12° #409012

A123-D : La Boulomie, le lieu où l’on veut

Auteur:

D∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Lorsque j’ai pris connaissance du sujet de cette planche, je n’avais jamais entendu ce mot curieux de boulomie ; je me suis alors précipitée sur le Littré, les dictionnaires et encyclopédies que je possède, ce mot n’y était pas. Sur internet recherche aussi infructueuse, à l’exception de sites maçonniques sur lesquels j’émets quelques réticences, certains sites relancent même la recherche sur le mot « boulimie ».

La similitude de ces deux mots me rappelait de très mauvais souvenirs d’une période difficile de l’adolescence de ma fille, anorexique et boulimique. Mon cauchemar pendant quelques années. Bien évidemment j’étais prête à dépasser ce blocage et aller plus loin, bien que je me sente figée et bloquée par lesdits mots.

Lors de notre cérémonie d’initiation au 12ème degré je n’avais pas entendu BOULOMIE, tout était confus en moi. A la lecture du rituel d’initiation, je n’ai rencontré ce mot qu’une fois au tout début de l’initiation lorsque Le Sublime Grand Maître donne instruction de donner l’entrée de la Boulomie au Grand Maître Liturgique et aux Maîtres Elus des Neuf qu’il conduit. La deuxième fois le SUB GRA M conclut devant l’autel des serments « vous serez désormais habitant de ce lieu où l’on veut ».

Je pense donc faire porter mon sujet sur deux éléments essentiels : Le premier, le mot boulomie, en l’absence d’autres sources me reporte à la définition du rituel c’est-à-dire synonyme d’Archi-Loge, qui, avec son préfixe « archi » nous donne l’indication que cette Loge se trouve « au dessus » « au-delà ». On peut en déduire une notion d’excellence, de supériorité.

Ce mot boulomie est un néologisme purement maçonnique. Son origine semble remonter à une racine grecque boulestai verbe signifiant vouloir ou boulê substantif que l’on peut traduire par volonté, détermination, conseil, devenu par la suite une assemblée où l’on tient conseil.

Le deuxième élément, le lieu où se trouve cette Loge, on ne le connait pas puisque c’est « le lieu où l’on veut ». Il peut être au-delà de tout lieu terrestre, il est cosmique. Ce lieu est notre Temple Intérieur.

Au 12ème degré, la construction du Temple et la légende d’Hiram sont terminés, il s’agit de la construction de son propre temple, du temple intérieur de l’homme, du maçon qui poursuit son long cheminement depuis son initiation. Il a été rassemblé suffisamment de matériaux pour concevoir, dessiner et construire ; il doit avoir terminé avec l’ignorance. C’est au travail sur la spiritualité du temple que nous invite le rituel, le temple intérieur de chaque initié.

Je ferai une petite parenthèse en vous expliquant très humblement, mes SS qu’ il m’arrive très souvent de m’interroger sur l’état d’avancement de mes connaissances que je ne trouve jamais assez solides, mais je me sens toutefois aujourd’hui architecte.

Les deux éléments de ce sujet sont un changement radical pour moi, je ne suis plus dans l’obligation du Devoir, je me sens responsable, j’ai une impression de liberté. Il me semble que ce concept de volonté « où l’on veut » ne peut s’exprimer que par le concept de liberté. Sans liberté la volonté ne peut pas être véhiculée.

Elle favorise le sens de la responsabilité et, est le moteur qui permet notre progression dans la voie de la perfection et toujours dans la construction de notre propre temple.

Toutefois, la liberté ne peut être totale et sans limite. Il ne peut y avoir de liberté sans lois, qui, si elles limitent notre liberté en sont pourtant la condition. Cette puissance de volonté empreinte de liberté n’est pas innée. Elle est le fait du travail sur soi, du travail de perception des autres. Elle s’acquiert par le « lacher prise » dans le monde actuel, dans la connaissance de notre ego et son « polissage » si je peux me permettre d’employer le même mot que pour la pierre brute.

Descartes nous a dit « volonté et liberté sont deux concepts de la même chose ». Par sa force ma volonté déclenchera de la persévérance dans mes choix et de la fermeté dans mes décisions. Mais cette volonté devra être mûrement pensée, responsable, avec la possibilité de justifier mes choix et de m’expliquer sur ceux-ci. Pas d’excès de zèle comme Johaben qui va tuer l’un des meurtriers d’Hiram sans réflexion, sous son impulsion première.

