12° #409012

Exercer la Justice sans faiblesse avec un coeur purifié de toute haine

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 A La Gloire Du Grand Architecte De L’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab chao
Au Nom et sous les Auspices du Supreme Conseil de France
Liberte – Egalite – Fraternite

Avant propos

Cette sentence est l’enseignement du 10ème degré. Elle résume l’objectif primordial pour toute personne qui doit juger une autre sans quoi le jugement rendu ne pourra pas être juste.

La Justice sans faiblesse

Au 7ème degré, Prévôt et Juge, nous appréhendons les vertus de la Justice : Equité, Impartialité, et Droiture. Une des choses le plus difficiles à faire dans la vie est de trouver le juste équilibre entre des alternatifs d’action. La plupart entre nous prennent des jugements tous les jours, écoutant les commérages et donnant verdict sur les gens comme si nous les possédons.

Cependant, nous ressentons très mal souvent lorsque quelqu’un se présume de nous juger ou nos actions et motifs. Lorsque nous jugeons les autres, nous nous mettons à risque, intellectuellement, moralement, et spirituellement.

La Justice est l’équation de droit et devoir entre homme et homme, ou entre l’individu et la société. La quête du Prévôt et Juge est de trouver cette équation, cette équilibre dans laquelle nous pouvons reconnaître comment justice sera atteinte, réalisée, dispensée, et établie pour le bénéfice de l’ensemble de la communauté. Une loi volontairement acceptée par la communauté doit être librement examinée par son peuple. La leçon apprise ici, est que la justice est seulement possible par la vérité et ce, coûte que coûte, sans laisser passer un détail. Nous apprenons ainsi d’utiliser la Clé de la Vérité.

Avoir le coeur purifié

Ce coeur, lequel n’a rien à voir avec l’organe vital dans nos corps, est symboliquement le centre intellectuel de l’homme reliant les énergies d’en haut et d’en bas entre le matériel et le spirituel. En entrant en Franc-Maçonnerie des le 1er degré, on procède à son décrassement intellectuel et moral – on débarrasse de l’esprit tout ce qui empêche la lumière de parvenir jusqu’à lui. Dans le Cabinet de Réflexion, l’ancien homme meurt pour donner naissance à un nouvel homme, pur et propre d’esprit et libre de toute contamination extérieure et/ou intérieure.

Ce processus continue au 2ème degré en l’inculquant avec les connaissances de la grammaire, la rhétorique, la logique, l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie ainsi affinantses sens, tout en appuyant sur l’usage de l’Equerre.

Au 3ème degré, il est témoin d’un meurtre d’un homme de forte valeur et il est même soupçonné d’être l’un des malfrats. Mais les trois auteurs de cette atrocité s’échappent. Sous le symbole, l’Ignorance, la Fanatisme et l’Ambition en sont les trois causes principales et reconnues. Au 4ème degré, le coeur d’Hiram est conservé dans une urne placée au sommet d’un mausolée en marbre noir et blanc et symbolise la pierre de fondation de notre temple intérieur. Les anciens rituels racontent que le coeur d’Hiram fut transpercé par une épée symbolisant la Justice de l’Esprit en lui apportant noblesse et force.

La Haine

C’est quoi la haine au juste ? Pour moi, c’est un sentiment d’hostilité très profonde, une exécration ou une aversion intense envers quelqu’un ou quelque chose. « Une passion qui nous porte à faire ou à désirer du mal à quelqu’un » renseigne La Petite Larousse. L’origine du mot « haine » se trouve dans l’ancienne langue francique « hatjan », « hate » en anglais et en allemand « hassen ». Calculée, froide et systématique, la haine se distingue de la simple inimitié, plus spontanée, impulsive et affective. L’amour est fréquemment proposé, je pense à tort, comme l’antagoniste de la haine. Plus precisement, ce pourrait etre la compassion qui serait l’antagoniste de la haine, par l’universalité intrinsèque de sa nature : la compassion, en s’adressant à tout humain, serait un juste opposé de la haine. La haine dans le coeur d’un homme engendre souvent une vengeance spontanée. Aux yeux de la Justice, une vengeance peut être une punition ou sanction pour un crime commis.

Ainsi la purification du coeur se poursuit. La légende d’Hiram au 10ème degré est d’une violence atroce mais qui décrit comment la purification peut-elle être cruelle et douloureuse pour l’homme de ces trois « mauvais compagnons ». Libéré de ses faux amis et de tous ce qui est haineux, l’homme vrai doit être capable de discerner la lumière dans les ténèbres, et la Vérité cachée sous le voile de l’illusion, et il porte en lui-même déjà une influence spirituelle, il est devenu l’homme de toutes les circonstances. Au 11ème degré, Le Sublime Chevalier Elu est rituellement décoré d’un nouveau nom, EMEREK. Ce nouveau nom témoigne sa prise de conscience effective de sa nouvelle station spirituelle.

