Drame en Trois Actes
F∴ D∴
Remarque : Beaucoup des éléments, explications, détails et interprétations qui sont exposés ci-dessous proviennent principalement de l’ouvrage de Raoul Berteaux (Éditions Edimaf) : La Symbolique de la loge de Perfection.
Plutôt qu’un mauvais plagiat, nous avons préférer parfois recopier des phrases entières.
Par un beau dimanche, nous avons été conviés à assister et participer à une représentation hautement symbolique donnée par la Compagnie de la Clef en son Théâtre des Acacias, sis à Neuilly.
L’auteur de cette oeuvre théâtrale est, principalement, car il n’est pas le seul, Albert Pike – Grand Commandeur du Suprême Conseil pour la Juridiction du Sud des États-Unis -qui dans un livre de 861 pages, publié en 1871, compilât de nombreux textes et rituels (pas moins de 1.400) de l’Ecosisme tel que pratiqué au R.E.A.A.
La présente « pièce » est la troisième « saison » (appelée « classe ») d’une véritable « série » qui en comporte quatre ; chaque classe ou saison étant divisée en plusieurs actes ou épisodes.
L’action se passe en Palestine des temps bibliques, sous le règne du roi Salomon, et principalement en son palais et/ou son temple de Jérusalem.
La mise en scène est assurée par le représentant du roi Salomon, le Grand Maître Architecte (Ram Rier) secondé par deux assistants. La particularité importante de ces diverses pièces de théâtre est que les spectateurs en sont également les acteurs, et nous avons donc affaire à un théâtre « engagé ».
Pour la bonne compréhension des participants, nous pensons qu’il est nécessaire de donner le « résumé des chapitres précédents ».
La première saison, la « période bleue », fonde les bases de la saga. Ses enseignements principaux en sont :
– le thème du temple
universel
– le thème du sacrifice rituel
– le thème de la palingénésie (1)
– le thème de la parole perdue et du mot
substitué.
C’est le troisième épisode de cette première saison qui, en fait, sera l’action fondatrice des autres saisons. En effet, il se termine par une tragédie.
Alors que les travaux du temple sont loin d’être achevés, son architecte en chef, Hiram-Abi (dit le « fils de la veuve ») est assassiné dans le temple par trois « mauvais » compagnons à qui il refusait de divulguer ses secrets et un mot de passe qu’il était le seul à connaître. (Il ne semble pas que cet acte odieux ait eu des témoins). Dès lors, toutes les saisons suivantes seront principalement axées sur la « recherche de la vérité » et de la « parole perdue ».
La seconde saison « reprend le thème de la construction du temple de Salomon » et « la formation des Maître-Maçons qui participent aux travaux interrompus par la mort de Hiram-Abi ». Elle comporte cinq épisodes : Le premier (le quatrième de la saga) met en scène une « réunion présidée par le roi Salomon qui doit proposer les moyens à mettre en oeuvre pour reprendre les travaux interrompus par la mort d’Hiram » et un néophyte est intégré à une commission de sept « maîtres ». Il doit s’y comporter avec discrétion (Maître Secret), obéissance et fidélité. Le second (le cinquième de la saga) est dans la continuité des premier et second épisodes de la « période bleue » et est consacré à leur approfondissement (Maître Parfait).
Le troisième (le sixième
de la saga) voit apparaître un important personnage, Jhoaben,
qui d’abord accusé d’espionnage puis gracié,
vient reconstitué le triangle (avec Salomon et Hiram de
Tyr), rompu par la mort d’Hiram Abi. Ce personnage, devient le
secrétaireconfident
du roi Salomon, d’où son titre de Secrétaire
Intime.
Le quatrième (le septième de la saga) et le cinquième (le huitième de la saga) concernent un complément de formation du Maître-Maçon. La fonction de « Juge » amène le Maître- Maçon à porter un jugement équitable sur autrui ; celle de « Prévôt » consiste à « examiner les plans élaborés par les architectes, et à vérifier qu’ils sont conformes aux projets conçus par les Grands Maîtres ». Enfin,un « Intendant des bâtiments » est nommé par Salomon pour encadrer quatre Maîtres-assistants chargés du travail du bronze, de la charpenterie, de la taille de la pierre et de l’orfèvrerie, afin d’achever la décoration du Saint des Saints.
En résumé : les cinq épisodes de la seconde « saison » concernent le perfectionnement du Maître-Maçon.
Venons en enfin à la troisième saison, celle dite des « Élus », qui comporte trois épisodes (ou « actes »).
