURS INITIATIQUE DE L’ILLUSTRE ELU DES QUINZE, 10E DEGRE DU REAA.
II – SYMBOLISME ET ENSEIGNEMENT DE L’ILLUSTRE ELU DES QUINZE. I – LE PARCOURS INITIATIQUE DE L’ILLUSTRE ELU DES QUINZE, 10E DEGRE DU REAA.
Tout d’abord résumons les thèmes des degrés précédant le 1 0e degré à partir des documents parcourus.
Nos premiers pas dans l’ordre maçonnique hors du temple en tant que profane nous introduisent dans le cabinet de réflexion.
Ce local uniformément peint en noir dans lequel se trouvaient divers objets, des dessins symboliques et inscriptions. L’une de ces dernières a suscité bien la curiosité de nombreux frères : V.I.T.R.I.O.L (Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occulltum Lapidem.- Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée).
Dans le temple commencent les initiations symboliques du 1er au 3e degré à notre rite.
Le degré d’apprenti est le premier grade maçonnique conféré par l’Initiation. Au cours de cette cérémonie, il va être signifié au profane qu’il n’est qu’une pierre brute, totalement inexploitable en l’état. Le travail que l’on attend du récipiendaire sera de tailler sa propre pierre au moyen de 3 outils mis à sa disposition : le Ciseau, le Maillet et la règle à 24 divisions.
En passant de la perpendiculaire au niveau, mes ainés ont reconnu que je suis apte à recevoir mon augmentation de salaire : à devenir Compagnon à travers une cérémonie d’initiation qui n’est qu’une ampliation de la première cérémonie.
On devient Maître en allant de l’Équerre vers le Compas. Le Maître est celui qui a acquis l’intégralité de ses droits maçonniques.
En franc-maçonnerie et, contrairement au monde profane, ce sont les obligations et les devoirs qui conditionnent strictement les droits. Par voie de conséquence directe, le franc-maçon ne peut être reconnu comme tel que par ses Frères et, uniquement, eux.
L’ascension spirituelle est-elle déjà terminée ? Le perfectionnement est parvenu à son terme ? Je ne le crois pas. Pour éviter de se bloquer à ce plafond de verre, des frères fondent dès la fin du XVIIIe siècle des » ateliers supérieurs « , qui les confrontent à de nouveaux secrets, de nouvelles initiations, de nouvelles découvertes. Ils inventent des rituels empruntés à la chevalerie, aux Templiers et à l’univers biblique. Ainsi naît le Rite écossais ancien et accepté (REAA), qui compte trente degrés supplémentaires.
À chacun de ces grades supplémentaires, son lot de secrets, inaccessibles, aussi bien aux profanes, qu’aux membres des loges bleues, ce qui au demeurant irritent l’église, en particulier l’église catholique.
C’est bien en Loge de Perfection que des frères ainés témoins de mon zèle et ayant reconnu mes aptitudes, ma constance et ma persévérance, m’ont coopté. Puisse le GADLU assister ces frères ainés ; qu’ils continuent à devoir guider les jeunes frères dans la voie de leur quête initiatique.
Au REAA, la Loge de Perfection, confère des degrés successifs et évolutifs. Du 4e au 8e degré le thème de la construction du Temple est développé. L’enseignement concerne la formation du maître maçon qui participe aux travaux interrompus par la mort de notre Respectable Maître Hiram et cela jusqu’à la dédicace du temple.
Le 4e degré est celui du Maître Secret
Le motif de méditation à l’étude à ce degré est la notion du devoir et la ferme volonté de l’accomplir, quoique cela peut coûter et sans espérer de récompense.
Il faut aussi noter l’apprentissage du silence, de l’obéissance et de la fidélité. Le 5e degré est celui du Maître Parfait.
La réflexion au 5e degré se fonde sur le concept de la quaternité, figuré par le carré et le nombre 4. Le MP doit se rappeler qu’étant mort aux vices, il doit, espérer, revivre par la vertu, faire des progrès et attendre un jour le dernier degré de la science sublime.
Le 6e degré est celui du Secrétaire Intime.
C’est un degré clef de la FM. La symbolique se repose sur les curiosités. Il en existe deux ; l’une vaine et condamnable et l’autre utile, qui excite l’intelligence pour connaître la vérité. Mais la plus noble, est celle de l’initié qui cherche sans cesse.
Le 7e degré est celui de Prévôt et Juge.
