12° #409012

La Première Planète

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GODF
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Illustre Chevalier de la Toison d’Or, mes SS et mes FF Chevaliers de l’Aigle Rouge.


Juste après les incantations et la purification du Tem par le Chevalier Prieur, l’Illustre Chevalier de la Toison d’Or et les deux Gardiens du Seuil le rejoignent autour du Naos. Chacun prend place à un point cardinal.


Nous constatons que sur le Naos tricolore[1], se trouvent : une veilleuse rouge, le sceau de fondation[2], une coupe de purification, de l’encens[3], un boute-feu, un l’éteignoir, et enfin les 7 luminaires des planètes[4].
Est ce un hasard si cet ensemble est composé de sept éléments ? Voire de deux fois sept ?


L’ICTO, positionné à l’Orient et faisant face à l’Occident, procède alors à l’allumage des 7 bougies. Il débute par le flambeau de droite pour terminer par celui de gauche. Dans le sens de l’écriture. À chaque illumination, les 4 Chev prononcent simultanément et à voix basse, les paroles sacrées se référant à la planète illuminée. Ces mots doivent être formulés d’une manière « inaudibles par les Frères (et sœurs) sur les colonnes », stipule le Rituel.


Ne voulant pas laisser planer le suspense plus longtemps, je dévoilerais, exceptionnellement ce soir, les invocations énoncées par ces 4 Officiers lors de l’allumage de la 1ère bougie de couleur blanche.
Pour l’ICTO le mot est :Chadaï el Khaï(שךי אל חי)


Le 1er Gardien du seuil dit :Gabriel(נביאל)
Le 2nd Gardien annonce :Kéroubim(בךובים)


Et le Prieur célèbre :Lévanah(לכנח)



Examinons notre blanche bougie.



Elle est principe d’élévation spirituelle, tant sa flamme toujours droite et seule sait se dresser vers le ciel. Elle évoque également le calme, la sérénité. Sur un autel, faire brûler de la cire tend à rappeler les défunts ancêtres pour la cérémonie…. Mais elle est également symbole de cette vie qui peut s’éteindre à tout moment d’un coup de vent, ou, paradoxe, d’un simple souffle. Le pendant de celui de la création ?


Les bougies sont utilisées depuis des siècles lors des rituels tant religieux que magiques. Le shabbat ne commence t’il pas avec leurs allumages ? Sans oublier, bien sur, que nos Trav sont également ouverts après l’illumination des flambeaux !


Je passerais sur la bougie blanche, symboles de pureté, de spiritualité, de divination, de vœux, de dualité[5], de couleur lunaire, pour souligner le lien entre les astres, les esprits et le monde réel.
En effet, la bougie brille de façon identique dans le monde astral et sur terre. Loin de n’être qu’un accessoire, elle constitue un fil conducteur, un passage entre les différents univers. La flamme – qui représente l’âme, la purification – guide les esprits, les énergies et les âmes errantes.


On peut dire que la cire, la mèche, le feu et l’air s’unissent dans la flamme brûlante de la bougie, toujours mobile et colorée, et forment une synthèse des 4 éléments.


Qu’annonce dans sa barbe, lors de l’allumage de la 1ère bougie, notre ICTO ?


Chadaï el Khaï (שךי אל חי)


L’hébreu étant pour moi du chinois, j’ai néanmoins trouvé une traduction :
D’après Babylon, cela voudrait dire : « Shhi à la vie » (S2HI). Ce terrain étant particulièrement mouvant, je glisserai rapidement vers une autre traduction. À moins qu’il ne faille y voir la lettre SHIN (ש) (qui ressemblant à un W ou à la pointe d’un trident), peut être en référence au moment du classement des lettres dans l’alphabet d’après Rav Hamenouna.


