La progression du Symbolisme du 5ème au 12ème Degré
J∴ C∴ G∴
A LA GLOIRE DU SUPREME ARCHITECTE DES MONDES
Cette planche se décomposera de la façon suivante :
– Bref rappel sur la notion de perfection et de symbolisme
– La légende qui préside à chaque degré du 5ème au 12ème
– La symbolique attaché à chaque degré en s’appuyant sur un des principes forts du degré
– La synthèse
La perfection
Du 4ème au 12ème degré et au-delà nous sommes dans des ateliers dit de perfection voire de perfectionnement.
Selon les définitions fournies par Quillet, la perfection est l’état de ce qui est complètement achevé, alors que le perfectionnement correspond à l’action individuelle de se perfectionner. Ces définitions confirment que le Maître Maçon entre dans un atelier de perfection pour œuvrer à son perfectionnement individuel. Le perfectionnement est une évolution qui vise à un état de perfection
Le symbolisme
Selon René Guénon
« La loi de correspondance est le fondement du symbolisme : chaque chose émanantd’un principe métaphysique dont elle tient sa réalité, exprime ce principe, de telle sorte que toute choses s’enchaînent et se correspondent pour concourir à l’harmonie universelle qui est dans la multiplicité de la manifestation, commeun reflet de l’unité principielle elle-même. Il faut préciser quela pluralité des sens des symboles ne sont pas contraires mais concordants entre eux parce qu’ils expriment en réalité les applications d’un même principe. Ils se complètent en s’intégrant dans la synthèse totale. C’est un langage moins limité que le langage ordinaire, il permet des possibilités de conceptions illimitées .C’est pourquoi il constitue le langageinitiatique par excellence, le véhicule indispensable de tout enseignement traditionnel. »
C’est ainsi que les différents symboles du 5ème au 12ème s’enchaînent et se correspondent pour mener le cherchant vers l’unité, la Vérité.
La légende
A partir du 4° degré, le Volume de la Loi Sacrée est ouvert au 1er livre des Rois qui nous conte le règne de Salomon et plus particulièrement la construction du Temple avec la participation d’Hiram de Tyr « rempli de sagesse, d’intelligence et de savoir pour faire toute sortes d’ouvrages d’airain ».
Malheureusement Hiram est mort assassiné par 3 mauvais compagnons, la construction du Temple est inachevée. La parole est perdue.
Hiram symbole de l’homme de valeur qui malgré les tentations et les persécutions remporte la victoire sur ses faiblesses et ses passions et se rapproche de la perfection humaine. Les assassins d’Hiram sont les vices qui nous empêchent de parvenir à cet état de perfection: envie, avarice, vanité, vengeance, ambition, intolérance. Hiram est le symbole de l’homme fidèle au devoir, du maçon qui préfère mourir que faillir.
C’est également le symbole de l’idée d’immortalité. Le tombeau ne représente pas seulement la mort, mais c’est aussi un symbole de vie nouvelle, car rien ne se perd dans l’univers.
La dépouille d’Hiram est déposée dans le Saint des Saints gardé par les Maîtres Secrets qui sont des lévites et qui portent le deuil. Ilsen détiennent la clé
Progression des grades de perfection :
Nous trouvons du 5e au 11e les suites et les conséquences de légende d’Hiram qui se déroule en plusieurs étapes.
Maître Parfait(5e degré)
Ce grade de Maître Parfait raconte et commémore l’enterrement de Maître Hiram.
Ilpropose de méditer sur le thème pythagoricien de la quadrature du cercle et prépare au degré de Maître Architecte. Il tire la conséquence immédiate que tous nous sommes libres, tous nous sommes frères, tous nous sommes égaux. Les concepts de liberté, égalité, fraternité prennent une valeur ontologique nous dit le rituel. (Qui appartient à l’être)
Secrétaire Intime (6e degré)
Johaben est élu en remplacement d’Hiram et reforme le ternaire : Salomon, le roi de Tyr,et lui-même la parole ne pouvant se donner qu’en présence de 3 Maîtres.
Le titre de Secrétaire Intime nous incite à aller au-delà des apparences car il existe 2 sortes de curiosités, l’une est vaine l’autre utile si elle a pour mobile de faire jaillir la Vérité.
