12° #409012

Les Neufs Maîtres Elus

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Sublime Grand  Maître


et vous tous mes frères Grand Maître Architecte


ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS

Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des souverains


Grands Inspecteurs Généraux du 33° et dernier degré du


Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France.



En préambule, il nous faut indiquer que l’on trouve ce terme d’« Élu » dans trois grades, qui sont :


L’Élu des Neuf, intitulé aussi l’Élu vengeur ; (9ème degré)


Le Maître Élu des Quinze désigné sous le titre d’Illustre Élu ; (10ème degré)


Le Sublime Chevalier Élu qui est le véritable Élu. (11ème degré) 



Ces trois grades s’inscrivent dans la suite logique du grade de Maître. Ils pourraient être pratiqués directement dans sa continuité.



Ces trois grades d’Élus résument le parcours initiatique des trois premiers grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, vécus dans un nouveau cycle. Le 1er, ou Élu des Neuf, évoque la question de la transgression de la loi et met en lumière les dangers et les méfaits des pulsions vengeresses. Le 2°, ou Élu des Quinze, fait passer de la vengeance à la justice collective, afin que toutes les passions soient épuisées. Le 3° enfin est une forme de consécration de l’initié qui est reconnu Emerk ou Homme vrai en toutes circonstances, c’est-à-dire un authentique Maître Maçon.



Les manuscrits d’Élus (le mot Élu signifie choisi) relèvent des grades dits couramment « grades de vengeance », ce qui fait souvent oublier que ces grades sont en fait des grades d’Élus.


C’est comme si, en évoquant le grade de Maître, on parlait d’un grade de mort, oubliant qu’en accédant à la maîtrise, par la mort, on l’a vaincue, en renaissant.



Cette mauvaise interprétation est due au besoin que chacun éprouve de classer, étiqueter, cataloguer, cerner les choses afin de mieux les dominer, ce qui constitue une démarche sécurisante, mais ô combien restrictive et génératrice de ghettos.


Il est important d’éviter de confondre un ou des symboles, avec l’étape initiatique elle-même, de même qu’il est dangereux de confondre l’étape avec l’initiation. On n’est initié qu’une seule fois en maçonnerie lorsqu’on est reçu apprenti franc-maçon. Tous les grades ensuite correspondent à des étapes initiatiques successives, ce sont des clés supplémentaires qui permettent d’avancer peu à peu dans la voie de la Lumière et de la Connaissance.



On peut considérer ces grades comme étant des grades de purification et d’épuration. Les outils utilisés sont le poignard et l’épée, instrument de vengeance et de justice employés pour trancher la tête des mauvais compagnons, assassins du Maître. Cet acte en apparence barbare enseigne qu’il faut supprimer en soi tout ce qui fait obstacle aux élans verticaux vers la lumière, en éradiquant, entre autres choses, l’intolérance, l’ignorance, le fanatisme, l’intégrisme, la jalousie et l’ambition qui sont autant de têtes de l’hydre maléfique.



Cette série des trois grades d’Élus qui marquent l’achèvement du cycle de l’assassinat d’Hiram et de la mort de ses meurtriers, conduit à réfléchir au problème de la justice et de la vengeance.



Ce thème de vengeance et de justice autour du meurtre d’Hiram, certains rituels apportent juste l’identité de l’inconnu qui savait où se cachait le principal meurtrier d’Hiram. Cet inconnu s’appelle Pérignan ou Pérignon.


Ce dernier demanda audience au Roi Salomon et l’informa de l’endroit où s’était réfugié l’un des meurtriers du Maître Hiram, ABAÏRAM.



Dans un grand élan, tous les Frères se déclarèrent prêts à accompagner cet inconnu. Le Roi Salomon déclara que neuf Maîtres suffisaient et que le sort désignerait. Les neuf Frères furent ainsi élus.



Partir à la recherche des meurtriers, c’est laisser derrière soi la peur de la mort. Ces Élus remplis de zèle sont empressés à accomplir leur devoir.


Le chemin du devoir pour le Maître Maçon Élu consiste à partir à la recherche des mauvais compagnons qui ont tué le Maître. Ces mauvais compagnons s’appellent le plus souvent : « IGNORANCE, FANATISME, AMBITION, VANITÉ, ORGUEIL ».



