12°
#409012
Le Génie parle
C∴ B∴
A LA GLOIRE DU GRAND
ARCHITECTE DEL’UNIVERS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
pour la France des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et
dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
« ORDO AB CHAO »
« DEUS MEUMQUE JUS »
Trois Fois Puissant MaîtreTrès Illustres FrèresEt vous tous mes frères Maîtres Secrets
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
pour la France des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et
dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
« ORDO AB CHAO »
« DEUS MEUMQUE JUS »
Trois Fois Puissant MaîtreTrès Illustres FrèresEt vous tous mes frères Maîtres Secrets
Cette phrase est tirée du rituel du 12ème degré qui nous dit :
« A quelle heure commencez-vous et terminez-vous vos travaux ? Je les commence quand le Génie parle en moi, je les cesse quand il se tait. » Puis un petit peu plus loin :
« Le Génie parle et nous invite à ouvrir les Travaux de l’Archi-Loge….
Accueillons-le par le signe et la batterie. »
Ceci nous conduit immédiatement à deux constatations :
- D’une part le Génie est considéré comme un être extérieur, indépendant de la personne.
- D’autre part il n’y a plus d’heure du jour déterminée, mais un appel à l’apparition d’un soutien extérieur sous forme de génie : Le soleil apparaît, le Génie parle avec l’avènement de l’aube, ensuite le soleil disparaît, et le Génie se tait ; ainsi qu’il est dit, toujours dans le rituel du 12ème degré : « Le soleil a disparu, l’étoile du soir est levée, le Génie se tait . »
Ce génie apparaissait comme la personnalité divinisée de l’homme, tel qu’il est venu au monde, mais était également considéré comme un double du Moi, et même comme un être distinct qui protège le Moi. Plus tard, on a pourvu d’un Génie plus ou moins symbolique les collectivités comme le Sénat, le peuple romain, une cité, une unité de l’armée, et même les dieux qui finirent par avoir chacun le sien.
Mais il faudra une longue évolution de la conscience pour considérer le ou les génies comme des aspects de la personnalité de chaque être humain, avec ses conflits internes de tendances, de pulsions, ou bien d’idéal.
Il symbolise le trait de lumière qui échappe à tout contrôle, et qui engendre la conviction la plus intime et la plus forte. Immanent en chaque personne, physique ou morale, le Génie symbolise l’être spirituel.
Ce Génie doit être comparé aux Démons, qui dans la pensée grecque, sont des êtres divins, ou semblables aux Dieux par un certain pouvoir. Le Démon de quelqu’un a été aussi identifié à la volonté divine et, en conséquence au destin de l’homme. Puis le mot vint à désigner les dieux inférieurs et enfin des esprits mauvais.
Suivant une autre ligne d’interprétation, les Démons étaient les âmes des défunts, génies tutélaires ou redoutables, intermédiaires entre les dieux immortels et les hommes vivants, mais mortels. Un génie était attaché à chaque homme et jouait le rôle de conseiller secret, agissant par intuitions soudaines plus que par raisonnement. C’était comme son inspiration intérieure.
Pour beaucoup de populations primitives, ce démon intérieur était considéré comme le symbole d’un lien particulier de l’homme avec une conscience supérieure.
Le Démon symboliseune illumination supérieure aux normes habituelles, permettant de voir plus loin et plus sûrement, d’une façon irréductible aux arguments. Il autorise même à violer les règles de la raison, au nom d’une lumière transcendante qui est non seulement de l’ordre de la connaissance, c’est-à-dire au fond de la somme de l’intuition et de l’expérience,mais aussi de l’ordre du destin.
Si l’on se réfère au dictionnaire Quillet, le génie correspond à un talent particulier pour une chose et à une aptitude extraordinaire à la création.
Le génie considéré sous cet angle demande d’être à l’écoute de sa conscience, de son intuition, en résumé de sa conscience intérieure. Il relie alors consciemment à une forme de transcendance qui dépasse l’homme ordinaire.
Les Vérités qui sont offertes à la méditation des maçons pour progresser dans la Voie de la Sagesse et de la Connaissance sont sous formes de symboles et de gestes à caractère rituel, ils éclairent progressivement l’entendement, c’est pourquoi on peut penser que l’Initié, arrivé à ce stade de reconstruction personnelle, doit écouter le Génie s’exprimer quand s’ouvrent les travaux. Ainsi, la présence du Génie relie le franc-maçon à une forme d’inspiration d’en haut qui pourrait être une inspiration du G.A.D.L.U.
On peut voir dans cette apparition du Génie une influence pythagoricienne à ce degré, si on se réfère aux Vers d’or, ce qui n’aurait rien d’étonnant étant donné qu’on peut considérer que le degré de Grand Maître Architecte est un complément du grade de compagnon . Les vers trois et cinquante deux parlent du génie en ces termes :
« Vénère aussi les génies terrestres en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.
O Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent
Si tu montrais à tous de quel génie ils se servent !
Connaître son génie, c’était donc connaître la nature de l’être divin qui habite en nous ; et, comme le sort de l’homme était défini par la nature de son âme, la connaissance de la nature de l’âme pouvait influencer sur sa destinée.