Prévôt et juge (7e degré)
Le Prévôt détient la clé du coffre avec les plans du Temple (Connaissance des lois de la Nature complétant la connaissance de nous même) et l’urne contenant le cœur d’Hiram, le Juge remplit sa fonction en utilisant la balance pour rendre ses jugements. Ce rituel évoque un tribunal qui fournit au Roi Salomon le moyen de restaurer l’ordre nécessaire parmi les ouvriers pour reprendre la construction du Temple interrompue après la disparition du Maître.
Intendant des bâtiments (8e degré)
Ce grade est une récapitulation des précédents degrés. L’accent est mis sur l’acquisition et la pratique de la Vertu.
Viennent ensuite les trois grades d’Elus (9e, 10e et 11e degrés) ce sont:
– L’Élu des neufs
– Le Maître Élu des Quinze
-Le Sublime Chevalier Élu.
Le Maître Élu, dit des Neuf : neuf Maîtres partent à la recherche du corps d’Hiram.
Un inconnu conduit les neuf Maîtres Élus vers la caverne où se cachait Abiram.
Abiram, celui qui a donné le coup frontal mortel au Maître.
Le Maître Élu des Quinze est celui qui retrouve les deux autres meurtriers, lesquels sont ensuite condamnés et suppliciés aux yeux de tous.
Les trois grades d’Élus résument le parcours initiatique des trois premiers grades d’apprenti, compagnon et maître, vécus dans un nouveau cycle. Le 1er, ou Élu des Neuf, évoque la question de la transgression de la loi et met en lumière les dangers et les méfaits des pulsions vengeresses. Le 2e, ou Élu des Quinze, fait passer de la vengeance exercée individuellement à la justice collective, afin que toutes les passions soient épuisées. Le 3e enfin est une forme de consécration de l’initié qui est reconnu « Emerek ou Homme vrai en toutes circonstances », c’est-à-dire un authentique Maître Maçon.
L’ensemble de ces rituels cherchent à donner une conclusion morale à l’assassinat du maître disparu.
Grand maître Architecte (12e degré)
Salomon qui fait du Maître Maçon un géomètre chevronné, concepteur de plan à l’image de l’Architecte disparu. Ce spécialiste du tracé utilise l’étui mathématique
Le Grand Maître Architecte se substitue en quelque sorte à Hiram pour achever l’œuvre en cours de
réalisation, déterminé à rechercher l’harmonie dans l’univers, conformément aux plans qu’il est devenu apte à concevoir et à tracer. L’Art du trait ou géométrie sera l’axe du champ d’action du Grand Maître Architecte, le conduisant à œuvrer de la circonférence du cercle à son centre sur la planche à tracer. (Le point central = esprit, le cercle = le champ des connaissances)
Symbolisme
1-/ La quadrature du cercle (Maître parfait)
Combiné ensemble, le carré et le cercle, représentent le céleste transcendant (en dehors et au-delà du monde) auquel l’homme aspire et le terrestre où il se situe. Le cercle peut-être assimilé symboliquement à la manifestation divine, à l’unité, au souffle divin, au monde invisible, spirituel et transcendant, à la perfection.
Le cercle inscrit dans un carré représente pour les cabalistes l’étincelle du feu divin caché dans la matière et animant celle-ci du feu de la vie.
Si le carré représente la création, le cercle qui n’a ni commencement ni fin représente le créateur.
La quadrature du cercle étant impossible à réaliser est-ce à dire que l’homme de désir ne pourra atteindre le Divin ?
L’homme porte en lui l’intuition paradisiaque. Il part de l’état terrestre pour intégrer le divin, devenant ainsi le lieu de la synergie entre l’effort humain qui tend vers la grâce et la Grâce qui descend vers lui. La verticalisation de l’être est une montée messianique (vers le salut) propre à chacun, une structuration (disposition) de l’échelle qu’a vu le patriarche Jacob. La finalité de cet effort c’est tenter de retrouver l’Unité.
3-/ Alliance, Promesse, Perfection. (Secrétaire intime)
Le mot « perfection » désigne un état supérieur.
La perfection a valeur d’exemple. Elle fut incarnée en la personne du Maître disparu.
Concernant la perfection, René Guénon précise que ce terme doit toujours être entendu dans son sens absolu, lorsqu’il est employé comme désignation des possibilités de l’être. Dans la représentation d’un être, l’axe vertical est le symbole de la « voie personnelle » qui conduit à la Perfection, et qui est une spécification de la« Voie universelle ».
