12°
#409012
Je veux et je construis
Non communiqué
Vouloir c’est « oser vouloir » mieux se connaitre pour espérer accéder à sa vérité.
Vouloir c’est fournir l’effort nécessaire d’attention et de compréhension. C’est s’exercer à la logique pour tendre vers la connaissance en dépassant ses limites.
De la sensation première va découler l’idée qui devra aboutir à la construction. Construction de soi certes, mais également en cohérence avec l’autre l’autre et face à autrui. L’esprit humain est en quelque sorte un « tri sélectif » qui, nourrit de sensations, d’images aussi, favorisées par les symboles chemine vers l’idée.
Ce travail doit se faire avec discernement, le compas nous le rappelle, Avec logique coordonnant nos idées pour édifier notre pensée.
Ai-je l’âge de la plénitude ? Âge auquel je peux , je veux construire, âge de l’accomplissement ? Sûrement puisque je suis là aujourd’hui face à moi-même, mais aussi face à mes pairs et avec vous. Puisque le rituel le dit « nous nous comprenons après nous être entendus », cet impossible qui devient possible.
Je m’atèle à cette construction tout en sachant que chacun de nous y participe, y contribue oeuvrant à sa propre construction véritable pont entre des hommes et des femmes de bonne volonté. Empruntant la matière pour édifier sa propre pensée.
Un philosophe a dit « le penseur est une spéculatif doublé d’un grand pouvoir imaginatif » à propos du prophète. Plus simplement, je m’interroge sur le sens de cette réflexion ramenée à la démarche du franc-maçon qui est la mienne.
S’imprégner de la tradition, méditer cette tradition , ne pas rester figé mais s’en servir dans le travail de progression . Être dans la mouvance permanente en faisant appel à son propre potentiel créatif renvoyant à la phrase du rituel « le Génie parle ou se tait ».
Eternel travail de balancier, la psyché pour se construire puise dans le passé : archétypes, émotions et intuition vont permettre de se projeter vers un futur prometteur d’édification , trait d’ union entre les êtres.
Ce lieu de la constante volonté qu’est le 12ème degré appelle à l’affirmation de soi, face à une page blanche sans cesse à réécrire . Travail difficile mais pas insurmontable.
Le 4ème degré, passage obligé, nous a invité à la méditation, à la retenue mais également à la tristesse face à la perte du maître bâtisseur. Il nous a incité à une remise en question dans le silence et la réflexion.
Au 12ème degré la pleine lumière est revenue et avec elle le travail d’introspection signalé par le voile ne suffit plus. Il faut oeuvrer à l’extérieur tout en ne perdant jamais de vue sa propre construction intérieure.
Construire pour soi certes, mais dans la perspective de l’autre et avec l’autre.
Les premiers mots qui me sont venus à l’esprit en préparant ce travail ont été : vouloir c’est oser vouloir , je ne les ai pas modifiés. Ils peuvent ne pas paraître très harmonieux, quelque peu maladroits. Je les assume, car ils correspondent à l’être que je suis actuellement ou plutôt que j’étais lors de mes balbutiements de 1er maillet en loge bleue.
Le cheminement initiatique qui longtemps m’est apparu essentiellement solitaire, tourné vers l’introspection n’est plus de mise aujourd’hui. Il me parait évident que cette introspection tant choyée, rassurante même, doit tendre vers l’intérêt commun pour prendre sens. C’est-à-dire donner l’impulsion ainsi que des pistes. Poursuivre le chantier certes, mais en assumant sa particularité, ses convictions, les faire partager sans jamais heurter et conserver son libre arbitre. Mais aussi mettre à profit la pensée et la parole de l’autre pour rester dans la mouvance en essayant de tendre vers plus de largesse de cœur et d’esprit. Vaste programme…car les fondations ne doivent pas reposer sur des sables mouvants mais sur la détermination guidée par des actes justes. Difficile travail d’équilibriste.
Je n’envisage la responsabilité d’un groupe que dans l’écoute permanente, la confiance en l’autre et son potentiel d’humanité. Tout en sachant qu’un axe central doit être donné et respecté par l’autre.
Mais la réalisation extérieure passant par la réalisation intérieure, éternel balancer dont je parlais précédemment qui a bien y regarder renforce nos propres fondations dans la perspective de pouvoir être utile à l’autre. Car, à quoi servirait le « nombrilisme initiatique » même s’il se fait , je l’espère dans l’humilité, s’il ne débouchait sur autre chose de plus important que soi : l’amour de l’autre. Un enfant ne se construit que grâce à l’amour de ses parents. Hiram est bel et bien mort mais il a su nous insufflé ce souffle de vie et d’amour qu’il nous appartient d’entretenir et de perpétuer.