Saint Jean d’hiver – De
P∴ S∴
De l’Invisible vers l’Irrationnel ?
Ce soir, c’est la célébration du solstice d’hiver, ce passage symbolique de l’obscure à l’espérance de la prochaine pleine lumière. Pour marquer ce moment particulier des célébrations sont organisées sous des formes très variées selon les lieux géographiques, adaptées aux coutumes et aux rites spécifiques hérités de leurs histoires régionales ou de traditions ancestrales. C’est dans cette démarche que s’inscrit l’évocation solsticiale telle que pratiquée par toutes les Loges de Saint Jean à l’identique de notre Tenue présente.
C’est donc tout au long de cette commémoration de ce Saint Jean d’hiver que les paroles du Rituel vont s’élever en une prière commune pour que ce vœu se réalise, par cette ultime demande … de retrouver la pleine Lumière.
Faut-il encore que nous puissions diriger nos pensées vers une ou des sources d’énergies proches de notre planète jusqu’au fin fond de l’Univers, en étant conscient de l’effort psychique à fournir pour unir nos cerveaux selon une forme additionnelle active et de nous adapter à devenir momentanément un puissant émetteur-récepteur.
Quelles sont les possibilités offertes pour nous ouvrir à ce «contact» entre le monde profane et le monde sacré, défini aussi par ces deux pôles entre le monde physique et le monde invisible, sachant qu’ils sont unis et indissociables dans leurs fonctionnalités.
Déjà, pour parvenir au seuil qui sépare ces deux mondes, trois questions sont posées :
– Par quels moyens allons-nous transmettre notre appel ?
– A qui devons-nous adresser nos vœux ?
– Nos demandes seront-elles entendues ?
Mais avant de répondre à ces trois questions, il serait bon de procéder à un état des lieux en une prise de conscience pour tirer au clair notre légitimité à se focaliser sur cette Lumière ou tout au moins sur le symbole qu’elle représente en puissance. Posons-nous donc trois questions préliminaires pour situer notre fonction précise dans ce fabuleux environnement énigmatique :
– Avons-nous le pouvoir de s’inscrire sur une liste pour solliciter cette nouvelle Lumière ?
– Avons-nous le pouvoir d’ébranler les murs qui séparent ce monde visible de l’environnement invisible qui nous côtoie ?
– Avons-nous le pouvoir de quitter le visible pour se diriger vers l’invisible ?
Le monde profane reçoit la lumière du Soleil et les radiations cosmiques uniformément sans distinction de forces et de lieux. L’ensemble du vivant profite de cette générosité pour se développer, s’adapter et s’accrocher à la chaîne de la vie. Le monde végétal, les espèces animales et humaines se sont constitués grâce à cette diffusion majoritaire des rayonnements de l’astre du jour.
Ce que nous cherchons à recevoir en plus, c’est la partie invisible de ces rayonnements lumineux, invisible à nos cinq sens (l’ouïe, la vue, le goût, le toucher, l’odorat) sachant que nous devons les développer à de nouvelles sensations pour atteindre leurs équivalences suggérées par les cinq points de la maîtrise. C’est-à-dire de pénétrer dans l’invisible en toute conscience, d’en comprendre les bienfaits et de s’en nourrir. La direction à prendre pour côtoyer cet invisible est balisée par l’Etoile à cinq branches qui nous oriente vers le ciel tel un panneau indicateur. Ainsi ces symboles réunis sont bien des repères jalonnant la “Voie Initiatique” dont l’observation nous aide à pénétrer dans cet immense espace du Macrocosme.
A la première question : avons-nous le pouvoir de s’inscrire sur une liste pour solliciter cette nouvelle Lumière ? La réponse est ici devant nous, en parcourant le Rituel, nous plaçons le verbe dans un ordre caché en apparence, mais qui suit sa logique pour dépasser les clivages du monde profane. Sa lecture est d’autant plus captivante qu’elle offre cet unique appui pour que la Parole devienne la sollicitation écrite de nos demandes. C’est la première force mise entre nos mains.
A la deuxième question : Avons-nous le pouvoir d’ébranler les murs qui séparent ce monde visible de l’environnement invisible qui nous côtoie ? La réponse est ici devant nous, dans cette “chambre” que nous appelons “Temple”, mais qui peut aussi se situer dans d’autres endroits et être construit sous d’autres formes : d’un “Tabernacle” nomade à un édifice en pierres durs tel que fût le Temple de Shelomo. Cette deuxième force est cet écho de nos appels qui se répercute dans ces murs pour entrer en résonance et tenter d’atteindre les multiples plans de vibrations que nous appelons souvent les ondes cosmiques.
A la troisième question : Avons-nous le pouvoir de quitter le visible pour se diriger vers l’invisible ?La réponse est ici devant nous, grâce à la présence de tous les Frères et les Sœurs ; sachant que l’invisible à atteindre est la sortie de ce monde physique, nous allons réunir une troisième force en la puisant en nous-même et en s’enrichissant les uns les autres pour atteindre le nombre symbolique des sept Princes Constructeurs où tout est “Juste et parfait”. Puis, par notre volonté nous passons à neuf pour rejoindre les “Maître Elus”, puis encore, nous allons porter notre présence à au moins dix pour atteindre le “miniane”. Ces premiers 10 personnages du mythe symbolisent les gardiens des dix portes de l’Arbre de vie, ou plus simplement les portes dont les franchissements donnent l’accès à différentes manifestations de l’invisible. Et, sans oublier, que ce 10 est aussi le symbole numérique de la Roue, vers le UN et le ZERO, entrevoir l’UNITÉ retrouvée de l’Adam spirituel, de l’Androgyne dans sa pureté. Plus les Frères et les Sœurs sont nombreux à s’unir, plus l’émotion de la pensée commune les conduit vers ce passage de l’invisible.
