12° #409012

Le Temps de Travail du Grand Maître Architecte

Auteur:

Y∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Le Temps de Travail

du Grand Maître Architecte



La mesure du TEMPS a été l’une des préoccupations premières de l’homme, dans le souci qu’il avait de régler, de programmer ses activités quotidiennes, de situer les événements, etc… ; s’inspirant alors de la nature, il lui emprunte le cycle des saisons, le lever et le coucher du soleil, l’alternance du jour et de la nuit, les phases lunaires, etc…, faisant du Temps, au même titre que l’Espace, une grandeur dans laquelle le monde évolue et sans laquelle il n’est plus.



La tradition maçonnique, qui est issue de rites et usages très anciens voire primitifs, n’a pas dérogé à la règle et a choisi, pour définir le Temps de travail en Loge, des tranches d’heures spécifiques qui sont, elles aussi, en rapport direct avec l’alternance du jour et de la nuit et qui varient selon les degrés ; c’est ainsi que :



·les travaux aux trois premiers degrés commencent à Midi Plein et se terminent à Minuit Plein ;


·au 4ème Degré : l’ouverture se fait lorsque « les ténèbres ont fui devant l’aurore et que la grande lumière va resplendir bientôt sur notre Loge » et ferment « à la fin du jour ».


·au 5ème degré : de 1 h à 7 h (Ancien Rituel 4 h et 5 h)


·au 6ème degré : de la 3ème h du jour à la 6ème h du jour


·au 7ème degré : de « la dernière heure de la nuit » à lorsque « le jour arrive ».


·Au 8ème degré : du point du jour à la 12ème heure.


·Au 9ème degré : « du point du jour » à « l’entrée de la nuit » ou « le jour s’obscurcit ».


·Au 10ème degré : de la 6ème heure de la nuit à la 6ème heure du jour.


·Au 11ème degré : de la 6ème heure du jour à la 12ème heure du jour.


·Qu’en est-il donc du 12ème degré ?



I



Jusque-là, ce sont des tranches d’heures d’horloge qui ont servi à déterminer le temps de travail des différents grades : midi à minuit, 1 h à 5 h, etc…


Au 12ème Degré, l’espace aménagé pour le Temps de travail du G.M.A. est, quant à lui, directement lié aux deux principaux astres qui sont d’ailleurs représentés dans les Temples maç :. à l’Orient où ils président aux Travaux en Loge, figurant à la fois le cosmos (avec la Voûte Etoilée) et leur propre parcours spatio-temporel.


Voilà ce que dit exactement le Rituel :



và l’ouverture :


·« 1er Excellent Gardien, quelle heure est-il ? » (Sublime Grand Maître)
·« Le Soleil apparaît et le Génie parle ! »
·« Il est donc l’heure d’ouvrir les travaux de l’Archi-Loge. » (Sublime Grand Maître)


vet à la fermeture :
·« 1er Excellent Gardien, quelle heure est-il ? » (Sublime Grand Maître)
·« Le Soleil a disparu, l’Etoile du soir est levée, le Génie se tait. »
·« Puisque le Génie se tait, l’heure du repos est venue. »


Le Temps de travail du GMA est donc compris entre le lever du Soleil et son coucher lorsque se lève l’Etoile du soir. En plus de la mention des astres, deux nouvelles notions sont introduites : celle du GENIE (qui parle dès l’ouverture et se tait à la fermeture) et de l’Archi-Loge où ont lieu les travaux.



Pourquoi une telle appellation de la Loge ?


Pourquoi le GENIE ? Qui est-il ?


En quoi consiste exactement le travail qu’il fait

pendant ce temps cosmique qui lui est imparti ?


Quelle incidence des Astres et du Génie sur l’efficacité de ce travail ?



II



Mais d’abord que nous dit la légende du Grade ? Elle nous apprend que le Roi Salomon a créé ce grade pour récompenser les Quinze Maîtres qui ont surmonté les épreuves des Elus, désignés au sort pour poursuivre et capturer les meurtriers du Grand Maître Hiram Abi. Depuis son assassinat (3ème degré) jusqu’à à ses funérailles (5ème degré), les travaux de construction du Temple ont été temporairement suspendus ; le Roi ayant procédé à des nominations pour remplacer le Maître à la tête des divers corps de métier travaillant sur le chantier (6ème au 8ème degré), maintenant que sa mort est vengée (9ème au 11ème degré), veut alors faire reprendre les travaux afin que se poursuive et s’accomplisse le grand œuvre brusquement interrompu par l’odieux assassinat du Maître d’œuvre.



Le 12ème degré sonne donc la fin de la légende d’Hiram et ouvre une ère nouvelle pour la Maîtresse Maçonne qui, jusque-là, travaillait sur le chantier ; elle a l’honneur d’être acceptée dans l’Ecole d’Architecture où elle devra parfaire ses connaissances sur tous les plans et poursuivre les travaux de construction du Temple de Salomon ; elle est alors consacrée Grand Maître Architecte et s’applique désormais à apprendre le « très Sublime savoir » « Premier de tous les Arts » : la Géométrie, « clef » de l’architecture ; elle œuvre dorénavant dans une « Archi-Loge » encore dénommée « Boulomie » c’est-à-dire le « Lieu ou l’on veut ».



Pourquoi cette nouvelle appellation ?


