12° #409012

Bien voir, bien comprendre, bien agir

Auteur:

C∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Nous sommes arrivés Au 12eme après bien des vicissitudes, dans les grades intermédiaires, nous avons vu surgir de nous la trahison, le meurtre, le mensonge, la curiosité, Il nous a fallu descendre dans la caverne, regarder tout cela en face, et admettre que cela fait parti de nous et comprendre qu’il nous faut nous en défaire et toujours rester en éveil. Mais cette violence, ce marasme, peut-être sont-ils maintenant un peu plus distants de nous, puisque dans un décor blanc et rouge nous sommes proposés pour entrer dans l’école d’Architecture créée par Salomon….

Cette fois encore nos SS FFnous ont reconnus pour tel !

Les maîtres m’ont trouvé apte a apprendre, a apprendre l’architecture.

Qu’est-ce que l’architecture ? Le Littré nous dit que le préfixe archi tirer du grec commander, associé à des adjectifs ou a des noms marque le haut degré, la supériorité. L’architecture est l’art de construire des édifices. L’architecture est aussi l’aboutissement du besoin tout d’abord, puis du désir de l’homme de vivre sous abri, comme la haute couture vient du besoin de se protéger du froid et la cuisine des grands chefs, du besoin de se nourrir, et bien sur, si nous éprouvons le besoin puis le désir d’un abri, plus encore désirons nous abriter notre Dieu, plus encore désirons nous abriter l’humanité, d’ou le temple. Dans cette école d’architecture, nous allons apprendre, c.a.d. commencer à balayer la salle, apprendre les premiers gestes pour plus tard savoir nous servir de l’encre de chine, des différents compas mais, apprendre c’est aussi savoir regarder, déjà lors de notre réception on nous a donné à voir les 3 colonnes représentant les 3 ordres d’architectures et donc l’évolution du travail de l’architecte dans le temps, et ainsi nous est donné la possibilité de nous situer dans la longue chaîne de la vie.

Mais, ici tout est symbole, cette construction, ce travail de l’architecte que nous allons devenir, c’est le symbole de notre construction intérieure, de notre temple intérieur. Pouvons nous prétendre construire le temple de l’humanité si notre propre construction, le temple de notre être le plus profond, est fragile ? S’il manque de stabilité ? S’il n’est pas harmonieux ?

L’architecte travaille sur l’espace, il le définit, il le modèle.L’immensité de l’espace lui est offerte comme matériau et, de làil crée d’autres espaces adaptés aux besoins ou aux désirs des hommes, d’autres espaces encore, pour abriter leurs Dieux. , Ses Dieux.Il est évident qu’il y a un rapport direct entre l’architecture, la langue, le vécu, la manière de penser, la manière de prier des habitants d’un pays et le rapport vaut dans les deux sens, de l’inde n’est pas née une chapelle romane, et la forme de prière qui se vit dans un temple indien est différente, ( en l’expression s’entend)des chants grégoriens, mais en tous lieux, en tout homme, on trouve cette tension vers…Cette recherche…. Ce désir…. En maçonnerie nous nous exprimons, nous l’exprimons, par et avec le Rituel.

Le rituel de notre réception dans ce grade etriche et dense, il nous conduit commeà chaque passage à aller au fond de nous, et le moyen, le plan ou, le résumé de notre travail sur nous, nous est donné :

Avant d’aller plus avant,laissez-moi vous faire une confidence, j’ai été frappée par cette affirmation, qui m’a semblé être la synthèse de ce qu’il faut pour réussir une action, et j’ai souhaite travailler sur ce thème. Seulement voilà ! devant la page blanche, celail me semblait d’une telle évidence, que tout était dit, il n’y avait rien à rajouter.

Bien sur bien voir !Mais quand on voit bien on comprend, et si on comprend comment ne pas bien agir ! Alors que dire de plus sans rajouter des mots aux idées ! Je dois beaucoup à notre S Denise qui m’a convaincu d’avancer et d’écrire.