Le thème de la construction du temple est (provisoirement) suspendu. Comme on le verra ci-après, ces trois épisodes « concernent des épreuves initiatiques, sous la forme de sacrifices rituels. Mais alors que l’acteur principal s’était substitué à Hiram à la fin de la première saison, il se substitue au sacrificateur lors de cette série ».
Acte 1.
Le premier acte (le neuvième de la saga), est la base de la troisième « saison ». La scène se passe principalement dans une caverne (lieu hautement symbolique dans toutes les légendes, mythologies, cosmologies et autres systèmes psychologiques), dans un genre théâtral qui s’apparente au « grand guignol » (sang, violence, poignard, tête coupée). Précisons : « Le Trois fois Illustre Salomon publie un édit pour faire rechercher les criminels ». Un « étranger » (ou « inconnu » couvert de sang selon une autre version) fait savoir à Salomon qu’il a découvert l’endroit ou les assassins d’Hiram se seraient réfugiés : une caverne près de Joppé (Jaffa).
Un « commando » de neuf « chasseurs de prime » (« neufs mercenaires »), ayant l’ordre de les ramener, est alors tiré au sort dans lequel on retrouve, comme acteur principal, le Jhoaben des chapitres précédents. Ce dernier, peut être pour se pardonner sa précédente incartade, guidé par un chien ou par « l’inconnu », prend de l’avance sur le reste du groupe de recherche, trouve la caverne, y découvre un des supposés meurtriers endormi (Abi Ramah dit Abiram), l’occis à coups de poignard et lui coupe la tête qu’il rapporte à Salomon.
Les décors et les costumes sont surtout rouges (sang) et noirs (obscurité) (Couleurs Chthoniennes (2)), et le principal accessoire est un poignard à manche d’or et à lame d’argent.
La symbolique de la caverne prend un rôle particulier dans l’aventure de Jhoaben (comme dans de nombreux autres épisodes). Des explications détaillées sur ce sujet nécessiteraient de trop nombreux développements qu’il serait trop long d’exposer ici.
Retenons simplement que « les lieux souterrains, images de l’inconscient, sont des chemins de passage dans les enseignements initiatiques ».
L’image de la caverne est à considérer comme une part d’un ensemble d’images formant un modèle symbolique ; à savoir :
– un buisson cache
l’entrée de la caverne ; image de l’arbre qui plonge ses
racines dans les ténèbres de la terre et qui
déploie son feuillage dans la lumière,
– une bougie allumée, image du feu chthonien,
– un broc contenant de l’« eau vive
», image de l’eau de source proche de toute caverne
sacrée,
– un poignard, image de l’arme de pénétration.
La « pénétration » est à considérer comme « acte primordial » de ce degré : pénétration dans la « Terre-Mère », …pénétration de la lame du poignard. Le mot sacré de réponse est « Nekah » : « a pénétré ».
Le thème initiatique de la descente par pénétration dans la terre, symbolisant la « descente en soi-même », est traditionnellement accompagné de combats violents et sanglants contre des personnages ou des animaux archétypes.
Les scènes sacrificielles sont souvent proches de l’horreur ; tel est le sens de l’acte de Jhoaben frappant sauvagement un des meurtriers de Hiram Abi. En transposant : Jhoaben n’accepte pas l’idée qu’il s’est découvert lui-même dans les profondeurs de l’inconscient. Il réfute et rejette le : « Tu es cela ». Il est en plein déni.
Jhoaben est en fait sous l’emprise du « complexe dit de Trophonius (3) », « nom donné à celui qui tue son frère (et lui coupe la tête) pour ne pas être reconnu coupable, c’est à dire à celui qui renie sa propre réalité, afin de refouler un sentiment de culpabilité ».
Or il n’est pas douteux que Jhoaben a certes été une victime (rôle d’Hiram dans le troisième épisode), mais il a également été l’un des « mauvais compagnons », et s’apparente donc aux meurtriers d’Hiram. Il lui faut alors faire disparaître un témoins gênant (afin qu’il ne puisse parler et divulguer aux autres sa propre complicité). En fait, pour Jhoaben, Abiram personnifie « l’oeil qui dans la tombe regardait Caïn ».
La conduite de Jhoaben est en fait une illustration symbolique et imagée du phénomène de l’introspection. (Voir ci-après en annexe).
