12° #409012 A0124-E : La réalisation du principe élevé qui est en l’homme Auteur: J∴ B∴ Obédience:Non communiqué Loge: Fraternité - Orient de Rochefort A la Gloire du Grand Architecte de l’UniversDeus meumque jus Rite écossais ancien et acceptéOrdo ab Chao Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de FranceLiberté Egalité FraternitéMon premier principe est le suivant : « Qui n’avance pas, recule ».Tout homme dans quelque condition sociale et individuelle qu’il se trouve recherche la perfection pour lui-même, du fait de sa nature profonde et à cause de son statut d’être doué d’intelligence. On peut dire que le désir de perfection est inné chez l’homme, c’est la raison pour laquelle ce dernier la recherche dès son enfance, même s’il n’en a pas conscience. On peut également dire que ce désir est si fort qu’il tend à se manifester avec autant de force que les autres instincts et passions. L’homme est prêt à endurer les peines et les souffrances pour s’assurer un meilleur avenir, transformer son état présent en un état plus parfait. Cet amour inné de la perfection n’est pas l’apanage de l’homme. Il le partage avec les animaux qui eux aussi essaient d’écarter les obstacles qui se dressent sur le chemin de la perfection, et tentent d’éviter tout ce qui est susceptible de les faire reculer. C’est ainsi qu’il y a quelques semaines dans un reportage télévisé, j’ai pu admirer l’organisation chez les singes, les chiens de prairie, les suricates et bien d’autres grands animaux et insectes concernant l’éducation de leurs petits pour les perfectionner et les rendre plus forts pour affronter la vie.Pour revenir à notre sujet, après plusieurs années passées en franc maçonnerie le travail n’est jamais fini et le maçon doit se remettre en question en permanence, il doit sans cesse parfaire ses connaissances, il tendra à ressembler à Hiram qui incarne la plénitude de l’être par excellence. Il pourra ainsi offrir en partage ses connaissances avec les autres.Ne sommes-nous pas en recherche de la Vérité. Si nous restons immobiles, comment pourrions-nous aller vers cette Vérité. Depuis des temps très anciens, les Franc Maçons ont respecté plusieurs principes :– l’Amour fraternel : tout vrai franc maçon doit se montrer tolérant et respectueux des opinions des autres, et se comporter avec bienveillance et compréhension envers ses semblables.– la Vérité : Les francs maçons recherchent sans cesse cette Vérité en s’astreignant à un niveau élevé de morale, qu’il espère atteindre dans sa vie même. – l’Honneur, pas un honneur égoïste pour se faire valoir, mais l’honneur de porter les autres au-dessus de toute contrainte humaine par le partage, l’entraide et le don de soi, pouvant aller jusqu’à l’ultime sacrifice, notamment sur les champs de bataille.– la Perfection, Dieu, l’être parfait, a créé l’homme à son image, c’est à ce dernier de se tendre vers cette perfection. Chaque franc maçon doit dans sa démarche tout mettre en œuvre pour s’approcher de LA perfection.Le jour de mon initiation ma loge mère m’a offert une sorte de renaissance et m’a donné la chance d’accéder à une autre lumière. La lumière de la connaissance, de la sagesse et de la vertu. Depuis je n’ai de cesse de voir grandir cette clarté qui illuminera mon chemin vers la Vérité. Même si la perfection n’est pas de ce monde, même si je ne pourrai l’atteindre, mais grâce à mes efforts de recherche je m’en serai toutefois approché, et qui sait, en passant à l’orient éternel, ne serait-ce point là où je la découvrirai, cette Vérité, car personne n’est revenu pour nous affirmer le contraire. Quoique, j’essaie peut-être de vous cacher une partie de mon expérience vécue, car celui qui a connu l’EMI (l’Expérience de Mort Imminente), tel que votre conférencier ce matin, ne se pose même pas la question. Depuis cet évènement à l’âge de 20 ans tout juste, ma vie a complètement basculé, mon regard sur l’autre, ma route vers les autres m’ont toujours guidé dans mes choix d’entraide, de service, d’écoute, de partage, ce qui justifie ma présence