Mais cette connaissance ne peut pas être érigée en absolu. Salomon ne veut pas enfermer la matière et les Lois universelles dans la rigidité d’un savoir transmis comme un dogme et qui permettrait d’achever la construction du temple. La connaissance de la vie n’a d’autre possibilité que d’être transmise dans la vie. Et aucune théorie ne peut véhiculer la connaissance primordiale transcendantale si elle ne permet pas à chacun d’effectuer le trajet pour la rejoindre.
Le savoir s’accumule au fil des générations et des civilisations, permettant à l’homme d’améliorer ses conditions de vie matérielle et d’enrichir son intellect, mais la connaissance qui est l’expérience individuelle disparaît avec chaque vie et n’est pas transmissible. Le savoir peut se transmettre, la connaissance qui est une unique expérience intérieure, une compréhension intime, ne le peut pas.
Et c’est bien qu’il en soit ainsi, car, sinon, nous n’aurions aucune destinée personnelle, aucune individualité réelle, aucune œuvre à accomplir, aucun perfectionnement à réaliser, sinon pour faire progresser le savoir collectif d’une humanité.
C’est également l’enseignement transmis par Hermès Trismégiste sur le secret de la connaissance, gravé sur la Table d’Emeraude. Il fondait l’unité de l’univers et la possibilité pour l’Etre intérieur de l’homme de perfectionner sa vile matière, avec lequel il se trouve mêlé sur terre, pour rejoindre l’or de l’essence originelle.
Et pourtant, même si le langage de la matière et de l’esprit ont été dissociés dans le monde profane, l’existence des divers niveaux de réalité ne fait plus aucun doute pour le Grand Maître Architecte. C’est une bien curieuse situation dans laquelle nous nous trouvons à cette étape de notre quête.
Nous savons que nous pouvons appréhender l’énergie de l’Etre uniquement en nous, uniquement lorsqu’il y a communion entre le raisonnable et l’ineffable et pourtant nous devons devenir instruits et experts, et vérifier notre route auprès de ceux qui l’ont déjà parcourue. D’un côté cela révèle l’aspect dynamique de la vie spirituelle, de l’autre, c’est l’indice que nous n’avons pas encore atteint la perfection.
La religion de Moïse précise que Jehovah a conclu une alliance avec son peuple respectueux . L’arche d’alliance contient le plus beau mystère de l’univers, toute la connaissance de la création. L’arche d’alliance est au centre du temple de Jérusalem que le roi Salomon fit bâtir, l’arche d’alliance est notre cœur au centre de notre temple, c’est-à-dire au centre de nous-mêmes. C’est le lieu le plus précieux et le trésor le plus essentiel. C’est en notre cœur, lorsque nous pénétrons dans l’arche d’alliance, que s’opère la transfiguration.
Heureusement, une fois que nous avons identifié notre Etre intérieur et l’avons purifié comme nous sommes censés l’avoir réellement fait avant d’atteindre ce degré, nous ne pouvons plus nous égarer. Notre conscience fait la distinction entre un développement ordinaire de la vie, l’exposé d’une réalité supérieure et la vision du plan ultime.
L’étui de mathématique sublime incite le Grand Maître Architecte à situer les plans relatifs de la vérité particulière par rapport à l’ultime. Avec son compas de proportion, il mesure le haut, le reporte sur le bas et le restitue avec justesse dans le haut.
Une partie des enseignements couvre la description du chemin progressif de l’éveil et est relative, une autre partie des enseignements couvre la description des états supérieurs. Ils sont merveilleux , immuables, éternels et deviendront vrais lorsque le chercheur aura atteint ce degré.
Mais même si c’est la description des états ultimes qui nous séduisent, ce sont les premiers, les plus relatifs, les plus techniques qui nous permettent de construire notre temple et d’être de vrais Grand Maîtres Architectes.
Nous avons délimité l’espace sacré, élevé un axe, orienté l’édifice vers la lumière en fonction du lever et du coucher du soleil. Après avoir arraché les broussailles, nivelé le sol, nous avons tracé symboliquement le temple avec les proportions résultant de la division harmonieuse du cercle, selon la méthode pythagoricienne, et inscrit le plan vertical dans l’élévation.
Dans notre corps, comme dans le temple harmonisé, le ciel et la terre peuvent enfin s’unir. Le temple assure la cohésion du corps matériel dans ses fondations, de l’Etre intermédiaire dans ses trois premiers étages, et de l’Esprit lumineux dans les étages supérieurs.
Nous sommes Grands Maîtres Architectes et nous connaissons l’enivrante vérité spirituelle sur l’architecture de l’univers. Nous voulons intégrer notre connaissance à notre propre vie pour rendre la chose vivante. Nous sentons l’impérieux besoin de pénétrer quelque part au tréfonds de notre Etre pour nous trouver face à face avec la lumière.
Nous ne recherchons ni gloire, ni richesse matérielle, nous avons simplement soif de Vérité.
Je ne voudrais pas terminer sans citer Mozart, qui disait :
« Le vrai génie sans cœur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensembles, ne font le génie :
Amour !
Amour ! Amour !
Voilà l’âme du génie. »
Voilà l’âme du génie. »
J’ai dit et j’ai écrit TFPM, TT II FF et vous tous mes FFen vos degrés et qualités.