#406012

Etes-vous Maitre Elu des Neuf ? – Le sort en a décidé, la caverne m’est connue

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
REAA
Loge:
:  NC 04/22
  


Quelle connaissance tirer du sort de Johaben et du sort du meurtrier ?


Tout d’abord, en préambule, je dirais que la première question est la question d’ordre du 9° degré du REAA dit aussi premier grade de vengeance, marqué par la désignation par tirage au sort de 9 maitres chargés de retrouver les assassins de M :. Hiram.


Pour y répondre, Il parait plus simple d’aborder ce sujet par la seconde question, qui me permettra ainsi de conclure que la caverne m’est connue.

Le but de cette légende est de modéliser ma conscience sur chaque personnage en m’appropriant tout le déroulement des évènements, afin de mieux me connaitre.



Le Sort de JOHABEN :

     J’apparais au 6 e degré comme Secrétaire intime de Salomon.
En fait, j’ai certainement été témoin de la mort d’Hiram et peut-être l’un des 7 Maîtres ayant découvert le corps.
Choisi parmi les M :.S :.et donc formé aux notions de prudence, justice et d’allégeance , je développe une  curiosité découlant des vertus cardinales :
–    la force d’action, la justice, la prudence et la tempérance m’amènent à écouter aux portes afin de mesurer l’importance de toute situation.

     La confiance que me témoigne SALOMON m’oblige à acquérir les responsabilités de Prévôt et Juge pour continuer à exercer ma fonction de lien entre le matériel et le spirituel, et, rendre une justice impartiale à tous les ouvriers, en commençant par moi-même…

     Apres avoir fait preuve d’humilité sous l’injonction « CIVI », les secrets sont maintenant accessibles grâce à la clef d’or qui me permet d’ouvrir le coffret d’ébène, et de découvrir ainsi les plans symboliques du G.A.D.L.U. me concernant.
Mais, la couleur noire suggère qu’il subsiste, probablement encore, des zones sombres en moi.




     La connaissance des ordres architecturaux me conduit à figurer parmi les 5 architectes, Intendants des Bâtiments, désignés pour assurer la construction de la chambre secrète
–    (ces arts, outre leur style architectural, rappellent les trois piliers sagesse, force et beauté, base de toute construction physique ou intellectuelle).

     Toute cette progression prouve que la vigilance, la persévérance et l’intention droite sont les promoteurs de cette ascension.

     La suite découle de cette formidable ascension :   animé d’un idéal de justice et d’équité, le JOHABEN que je suis, est maintenant dominé par des sentiments de justicier vengeur répondant à un fanatisme mal contrôlé, et oubliant la sentence du 4eme degré : « vous ne vous forgerez pas d’idole humaine » … car mon obéissance aveugle semble témoigner d’une idolâtrie vis-à-vis de SALOMON.
Par mon enthousiasme, je dépasse mes prérogatives de m‘emparer du meurtrier, et me substitue à mon maitre, en exécutant l’assassin.
Dans cet acte, je suis exalté par mes mauvais compagnons : le fanatisme et l’ambition déréglée.
J’en oublie également tous les conseils donnés au M :.S :..
Je suis dans une régression initiatique : je devance mes compagnons par des chemins obscurs et difficiles d’accès, et, en m’identifiant à la justice, je dépasse l’objectif et deviens meurtrier à mon tour.

En frappant ABIRAM au front, je cherche à atteindre le siège symbolique de l’âme, et lorsque je frappe au cœur, j’atteins le siège des passions.
En coupant la tête je dissocie la matérialité bestiale de la spiritualité, pensant ainsi que, l’âme séparée du corps ne pourra plus me juger.
Je m’en lave les mains…mais j’ignore encore que, telle dans le mythe de l’Hydre de Lerne, l’épreuve sera toujours à recommencer ….
C’est ce que je n’ai pas compris, avec mon geste éliminateur : j’occulte son Moi par ignorance ; … cependant, la miséricorde de SALOMON m’amènera certainement sur la voie de la découverte du Pardon, et, de mon auto-tolérance critique.


Le Sort d’ABIRAM :

Pour son crime, son Surmoi, punit son Moi par le truchement du remord et de la culpabilité, d’où son refuge dans la grotte, matrice maternelle réconfortante, près des eaux primordiales, lui permettant d’espérer la fuite par l’oubli dans un sommeil réparateur et régénérateur, symbolisé par la source.
C’est une nouvelle épreuve de la terre que cherche ABIRAM.

Mais, une nouvelle purification est-elle possible ?
Répondre par l’affirmative équivaut à admettre qu’une Conversion au bien est toujours réalisable.




« Etes-vous Elu des Neuf ? » « Le SORT en a décidé « :

Le sort est ’il responsable de mon accession à ce grade ?
A priori, Non, …à moins de considérer que le sort est comme le hasard lié aux mystères de la Providence, et de reconnaitre une force supérieure l’ayant lancé.
Cette Providence commence par la rencontre du voyageur qui a localisé ABIRAM, et de la confiance qui lui a été accordée.
Cette confiance aveugle est une transgression des conseils donnés au grade de M :.S :.
Alors est ’elle « inspirée », et, par quel phénomène ?  …L’Intuition, cette conviction personnelle irrationnelle peut la justifier sans l’expliquer.
Ensuite, nous retrouvons l’Etoile, qui nous accompagne dès le 2° degré.
Puis, nous avons une fois encore fait confiance à la Providence en suivant le chien, sous cet arc en ciel, qui rappelle l’alliance du divin avec le terrestre.
Enfin, le buisson ardent indique le lieu, et, la lampe confirme que l’on a retrouvé le cabinet de réflexion…et la lumière éternelle qui brille toujours en nous.  Notre Ner tamid.