parmi vous au sein de la franc maçonnerie, afin de construire mon temple intérieur avec l’aide que vous voudriez bien m’apporter.Ne pourrait-on se poser la question : L’Initiation conduit-elle vers la perfection ?Etre perfectible, c’est être susceptible d’être perfectionné, de se perfectionner. Le perfectionnement, c’est la qualité, l’état de ce qui est parfait, qui n’est pas susceptible d’amélioration ; personne, chose parfaite en son genre. Perfectionner, c’est rendre plus proche de la perfection, améliorer. Se perfectionner, c’est devenir meilleur ; améliorer ses connaissances, progresser, devenir parfait c’est-à-dire réunir toutes les qualités.Depuis les temps immémoriaux, le monde s’est édifié sous le signe de la perfection. Dans le Livre de la Genèse chapitre 1 verset 1 à 2 du Volume de la Loi Sacrée, il est déclaré : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux ». Alors patiemment, de façon ingénieuse, Dieu perfectionne son œuvre. Ainsi pendant six jours, le septième pour se reposer, Dieu mit en place toutes les structures du monde : lumière, ténèbres, jour, nuit, ciel, terre, mer, soleil, lune, étoiles, végétation, arbres fruitiers, animaux, poissons, oiseaux, etc…et enfin l’homme, qu’il dota du pouvoir de domination, de vertus, d’intelligence et de sagesse pour s’identifier à son créateur, gouverner et poursuivre avec perfection l’œuvre.A travers des siècles, l’homme n’a donc cessé d’améliorer son existence par son génie créateur qui lui permet de s’investir dans les recherches scientifiques, techniques et technologiques pour transformer son milieu, son environnement, se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, se déplacer sur terre, sous terre, sur mer, sous mer, dans le ciel, s’éclairer, etc.L’homme créé à l’image de Dieu ne porte-t-il pas lui-même le germe de la perfection ? Du fœtus du sein de sa mère, il se développe pour naître après plus ou moins neuf mois. Alors commence sa vie sur terre : enfance, adolescence, âge adulte, troisième âge, vieillesse, mort et peut-être, je dis bien peut-être réincarnation plus tard…l’éternel recommencement. (Il n’est pas rare de rencontrer des personnes vivant une situation dans un endroit donné, alors qu’elles ont l’impression d’avoir déjà vécue cette même situation dans ce même lieu, n’y étant jamais venues).Dans toutes les dimensions de sa vie, l’être humain cherche toujours à se surpasser, à considérer chaque aboutissement comme un nouveau point de départ pour une meilleure conquête.Ainsi donc tout homme, quelque soit son domaine de compétence est perfectible (élève, enseignant, intellectuel, artisan, artiste, sportif, paysan, etc). Comment cela pourrait-il en être autrement face au rythme effréné imprimé au progrès scientifique, technique et technologique en ce début du troisième millénaire, ère de l’Internet, des bébés in vitro. Celui qui se dérobe à sa propre remise en cause, à son adaptation, sa formation, au recyclage, bref son perfectionnement par la connaissance est vite dépassé, se sclérose et s’auto élimine.Mais hélas ! L’être humain présente cette particularité d’être capable du meilleur comme du pire. Je ne vous rappellerai pas les échos des actualités sur les conflits de par le monde. Les rivalités, la jalousie, la convoitise mènent toujours au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes (Lettre de Saint Jacques – 3,16). La Franc Maçonnerie, pour sa part, propose de cultiver ce qu’il y a de meilleur dans l’homme, de manière à le rendre moins imparfait. C’est sans doute ce qui explique la volonté de conciliation qui domine toujours les discussions en loge et qui rend les rapports entre frères exempts de ces confrontations égoïstes et néfastes si fréquentes dans les relations humaines.Il m’arrive quelquefois lors de mes excursions saintongeaises de visiter une petite chapelle de Haute Saintonge, située sur le canton de Saint Genis de Saintonge, à l’entrée de cet édifice un squelette y est exposé, au-dessus duquel on peut lire cette épitaphe d’Horace, poète romain né le 8 