Voir ne va pas suffire ; encore faut-il bien voir, ( Tient ! j’entends le mot Voir dans Savoir !), et que nous donne-t-on à voir ? Par exemple, sur la paroi du Nord, les 7 étoiles de la grande Ourse, à l’Orient Jupiter, au Nord, l’étoile polaire. Voilà de quoi réfléchir aux lois de l’univers, mais pour cela, il nous faut purifier notre regard. Lors de nos réunions d’instruction, nous échangions avec notre instructeur sur la grande Ourse, notre instructeur nous disait la sensation de rigueur, de sécurité peut-être que lui donnait la vue de la grande Ourse, alors que pour moi, au premier regard, la première émotion devant la grande Ourse me parlait d’espace, de liberté. J’ai réfléchi au pourquoi de cette différence de vécu face à une même vision, et comme toujours, il nous faut lever le voile que notre vécu tisse entre la réalité et nous. La grande Ourse ne nous est montrée ni pour nous rassurer, ni pour notre plaisir mais plutôt comme un modèle de notre construction à faire. Peut-être- faut-il la regarder comme un hologramme de ce que doit être notre travail au 12°

Il faut donc, bien voir, voir la réalité qui est au-delà de notre regard. Le problème de notre rencontre avec la réalité, est que nous voyons avec ou a travers notre mental, ce mental malin, l’évangile l’appelle ‘le malin’, qui va distordre ce que nous voyons pour le faire cadrer avec ce qu’il croit avoir compris au cours de sonvécu ou avec le souvenir qu’il a d’une situation qui a existée, mais que la vie a éloigné de nous, cette situation était peut-être génératrice de peur, de tensions, seulement elle a disparut, mais le mental( je dirais le cerveau émotionnel) donc, le mental reste fixé sur cette situation obsolète, il nous donne une vision déformée de la réalité et entretien en nous des illusions, des frustrations, qui empêchent notre vision de cadrer avec la réalité. Mais cela concerne le niveau psychologique de l’individu, le cerveau émotionnel. Plus profond se trouve ce que les Indiens dénomment ATMAN qui est ce que nous sommes vraiment, qui peut-être voilé par l’émotionnel mais pas atteint, pas déformé ou souillé.

Il nous faut épurer ce cerveau émotionnel pour permettre à L’ATMAN, à notre vérité profonde, d’auqu’un diraient au SOI de prendre les commandes de notre regard. Être architecte, avoir une vision d’architecte, vaalors nous permettre de tisser des liens entre l’univers et nous, d’y trouver notre place, d’y placer notre action.

Bien comprendre.

Comprendre : prendre en soi, saisir.

Déjà, si nous avons bien vu, comprendre sera plus abordable, encore faut-il lutter, le rituel nous le dit bien, contre la paresse d’esprit et son contraire, la crédulité et son contraire, pour ne pas parler de l’inintelligenceet de la fausseté d’esprit. Il nous faudra comprendre le long chemin des hommes vers leurs Dieux, admette la valeur universelle des recherches, notre recherche si elle est, et si elle est vraie, ne peut être qu’universelle, c’est dire qu’elle demande sûrement, un détachement de ce qui jusque là nous a guidé, ce détachement implique la disparition d’un lien qui après nous avoirguidé, nous limite. Ce détachement, ce lâcher- prise est ce qui peut être nous rendra capable d’approcher l’universel.

« Mais lâcher Dieu même, est un lâcher prise que peu d’hommes saisissent » dit Silesius Angelus.

L’absence de couvreur nous montre bien que le savoir au 12° est d’un ordre subtil lentement assimilable. Ce savoir, on l’aura compris sera à nous, en nous, et puis, dit le rituel, si quelqu’un comprend, tant mieux, nous serons un de plus.

Bien agir.

Quand nous aurons vu, compris nous serons à même d’agir, et nous en aurons le désir :
Et maintenant, que faites-vous ?
Je veux et je construis

Nous avons l’age de la plénitude : Hiram est mort, nous avons vécu les affres de son absence, la recherche etla découverte de son corps, notre solitude, le temps de la vengeance. Ce chemin nous a permis de faire notre deuil, de grandir, puis de trouver l’apaisement.

