12°
#409012
Le 4° degré se définit par un mot : l’illumination
G∴ D∴
A la Gloire du Grand
Architecte de l’Univers
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité
T F P M et vous tous mes FM S
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Ordo ab Chao
Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité
T F P M et vous tous mes FM S
Le mot « illumination » fait naturellement penser à la Lumière, terme maintes fois employé en maçonnerie pour symboliser une sorte d’aboutissement du chemin initiatique, tant espéré et assurément inatteignable en fonction de nos capacités humaines.
Mais ce n’est pas de cette façon que je voudrais aborder le sujet ce midi.
Dans un admirable petit conte, assez peu connu, notre Frère Goethe évoque « un Serpent Vert » qui en avalant des pépites d’or, devient resplendissant, émet des rayons de lumière et forme un pont flamboyant dont les arches se couvrent de pierres précieuses.
Dans ce conte, qui est une description du Grand Œuvre traditionnel, de la mystérieuse alchimie qui s’opère sur l’initié, il est un dialogue entre le Roi et la couleuvre :
« Qu’y a-t-il de plus splendide que l’or ? » demande le Roi
-La Lumière ! Répond la couleuvre.
« Qu’y a-t-il de plus réconfortant que la Lumière ? interroge le Roi,
-La parole ! Répond la couleuvre.
C’est en effet par la Lumière et par la Parole que s’accomplit la transmutation spirituelle, par le retour, nous dit Goethe, « à la source de la Lumière émancipatrice ».
La Lampe magique du Vieil homme du serpent vert accompagne ainsi le Verbe qui, « pénétrant partout, éclaire les intelligences réceptives et stimule toute ardeur généreuse ».
Le passage au 4° degré, s’il ne nous rend pas lumineux de l’intérieur, éclaire les trois degrés qui l’ont précédé, tout en laissant pressentir d’autres éclairages potentiels dans les degrés suivants.
Il n’apporte pas, bien sûr, les solutions aux interrogations qui nous travaillent, mais nous permet un va et vient incessant entre le 1° et le 4° degré, imposant une relecture de notre vécu antérieur qui va approfondir nos approches souvent superficielles de la charge des symboles que nous y avons rencontré.
Et c’est vraiment en Nouvel Apprenti qu’il devient évident que nous avons à nous comporter ; si le terme Atelier de perfection est fréquemment utilisé, je lui préfèrerais Atelier de perfectionnement, tant l’espace qui s’ouvre au 4°degré s’éclaire comme un vaste champ d’investigation où il faut, à la fois, se plonger dans les racines mythologiques, mythiques, ésotériques, historiques de notre rite pour en retrouver les vraies racines, tout en intégrant le fruit de ces recherches à notre actualité de maçons dans ce siècle avec le souci constant de ne pas pervertir le trésor qui nous échoit par héritage dans une sorte de modernité d’un humanisme clamé trop fortement.
Le terme Atelier Supérieur, quand à moi, est encore trop chargé d’une sorte de hiérarchisation quelque peu prétentieuse qui masque le potentiel dont chaque homme est porteur sur un chemin d’élévation spirituelle à parcourir, selon un rythme tout individuel.
Ou bien, je suis encore dans un raisonnement trop profane, ou bien le manque d’humilité de quelques hauts gradés m’a-t-il irrité ?
Je ne suis, il est vrai qu’au début de mon parcours !
Mais revenons à mon sujet !
Si je ne me suis pas senti, magiquement illuminé, une chose est sûre, je me suis rapidement senti en charge d’un dépôt initiatique, que, si modeste soit-il j’ai le devoir d’intégrer et de transmettre.
Muni, dans les trois précédents degrés, de ce que j’appellerais « le minimum vital maçonnique », je prends conscience que chaque découverte nouvelle, non seulement éclaire la précédente, mais est aussi une remise en cause de ce que je croyais connaître.
Cette prise de conscience impliquant la nécessité d’une révision incessante sans laquelle les notions suivantes ne pourront s’articuler harmonieusement avec les précédentes.
Les outils symboliques m’ont appris « à faire », le 4° degré doit m’apprendre « à dire ».
J’ai expérimenté les effets de ce passage au poste de Premier Surveillant quand mon devoir d’enseignant et d’éveilleur de conscience me conduisait parfois à la frontière entre 2° et 3° degré, tant l’articulation entre ces grades m’apparaissait
plus limpide, au risque d’en franchir le seuil.
Bien sûr, limpide n’est pas synonyme de lumineux, mais parfois illuminé, assurément j’avoue l’avoir été !, ce qui est aussi un sens du mot illumination.
