12° #409012

Mais où est donc passé le couvreur ?

Auteur:

M∴ J∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Comme de nombreux FF et SS, j’ai été surpris de constater l’absence de Couvreur à la porte du Temple.



Le travail que je vais vous présenter portera donc sur la fonction de Couvreur que nous connaissons en loge bleue ou au 4ème degré, puis sur l’absence de cette fonction au 12ème degré.



1- Le couvreur en loge bleue et au 4ème degré



D’après Boucher, à l’origine de la FM, il y avait deux couvreurs : l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur du Temple. Aujourd’hui, les dangers étant vraisemblablement moindres, le couvreur extérieur a disparu, tout au moins à notre rite.


Dans les loges bleues, mais aussi lors d’une tenue au grade de maître secret, le Couvreur se tient assis à l’occident, devant la porte qu’il garde.


Il est le seul à être assis face au V M et est le seul à demander la parole directement au V M, à l’exception de l’Orient et des deux SurvSur.


Sa position, l’Occident, en fait le seul dans la Loge qui soit face à l’Orient et à sa Lumière, ce qui peut expliquer que l’habitude veut que ce poste soit occupé par l’ancien V M. N’est-il pas préférable d’avoir été V M pour pouvoir siéger dans le Temple face à la Lumière de l’Orient ?



Le sautoir du Couvreur est décoré d’une épée flamboyante. Or l’épée flamboyante est l’un des symboles propres au V M, puisqu’elle permet de créer, recevoir et constituer les AppApp, proclamer les CompComp et constituer les MM. Le V M la tient alors dans la main gauche dégantée. Elle n’est pas une arme, mais un symbole, elle rappelle la flamme qui doit briller dans le cœur de tout FM.



Regardons l’ancien testament ; l’épée flamboyante évoque celle qui fut placée par Dieu, après la chute, à la porte du jardin d’Eden d’où Adam et Eve attendaient d’être chassés. Dans la Genèse, nous pouvons lire : « Et il plaça l’Orient devant le jardin d’Éden des chérubins, et la flamme de l’épée qui se tournait de tous les côtés, pour garder le chemin de l’arbre de vie (genèse 3,24) ».



L’épée flamboyante, dont la lame est légèrement ondulée ressemble à une flamme, mais celle-ci est étroitement liée au symbolisme de la lumière et du feu. Elle relève d’un double symbolisme car elle sert à la fois à écarter du lieu saint, quiconque n’a pas qualité pour y pénétrer et à garder le seuil d’un sanctuaire.



Nous pouvons ainsi rapprocher les rôles du VM et du Couv : ils sont tous les deux à la frontière du monde sacré et du monde profane.


Le VM est le gardien symbolique du seuil séparant le sacré du profane, puisqu’il lui appartient de faire franchir ce seuil symbolique au profane en le consacrant FM à l’aide du maillet (la foudre) et de l’épée flamboyante (l’éclair).



Le Couvreur relève aussi de la symbolique du Gardien du seuil. En effet, le Couvreur surveille le passage entre l’extérieur (profane) et l’intérieur (sacré). Il sépare et, en même temps, unit et réconcilie le profane et le sacré. Cela se fait lorsque l’arrivant est accueilli sur le seuil et introduit à l’intérieur.



Cette dualité est à rapprocher de Janus, dieu des portes chez les romains ; Janus tenait de Saturne ce don de la double science, ce pouvoir qui lui permettait de maîtriser la science du passé et celle de l’avenir, d’où la représentation de Janus avec 2 visages orientés dans des sens opposés. Janus pouvait contrôler les entrées et les sorties, l’orient et l’occident, le ciel et la terre, l’infiniment grand et l’infiniment petit, le pour et le contre, ce qui en faisait le maître de la terre.


Janus regarde le passé et l’avenir, il est le maître du temps ; le mois de janvier n’est-il pas le mois de Janus ? Janus préside à l’intemporalité du temps qui plonge la loge dans un espace et un temps sacrés.


Nous sommes à Nantes, et je ne puis évoquer Janus sans penser à la statue à deux faces qui orne un angle du tombeau de François II et Marguerite de Foix, en la cathédrale ; cette statue représente la Prudence, et derrière le visage de la jeune femme, se cache celui d’un vieil homme. La Prudence tient dans sa main droite un compas, pour régler sa conduite et mesurer la portée de ses actes. Elle se regarde dans un miroir avec lequel elle regarde ses pensées pour mieux les contrôler et mieux se connaître, mais aussi pour regarder en arrière et ne pas se précipiter. A l’arrière, le visage du vieil homme figure le poids du passé, l’expérience et la sagesse ; pour Platon, la Prudence s’assimilait à la Sagesse. Et la Prudence n’est-elle pas une vertu essentielle chez un Couvreur ?



Revenons au rituel d’ouverture des travaux.



La première demande du Vénérable Maître en loge d’App ou de Comp, ou du Très Respectable Maître en Chambre du Milieu, s’adresse au 1er Surv


Quel est le premier devoir d’un surveillant ?


Celui-ci répond


VM ou TRM c’est de s’assurer que la L est couverte.



Au 4ème degré symbolique, le T F Ppose la question suivante au 1er Insp


De quelles précautions devons-nous nous entourer F ou S Inspecteur? l’Inspecteur charge le 1er Tuileur, qui fait fonction de Couvreur, de s’assurer de la Couverture de la Loge.



Nous voyons déjà une différence sensible dans les demandes : il ne s’agit plus ici d’un devoir, mais d’une simple précaution, comme si le danger de voir roder des intrus était moins important, ce qui peut s’expliquer par le fait qu’il leur serait difficile de comprendre nos travaux.