4-/ L’initié détient en lui le principe de la connaissance puisque le Juge et prévôt détient la clé de la cassette posée sur un autel dans le saint des Saintsqui contient le cœur d’Hiram et les plans du Temple
5-/ Intendant des bâtiments : les 5 points de fidélité du Maître sont : Agir, intercéder, prier, aimer et secourir ses Frères :
Ils sont en réalité nous dit le rituel, les 5 points parfaits de la Maîtrise que je rappelle :
–Jonction des pieds === > Amour fraternel, on est toujours prêt à marcher au secours de nos FF :.
–Inflexion des genoux==> Dévouement affectueux, nous incite à l’humilité
–Jonction main droite==== > Confiance totale, assistance des FF :. Dans le besoin
–Serrement main gauche sur épaule droite == >collaboration éclairée, écoute des conseils
–Baiser de paix==== >Union initiatique.
Ces
5 points sont sacrés car ils unissent les cœurs et
les pensées dans un idéal
partagé.
6-/La vengeance (Maître élu des neufs)
Johaben assoiffé de vengeance assouvit sa vindicte personnelle en exécutant le meurtrier d’Hiram. Il décapite Abiram et rapporte sa tête à Salomon qui lui dit : « Qui t’a accordé le droit de juger et dechâtier »
Ainsi est posé le problème de la justice personnelle subjective assimilée à la vengeance et la justice objective.
La vengeance est la première et la plus anciennemanière de la justice. En punissant l’agresseur elle rétablit l’égalité brisée par le crime.
La loi du Talion (du latin télis= tel) que l’on trouve dans le code d’Hammourabi (- 1730 avant JC) se résume particulièrement bien par la phrase issue du lévitique chapitre XXIVChâtimentsdes blasphémateurs « Œil pour Œil, dent pour dent »
Dans cette loi nous avons un principe de compensation qui existe dans toute vengeance. Le châtiment a pour but de réparer le crime ce qui imposeque la peine lui fut égale.
Se venger consisteà rétablir l’équilibre donc à infliger un dommage identique au préjudice subi.
La formuleœil pour œil, dent pour dent traduit bien l’aspect cruel et sanguinaire de la vengeance.
A l’inverse de la vengeance qui est exécutée par soi-même la justice consiste à saisir un tiers qui pèse les torts et les droits de chaque partie et prononce en référence à la loi une sentence exécutéepar l’autorité publique.
La longue évolution de la loi du Talion àla justice codifiée nous a mené de la sauvagerie à la civilisation, de la justice privée à la justice d’Etat.
Un mot sur la marche à reculons : Celui qui sort à reculons à la capacité desortir du temple pour accomplir sa mission .Le récipiendaire retourne dans le monde profane lieu ou il va pouvoir venger la mort du maître sans vraiment quitter le sacré.
La marche à reculons est imposée par une volonté extérieure. Elle implique un retour dans un état antérieur. C’est une sorte de purification nécessaire, un dépassement de sa condition, avant que se produise une entrée dans un nouveau plan ou nouveau domaine.
Digression sur les nombres
L’âge du Grand Maître Architecte est 45 ans : 4+5 = 9
Irène Mainguy note : 45 c’est 5 fois le carré de 3. On retrouve le nombre de l’apprenti 3 porté à la puissance 2 soit 9 qui sont le nombre de la maîtrise multiplié par 5, le nombre du compagnon. Il y a là un rappel des 3 premiers degrés qui sont l’essentiel de la maçonnerie.
8+1 le nombre des élus chargés de venger la mort d’Hiram
Le tétragramme possède une somme algébrique de 26 en guématrie simple et une réduction théosophique de 2+6 = 8
1 c’est l’unité, le prinncipe, le commeLe 8 signifie Régénération, jugement, sacrifice, résurrection, harmonie, perfection, infini
Le chiffre de la bête de l’apocalypse 666 a une réduction théosophique de 6+6+6 = 18 = 1+8 = 9 !
7-/ un Dieu unique
Au cours de mon cheminement maçonnique je me suis rendu compte que le Dieu des chrétiens était le même que le Créateur originel. L’Eternel était Yahvé, mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moïse, d’Abraham, mais aussi d’Osiris. Et ce Dieu-Un était l’unique créateur de la Création. Il y a eu un enchaînement du monothéisme transmis d’Osiris à Moïse, puis de Moïse à Jésus tout comme il le fut de Thot-Hermès à Akhenaton, d’Akhenaton à Pythagore de Pythagore à Galilée. Le christianisme des poissons est la suite de la religion juive du bélier comme cette dernière l’est de celle d’Osiris le taureau.