décembre an -65, mort le 27 novembre an -8 : Je cite : « J’étais ce tu es, tu seras ce que je suis ».Cette petite phrase en dit long sur ce que devient l’homme au terme de sa vie terrestre et devrait nous obliger à méditer sur le sens de la conduite de notre vie. Car comme il est écrit dans le Livre n° 5 de l’Ecclésiaste 5.16 : « Tu es sorti nu du ventre de ta mère et tu retourneras nu dans le ventre de la Terre. Tu n’emporteras rien en mourrant, tu n’emporteras pas tes richesses avec toi ».Nous avons le devoir de devenir plus tolérants, moins orgueilleux, moins dissimulateurs, hypocrites et arrogants. Apprendre à écouter les autres, pour mieux les connaître et nous enrichir de ce qu’ils nous offrent. Apprendre à donner plutôt qu’à toujours prendre. Apprendre à aimer et à partager. Apprendre à être justes et avoir de la compassion. Apprendre à nous détacher du matériel et du clinquant qui sont des obstacles majeurs à une approche de la sagesse qui est droiture et par la suite paix, tolérance et compréhension.Force est de constater que nul homme n’est détenteur de la perfection. Nul homme, d’ailleurs, ne peut se prévaloir de quelque pouvoir magique ou ésotérique lui permettant de s’affirmer comme supérieur à n’importe quel autre homme. Les seuls rapports naturels qui existent entre les hommes, sont des rapports de force. Les règles de la vie en société, les lois et l’éducation tendent à atténuer cet état de fait. Mais il est difficile de contourner cette règle fondamentale. Et le plus fort écrasera encore malheureusement et longtemps le plus faible. Et ce dans tous les domaines et dans toutes les circonstances.Les hommes sont tous les mêmes, du plus humble mendiant ou plus puissant monarque. Leur seule différence réside dans la chance qu’ils ont eue de naître puissant ou misérable. Et la sagesse veut que n’importe quel mendiant puisse devenir un puissant monarque autant que n’importe quel monarque puisse sombrer dans la plus profonde déchéance.Pour le franc maçon la construction de son temple intérieur est donc une de ses tâches premières. L’introspection, l’aptitude à identifier ses propres imperfections et à les reconnaître comme telles, ainsi que la volonté d’y remédier, sont les fondements mêmes de la construction et de la perpétuelle reconstruction de ce temple intérieur.Cette construction ou reconstruction amènera l’homme à réaliser le principe élevé qui est en lui à travers la loi morale consistant à être bon, sincère, loyal, un homme d’honneur et de probité. Ainsi la loi morale résulte d’une prise de position. Les hommes peuvent adopter différentes tendances, différentes attitudes de pensée, mais la Loi morale leur fait attribuer une primauté aux préoccupations de l’esprit. Elle marque une aspiration vers un état où l’esprit gouvernerait la marche de l’humanité ; elle donnerait un sens aux principes de l’évolution.Mes Frères pour conclure cette colonne gravée je citerai un grand parmi les grands, j’ai nommé Albert EINSTEIN :« Il y a des moments où l’on se sent libéré de ses propres limites et imperfections humaines. Dans de tels instants on se voit là, dans un tout petit coin d’une petite planète, le regard fixé en émerveillement sur la beauté froide et pourtant profonde et émouvante de ce qui est éternel, de ce qui est insaisissable. La vie et la mort se fondent ensemble et il n’y a pas d’évolution ni de destruction, il n’y a que ETRE ».C’est ce que je ressens personnellement lors de la nuit des étoiles que je présente annuellement dans ma petite commune avec tout cet émerveillement de la voûte étoilée chargée de galaxie, de constellations et cet univers qui s’étend vers l’infini. Que nous sommes minuscule devant cette immensité.J’ajouterai cette dernière phrase : Le grand perdant est toujours celui qui a abdiqué tout espoir de devenir meilleur et de rayonner à son tour vers ceux qu’il aime.J’ai dit G M A Navigation des articles Planche Précédente "Je veux et je construis" Planche Suivante "Les 07 arts libéraux peuvent-ils être la base d’une construction solide ?"