Décomposons donc ces mots. Chadaï est dérivé du mot daï : « suffit », et du préfixe cha : « qui », ce qui signifie « qui suffit » ou « qui régit », sous entendu les lois de la nature.
C’est sous l’appellation d’El Chadaï que « J’ai apparu à Abraham, à Isaac, à Jacob, comme Divinité souveraine ; ce n’est pas en ma qualité d’Être immuable que je me suis manifesté à eux » (Exode 6,2), pouvons nous lire dans le deuxième livre du pentateuque.
Quant à el Khai (חי), il s’agit de la vie.
J’oserais donc interpréter Chadaï el Khaï, comme l’un des nombreux noms de l’Ineffable.


Pourquoi le 1er Gardien du seuil appelle t’il Gabriel (נביאל) ?



N’ayant point remarqué le Rocker qui sommeille en notre F Maurice, voyons qui est ce personnage. Gabriel, pas Maurice !


Il s’agit d’un des archanges cités dans le Livre.
Il est apparu à deux reprises à Daniel, grand Prophètes devant SAM, (Sublime Architecte des Mondes) pour lui interpréter son rêve (Dan 8-16, 9-21).
Plus tard, en l’an de Grâce -1, Zacharie officiait comme sacrificateur au temple de Jérusalem. Il ne manquait qu’une chose pour que son couple baigne dans le bonheur. En effet, le ménage, déjà « fort avancé en âge », n’avaient point de descendance. Élisabeth était stérile. C’est alors que Gabriel leurs annonça la naissance future d’un enfant « dont ils seront fiers, et qu’ils devront prénommer Jean ».
Six mois plus tard, à Nazareth cette fois-ci, Gabriel récidiva avec une jeune vierge. Suivant les instructions, le fils s’appellera Jésus (Luc 1-5, 1-26). Est-ce un hasard, si ces 2 femmes étaient cousines ?


Gabriel est donc un ange annonciateur, une sorte d’interface entre Dieu et les hommes.
Je comprends mieux la signification de ce prénom (également nom) : « la Force de Dieu » ou « Dieu est ma Force ». Qui n’est pas sans rappeler le sens d’une de nos colonnes.
Autre corde à son arc, Gabriel est l’Archange de la Lune.


Un F pourra peut-être m’expliquer pourquoi la traduction hébraïque de notre ritueldiffère de celle que j’ai rencontré (גבריאל). Il manquerait un gīmel au début du nom.



Qu’entend le 2nd Gardien par Kéroubim (בךובים) ?



C’est le pluriel du mot hébreu kéroub. Dans l’imagination des peuples du monde biblique, un kéroub est une sorte de sphinx avec des ailes, un corps animal et une tête humaine.


Voyons l’étymologie de kéroub (ou Cherub (כרוב)). On peut décomposer ce mot en Ki (כ), « comme », et Roub (רוב), « jeune ». Généralement la traduction française donne chérubin.


Les chérubins apparaissent à plusieurs reprises dans la Bible. Deux d’entre elles ont particulièrement retenues mon attention. La première, lorsque Adam et Ève furent chassés de l’Éden : « il mit à l’orient du jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie » (Genèse 3, 24).
La seconde, nous sommes sensés la bien connaître, se situe dans les livre des Rois (6, 23). Salomon fit deux chérubins de dix coudées de haut, possédant deux ailes de cinq coudées chacune. Ils encadraient la fameuse Arche de l’Alliance réalisée durant l’Exode.
Avec ces œuvres, un crime de lèse majesté aurait-il été commis ? En effet, remémorez vous des paroles transmises à Moïse sur le mont Sinaï : « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre… » (Exo 20, 4).
Rappelez vous également ce qui est annoncé lors du passage au MSec (4ème grade du REAA) : « Vous ne forgerez pas d’Idoles pour agir aveuglement sous leur impulsion… »
Alors ? Pourquoi ces statues ?