Très certainement parce que c’est le lieu où le Génie (être spirituel immanent en chaque personne) se manifeste ; un lieu illimité tant dans l’espace que dans le temps qui se situe entre la naissance et la mort, c’est-à-dire entre l’Orient où le Soleil apparaît et l’Occident où il disparaît pour laisser la place à l’Astre de la nuit, la Lune ; l’Orient qui marque la direction d’où provient la Lumière et représente, pour les FF. MM., le monde intelligible qui ne se révèle qu’à l’esprit ; et l’Occident qui figure le monde des ténèbres, donc du matérialisme ; l’Archi-Loge se pare alors en conséquence : de tentures blanches ornées de flammes rouges (qui rappellent le blanc de l’aube, le blanc et le rouge solaire, et peut-être même le rouge nocturne).



Le Grand Maître Architecte évolue dans cet espace et un temps absolus qui ont la même identité : « Le Soleil apparaît, le Génie parle ! Le Soleil disparaît, l’Etoile du soir s’est levée, le Génie se tait ! ».



Le GENIE : qui est-il ?


La plupart des traditions appelle Génie cette partie immatérielle, invisible, innée de tout homme qui l’accompagne comme son double, son démon, son ange gardien, son conseiller, son intuition, la voix d’une conscience supra-rationnelle ; il symbolise le trait de lumière qui échappe à tout contrôle et qui engendre la conviction la plus intime et la plus forte. C’est pourquoi il faut au Génie un cadre approprier pour œuvrer.



Depuis le dégrossissement de la pierre brute jusqu’à ce degré de perfectionnement, il va sans dire quela Maîtresse-Maçonne a, aujourd’hui, découvert que l’objet de sa quête est ce qu’il y a de divin en elle, sa Pierre Philosophale, sa propre lumière, celle qui brille en elle et qui éclaire tout ce qu’elle entreprend : son « Moi Intérieur », bref son Génie.



Eu égard à ce qu’il représente alors, le Génie du GMA ne peut se manifester autrement qu’en fonction de ces deux astres qui éclairent la terre et sont, à juste titre, des symboles fondamentaux en F.M. : le Soleil qui, parce qu’il est source de lumière, de chaleur et de vie, symbolise la connaissance intellective, l’Intelligence cosmique, et la Lune qui, parce qu’elle réfléchie la lumière du Soleil dans les ténèbres, figure la connaissance par reflet, i.e. la connaissance théorique, conceptuelle rationnelle, l’imagination qui revêt les idées d’une forme appropriée.



III



En quoi consiste exactement le travail que fait le G.M.A. pendant ce temps cosmique qui lui est imparti et quelle incidence des Astres et du Génie sur l’efficacité de ce travail ?



Maintenant que l’espace et le temps lui sont ainsi définis, à quoi les emploie le Grand Maître Architecte ? A la question : « Et maintenant que faites-vous ? » Il répond : « Je veux et je construis », affirmant ainsi sa fermeté à vouloir construire avec sagesse, force et beauté.



Le Maître Hiram étant en effet mort, le Grand Maître Architecte hérite d’un chantier où il est de son devoir d’inventer et de recréer judicieusement, en se référant aux plans de ses précurseurs, pour faire progresser le chantier où sa mission consiste symboliquement à modeler l’Espace, à extraire le subtil de l’Epais, à organiser, à créer l’Ordre, à construire harmonieusement des ponts entre le Visible et l’Invisible ; il vient d’être instruit que Dieu est le même pour tous ; aussi ne ménage-t-il plus aucun effort pour approcher, autant que possible, du but qu’il poursuit : la Perfection spirituelle et morale.



Si l’Archi-Loge est son domaine de travail et que son heure se situe entre le lever et le coucher des deux grandes Lumières qui président au jour et à la nuit, c’est parce que « le chantier dont le GMA est responsable est un passage entre hier et demain, la connaissance d’hier (la Lune) ne devenant créatrice que si elle est éclaircie par la perception de demain (le Soleil) » ; et parce qu’également, la Lumière qui a éclairé les travaux du GMA en Loge doit continuer à luire en elle (pour son perfectionnement personnel) et rejaillir autour d’elle (pour l’amélioration collectif).



« Je veux et je construis » : tout est maintenant du ressort de sa volonté à lui tout seul, sa volonté créatrice qui s’exerce partout et sur tous les plans. Alors, armé de ses outils et surtout de son étui mathématique, le GMA se met à l’ouvrage dans la liberté absolue aussi illimitée que l’espace dans lequel il évolue, parce qu’il est son seul Maître, le seul Responsable à bord, tout se passant désormais à l’intérieur de lui-même. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il ne travaille plus à couvert, ne craignant aucunement que ses secrets desseins soient percés à jour par un quelconque ignorant, puisque tout est à couvert dans son Temple intérieur : ses connaissances, ses facultés raisonnables, ses pensées créatrices, son intuition, sa sensibilité, son imagination….



Sublime Grand Maître et vous toutes mes SS :. Grands Maîtres Architectes,


Voilà le résultat de mes réflexions sur le Temps de Travail dévolu au GMA : j’ai essayé, comme tout GMA, « d’extraire le subtil » de l’amas d’idées qui foisonnaient dans ma tête, de les ordonner et de créer assez harmonieusement cette esquisse en réponse à mes nombreux questionnements. Et pourtant, combien ne suis-je pas tenter de paraphraser St Augustin et de dire comme lui : « Qu’est-ce que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus » !



J’ai dit !

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