Quoique qu’ayant transgressé les ordres (faire justice lui-même au lieu de livrer le supposé coupable à le justice), et à la surprise de ses compagnons qui avaient plaidé pour lui, après une réprobation « leçon de morale » il sera pardonné par Salomon en raison de son zèle.
Ce premier acte du drame se termine donc par une faute commise par le néophyte : l’intrigue est nouée. Il appartient au 2ème acte (le dixième de la saga) de la dénouer.
Acte 2. (le dixième de la saga).
En effet, deux des meurtriers courent toujours. Un des intendants du « Très Illustre Maître » Salomon lui fait avoir qu’ils se seraient réfugiés dans un carrière, près de Gath, cité des Philistins. Salomon fait désigner par tirage au sort (à nouveau !) six nouveaux mercenairesqui se joignent aux neuf précédents pour constituer un groupe de quinze (Illustres Élus des Quinze). Salomon envoya les quinze à Gath, avec une lettre au roi local confiée à Zerbal. Ce dernier, en compagnie de Stolkin et de Jhoaben pénètre dans la carrière et capture les deux meurtriers. « Il furent ramené à Jérusalem pour y être jugés. Ils furent emprisonnés dans une tour dénommée Achizar. puis condamnés, pendus par les pieds, décapités, tandis que leurs corps furent ouverts de haut en bas et étripés. Leurs têtes, avec celle d’Abiram furent exposées aux portes du Sud, de l’Ouest et de l’Est de la cité ».
Symboliquement, le combat contre les forces primitives est mené dans des conditions toutes différentes de celle du premier acte. Le néophyte n’a pas réitéré la faute consistant à « frapper dans le noir de l’inconscient ». Les forces primitives à combattre ont été dominées et amenées dans la pleine lumière de la conscience, pour y être frappées.
Mûri, de son expérience, Jhoaben (qui fait partie des 15) « reconnaît » la réalité, il l’« accepte » et la « ramène » au niveau du conscient. Le complexe de culpabilité est surmonté. Ses aveux l’ont « libéré ». Il s’agit donc d’un mythe de libération.
Il faut remarquer que Jhoaben alors qu’il était seul, avait « fauté » dans le premier acte. Alors que là, avec l’aide et le support psychologique de ses « frères », enfin décomplexé, il exécute parfaitement sa mission. (La F M n’a-t-elle pas pour mission, outre la recherche de la vérité et l’étude de la morale, la pratique de la solidarité ? Cet « acte » en est une excellenteillustration).
Acte 3. (dernier de la troisième saison, et le onzième de la saga).
Après avoir puni les meurtriers d’Hiram, le « Trois Fois Puissant » Salomon résolut de récompenser le zèles et la constance des quinze « députés shérifs » par une promotion, encréant une nouvelle distinction, celle d’ « Élus des 12 », portant le titre de « Nasia Emeth ». Il en fit désigner onze par le sort (4) et les constitua en « Chapitre ».
L’acte se déroule dans un appartement du roi, le « Grand Chapitre ».
Les décors et les costumes sont toujours à base de rouges chthoniens, mais cette fois ci le rouge ne représente plus le sang, mais des « coeurs enflammés », et comme accessoire on retrouve le poignard à manche d’or et à lame d’argent.
L’acteur principal de cet acte, Stolkin, (ou Ben-Dekar) « est conduit dans le Grand Chapitre où il apprend que justice est faite, mais que des plaintes sont exprimées concernant la levée des impôts dans le royaume. Il est proposé au roi de ne plus les affermer, mais d’en confier la gestion aux douze Élus, agissant comme ses représentants dans chacune des provinces du royaume ».
Stolkin prête serment et se joint au onze autres pour compléter le Chapitre. Symboliquement, la modification de la législation fiscale est considérée comme une mutation et un renouveau profond et complet proposés à Stolkin suite aux épreuves qu’il a affrontées.
Après le meurtre et l’aveu, vient la rédemption.
Épilogue.
Les trois actes de cette troisième saison constituent des épreuves initiatiques dans lesquelles le spectateur-acteur (l’impétrant) passe d’un complexe de culpabilité, enfoui dans son subconscient, à la prise de conscience et enfin à une mutation qui en fait un « Homme Véridique ». (Traduction libre de Nasia Emeth).
Par la suite, lors d’un 12ème épisode, les acteurs furent récompensés par un « César » de « Grand Maître Architecte ». Mais il faudra attendre la parution de la quatrième saison pour en savoir plus.