Il est du devoir de chacun de supprimer ses mauvais compagnons qui sommeillent en lui, de les transmuer en bons compagnons, en changeant :


L’Ignorance en Connaissance


Le Fanatisme en Tolérance (ce qui ne veut pas dire laxisme)


L’Ambition en Détachement


La Vanité en Simplicité


L’Orgueil en Humilité



Le premier devoir des Élus est de retrouver ce meurtrier, de le vaincre en le neutralisant, afin de le livrer à la justice de Salomon.



A ce degré le Maître Élu des Neuf est appelé à l’action. En aucun cas il ne peut s’ériger à titre individuel en justicier. Ce degré sensibilise particulièrement sur la nécessité du jugement qui ne doit pas s’égarer dans une vendetta.



Où s’est réfugié l’un des meurtriers du Maître Hiram ? Dans une caverne, il me semble que cette caverne correspond au cabinet de réflexion ; sur un plan positif elle devient le refuge et la cachette de l’assassin qui cherche dans l’ombre à fuir la justice sur le plan négatif. Il se réfugie dans l’obscurité des ténèbres inférieures.



Le 9ème ; 10ème et 11ème degré, intervient le recours du tirage au sort par le Roi Salomon. Ce tirage au sort désigne à chaque fois des maîtres reconnus comme particulièrement zélés dans l’accomplissement de leur devoir.



Dans la Bible, le verbe ‘’choisir’’ concerne la vie spirituelle de l’homme ou du peuple et s’emploie avec Dieu comme sujet.


Dans l’ancien testament, il est dit que Dieu choisit Israël pour en faire son peuple. Il choisit Abraham et sa postérité. Au moment de la sortie d’Egypte, il élit Moïse prophète d’Israël. Une seule raison pourrait être apportée, l’amour. Cette élection place cependant sur Israël une charge à laquelle il ne peut se dérober sans être infidèle et sans rompre l’Alliance. La notion vraie d’élection et la justice de Dieu exigent que le peuple qui en bénéficie ne soit pas aveuglé par son élection au point d’en oublier sa mission.



Je pense qu’il est essentiel de se pencher sur les définitions de vengeance et de justice, la première ayant un aspect obscur, la seconde un aspect lumineux.


Ce mot vient du latin vindicare qui signifie faire fonction de vindex. Le vindex, chez les Romains, était le défenseur, le protecteur, devenu par suite le « vengeur » qui se propose de rétablir le droit d’une victime. Cela correspond à l’évolution de justicier dans l’Antiquité. Au fil des siècles, l’évolution de sens du mot laisse penser qu’il s’agit d’une notion de justice expéditive et barbare.



Au XVIIème siècle, Furetière définit la vengeance comme offense qu’on faite à son ennemi en haine de celle qu’on en a reçue. Dieu a défendu la vengeance, il s’est réservé la vengeance et a promis de faire réparation des injures.


Venger consiste à offenser l’ennemi qui nous a offensé, en tirer vengeance, s’en faire raison, se venger signifie aussi se rembourser, se dédommager.



Aujourd’hui le terme de vengeance est appréhendé par la plupart selon ce sens, contrairement à celui donné dans l’Antiquité.



Ce premier grade d’Élu est désigné de la sorte parce que Johabert est reconnu digne d’y participer à la mise en œuvre de la justice contre les assassins du Maître. Mais en fait dans son élan impétueux Johabert commet un acte personnel dicté par la pulsion vengeresse ; cette pulsion aveugle supprime complètement en lui toute capacité de discernement. Quel que soit le forfait commis, un criminel doit être jugé et non pas exécuté sommairement.



Ce degré se situe dans la logique de la tradition hébraïque qui applique la loi cruelle du Talion. Alors que la continuité de la tradition abrahamique une autre alternance est possible. La charité chrétienne suggérera de pardonner, prêchant la miséricorde jusqu’à « tendre l’autre joue » quelle soit l’atrocité du crime.


Le musulman, pris dans la balance de l’alternative, aura le choix d’appliquer le Talion ou de pardonner selon sa capacité de clairvoyance et/ou sa volonté de miséricorde.