Qu’est ce qu’on peut retenir comme Prévôt et Juge ?, C’est bien la Balance ; symbole de l’administration de la justice, sans préjugés, ni partialité, en maintenant les deux plateaux bien équilibrés. Rappelons nous de la promesse faite au cours de ce grade, je cite « J’ai promis de tout faire pour apaiser les différents entre les frères, ainsi que de leur rendre stricte et impartiale justice.. » Fin de citation.
Le 8e degré est celui d’Intendant des Bâtiments.
Pour l’ultime travail de la décoration du Saint des Saints, le Roi Salomon décide de ne pas remplacer Hiram Abi par un seul Maître, mais par plusieurs maîtres. Ce degré introduit un symbole associatif important. L’intendant des Bâtiments doit pratiquer la fidélité par ces points : agir, intercéder, prier, aimer ses frères et de les secourir.
Le 9e degré est celui du Maître Elu des Neuf.
C’est à ce degré que le premier meurtrier de notre RM Hiram, appelé Abiram, fut retrouvé et exécuté.
Le récit relate que le roi Salomon fit désigner 9 maîtres par tirage au sort et leur donna la mission de poursuivre les meurtriers d’Hiram Abi, dans une caverne indiquée par Zerbal, où ils furent refugiés et de les capturer.
Le récipiendaire, jouant le rôle de Johaben, se détacha du groupe des 9 et pénétra seul dans la caverne où il découvrit Abiram, l’un des meurtriers. Il le frappa d’un coup de poignard au coeur et lui coupa la tête, qu’il rapporta à Salomon.
En agissant ainsi, il a transgressé les ordres du roi, mais il sera pardonné grâce à la clémence du Souverain, et suite à la supplication des 8 autres maîtres. A la couleur noire est associée la couleur rouge, sous forme de sang de feu.
Le thème initiatique est d’ordre mythique. Quiconque veut s’élever est menacé de chute ; dès lors les voies initiatiques passent par une descente dans les ténèbres. L’objet de ce grade est d’entrer en nous-mêmes pour combattre les nombreuses imperfections et nos impulsions.
Du 9e au 11e degré « la construction du temple » est provisoirement suspendue. Ces trois degrés dites de vengeance, s’appellent la classe des
Elus.
Le 10e degré est celui de l’Illustre Elu des Quinze.
Second grade d’«Elu», l’Elu des quinze, parachève l’action de justice entreprise. Les deux autres meurtriers sont arrêtés, jugés et condamnés selon la décision du roi Salomon.
Les têtes des trois assassins sont exposées à titre d’exemplarité aux trois portes de Jérusalem. L’ordre est rétabli ; les travaux suspendus dans le Temple vont pouvoir reprendre.
La parcours initiatique de l’Illustre Elu des Quinze étant ainsi appréhendé, qu’elle analyse pouvons nous faire du symbolisme du grade ? Tel sera le point que nous aborderons ci-dessous.
II – – SYMBOLISME ET ENSEIGNEMENT DE L’ILLUSTRE ELU DES QUINZE.
Le thème de notre réflexion contient quelques mots clés, tels que : « Illustre, Elu, et le nombre 15 », qu’il fallait décrypter pour une bonne compréhension du développement à suivre.
Le qualificatif « Illustre » est défini comme celui qui est célèbre par le mérite, par la noblesse, par quelque chose de louable et d’extraordinaire. Etre né d’un sang illustre, ; c’est être né d’une personne brillante, connue, distinguée, historique, importante, mémorable, populaire, renommée, réputée.
Il convient de dire que dans notre contexte, l’Illustre Elu des Quinze est donné au récipiendaire par son mérite, son travail, son zèle.
Les très illustres frères de notre juridiction, le SCAO, sont des membres du suprême conseil qui ont atteint le 33e degré du rite. Au degré où je suis, j’avoue ici que le cursus de ces très illustres frères n’est pas facile à suivre. Que de devoirs à accomplir ! J’exprime mon admiration et ma révérence pour eux.
Aux 9e, 10e et 1 1e degrés, il ne s’agit pas d’une élection mais d’un tirage au sort. L’adjectif «Elu» vient du latin « elegere » qui signifie élire.
Nous connaissons et vivons tous les élections « dites démocratiques » dans nos pays. Je me réserve tout commentaire…. Pour l’élection de l’illustre élu des 15, il n’y a pas eu favoritisme, ni tricherie, ni jalousie, ni ambition, pas de « Hold up » électoral. C’est bien le bon vouloir du GADLU qui a su prévaloir, plus expressément, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.
Que cache alors le symbolisme du nombre 15 ?
Quinze représente la parfaite expression tridimensionnelle …. 3 x 5. Nombre impair et triangulaire, 15 est un agent dynamique et créateur ; il représente l’épanouissement de la vie dans la création.
