12° #409012

La Tolérance, manifestation de l’équilibre et de l’harmonie

Auteur:

P∴ N∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Grand Maître Architecte et vous tous mes frères en vos degrés et qualités


La Tolérance,
manifestation de l’équilibre et de l’harmonie



Mes frères en préambule je désirerais vous avouer que le mot tolérance m’a toujours dans la vie profane, posé quelques problèmes. En effet, la tolérance est un terme qui me heurtait philosophiquement parlant. Certes, il m’inspirait en première lecture une certaine approche de la compassion, une certaine acceptation de l’autre dans cette civilisation égoïste.Mais la tolérance m’inspirait surtout d’une part la notion de caporalisme, et d’autres parts la notion de laxisme, de pleutrerie, à la fois le rapport du fort au faible, mais aussi le laissé aller, la démission.



J’ai bien précisé mes frères que cette approche était uniquement profane et dénuée de toute emprunte maçonnique.



Néanmoins je dois également avouer que même en maçonnerie, je pense que l’on fait également une consommation excessive de cette aptitude à excuser ou à pardonner. Il n’est pas de discours ou de planches sans qu’un orateur ou un frère ne se croie obligé de faire l’éloge de la nécessité impérieuse et des bienfaits de la Tolérance. C’est un peu facile, passe partout et pour moi un peu pénible à écouter.



Au-delà de ce ressenti, aujourd’hui en qualité de Maçon, en phase avec ma démarche initiatique, et mon travail d’approfondissement, j’essais de dépasser au niveau qui est le mien cette notion puérile de la tolérance, car j’en suis persuadé la Tolérance, la vraie estla vertu maçonnique suprême d’où découlent les autres vertus.


Elle est pour moi, la sincérité dans la pensée, la compréhension dans l’étude des faits, la générosité dans l’accomplissement de l’action, mais jamais au grand jamais elle est aveuglement.



La tolérance est plus précisément la tolérance en tant que manifestation de l’équilibre et de l’harmonie est pour nous Grands Maîtres Architecte qui avons atteint l’âge de la plénitude, sinon une finalité, mais un acte fondateur, un important degré de réalisation intérieure dans la construction de notre temple. Ce temple symbole de l’harmonie que l’on doit édifier lentement en nous par la mise en application de nos connaissances acquises, de nos idées, des règles de la construction, et ceci afin d’approcher de l’idéal de perfection ou règnent la paix, la, la beauté, la fraternité et l’amour.


Cette recherche de la perfection passe pour nous par le travail, le respect de notre enseignement et par un investissement personnel sans faille



Aussi, pour moi, au travers de ma quête, tout d’abord en loge symbolique, j’ai appris au fil des ans, a purifier mon cœur, à régler mes mœurs et à me conduire suivant les préceptes de l’équité. Puis en qualité de Maître, j’ai fais mourir le vieil homme afin de renaitre symboliquement à la vie, une autre vie.


Alors, m’en jugeant digne, mes frères m’on permis d’accéder à un autre niveau de recherche, à un autre niveau de conscience en me faisant passer de l’équerre au compas toujours à la recherche de la parole perdue.


Dès ce moment en qualité de Maître Secret, à l’aide des moyens d’accès à la connaissance, à la découverte d’une nouvelle approche, une approche métaphysique, je me suis inséré sur la voie de la réalisation spirituelle.



Maître Secret j’ai pu travailler à ma construction en prenant en compte la notion de fidélité et la notion du devoir, deux notions que l’on doit porter jusqu’au sacrifice. J’ai pris conscience que les clés que je recevais au travers de l’enseignement initiatique avaient dès lors une dimension cosmologique, initiatique et métaphysique.



Puis chemin faisant, accédant au 6 éme degré, celui du Secrétaire Intime, j’ai pu appréhender la notion du savoir. Ce savoir qui doit aller de paire avec la saine curiosité, celle qui titille l’intelligence. Savoir et curiosité bien placée étant les outils indispensables à la recherche de la vérité.


A ce stade, détenteur de ces degrés, je continu mon chemin et suis mis alors en présence de la symbolique balance dont je dois maintenir les deux plateaux bien équilibrés.


Je suis, à présent, le représentant de Johaben, sous la tutelle de TITO, je suis un Prévôt et Juge.


A ce titre, présent sur le chantier, je dois être dorénavant un exemple de justice, d’équité et d’impartialité. Je dois être en mesure d’exprimer un jugement équitable à l’égard d’autrui, c’est-à-dire de rendre la justice à tous les ouvriers, sans préjugé, ni partialité.


Ma quête est maintenant quasi totalement consacrée à la justice. Mais je dois également sur le chemin de l’ultime perfection encore et encore accentuer ma recherche personnelle pour être en particulier capable de méditer sur la notion de dualité, sur les liens qui peuvent unir ou qui peuvent opposer la Conception à la Réalisation, la Pensée à l’Acte, le Fait à l’Idée.


A ce stade de mon périple, de mes connaissances, de ma maturité, de ma formation de Maître Maçon, je suis arrivé au terme de la 2eme classe. Cette classe qui repose sur le fondement mythique de la construction du temple de Salomon. Mais aussi classe qui a pour mission de participer à la reprise des travaux interrompus par la mort de l’illustre Maitre.


Il m’est alors nécessaire de mesurer mes acquis, de me rassurer sur la teneur de mon enseignement avant de pouvoir migrer avec sérénité vers la classe des Elus, une classe caractérisée par de nouvelles épreuves initiatiques, par des sacrifices rituels.