2- L’absence de Couvreur au 12ème degré



Venons-en au 12ème degré symbolique ; la 1ère question du Sublime Grand Maître ne concerne plus la couverture de la Loge, mais l’assurance du grade des membres de l’Assemblée.



L’explication de l’absence de couvreur fait l’objet d’un échange entre le Sublime Grand Maître et le 1er Excellent Gardien :



SGM : 1er Exc G, pourquoi avant d’ouvrir nos travaux, ne nous sommes nous pas assurés que nous étions à couvert ?


1er Exc G :Parce que la garantie de notre secret réside dans notre science, il ne suffit pas de nous entendre, il faut aussi nous comprendre.


SGM :Serait-ce un mal qu’un homme en état de nous comprendre surprit notre Secret ?


1er Exc G :Ce serait un grand bien, car cela nous ferait un GMA de plus. Nous ne nous cachons que pour susciter l’attrait du Mystère, le désir de pénétrer parmi nous.



Retenons dans ce qui vient d’être dit que nous travaillons dans un lieu clos et couvert, puisque seules des paroles peuvent être surprises.



Remarquons que cet échange intervient après un échange préliminaire sur l’explication de notre science, science qui constitue la garantie de notre secret.



Si dans la loge bleue nous avons deux SurSurv, ou un 1er Insp au 4ème degré, dans l’Archiloge, nous avons deux Excellents Gardiens qui nous protègent du fait de leurs places stratégiques à l’Occident, de part et d’autre de la porte. Il n’y a donc pas de Couvreur, mais l’Archiloge n’en est pas moins gardée.



L’évolution de notre connaissance se retrouve tant dans l’âge du GMA que dans l’heure de début et de fin de travaux.



Jusqu’à présent, notre âge était représenté par un ou plusieurs chiffres représentant l’écoulement du temps : 3 ans, 5 ans, 7 ans et plus, 3 fois 27 ans accomplis. Maintenant nous avons l’âge de la plénitude, concept abstrait s’il en est et qui n’est pas compréhensible pour un profane. Nous ne sommes plus dans un mondematériel, nous sommes dans un monde spirituel.



De même, en loge bleue, nous commençons nos travaux à midi pour les terminer à minuit, soit à 12 et 24 heures. Au grade de Maître Secret, nous commençons nos travaux quand « l’éclat du jour a chassé les Ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître » et nous les terminons « à la fin du jour », ce qui se comprend sans difficulté apparente. Par contre, un GMA «commence les travaux quand le Génie parle en lui, il les achève quand le Génie se tait » ; nous ne sommes plus dans la dualité jour-nuit centrée sur le lever et le coucher du soleil, nous sommes ailleurs, dans un monde spirituel ; comme pour l’âge, nous sommes en présence d’un concept incompréhensible pour un non initié.



Tant l’âge que l’ouverture et la fermeture des travaux se situent donc dans une autre dimension que ce que nous avons connu jusqu’au 4ème degré, nous sommes devenus des concepteurs sachant travailler dans le domaine spirituel.



Pourtant, lors de notre accession à ce grade, nous avons reçu un étui de mathématiques afin de tracer notre premier croquis d’architecture, mettant sur le papier le plan de l’édifice symbolique qu’est notre Temple intérieur, ce Temple que nous construisons en nous-même. Mais en effet, même pour une construction intellectuelle, un plan, qui est l’ordonnancement de nos idées accessoires autour de l’idée principale, est nécessaire.



Comme d’autres, j’ai lu des ouvrages sur la maçonnerie avant mon initiation, mais toutes ces lectures ne m’ont été d’aucune utilité lorsque j’ai connu cette cérémonie qui doit être vécue pour être comprise ; et d’ailleurs, à chaque initiation, nous revivons la notre.



Toute science est difficile à comprendre à qui n’en possède pas le langage ou la technique. Lequel d’entre nous n’a pas eu des difficultés de compréhension de conversations entre médecins par exemple, mais aussi entre spécialistes d’un même métier.Jeune étudiant, il m’est arrivé de pénétrer dans des amphithéâtres où se tenaient des cours d’un niveau supérieur à celui que j’avais acquis, et de ne rien y comprendre…



Ce n’est parce que nous voyons, que nous lisons, que nous écoutons, que pour autant nous comprenons ; tels les prisonniers de la caverne de Platon, nous croyons comprendre. Le secret de la réalité, qui se révèle à l’initié, est devant tous les hommes, mais le profane ne voit pas et ne comprend pas. Il prend ce qu’il perçoit pour la réalité alors qu’il ne s’agit que de sa réalité.



A l’aide des instruments qui nous sont donnés à chaque augmentation de salaire, nous pouvons approfondir ce que nous sommes et nous comprenons qu’il reste encore à nous perfectionner.


GMA, nous sommes assis au style du midi, en face de la Grande Ourse, Grande Ourse qui nous permet de retrouver facilement l’Etoile Polaire et donc de nous situer par rapport l’Orient d’où vient la Lumière qui nous guide dans notre recherche de la Vérité.



Dans cette quête du Graal que constitue notre recherche de la Vérité, comment avancer sinon en retrouvant en nous le chemin qui conduit en notre centre ?



Nous devons écouter le génie qui parle en nous, même s’il nous dit que parfois nous nous trompons et qu’il nous conduit vers d’autres chemins que ceux que nous pensions devoir suivre.



Nous tendons sans cesse vers la Vérité, sans jamais l’atteindre.



J’ai dit S Gr



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