On peut définir la vengeance comme une justice individuelle expéditive, sous l’impulsion de la passion et de l’aveuglement, alors que le sens de cette vengeance correspond à une démarche qui relève d’un consensus de réparation, selon la loi action/réaction. Renoncer à la vengeance personnelle pour s’en remettre à la justice collective est le propre de la véritable maîtrise qui convertit l’ombre en lumière et contribue à étendre l’équité au plan social.



Dans les degrés de perfection la notion de justice est très présente. La justice est une des quatre vertus cardinales aux côté de la prudence, de la force et de la tempérance. Elle est inhérente à l’ordre et à l’administration d’une société, comme au règlement de la condition humaine. Ceci introduit la notion du Juste qui est défini comme étant celui qui agit selon la justice, avec un consensus accepté de toutes les parties, c’est-à-dire en rendant à chacun ce qui lui est dû.



Dans l’Absolu, seul l’Eternel est juste. Sa justice récompense les hommes justes, châtie les impies.



Avant d’aborder la question de la justice, examinons le sens de perfection qui est l’objectif posé dès l’accession au grade de Maître Secret.


Selon le judaïsme, le « juste parfait » (saddiq gamûr) est celui qui a observé la Torah d’alef à tav, ce dont Abraham est le modèle.


Dans la Bible, l’Eternel ne se définit jamais lui-même comme parfait. Seul Mathieu est celui des quatre évangélistes qui utilisera l’adjectif « parfait »


‘’ Pour vous, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait’’ (Mathieu 5,48)



Clément d’Alexandrie se demande vraiment dans quelle mesure la perfection est accessible. D’abord tous n’y parviennent pas, non par défaut de nature, mais par défaut de détermination. Cette perfection de l’homme reste, de toute façon relative.



C’est toujours en relation avec la justice divine, comme action salvatrice, que la Torah parle d’une justice humaine ; même quand celle-ci entendue au sens humain et social. C’est toujours en référence à cet ordre fondamental désigné par le nom hébreu de sedâqâh qui se traduit aussi en termes de Salut, d’Alliance, de royaume de l’Eternel.



La pratique de la justice humaine conduit à faire ressortir la vertu de justice, rattachée à l’accomplissement de la volonté de l’Eternel. Ainsi dans le contexte biblique et salomonien, parmi les dix commandants il est prescrit « Tu ne tueras point ».



Le meurtre perpétré sur Hiram n’a pas de circonstances atténuantes qui auraient incité à la clémence le jugement rendu par Salomon. En effet, le mobile de l’action des mauvais compagnons est de s’emparer des attributs de la maîtrise sans en avoir l’aptitude, et va jusqu’à commettre ce crime irréparable.



J’ai ditSublime Grand Maître

C R



Quelques Propriétés du Nombre 9



Symbolisme


·Nombre de la patience, de la méditation, de l’harmonie.


·Symbolise la plénitude des dons, la récompense des épreuves. Le neuf est souvent considéré comme le nombre de l’initié.


·Symbole de la création et de la vie en tant que rythme, imbrication et développement.


·En tant que produit de 3 x 3, il est l’expression de la perfection, le symbole de la puissance virile, en plus d’être associé au couple.


·Les francs-maçons en ont fait le nombre éternel de l’immortalité humaine.


·Étant le dernier nombre simple, il est le nombre de finalisation ou de finition ; c’est donc le plus complexe, qui marque le plein épanouissement de la série numérique.


·Ce nombre était considéré comme sacré en Égypte et en Grèce.


·Le 9, nombre de l’homme, en tant que symbole numéral de sa gestation – neuf mois.


·Il représente les trois manifestations divines dans les trois plans: monde de l’esprit, monde de l’âme, monde de la matière, ce qui donne une triple manifestation de la Trinité – 3 x 3.


·Dans la mythologie grecque les neuf muses représentaient, par les sciences et les arts, la somme des connaissances humaines.


·Du fait que le neuf a la curieuse propriété de toujours se reproduire lui-même lorsqu’on le multiplie par tout autre nombre, il symbolise la matière ne pouvant être détruite.


Bible


·Cloué en croix, Jésus-Christ expire à la neuvième heure.


·Jésus apparaît neuf fois à ses disciples et apôtres après sa résurrection.