Depuis que j’ai été reçu sous le Laurier et l’olivier, j’ai appris ce que devait être pour le Franc-maçon le devoir la fidélité. Je suis aller vers le savoir par le zèle et la saine curiosité. J’ai appris à exercer ma curiosité à bon escient et cela même jusqu’à transgresser les règles établies, ou craindre de perdre la vie. Etenfin, j’ai travaillé à la justice par le devoir d’impartialité et d’’équité envers les autres.


La JUSTICEest véritablement à ce niveau de réflexion le maître mots, un véritable fondement.


Que déjà tout jeune apprenti, l’on m’a posé rituellement la question comment un FM doit il prodiguer la vertu… mais tout simplement en préférant à toutes choses la justice et la vérité. Que devenu compagnon, j’ai montré que tous mes actes s’inspiraient de la justice et de l’équité.


Et enfin plus tard j’ai pris conscience de la mort du maître qui a préféré le trépas plutôt que d’obtempérer à un ordre injuste teinté de pulsions vulgaires et égoïstes.



Puis, chemin faisant, j’ai accédé à la troisième classe celle des Elus. Cette classe qui oblige le Maçon à la confrontation avec le meurtre, la fureur, le sang, la vengeance.


Je suis hélas encore dans ma construction en proie à mes vicissitudes, je suis toujours dans l’imperfection, je ne parviens pas totalement à tempérer mes pulsions, je suis encore ivre de mes bons droits, égoïste, égocentrique. Je suis encore capable d’assouvir ma propre vengeance au mépris de toute vraie justice en pouvant perpétrer un meurtre de sang.


Le crime à été puni mais justice n’a pas été rendue. Je dois alors méditer l’enseignement de ce grade, en effet fanatisme et ambition personnelle se révèlent au travers de nos actes et ne nuisent que par eux. Par contre seule l’ignorance est passive mais garde sournoisement dans l’ombre sa capacité de nuisance et que c’est bien cette dernière qui doit être détruite en premier pour espérer encore progresser.



Il ne me suffit pas de découvrir mes propres faiblesses, il faut que je sois capable de les rectifier. Il me faut maintenant passer à l’acte, à l’action pour ainsi espérer devenir l’homme vrai, l’homme qui a appris a vaincre ses passions.



Maintenant je dois être conscient de mon devoir, je dois supprimer les mauvais compagnons qui sommeillent en moi, de les faire devenir de bons compagnons, mais surtout qu’à mon niveau de connaissance je doive maintenant transmuter l’ignorance en connaissance, le fanatisme en tolérance, l’ambition en détachement, l’orgueil en humilité. C’est seulement lorsque les 3 mauvais compagnons auront la tête tranchés que le maître maçon pourra enfin considérer qu’il est parvenu à éliminer en lui toutes ses tendances négatives, qu’il peut poursuivre sa quête de vérité, mais que le combat n’est pas gagné pour autant, parce qu’il doit rester constamment vigilent, que les 3 mauvais compagnons qui sommeillent en lui, toujours prêts à se manifester, peuvent ressurgir sous des formes très subtiles.


La vengeance est aussi négative que le meurtre. La violence doit elle systématiquement répondre par la seule violence ?, ne doit on pas plutôt avoir foi en une justice immanente ?



Non long et chaotique cheminement est pour moi Maçons la découverte d’une nouvelle amplitude de l’univers spirituel qui s’offre à moi et qui élargit progressivement ma conscience sur la voie de la perfectibilité.


En accédant au grade de Sublime Chevalier Elu, je me vois récompensé de mon zèle, de mon dévouement, de ma vertu et deviens ainsi le modèle de l’homme vrai en toutes circonstances.


Je suis l’homme qui, quels que soient les pressions faites à son libre arbitre,n’obéira qu’à la seule loi de sa conscience en toutes choses. Un homme capable de retourner sur lui une volonté de justice et de désir de purification.


Puis, je suis reçu GMA, on me donne accès à l’étui de mathématiques, je ne suis plus un exécutant, je suis un concepteur, un être capable de tracer lui-même les plans de son temple. Je suis l’architecte de mon existence et je passe de la destruction nécessaire de tout ce qui est nuisible à une phase de reconstruction.



A ce stade cet homme conscient du combat à mener contre l’ignorance, l’intolérance, le fanatisme, l’orgueil, l’ambition malsaine, l’homme conscient des imperfections de sa nature et maintenant capable, à mon sens, d’accéder à la tolérance.


Comme je le notais en termes d’introduction, la tolérance est pour moi la vertu maçonnique suprême d’où découlent les autres vertus. Accéder à la capacité de tolérance n’est possible que par la recherche de l’état de perfection. Il faut une lente maturation, suivre un chemin initiatique long et difficile, veiller sans cesse à son perfectionnement qui doit rejoindre l’universel.


Seul l’homme au service du Beau, du Bien et du Vrai peut appréhender la tolérance, et c’est en cela que je pense que la tolérance est la manifestation de l’équilibre et de l’harmonie. Seul cet homme pourra la pratiquer en sachant admettre qu’il n’existe pas de vérités absolues et que nul ne peut prétendre posséder la vérité… sa vérité pour l’imposer à autrui. C’est aussi grâce à cette manifestation de l’équilibre et de l’harmonie que le Maçon trouvera naturellement les limites à la tolérance, limites tracées à la fois par une sage raison, une fermeté de caractère, le maintien d’opinions soigneusement réfléchies, et à la foispar le souci constant de la dignité.



Voilà mes frères, en guise de conclusion, je désirerais dire que j’ai essayé, au travers de ce travail, de démontrer que la tolérance, la vraie tolérance ne peut être accessible pour nous qu’après un long travail sur nous même. Qu’il nous faille atteindre un haut degré d’équilibre, d’harmonie avant de pouvoir en être capable.



Jai dit

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