Ayant constitué le ternaire de la FORCE, par le Rituel, le Temple et notre Présence, ainsi sont réunis les 3 options qui constituent notre légitimité à rechercher la puissance de la Lumière. Sans aucune prétention, dans l’humilité de notre démarche, nous en avons le pouvoir !
Faut-il encore en douter ? En effet, oser unifier nos pensées en les projetant dans ce monde de l’invisible ne serait-ce pas jouer les apprentis sorciers indépendamment des degrés que portent les Frères et les Sœurs réunis en Loge ?
Toutes les garanties sont prises, la présence de chaque Frère et Sœur forme la richesse de notre “communauté de témoins”, de cette assemblée de volontaires, en ce lieu où le symbole de la shekhinapeut librement briller. Cette flamme primaire, aussi faible soit-elle, contenant une infime parcelle de la Création Divine, elle détient les directives pour nous conduire jusqu’à la plus haute porte de l’Arbre de vie. Elle éclaire la diversité de toutes les cellules vivantes ainsi réunies qui marquent les subtilités de nos arrières pensées, d’obtenir de la nourriture en abondance, par la recherche de la Lumière, le seul soutien à la vie.
Alors, poursuivons ensemble notre demande, mais au préalable il est temps d’entrevoir les réponses aux trois questions restées en suspends :
– Par quels moyens allons-nous transmettre notre appel ?
Le choix se porte sur les symboles matériels qui sont présents dans ce Temple : les 3 grandes Lumières servent de base pour étayer l’espace temporel qui va être créé. L’élévation de l’Epée Flamboyante est le signal que l’instant est venu de rechercher cette connexion avec le monde invisible par le maintien de la verticalité, le bras élevé, puis par l’ensemble du corps, du porteur de l’Epée, servant de transfert pour que ce flux soit appelé à circuler en ce lieu. L’activation des 3 petites Lumières est la forme concrète de soutenir nos demandes individuelles et collectives d’être inscrit pour recevoir cette Lumière prochaine. L’élément végétal présent sous la forme de rameaux de sapin nous invite à recueillir son symbolisme écrit dans le Rituel : l’espérance et l’espoir de la lumière.
– A qui devons-nous adresser nos vœux ?
Jean, qui a reçu une inspiration “divine” d’écrire son évangile, apporte ainsi son témoignage en sollicitant notre méditation par l’invitation à parcourir ses écritures. La symbolique dévoilée dans son texte nous amène en droite ligne à Dieu sous la forme d’un Etre suprême incarnant le Créateur. Le Rituel quant à lui, évoque Saint Jean comme le support symbolique pour adresser nos vœux en une forme coutumière vers le Grand Architecte de l’Univers. Mais la grande subtilité du Rituel est cette troisième voie qui est proposée en plaçant toutes nos démarches de l’Orient à l’Occident correspondant à l’ensemble de la planète, puis étendre nos champs d’action à l’ensemble de notre système solaire avant d’atteindre les dimensions de notre galaxie et enfin à l’ensemble infini de l’Univers.
– Nos demandes seront-elles entendues ?
Toute la différence, entre des croyances furtives véhiculées dans le monde profane et notre foi porteuse de cette certitude de l’existence immuable de l’Univers, est la conséquence de nos Initiations. Par ce seul fait que nous avons reçu cette “Lumière” silencieuse et symbolique au même titre que la lumière physique, nous avons le pouvoir d’adresser nos vœux directement à toutes les mouvances cosmiques et à toutes les fontaines de vie contenues dans l’Espace proche ou lointain. Cet hymne à l’Amour est autant multi-directionnel qu’universel, c’est le témoignage de reconnaissance dont nous sommes porteurs et dont nous avons le devoir de transmettre. Par la création de cet espace-temps, nous formons notre eggrégore, nous envoyons nos ondes cosmiques à qui de droit. Quant à savoir si toutes nos demandes seront bien réceptionnées, et que les conséquences attendues ces prochains mois seront enregistrées dans le Livre de Vie, c’est tendre vers l’Irrationnel.
Le ternaire de l’ESPRIT, formé par ces trois réponses repousse la frontière entre le monde de la raison et le monde de l’irrationnel et pour que l’équilibre des forces en action puisse agir sur le cycle Solsticial, nous souhaitons que notre Chaîne d’Union amplifie cette espérance dans la joie de cette “RÉ-activation” de la Lumière qui apporte ses rayons bénéfiques dans nos corps et nos esprits.
Sous la forme d’un clin d’œil, deux illustres chercheurs : l’anthropologue Claude Lévi Strauss et le physicien Albert Einstein, qui ont atteint l’Orient éternel, avaient plaisir à exprimer leur suprême pensée : qu’en lieu et place d’un “sentiment mystique” ils étaient porteur d’un “sentiment cosmique”.
Pour résumer cette vision globale “du ciel à la Terre” et “de la Terre au Ciel”, tentons de la compléter par la question qui restera ouverte :
Est-ce, ICI, le début de la Voie de l’IRRATIONNEL ?
J’ai dit