Je balayais la chambre
B∴ A∴
Je balayais la chambre des dessins, je délayais l’encre de Chine, je collais les papiers sur les planches.
Que furent vos premiers
travaux ?
Je balayais la chambre des dessins,
je délayais l’encre de Chine,
je collais les papiers sur les planches
Que symbolise cela ?
Que les connaissances élémentaires sont la base de la science.
Je n’oublie pas non plus la question suivante du Sublime Grand Maître : « Quels furent vos premiers Travaux ? » Réponse du Premier Excellent Gardien : « Je balayais la chambre des dessins, (ce qui évoque la condition d’Apprenti) je délayais l’encre de Chine, je collais les papiers sur les planches » en toute humilité. Ce qui signifie également que le Grand Maître Architecte délaye les mots et analyse l’idée, l’Idée sous le Symbole du 4ème Degré… pour en extraire une pensée mesurée et limpide.
Le Grand Maître architecte a été apprenti, et a balayé la chambre des dessins, délayé l’encre de Chine, et collé les papiers sur les planches. Il sait que les besognes les plus ordinairement méprisées sont les plus nécessaires non seulement au fonctionnement de l’atelier ou du chantier, mais encore à la compréhension, par le futur Architecte de la condition même du travail.
Lors de notre arrivée au 4ème degré une clef nous fut confiée. Cette clef fut, pour nombre d’entre nous, le point de départ de nombreux questionnements, elle était accompagnée de la lettre « Z », Ziza, cet éclat de lumière jetant quelques lueurs sur le chemin de la connaissance. Nous avions mis le pied dans le chantier de construction proprement dit. Depuis, nous avons progressé, tentant, au prix de combats incessants, de lutter contre nos contradictions, de chasser ignorance, égoïsme, orgueil qui interdisent toute évolution intérieure. Le maître mot du 4ème degré est : Le Devoir. Il se doit d’être accompli et nous savons qu’il n’apportera comme récompense que la paix intérieure. Il nous faut comprendre qu’il est de nature transcendante et que, si la Maçonnerie nous a mis sur le chemin c’est à nous ensuite de le parcourir grâce à l’amorce de la clarté. A l’exigence du Devoir nous allons pouvoir utiliser la clef afin d’ouvrir les portes des degrés suivants. Durant notre cheminement nous allons balayer la chambre des dessins, délayer l’encre de Chine, coller les papiers sur les planches.
« Je balayais la chambre des dessins » : Cela correspond au fait de mettre de l’ordre dans ses habitudes, car il faut faire table rase de tout ce qui est inutile, et balayer en soi-même pour devenir concepteur.
On accède à l’école d’architecture après avoir procède au grand principe de nettoyage qui permet de rebâtir sur une base saine, l’âme pure et claire.
Mettre en ordre, c’est aussi organiser, ordonnancer méthodiquement un processus, car rien ne peut être laissé au hasard.
Les dessins du Maitre architecte, réalisés avec son étui mathématique, sont les formes qui suivent la loi des nombres et des mesures, ce qui correspond à la fondation et à la naissance d’un constructeur nouveau.
« Je délayais l’encre de chine » : Tâche ô combien difficile, trouver la bonne dilution en fonction du travail à effectuer qui demande attention, précision, temps, précaution, en effet, elle est réputée indélébile. La responsabilité est lourde, c’est de sa fluidité que dépendra l’évolution progressive vers la maîtrise du trait. Mais délayer, c’est aussi dissoudre, ce qui correspond au « solve » des hermétistes permettant d’accéder à une forme de liberté donc, de prise de conscience de sa responsabilité. Toutefois, avant d’utiliser l’encre de Chine, il faut s’assurer de l’état et de la qualité du matériau sur lequel elle tracera les plans.
L’encre délayé obtenue par une constante volonté et un effort rigoureux qui permet un tracé précis et qui va favoriser la conception du temple spirituel ce qui conduit à la troisième étape, celle qui requiert habileté, patience et réflexion.
« Je collais les papiers sur les planches » : coller c’est aussi fixer, ajuster, c’est adhérer au support pour faire corps avec lui. Pas le droit à l’erreur. Le papier doit être parfaitement lisse, blanc, propre, c’est la phase ultime de préparation. L’élève et la page blanche sont enfin face à face. C’est le moment de prouver la rigueur de sa pensée, la cohérence et la solidité de ses acquis, la fiabilité des éléments qui élaborent sa connaissance et une argumentation solide et fiable parce qu’éprouvés par le temps et l’expérimentation.
Coller le papier sur la planche c’est la phase ultime de préparation qui met le sujet et le support en attente de recevoir
A la question du Sublime Grand Maitre : « Que symbolise cela ? »
L’Empirique répond : « Que les connaissances sont les bases de la Science ».
Tel l’Apprentis Frappant les 3 coups sur la pierre brute, le Grand Maitre Architecte balaie, délaie, colle. Il observe, il apprend, et parfois il jette un regard sur les Travaux des aînés, il peut même lui arriver d’ouvrir un œil sur le contenu de la corbeille à papiers où le Maître aurait jeté des plans imparfaits, manquant de précision. Il ne faut pas oublier que l’on se nourrit aussi des erreurs des autres, que c’est en les comprenant que l’on parvient à éviter de les commettre.
Plus tard quand on lui demandera « Et maintenant que faites-vous ? » il pourra répondre « Je veux et je construis ».
La finalité de l’enseignement du cinquième au douzième degré n’étant plus de dispenser un savoir-faire mais de façonner un certain « savoir-penser » que l’on peut appeler la « Logique » le savoir-faire que les Loges symboliques des trois 1ers grades ont proposé sera sublimé. Tout sera alors du ressort de la volonté du jeune Grand Maitre Architecte. De sa volonté créatrice qui s’exercera partout et sur tous les plans.
Armé de son étui de mathématiques il pourra se mettre à l’ouvrage dans la Liberté absolue aussi illimitée que l’espace dans lequel il évolue parce qu’il sera le seul responsable à bord, tout se passant désormais à l’intérieur de lui-même. Son but sera de dessiner des plans de plus en plus complexes, de plus en plus élaborés, pour la construction de son propre Temple spirituel de plus en plus parfait et tenter d’approcher l’harmonie la plus parfaite en ce lieu de la constante Volonté et il devient à la fois capable d’agir avec plus de justesse, de discernement dans le monde binaire et capable de dépasser le monde des sens.
En résumé tout cela m’a apporté d’affiné ma prise de conscience et d’augmenter mon acuité visuel de retirer les blocages les limitations et les questions qui nous pourrisses la vie de tous les jours, j’ai balayé, j’ai dilué, j’ai collé pour vivre le moment présent de ma spiritualité.
J’ai dit,