Dans la bible au livre des Galates 5. 19, Saint Paul énumère quinze oeuvresde la chair : fornication, impureté, débauche, idolâtrie, magie, haine, discorde, jalousie, emportements, disputes, dissensions, scissions, sentiments d’envie, orgie et ripailles.
Selon Creusot, c’est le nombre de Satan qui ne se plaît et ne s’épanouit que dans l’homme, tel un virus filtrant. Il impose subtilement ses volontés, provoquant passion aveugle, jouissances éphémères et dégradantes.
Les Pères de l’Église rapportent fréquemment 15 aux deux Testaments parce qu’il constitue la somme de 7 et 8, le Sabbat et la Résurrection (le Sabbat représentant la période couverte par l’Ancien Testament, et la Résurrection, celle couverte par le Nouveau Testament).
Quinze jours après la mort d’un pape, a lieu une réunion du Collège des cardinaux qu’on appelle le conclave et qui a la charge d’élire à l’unanimité un nouveau pape. Une fois élu, le nouveau pape choisit un nom, reçoit l’hommage des cardinaux et adresse sa bénédiction à Rome et à l’univers.
L’Anniversaire de 15 ans de mariage s’appelle : les noces de cristal.
La légende de l’illustre élu des Quinze continue celle de l’élu des neuf. Quel est donc le récit du grade d’après le catéchisme ?
« Six mois après l’exécution d’Abiram, Salomon, ayant appris que les deux assassins d’ Hiram, nommés Jubelos et Jubelum, se cachaient au pays de GATH, choisit 15 maîtres zélés, dont les 9 qui avaient retrouvé ABIRAM. Il leur confie une lettre à remettre au roi de Gath, MA’AKAH. Après cinq jours de voyage, la lettre est remise et MA’AKAH ordonne des recherches. Au bout des cinq autres jours, ZERBAL et ELKHANAN découvrent les scélérats dans la carrière de BEN DEKER. Ils sont chargés de chaînes en forme de règles et d’équerres et ramenés quinze jours plus tard à Salomon qui les fait enfermer dans la tour Achizar, en attendant leur exécution.
Le jour venu, à dix heures, ils sont attachés pieds et poings liés à deux poteaux, leurs corps sont ouverts du pubis à la poitrine. Après huit heures de cris et de gémissements, ils sont décapités, leurs têtes exposées aux portes de la ville, leurs corps jetés aux bêtes par-dessus les murailles ». Fin du récit.
Faut-il que nous en restions à l’apparence du récit ou que nous allions voir ce que symboliquement cela veut nous signifier d’accomplir par nous-mêmes, en nous-mêmes ? Là est la problématique de l’initiation au 10e degré.
Nous aborderons en six points le contenu symbolique du 10e degré.Premier Point :
Nous savons que depuis notre initiation au grade de maître les trois meurtriers d’Hiram Abi sont symboliquement trois de nos vices redoutables, à savoir : l’ignorance, le fanatisme et l’ambition démesurée. Trois vices contre lesquels nous sommes amenés à lutter depuis le 3e degré afin de nous en préserver ou de nous en défaire.
Si cette lutte semble au cours du 4e au 8e degré avoir été mise en sommeil, les 9e et 10e degrés rappellent ces trois vices violemment à notre attention. La cruauté du récit historico mythique est là pour nous choquer, nousbouleverser quelque peu afin de nous remettre au travail. Le rituel veut nous signifier en quelque sorte que rien n’est peut-être jamais acquis définitivement.
La violence ici est d’ordre psychopédagogique pour nous mettre en EVEIL. Il nous est arrivé de jeter un coup d’oeil sur le titre de la périodique des Témoins de Jéhovah : « REVEIILEZ-VOUS ! ». Pourtant nous ne sommeillons même pas, puisque le FM doit travailler 24 heures sur 24.
Deuxième Point :
Au 9e degré, le premier meurtrier s’était caché dans une caverne. La caverne est l’un des symboles de l’Inconscient.
C’est le lieu du refoulement. Le sentiment de culpabilité est lui-même refoulé, le meurtrier dort tranquillement au fond de la caverne. La symbolique de la caverne et de sa pénétration représente l’exploration du moi primitif, archaïque, refoulé dans les profondeurs de l’être.
Et la violence des faits relatés au cours dudit degré traduit ce qui nous attend aussi dans ce combat que nous devons opérer pour ramener ces motivations inconscientes à notre conscience.
Il y a des pulsions inconscientes et terribles qui sont à la source des trois vices que sont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée.