Action sociale et la Justice

La Justice terrestre est faite par les hommes pour les hommes. Discerner le bien du mal est son rôle essentiel et puis de sanctionner le mal selon la loi. Dans la cité, « l’Ordre et la règle » s’appellent Légalité c’est-à-dire le respect des lois. C’est le respect des lois qui caractérise l’homme juste et réglé.

Nous voyons ici progressivement se brosser le croquis d’un « initié ». C’est-à-dire d’un homme qui s’efforce de faire régner la justice dans la cité et dans l’esprit de ses concitoyens. Cette philosophie se trouve clairement résumée par Socrate lorsqu’il réplique à Calliclès : « Les Sages disent que le ciel et la terre, les Dieux et les hommes sont unis tous ensemble par la Tempérance, la Règle, l’Amitié et la Justice et c’est pour cela qu’ils donnent à cet Univers le nom d’Ordre (Cosmos) et non de désordre ou de dérèglement (Chaos) ».

« Obéir aux lois de son pays, pratiquer la justice » rappelle l’Orateur de la Déclaration de principes du Convent de Lausanne du Rite Ecossais Ancien et Accepté sept 1875.

« Nos mains vous unissent à nous et à l’autel de la Vérité ! Leur étreinte vous annonce que nous ne vous abandonnerons pas, aussi longtemps que la Verité, la Justice, la Discrétion et l’Amour fraternel vous resteront sacrés ». Proclame de V M après la Scène du Miroir lors de l’introduction du Néophyte dans la chaîne d’union. « En préférant à toutes choses la Justice et la Vérité ». Au 1er degré, la Justice apparaît déjà très liée à la Vérité, dans le comportement individuel du F M.

« Ce que la Franc-maçonnerie vous demande c’est d’aimer la Justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de toute votre coeur et de votre âme » est la sentence après le quatrième voyage au quatrième degré.

De parler de la Justice sans faire mention des idées de l’Egypte pharaonique sur la Justice sociale, pourrait être pris pour un lapsus de ma part. Le monde pharaonique qui durant plus de trois millénaires a assuré la cohésion de la civilisation égyptienne, et qui reposait entre les dieux d’une part et de l’autre Pharaon, intercesseur suprême ; dans le chaos des forces du désordre, Maât instituait la norme et la mesure, dans tous les ordres de création, les deux sphères du cosmique et du social étant liés par de constantes correspondances.

Vérité, Justice et Ordre était le concept central indissociable. Par exemple, confrontée à l’avidité, Maât se définit comme altruisme, charité, formation d’un « moi social » dans le for intérieur de la personne. Et encore, confrontée à la surdité mentale ou insensibilité, Maât se définit comme « sensibilité sociale », écoute mutuelle et intégration, communicationnelle dans un monde sociale qui est au fond langagier et dont la violence et brutalité sont exclues.

L’Etat pharaonique ne s’entendait pas comme une institution de force ou de violence mais comme une institution de libération : libération de l’homme de la main de l’homme.

L’oppression selon l’opinion égyptienne, n’est pas un fait politique mais naturel qu’il faut contrecarrer par l’Etat. L’Etat est nécessaire afin que ne soit pas avéré l’adage homo homini lupus. Cette anthropologie négative est à la base de toute doctrine conservatrice de l’Etat. L’homme est incapable de créer l’ordre de lui-même. Il n’y a pas d’ordre en dehors de l’Etat. Dans un passage, fameux des Coffin Texts, le dieu démiurge déclare à propos de l’inégalité et de l’injustice parmi les hommes :

« J’ai crée chacun égal à l’autre,
j’ai interdit qu’ils commettent de l’injustice,
Mais leurs coeurs ont transgressé ce que j’avais dit ».

Conclusion

Les vertus cardinales de la franc-maconnerie sont : modération, détermination, prudence, et Justice.

La Justice sans faiblesse ou avec détermination, est le principe de comment la rendre, avec droiture et équité avec l’autrui, sans tenir compte de la relation matérielle qui peut exister entre nous. La Justice apporte à chaque homme son droit, quelque soit sa station dans la vie, sans peur ou faveur. L’homme juste est un homme vertueux, il ne peut pas être autrement. Le plus il envisage « prudemment » qu’est-ce que c’est la Justice, le mieux sera ces actions.

L’homme juste sera lui à qui Bouddha aurait fait référence quand il a dit « On sera un homme noble lorsqu’on est soi-même ce qu’on croit que les autres doivent être ». C’est un fondamental en justice de rien attendre des autres de ce qu’on ne fera pas pour les autres ou être soi-même.

J’ai dit, T C F P

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