·Les neuf dons de l’Esprit de Dieu énumérés par Saint Paul : sagesse, science, foi, don de guérisons, opérer des miracles, prophétie, discernement, parler en langue et le don de les interpréter.


·Saint Paul énumère aussi neuf fruits de l’Esprit : charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi.


Général


·Les neuf chœurs des Anges :

    1. Séraphins, anges d’amour et de lumière;

    2. Chérubins, anges de sagesse et d’intelligence;

    3. Trônes, anges de force et de vie;

    4. Dominations, anges de liberté;

    5. Principautés, anges d’éternité et de mémoire;

    6. Puissances, anges de sainteté;

    7. Vertus, anges d’humilité;

    8. Archanges, ayant pour attribut la justice;

    9. Anges ordinaires, auxquels on attribue l’innocence.

    ·Neuf était le nom de la montagne sacrée du Soleil chez les anciens Égyptiens.


    ·Chez les Romains, on célébrait la fête de la purification pour tous les enfants mâles à leur 9e jour après leur naissance. On enterrait les morts le 9ème jour après le décès, et à tous les 9 ans on les fêtait.



    ·Le neuf se retrouve souvent dans les superstitions, comme par exemple, neuf grains de sel conjurent le mauvais sort. Et celui qui veut se marier dans l’année sautera neuf fois par-dessus un feu de la Saint Jean ou bien sautera neuf feux différents. La tradition veut que le noyé revienne à la surface de l’eau au bout de neuf jours.


    ·Le carré magique utilisant les neuf premiers chiffres est associé à la planète Saturne et a pour somme 15. Parfois, il est aussi appelé ‘’carré de Salomon’’.


     4 9 2 = 15


    3 5 7 = 15


    8 1 6 = 15


    ·Dans la mythologie des Grecs : les neuf nuits d’amour de Zeus; les neuf jours et les neuf nuits de souffrances de Lêto lorsqu’elle accouche; les neuf filles de Zeus Les neuf planètes découvertes dans notre système solaire, qui sont dans l’ordre à partir du Soleil: Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton. Récemment une dixième planète fut découverte au-delà de Pluton.


    ·La guerre de Troie dura neuf ans.


    • « pour les auteurs des grades de vengeance, le meurtre d’Hiram est [.. .] un roman dont la Freemasomy n’a pas donné la conclusion ; ils se chargent d’écrire les derniers chapitres et ils les bourrent de détails pittoresques « .René Le Forestier

    • Comme nous l’avons déjà expliqué, l’interdit maçonnique sur la véritable nature d’Hiram a amené celle-ci à suppléer au manque du symbolique (la forclusion) par un trop plein d’imaginaire où la fantaisie le dispute au besoin de justifier une trame romanesque particulièrement dépareillée. De fait l’interdit sur Hiram au troisième degré justifia ultérieurement les dits « Hauts Grades » qui n’ont en réalité que leur grandiloquence comme seule hauteur mais c’est bien connu on ne tombe jamais plus bas que de la hauteur de son séant !

    ·Le rôle posthume et la place accordée à Hiram est importante au Rite écossais Ancien et Accepté et se dégage donc comme suit :

    • –  le quatrième grade, maître secret, où s’opère le remplacement du défunt Hiram par sept élus, dont Adoniram ;
      –  le cinquième grade, maître parfait, où le tombeau d’Hiram, construit par Adoniram, est décrit et où le mot originel, « Jéhovah », est retrouvé ;
      –  le septième grade, prévôt et juge ou maître irlandais, où il est question de la cassette d’ébène contenant les plans du temple de Salomon et le cœur d’Hiram ;
      –  le neuvième grade, maître élu des Neuf, qui rapporte le châtiment, sur ordre de Salomon, par les neuf frères fidèles, d’Abiram, l’un des trois compagnons meurtriers d’Hiram ;
      –  le dixième grade, illustre élu des Quinze, qui relate l’exécution par quinze fidèles des deux derniers meurtriers d’ Hiram ;
      –  le onzième grade, sublime chevalier élu, où douze des quinze élus qui ont vengé Hiram sont, en récompense, choisis pour siéger au grand chapitre ;

    J’ai dit Vénérable Maître

    C R

    Nul ne saurait se dire Maçon s’il ne cherche pas, s’il n’entreprend pasde transformer sa vie selon la sagesse.

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