Après cette magnifique représentation par des acteurs inspirés et engagés, tous : acteurs, spectateurs, metteur en scène, responsable de la sonorisation, régisseurs, accessoiristes, etc., se retrouvèrent autour d’un buffet au « foyer » pour y commenter leurs impressions et, enthousiastes, se promettre de venir assister à la quatrième saison.
J’ai dit.
Annexe : Considérations sur l’Introspection.
Dès mon initiation, et à différents grades, j’ai été confronté à « l’introspection », ce qui n’a pas manqué de me poser quelques problèmes et interrogations.
Dès le premier degré, l’apprenti doit s’y astreindre et « descendre en lui même » pour corriger ses erreurs par descentes et remontées successives. Elle est alors symbolisée par le « fil à plomb ».
« Prolongement du grade de Maître le 4ème degré est une recherche en profondeur du sens des enseignements reçus dans la maçonnerie des trois premier grades ». C’est alors la « clef » qui nous guide, symbolisant le Devoir du Maître Secret qui doit, dans le silence, s’astreindre à une profonde introspection propre à lui ouvrir des « portes » tant internes qu’externes.
Le silence du Maître Secret nous renvoie au silence de l’apprenti. Encore un parallèle entre le premier et le quatrième degré. Mais s’il y a parallélismes, la « recherche en profondeur » se traduit par un renforcement du trait.
Enfin au 9ème et 10ème grades (premier et second actes de notre drame), la caverne dans laquelle pénètre Johaben « est symboliquement le lieu de l’identification. Par un processus d’intériorisation, l’individu parvenant à la maturité découvre, accepte et assimile le monde collectif au sein duquel il est plongé ; il intègre ces apports à ses propres forces et affirme sa propre personnalité ».
Étymologiquement, le terme d’introspection vient du latin « introspectus » action de regarder à l’intérieur.
Selon le Littré, l’introspection est « observation d’une conscience individuelle par ellemême en vue d’une fin spéculative ». (Lalande).
Ainsi, l’introspection est une méthode d’observation et d’analyse de soi en vue d’étudier sa propre personne (psychologie introspective) dans le but d’acquérir une connaissance de soi (ou bien en vue de connaître l’ esprit humain en général). Cette connaissance de soi est le savoir qu’une personne acquiert sur elle-même, en termes psychologiques ou spirituels, au cours de sa vie à l’occasion de ses expériences. C’est un ordre particulier de connaissance dans la mesure où, à son foyer même, le sujet connaissant et l’objet à connaître sont confondus, il est « juge et partie ».
Pour moi, c’est là que réside la principale difficulté car ce savoir rend impératifs une recherche exigeante de l’objectivité, une rectitude de la pensée, un esprit critique et une certaine considération pour le « regard » extérieur des autres. Toutes choses auxque lles je ne saurais prétendre sans vantardise.
Pour le maçon, la vérité n’est qu’un but illusoire, inatteignable. Puisqu’il y a « but », l’introspection est donc une démarche « intéressée », et à en croire de grands auteurs, la connaissance de soi a des avantages variables et peut même être repoussée comme nuisible à celui qui s’y engage.
Pascalen fait une priorité : « Il faut se connaître soi-même; quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela sert au moins à régler sa vie: il n’y a rien de plus juste ». On peut cependant penser le contraire, tel Anatole Franceconfiant : « Je tiens la connaissance de soi comme une source de soucis, d’inquiétudes et de tourments. Je me suis fréquenté le moins possible ».
Un autre de mes doutes concernant l’introspection est due au fait que nous avons là affaire à une pratique fortement connoté par notre culture « classique », principalement chrétienne. Ainsi, « …la religion chrétienne, ou plus précisément la catholique, invite à une introspection attentive ». (Gide).
Dès l’antiqité, « Gnothi seauton » en grec (« Nosce te ipsum » en latin) « Connais-toi toi-même », est inscrit sur le fronton du temple de Delphes, et Socrate en a fait sa devise, initiant par là même un précepte millénaire qui ne sera contesté sérieusement que 2500 ans plus tard par Nietzsche.
Descartesen fera le fondement de sa métaphysique, le cogito : je pense, je sais que je pense, c’est une certitude.
Or, il ne fait aucun doute que la F M spéculative que nous pratiquons est très inspirée de la religion et de la morale chrétiennes dans ses rituels, pratiques (initiation=baptême ; maîtrise=confirmation), écrits (Constitutions d’Anderson), credo (…trois vertus théologales…) etc., même si les grades de perfection utilisent un mythe issu de l’ancien testament comme support pédagogique. Mais la F M, issue du 18ème siècle, n’a guère évoluée depuis dans ses grandes lignes. Aussi, elle n’a pas intégrée les développements ultérieurs de la philosophie et de la psychologie.