Si les Anciens Devoirs font remonter la tradition maçonnique à Adam à qui ce dépôt est confié, je citerais un verset du Coran qui atteste de ce mystérieux dépôt :
« Nous avons proposé le dépôt de nos secrets aux Cieux, à la Terre, à la Montagne ; tous ont refusé de l’assumer ; tous ont tremblé de le recevoir .Mais l’homme accepta de s’en charger… » Bien qu’il soit ajouté ensuite : « c’est un violent et un ignorant »
Ayant fait vœux de dominer ses passions et de combattre l’ignorance, la maçon se met ainsi en état d’assumer la garde intacte de ce dépôt sacré ainsi que sa transmission.
Alors combien s’éclairent la nécessité des 4 éléments de l’initiation, des 4 points cardinaux, le bonheur de voir la quatrième colonnette jusque là invisible qui laisse entrevoir un état différent de la matérialité du monde et la possibilité de quitter la géométrie plane pour une première incursion dans le spatial.
Selon Littré, illumination est aussi le fait de disposer un grand nombre de lumières avec symétrie à l’occasion de réjouissances ; cette définition nous renvoie bien à notre géométrie spatiale et surtout à la notion de fête ; chacune de nos cérémonies est bien une fête lumineuse où les lumières plus ou moins voilées percent l’obscurité pour devenir éclatantes ; cette progression d’intensité accompagne le profane ou l’initié plus avant sur son chemin personnel et collectif avec, parfois,une impression fugitive d’illumination de l’âme qui est source d’une grande joie.
C’est une transmutation du regard qui engage le corps tout entier.
Dans Henoch : « la chair du patriarche se transforme en flammes, ses os en braises, ses cheveux en étincelles…. »Légende des siècles V.H.
Je ne vous ferais pas la démonstration d’une telle métamorphose spectaculaire etpersonnelle en ces lieux, mes poils en roussiraient ;
Je ne peux que témoigner que cette forme d’illumination plus modeste qui fût la mienne apporte à la fois sérénité, conscience du devoir de protéger et de transmettre ce dépôt sacré, traditionnel,contenu dans nos rituels ; c’est ce trésor, ces pépites d’or du serpent vert qui font de la maçonnerie un des rares ordres initiatiques contemporains.
Comme je l’ai déjà dit, ma fréquentation de plusieurs plateaux successifs en Loge Bleue et dans la pleine Lumière de l’Orient ont fait de moi un maçon de confiance alors que je n’étais qu’un maçon d’espérance. Ainsi, quoique nous fassions en tenue, même dans une apparente improvisation, comme cela arrive parfois, l’harmonie se rétablit « in fine » et nous quittons cette enceinte le coeur content et pourvus d’un bon salaire.
Pour ma part, cette confiance indéfectible et rassurante est aussi une sorte d’illumination.
Mon épouse m’a donné un document qui attribue à chacun un arbre totem en fonction de son mois de naissance ;
Les natifs du 14 au 23 août et du 9 au 18 février se voient attribuer le cèdre ;
J’aime beaucoup cette correspondance dont l’implication ne vous échappera pas.
La définition qui s’attache à cet arbre mythique est la suivante :
« Les gens nés sous le signe du cèdre vivent dans l’illumination. Eveillés, réfléchis, ils s’efforcent d’accomplir leur destin. Sans aucun esprit missionnaire, mais fidèles à des exigences intérieures très précises, ils occupent des postes de commandement. Ni le succès, ni l’échec n’entament leur sérénité ou leur détermination.
Comme ils ne songent que rarement à leur propre intérêt, soucieux bien plus de leur tâche ils bénéficient d’une assurance et d’une force intérieure qui leur valent une aura de supériorité »
Ce magnifique portrait est bien entendu assez éloigné de la vérité de mon quotidien, mais il me semble bien représenter un projet de vie fort proche de mon engagement maçonnique ; j’adopte volontiers le cèdre comme arbre–totem.
Certains parmi vous savent bien comment j’ai un peu traîné les pieds quand vous m’avez proposé le passage au 4°degré, combien mes débuts ici ont été laborieux et peu enthousiastes.
Désirant rendre hommage ce midi à vos lumières, je conclurais par cette citation dont j’ignore l’auteur :
« Merci d’avoir été là quand j’avais besoin de toi,
de m’avoir écouté, de m’avoir éclairé ce qui était obscur et de m’avoir soutenu quand je me sentais seul.
Comment font les gens qui n’ont pas de Frère ? »
J’ai dit