En conclusion, l’Intuition est une vertu majeure, mais qui ne peut s’exprimer qu’à celui qui sait ouvrir son cœur… (est-ce le début de la Foi ?).
Être Elu c’est être choisi par Dieu…


SYMBOLISME PROFOND :

    Tout d’abord la formidable ascension de JOHABEN doit me mettre en garde contre ma propre ascension qui pourrait me faire croire que l’acquisition de connaissances autorise un jugement précipité.
L’accession rapide à un degré supérieur de connaissance ne doit pas favoriser l’égo et me faire outrepasser les prérogatives auxquelles je suis destiné.
Si mon savoir augmente grâce à ma progression je dois prendre conscience que le domaine de mon ignorance m’apparait alors inversement proportionnel à mes acquis.

     Dans la légende, Il est surprenant de constater, sur le tableau de loge, l’absence de tout personnage.
La caverne et tous ses accessoires sont représentés mais il n’y a personne.
Or, à la question « qu’avez-vous vu dans la caverne ? », Je réponds : « une lampe, une fontaine, un poignard et le traitre ABIRAM ».
Ainsi, dans La caverne s’ouvrent à moi deux voies :
–    l’une portée par la lumière et l’eau,
–    l’autre par la perversion et la mort.
C’est un retour dans le cabinet de réflexion et une nouvelle épreuve du miroir.
…Je suis face à mon propre démon, bien tapi au fond de mon être, je suis face à l’aspect sombre de mon Moi.
Mais ma liberté aurait dû me conduire sur la voie lumineuse et de l’espérance.

     Le poignard est l’arme du combat rapproché, du corps à corps qui m’oppose à moi- même…
Il faut remarquer son manche en or et sa lame d’argent, opposant ainsi les aspects solaire et lunaire ; le conscient de l’inconscient.

Donc, si je procède de la même manière, à savoir de trancher le lien entre mes passions et ma raison, je ne résous rien des problèmes, au contraire, une dissociation des deux pourrait me conduire à un état de schizophrénie avec des pulsions tantôt mues par la passion, tantôt par la raison.



       Revenons à ABIRAM : il n’est pas seulement l’assassin de la légende et la face noire de JOHABEN, c’est peut-être aussi la face occulte d’HIRAM-ABI, dont ABIRAM semble être l’anagramme.

Dès lors, on peut supposer que JOHABEN doit en passer par un patricide et ainsi se départir de ce lien pour accéder à sa totale liberté de penser.
Mais, peut ’on éliminer ce qui s’apparente, aux secrets de famille ou, selon les chrétiens, à la faute originelle ?
Nous sommes enchainés à un héritage qui nous conditionne ; les passions en découlent : l’orgueil, la vengeance…etc.
Pour nous en libérer il faut rompre sans cesse ces chaines et ainsi en éliminer la face noire, pour exprimer la face lumineuse qui est en chacun de nous et qu’on appelle la conscience, voire la liberté.

      La Caverne m’est connue signifie que cet espace est intégré en moi et que je suis né avec.
Il s’agit de ma conscience que je connais (je suis né avec.) sans l’avoir identifiée réellement.
Les divers allers et retours opérés depuis mon entrée en maçonnerie, –impossibles sans l’aide de mes Frères–, n’ont pour but que de l’explorer en descendant peu à peu au plus profond de moi-même.
Dans cette exploration, je dois identifier et apprendre à connaitre mes aspects sombres afin de les maitriser, ou du moins les modérer.

La sagesse ne serait-elle pas de reconnaitre mes démons et leurs origines pour les comprendre (de prendre avec…) afin de bâtir un être critique car riche de ses qualités mais aussi de ses défauts…. Son propre « prévôt et juge ».

Il est à noter que, dans la légende, Johaben repart avec la tête de sa victime, et, elle se retrouve exposée avec celles des deux autres assassins sur les portes de Jérusalem, …manière de révéler au grand jour ses démons.
Il est dit dans « L’Imitation de Jésus Christ » :« Quand un homme s’humilie de ses défauts, il apaise aisément les autres et se concilie sans peine ceux qui sont irrités contre lui » …

La Caverne me montre que le choix est toujours possible entre la lumière et les ténèbres, et que ma passion peut toujours occulter ma raison et me pousser sur la mauvaise voie.

      Le cabinet de réflexion est le lieu qui m’a permis de connaitre mon Surmoi, c’est-à-dire mon persona, masque présenté aux autres, la Caverne m’incite maintenant à analyser mon Moi, c’est-à-dire mon être dégagé de mes métaux mais encore soumis à mes tourments et sentiments. 
Il me reste à identifier mon Soi, c’est-à-dire l’archétype de mon être, étincelle du GADLU, et comprendre ainsi pourquoi je suis Elu.

J’ai dit

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