A notre tour, nous avons l’age de la plénitude, l’age d’Hiram peut-être ? Cet age qui va nous permette d’écouter le Génie, pour travailler quand il parle, l’age de travailler avec lui, et surtout, l’age de la plénitude va nous permettre d’avoir la vue affûter, la compréhension attentive, pour distinguer les faux génies qui vont chercher à nous tenter, du vrai Génie, qui seul doit nous conduire. Le seul qui doit nous mettre en marche quand nous l’entendons Le vrai Génie peut-être est ce l’inspiration pure, d’ordre universel non pas celle qui viendrait caresser, et flatter nos désirs personnels

Pour agir nous avons déjà, depuis le 7°, reçu la clé d’or qui donne accès à la cassette contenant le plan du temple et le cœur d’Hiram.

Le plan ou est résumer le savoir, et le cœur d’Hiram ou est condensé la compréhension.

Savoir et compréhension vont nous guider : vers quoi agir et comment agir !

Il semble à ce grade que la Maçonnerie qui nous a pris Profane-enfant, nous ait conduit a l’age adulte en nous mettant peu à peu en main les outils, les rituels les mythes et des légendes propres a nous faire grandir. Maintenant, adultes, entourés de nos SS et FFfraternels et attentifs, soudés par le chemin et les épreuves vécues ensemble, chemin et épreuves vécus ensemble qui nous ont construit, car on ne se construit pas tout seul, mais en relation. Albert Jacquard dit : « Nous sommes les relations que nous avons nouées. »

Dans le rituel de passage, le1ER excellent gardien dit que notre idéal philosophique a subit des modifications et que si nous gardons le regard fixé sur le monde de l’idée nos regardons aussi la terre.

Je dirais nous regardons aussi l’homme. Le temple de l’humanité nous le construirons si nous sommes à l’écoute de l’humanité, de ce qu’elle balbutie depuis le début des temps et ce qu’elle murmure, de ce qu’elle dit ou crie encore aujourd’hui.

Donc adultes, entourés, capables de distinguer et d’entendre la voix du Génie, dans une loge qui est lieu de la constante volonté, a l’age de la plénitude, nous sommes prêt a travailler, prêt, nous le sentons, a progresser vers un devenir infini auquel nous devons, nous voulons, nous saurons participer.

Le chemin sur lequel nous sommes et qui nous attend encore, est le chemin, d’une connaissance et d’une construction de nous, de l’humanité, de l’univers, jamais finie, toujours a poursuivre.

Pour finir, je voudrais vous confier ceci : souvent je pense que le temps a passé vite sur ma vie, bien voir m’a demandé du temps, pour laver mes yeux des impuretés qui troublaient mon regard et rien n’est terminé.

Bien comprendre ne m’est pas toujours facile, il me faut travailler avec les pauvres outils que j’ai. et pour bien agir il me faut souvent lutter contre la lourdeur et la paresse d’esprit, alors je me remémore ceci :

Aux environs de Kyoto, on peut admirer le plus célèbre des jardins Zen : Sur une surface plane de sable ratissé sont disposés 15 rochers, disposition si étrangement solide qu’elle évoque une structure éternelle, mais, de quelque point que l’on se place, on ne voit que 14 rochers. Le moine bouddhiste Taisen Deshimaru explique : 

«  Si profonde que soit la science du chercheur, toujours une part du vrai lui échappe : c’est le 15eme rocher, il n’est d’ailleurs par le même pour tout le monde. Ici bas, qui peut se prévaloir de la connaissance absolue ? Seul l’oiseau en la survolant voit la Totalité, et il ajoute :

Mais, la certitude de ne pas arriver à la Totalité se combine avec la certitude exaltanteque la Totalité existe… et qui peut dire si un jour nous ne serons pas pareils à l’oiseau ? »

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