Si la Règle a été respectée, j’en conclue donc que nos Kéroubim bénéficient d’un passe droit pour avoir eu leur représentation. Surtout en un tel lieu ! Et de taille ! (5 m sur 5)


Qu’implore donc notre Prieur en Lévanah (לכנח?



Je découvre un Chev Éric dans la Lune. Car il s’agit bien de l’astre des App, qui réfléchit et diffuse en une blanche et douce lumière, l’éclat du soleil.


Et c’est sous son éclairage que les Alchimistes ont coutume d’œuvrer, entre autre à la fameuse « Œuvre au blanc« [6]. Celle qui permet de fabriquer la pierre blanche transmutant les vils métaux en argent.
Sur les sept métaux reconnus par l’Alchimie deux sont parfaits : l’Or et l’Argent ; attribués respectivement au Soleil et à la Lune. Rien d’étonnant à cela, lorsque l’on sait que la divinité Thia[7] est mère du soleil et de la lune, c’est-à-dire génératrice des principes de la lumière.


C’est également à l’abri de la lumière du jour, que les Alchimistes récoltent une denrée aussi rare que délicate : la rosée. Cette eau, qui tout comme celle d’orage, contient des « Nitres » naturels (le résultat des décharges de la foudre qui synthétisent des composés à durée de vie variable [nitrates au sens chimique, chlorures, ammoniac…]). D’après les grimoires, on fortifie cette eau en l’exposant à la lumière de plusieurs lunes montantes successives, tout en la protégeant de la lumière solaire.


ICTO, et vous tous, mes SS et FF, nous constatons que les incantations formulées par nos quatre FF CChev, lors de l’allumage de la 1ère bougie, font une large référence à l’astre lunaire.


Pourquoi un tel engouement ?
Bien entendu, nous connaissons tous la puissante symbolique de ce satellite !


Mais, cette première position est elle obtenu grâce à son pouvoir sur la vie ?
Son influence sur la fertilité, tant végétale, qu’animal ?
Ou son action sur la croissance des semences, qu’elle soit montante ou descendante ?


À moins qu’il ne s’agisse d’un lien avec l’immortalité ? À l’instar de l’homme qui naît, croit, décroît puis disparaît, la lune réapparaît pour de nouveaux cycles.


Peut être faut-il rester à notre Rite, et se tourner vers Isis, déesse de cet astre ?


Pour ma part, j’ai trouvé une réponse dans la Bible des CCAARR.
Rappelez vous mes FF CChev des paroles de l’Illustre Chevalier de la Toison d’Or lors de notre Initiation à ce degré :


« Le Sublime Architecte des Mondes fit régner la lettre Tav dans la Sagesse, l’orna d’une couronne et la combina avec les autres. Par elle il créa la Lune dans le monde, le Sabbat dans l’année, et la bouche dans le corps. »



La Genèse en quelque sorte !!!


J’ai dit ICTO et vous mes SS et FF CCAARR.


J V

A121-1-1A121-1-2


Triquetra& Croix flanquées de 4 lunes d’or avec étoile centrale du château & de la chapelle d’Anet



[1] Noir avec 2 nappes, blanche 2/3 et rouge1/3.
[2] Gravé des 4 éléments : Air, Eau, Terre, Feu.
[3] Mélange composé de 2/3 de galbanum et de 1/3 de storax.
[4] Chandelier à 7 branches partant du Septentrion : blanche, bleue, verte, jaune, orange, rouge, noire.
[5] Le chiffre deux est associé à la bougie blanche, symbole de dualité du couple, mais aussi de l’équilibre entre deux opposés. Il représente la capacité de compréhension parce qu’il naît du savoir du chiffre un.
[6]L’alchimiste doit successivement mener à bien, l’œuvre au noir, puis au blanc et enfin au rouge afin de pouvoir accomplir la transmutation du plomb en or, d’obtenir la pierre philosophale : coïncidence avec la décoration du Naos ?
[7]Dans Hésiode,Théogonie, 371, 374

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