La connaissance
Selon certains chercheurs il y aurait quatre plans de connaissance :
La connaissance analytique qui met l’accent sur l’observation et la description
La connaissance systémique qui décode les interactions des objets,
La connaissance symbolique qui décrypte le sens exprimé par la multiplicité des formes
La connaissance métaphysique qui cherche à découvrir la nature des archétypes (modèle général représentatif d’un sujet)
La connaissance symbolique qui nous intéresse ici est la connaissance transcendantale qui tente de répondre à la question : Pourquoi ? Il s’agit du monde de la connaissance avec un C majuscule, monde gnostique de la signification, là où les grands mythes de l’humanité tirent leur origine.
La recherche symbolique se résume à penser l’homme et à donner du sens à la vie humaine. Elle perçoit ce qui est derrière la forme pour révéler son sens caché par l’étude des symboles. La connaissance transcendantale tente de décrypter comment la partie se relie à un plus grand Tout en intégrant l’homme dans l’univers. Elle met l’homme cette pierre sans cesse à polir en rapport avec sa destination finale.
L’équivalence entre le microcosme – la structure de l’homme – et le macrocosme – celle de l’univers – sont mis en évidence afin que l’initié puisse appréhender la place réelle de l’homme dans la création et ainsi comprendre sa destination finale. Le postulat « tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » fait l’objet d’ investigations qui ont pour but de comprendre le rôle spécifique de l’homme, vis-à-vis d’un tout plus grand que lui et lui permet de réfléchir également aux rapports qu’il entretien avec les autres règnes de la nature.
La connaissance qui est Une et indivisible ne peut s’appréhender que par annihilation se son ego, humilité face à sa destinée, acceptation de son humanitude (Capacité d’un être humain à prendre conscience de son appartenance à l’espèce humaine comme membre à part entière) et par l’inlassable recherche de son infinitude (grandeur, infini, éternité).
Synthèse
Nous pouvons constater que les clés données à partir du grade de Maître secret sont des moyens, des enseignements supplémentaires fournis pour approfondir davantage les éléments initialement reçus, plus particulièrement aux grades de compagnon et de Maître.
Les grades dits de perfection développent le thème de la mort d’Hiram. Après l’avoir pleuré, il faut lui faire des funérailles, puis songer à lui donner un successeur qui poursuivra les travaux interrompus, mais c’est impossible tant que l’on n’a pas retrouvé et condamné ses trois assassins. Enfin on arrive au grade de grand Maître architecte ou le maître maçon devenu concepteur, peut achever la construction du temple. C’est à partir de cette étape que commence à s’esquisser la question essentielle : et s’il s’agissait non plus de construire un temple de pierre mais bien plutôt d’ériger un temple spirituel, de bâtir son temple intérieur ?
Il s’agit bien d’un chemin initiatique balisé par la succession des degrés maçonniques qui marquent des seuils à franchir où des clés sont données…. Mais ces clés ne peuvent servir que si l’on se donne la peine d’en ouvrir les accès.
Notre rituel suggère, propose un enseignement philosophique qui nous interpelle sur la nécessité de tirer vengeance ou de rendre justice, d’exercer sa curiosité à bon escient, de dépasser ses limites allant parfois jusqu’à transgresser les règles, de lutter pour s’affranchir de toute forme d’esclavage qui entrave la liberté. Les légendes proposées permettent de réfléchir sur des questions philosophiques et éthiques essentielles aux quelles chacun est confronté dans sa vie. Chaque grade développe un aspect particulier de la recherche de la Vérité.
A partir du 4° degré on est confronté à un enchainement apparemment arbitraire du temps et de l’espace, mais en fait cet enchainement demande à chacun d’accéder à une autre dimension. Par exemple à chaque grade on reçoit des âges différents. On peut avoir 27 ans après avoir eu 81 ans ou 63 ans. Mais il faut voir que ces âges sont basés sur les multiples du nombre 3. Chaque degré correspond à un plan d’existence.
La lumière qui est en chacun de nous se dévoile progressivement. Le Maître agit sur lui avant d’agir sur le monde et répand au dehors les valeurs intérieures cherchées dans le temple.
Maître de lui, le Maitre maçon a une vocation de constructeur. On ne lui demande plus de construire des cathédrales ou des temples mais de faire œuvre de bâtisseur d’abord en se construisant lui-même après quoi en rassemblant ce qui est épars dans la recherche du beau, du bien, du vrai et de la vérité. C’est alors qu’il pourra commencer à transmettre des valeurs à un monde qui en a beaucoup perdu.
J’ai dit