Par exemple, l’oeuvre de Nietzsche est essentiellement une critique de la culture occidentale moderne et de l’ensemble de ses valeurs morales (issues de la dévaluation chrétienne du monde), politiques (la démocratie, l’égalitarisme), philosophiques (le platonisme et toutes les formes de dualisme métaphysique) et religieuses (le christianisme). Cette critique procède d’un projet d’instituer de nouvelles valeurs dépassant le ressentiment et la volonté de néant qui ont dominé l’histoire de l’Europe sous l’influence du christianisme par l’affirmation d’un Éternel Retour de la vie et par le dépassement de l’humanité et l’avènement du « surhomme » (Übermensch).
L’introspection était la principale méthode utilisée aux débuts de la psychologieexpérimentale, à la fin du xixe siècle. Les difficultés rencontrées par les spécialistes pour s’accorder sur les contenus de la conscience ont conduit la plupart des psychologues du xxe siècle à rejeter cette méthode. « …jusqu’à l’avènement des méthodes objectives et de la psychologie expérimentale, la psychologie traditionnelle s’est édifiée sur les seules données de l’introspection…la faiblesse de cette source d’information réside dans son caractère trop individuel et trop subjectif ». (Porot)
En fonction de la relative diversité des personnes et de leur philosophie, la connaissance de soi peut répondre à des exigences diverses, mobilisant un individu plutôt qu’un autre, à tel moment de la vie ou à tel autre, comme par exemple :
– « nécessité intérieure » ; goût de l’introspection ; curiosité pour le « mystère personnel » : « Au lieu d’aller dehors, rentre en toi-même : c’est au coeur de l’homme qu’habite la vérité ». Saint Augustin
– exigence de lucidité ; retour de l’esprit critique sur lui-même(Socrate).
– culture du libre-arbitre « Nous ne nous croyons libres que parce que nous ignorons les causes qui nous font agir ». Spinoza.
– « agir en accord avec soi », renforcement de l’estime de soi.
– maîtrise de soi-même ; s’améliorer ; améliorer ses relations : « Le pire état de l’homme, c’est quand il perd la connaissance et gouvernement de soi ». Montaigne
En conclusion je dirais que l’introspection n’est certainement pas une panacée, mais que pour le maçon, c’est un outil de plus dans la construction de son temple. On pourrait même considérer qu’elle est la fondation indispensable à un bon équilibre de l’édifice.
Remarque : Beaucoup des éléments, explications, détails et interprétations qui sont exposés ci-dessous proviennent de Wikipédia.
Notes
(1). Reconstitution ou apocatastase,du monde après que le Feu l’a détruit, cela dans un Éternel Retour. Le mot employé, en grec (παλιγγεσία), signifie « naissance à nouveau », « régénération ». La palingénésie est, plus simplement, le retour à la vie, dans la nature, des divers éléments de la nature ; un éternel retour (ou cycle). Les plantes se nourrissent de minéraux, les animaux se nourrissent de plantes, les hommes se nourrissent des animaux ou de leurs produits (qui retournent à la terre) ; en respirant tout vivant assimile des germes et des poussières… De la sorte, les éléments de la vie s’échangent, se redistribuent après la mort, partout, toujours. C’est la palingénésie universelle.
(2) Relatives à la terre, aux catacombes, au monde souterrain.
(3) Le roi Thophonius, illustre architecte, construisit avec son frère Agamède, le temple d’Apollon à Delphes. Le roi Hyrieus les ayant ensuite chargés de construire un édifice pour ses trésors, ils ouvrirent un passage secret pour les voler. Mais le roi Hyrieus tendit un piège et Agamède fut coincé. Ne pouvant le dégager, et ne voulant pas être reconnu sous les traits de son frère, Thophonius lui trancha la tête pour l’emporter avec lui. Il continua à être tourmenté par d’horribles visions, mais il put s’en libérer en acceptant de ramener ces images à la lumières et de les reconnaître comme siennes.
(4) Systématiquement, par sagesse (?), peut-être pour « ne pas se mouiller », Salomon évite de nommer ou de promouvoir ses subordonnés directement. Le « sort » est un bien meilleur allié dans un gestion prudente des individus. Pourtant, chez les maçons, il n’y a ni boules grises, ni abstention. Une fois encore, la Loi ne s’applique pas à ceux qui la font.