Et les symboles tels que l’eau vive qui vient des profondeurs de la terre et la lampe allumée dans les ténèbres de la caverne sont au 9e degré des symboles signifiant la dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière. Cela signifie qu’au coeur des ténèbres, au fond de la terre se trouvent les sources de la lumière.
A la racine de l’inconscient se trouvent les racines d’espérer pour peu que nous nous efforcions de boire à la source ou qu’une petite lumière s’allume au fond de nous et nous éclaire.
Troisième Point :
Au 10e degré, les deux meurtriers survivants ont trouvé refuge dans une carrière. Il ne s’agit plus d’une caverne, ce lieu naturel dans les profondeurs de la terre.
Qu’est ce qu’une carrière ? C’est un lieu de la terre où l’on extrait de la pierre à ciel ouvert. Nous ne sommes plus dans ses profondeurs, dans les ténèbres de l’inconscient, nous sommes à sa surface.
Ce qui est donc à la surface de l’inconscient et qui est de ce fait apparent et visible. Nous sommes donc au niveau du conscient, de ce qui n’est pas tout à fait caché. Nous sommes en un lieu où l’on travaille, un lieu où l’on creuse à ciel ouvert, dans la lumière. Un lieu d’accès facile et au regard de tous. Symboliquement, c’est l’image que nous voulons donner de nous-mêmes aux autres. Et c’est cette image qui peut être aussi un refuge.
Qu’est ce qui se réfugie derrière le masque de nos apparences ? Le mythe développé par le 10e degré nous invite à débusquer ce qui pourrait se cacher derrière la silhouette que nous voulons donner de nous-mêmes.
C’est donc dans une carrière que les deux derniers des trois meurtriers onttrouvé refuge. Ils sont là apparemment cachés mais le récit historico mythique nous fait comprendre qu’ils peuvent être facilement cueillis. Car se cacher au fond d’une caverne comme le fit le premier meurtrier nous conduit aussi au mythe de Caïn qui ayant tué Abel pense trouver la paix de sa conscience au fond de la terre mais comme l’écrit Victor Hugo « l’oeil était dans la tombe et regardait Caïn ».
Au 10e degré les meurtriers se cachent non pas de leur conscience mais de la justice des hommes. Peut-être que ces deux assassins ne se sont cachés là que pour un temps, dans l’intention de revenir sur un lieu de travail comme pour être vus à un moment ou à un autre.
N’y aurait-il pas là chez ces deux meurtriers d’Hiram, un sentiment inconscient de culpabilité qui fait qu’au fond de la nature humaine la plus noire, se trouverait une petite lumière susceptible de conduire l’être à sa propre rédemption en attendant qu’une oeuvre de justice s’accomplisse. Cela ne signifierait-il pas sur un plan philosophique et moral que nous ne devons pas désespérer de l’homme ?
Ainsi donc, derrière le masque de nos apparences, peuvent se cacher quelques travers qui peuvent être facilement débusqués afin de les éliminer alors que d’autres, dans notre conscience, seraient bien plus profondément enfouis. Mais il y faut, nous fait comprendre le récit, une expédition, un travail avec ses frères, c’est à dire un travail en loge qui consiste à développer des actes de pénétration en soi par soi.
C’est ce qui fait au 10e degré du poignard bimétallique à lame d’argent et à manche d’or, le symbole fondamental.
En effet, le poignard est une arme de pénétration. Cette arme est au 10e degré, fort de l’expérience acquise où l’erreur d’avoir frappé les forces primitives fut reconnue et pardonnée, symbolise donc l’acte réfléchi, mesuré, contrôlé qui amène ces forces primitives dans la pleine lumière de la conscience pour y être analysées, jugées et frappées. La pénétration est devenue au 10e degré un acte de l’esprit par lequel on accède à la compréhension et à la connaissance libératrice.
Cela signifie que l’on reconnaît cette réalité psychologique en nous, qu’on l’accepte, qu’on la ramène au niveau conscient, dans la pleine lumière, voire même sous le regard de ses frères, surmontant ainsi le complexe de culpabilité.
Quatrième Point :
Le récit historico mythique met en oeuvre une justice qui nous apparaît bien barbare. Nous sommes ici symboliquement ramenés en un temps où la tradition voulait que les puissances vaincues fussent cruellement punies. Cela signifie qu’il nous faut violemment lutter contre ces forces en nous. Symboliquement, ce mythe est un mythe de Libération de Soi par accès à la Connaissance de Soi. Mais il est vrai que cette libération de soi peut être
douloureuse et nous faire souffrir. Au 10e degré cette libération de soi s’accomplit avec les autres. Deux frères, dans le récit, accompagnent Johaben et c’est à trois qu’ils arrêtent les deux meurtriers et douze autres membres les accompagnent. C’est donc par soi et en communion avec les autres que l’on peut le mieux accéder à la connaissance de soi et surmonter le complexe de culpabilité de ne pas avoir fait ce que l’on devait faire en son temps pour être ainsi libéré de ce qui entravait jusqu’alors notre progression sur le chemin de l’initiation, qui est celui du perfectionnement de soi.