Je citerai une phrase de Confucius :

« La vie de l’homme dépend de sa volonté, sans volonté, elle serait abandonnée au hasard ». Dans ce 12ème degré la volonté de GMA est affirmée par le « JE » « je veux et je construis » pour la première fois l’on parle à la première personne. La détermination est donc personnelle. Comme je l’ai déjà exprimé ce changement est radical. Je ne suis donc plus dans l’obligation du « devoir » mais dans le « vouloir personnel » librement souhaité.

La volonté est une valeur positive, elle est « la faculté de se déterminer soi-même vis-à-vis de certains actes » nous dit le dictionnaire.

En tant que GMA le verbe « je construis » confirme le caractère responsable de ma construction intérieure, cela ne tient qu’à moi d’acquérir les connaissances nécessaires à cette édification. Le GMA doit concevoir lui-même les plans de son Temple Intérieur. Je suis responsable de mon architecture, mais ce n’est plus une architecture ordinaire, l’architecte n’est pas une exécutant, il est un concepteur. Il n’est pas spectateur mais bâtisseur.

Cependant vouloir ne veut pas toujours dire pouvoir. Je dois me donner les moyens d’acquérir les connaissances nécessaires à me construire par le plan que j’aurai élaboré, sans improvisation. Vouloir le mettre en œuvre, construire et reconstruire, dessiner ce tracé en essayant de vaincre tous préjugés, toute fausse conception nuisible à la mise en lumière de la Vérité.

Le GMA doit pouvoir énumérer tous les instruments renfermés dans un étui de mathématiques, distinguer les 5 ordres d’architecture, se servir du compas et comprendre la philosophie. Les outils contenus dans l’étui mathématique ne sont plus des outils de la matérialité, mais les outils de la spiritualité ; les branches du compas offrent une ouverture sans limite sur le champ de la connaissance, la créativité s’impose, l’esprit domine la matière.

Pour cela il me semble nécessaire de procéder à une remise en question, d’accepter de mourir à nouveau pour renaître après avoir identifié les ennemis de la construction, tout ce qui est inutile et nuisible.

Il est nécessaire de passer à la phase de reconstruction.

Les plans dûment rangés dans la poche de son tablier, le GMA a l’image de la Force, la Sagesse et la Beauté visibles, immortels, il devra affiner le trait pour arriver en son architecture intérieure à une construction harmonieuse agréable aux autres et avec les autres. Hiram est mort, il devait mourir pour que nous puissions prendre sa place, pour que nous nous émancipions. Par l’interruption des travaux du fait de sa disparition nous avons dû progresser.

Le GMA se substitue à HIRAM pour achever l’œuvre en cours de réalisation, déterminé à rechercher l’harmonie dans l’univers, conformément aux plans que nous sommes devenus aptes à concevoir et à tracer, toujours par sa VOLONTE.

Dans ce lieu, rassemblement des mathématiciens/philosophes il y a beaucoup de changements, les noms des officières changent pour adopter des dénominations antiques. Nous prenons conscience d’une continuité de pensée qui remonte à des millénaires. Les philosophes antiques avaient déjà transmis que l’harmonie des choses venait du fait que tout était régi par un ordre, ordre d’une dimension autre que celle que nous pouvons concrétiser. Cet ordre est le cosmos, la force supérieure au milieu de laquelle se trouve l’homme. La connaissance du GMA est donc à la fois la connaissance de soi et de celle de l’univers. En tant que F M nous devons nous donner le temps, la rigueur et la curiosité de rechercher les significations non tangibles immédiatement.

Je conclurai en rappelant que le GMA, comme le compagnon associe la Perpendiculaire au Niveau car il sait qu’on ne peut les séparer. Ce grade n’est pas celui de l’achèvement du Temple, les travaux vont être repris, les superstructures et la décoration restent à réaliser. Les dégâts effectués par les mauvais compagnons ont été énormes, que de temps perdu… Rien n’est achevé, il reste encore du travail à effectuer, j’espère être capable de le faire.

J’ai dit.

Bibliographie :
Symbolique des Grades de Perfection et Ordres de Sagesse : Irène Mainguy.
La symbolique de la Loge de Perfection du REAA : Raoul Berteaux.
Vade mecum des hauts grades : Claude Darche.
La Maîtrise parfaite Etude des degrés de perfection du REAA : Jean-Claude Mondet.

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