Cinquième Point :
Arrivés à ce point de notre commentaire nous pourrions méditer sur le terme d’Elu, d’autant qu’il ne s’agit pas à ce degré d’une véritable Election mais d’un tirage au sort.
En fait, le choix des frères devant accomplir cette tâche, est soumis à une lecture du hasard comme s’il y avait une prédestination à l’accomplissement de ce devoir. Il n’y a pas acte de candidature ; il n’y a pas d’élection ; il n’y a de pas vote ; il n’y a pas de plébiscite. Il n’y a ni de boule blanche ni de boule noire. Il y a eu un tirage au sort.
Ce groupe, de frères du 10e degré, et que nous verrons plu tard au 11 e
degré, est élu par la force des choses, par la force du destin en quelque sorte. Cela signifie que tous ces maîtres au nombre de 90 et plus, que Salomon avait réunis et qui participent au tirage au sort, sont en droit, aptes à remplir cette tâche et leur désignation ne s’opère pas par cooptation. Ils sont de ce fait tous à égalité en regard de la tâche à accomplir et devant le hasard qui a la responsabilité de la désignation qui n’est pas formellement un choix. On est élu des neuf ou des quinze, parce que le hasard nous désigne, pour que, par cette tâche nous nous accomplissions et si c’est par tirage au sort c’est pour que nous sentions moins l’effet d’une élection qui pourrait flatter notre ego, que l’effet d’une volonté qui s’impose à nous, d’une volonté qui n’est pas incarnée, d’une volonté qui quelque part peut être, celle supposée du GADLU.
Sixième et Dernier Point :
La présence de Johaben au 6e degré et au 9e personnifie à mon sens le lien symbolique que nous devons gérer entre les nombres 9 et 6.
Symboliquement l’ajout aux neuf frères composant le groupe des élus des neuf de six nouveaux frères tirés au sort pour former le groupe des élus des quinze nous fait penser à la germination par le bas (le nombre 9) à la germination par le haut (le nombre 6) puisque la somme des chiffres composant 15 est égal à 6 d’après la numérologie, ou la science des nombres.
Une nouvelle épreuve va donc s’ajouter à la première, un passage va s’opérer parce que va germer en lui, avec l’aide des autres, le grain de l’esprit après que celui de la matérialité la plus brute se soit exprimée au 9e grade. C’est cette réalisation que nous devons opérer en nous, assurer ce passage de
l’équerre au compas, de la matière à l’esprit. L’initiation au grade des élus des quinze n’est-elle pas une nouvelle possibilité offerte de germination par le haut ? Demandons-nous à ce degré, si nous sommes un peu perfectionnés ; d’où la scène du miroir qui intervient toujours dans notre vie de tous les jours.
Voila rapidement approché le contenu symbolique du récit historico mythique du 10e degré.
Pour conclure, retenons cette phrase du rituel qui pour ma part résume
bien la méthode maçonnique de progression « On n’est pas initié, on s’initie
soi même N. Emeth, ou l’Illustre Elu des Quinze doit apprendre à pratiquer la justice sans faiblesse, d’un coeur purifié de toute haine. Tâche ardue, difficile, mais pas impossible.
C’est à la fois un travail individuel et collectif. Individuel parce que l’engagement dans la voie initiatique résulte d’une démarche personnelle qui nécessite de la volonté pour faire face à toutes les épreuves, mais elle n’est réalisable que s’il a la transmission de la loge, c’est-à-dire du collectif qui relie chaque maillon à cette chaîne de l’initiation.
En tant qu’illustre élu des quinze, je me pose la question de savoir si je suis bien formé, sur le plan physique, moral, mental et spirituel, ensuite bien armé, depuis mon initiation comme FM pour engager ce dernier combat, combat au cours duquel les deux autres assassins, le fanatisme et l’ambition démesurée, de notre RM Hiram, seront éliminés, puisque le premier, l’ignorance, a eu son sort réglé par la vengeance expéditive de Johaben ?
GMATRES ILLUSTRES FFET VOUS TOUS MES FRERES GMA EN VOS GRADES ET QUALITES.
J’ai Dit !
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